dimanche 12 août 2012

Du Sengge La au village de Gongma

Les premières heures de la journée commencent une nouvelle fois sous les nuages. Cela ne m'enchante évidemment pas beaucoup mais je dirais que je m'y habitue vu que cela a été souvent le cas depuis le départ de cette traversée du Ladakh. Encore heureux que ce temps couvert n'ait pas apporté énormément de pluie, juste un peu de grêle sur quelques sommets. Aujourd'hui cela ne devrait toutefois pas être le cas, les nuages ne sont visiblement pas trop menaçants.

Il est 7 h 30, j'ai déjà démonté ma tente, emballé mes affaires dans mon sac et pris le petit déjeuner. Je suis fin prêt pour commencer une nouvelle journée de randonnée. 
Visiblement j'ai pris le rythme de ces journées d'efforts successifs. Je marche en moyenne 7 heures par jour et pour pouvoir garder le "moral", je ne pense jamais à demain. Lorsque j'ai quitté Lamayuru, je me suis dit que si je voulais avoir des chances d'aller jusqu'au bout de cette longue aventure, il était impératif pour moi de ne jamais voir le circuit dans son entièreté. J'avais déjà fait le choix de partir seul, avec toutes les difficultés que cela représente. Si je devais encore y ajouter des problèmes de scepticisme, il est certain que cela aurait été difficile à gérer et l'idée d'un abandon aurait alors pu m'effleurer l'esprit. Ça je ne le voulais en aucun cas ! Imaginer l'échec de mon entreprise aurait sûrement été difficile.
Heureusement, je n'en suis pas là et je continue cette aventure à la mode ladakie, c'est à dire en up & down, sans le moindre doute.

C'est donc le Segge La qui est au programme du jour. Depuis mon point de départ, la montée semble difficile, et elle le sera. Il me faudra 2 h 30 pour effectuer les 300 mètres de dénivelé. Le chemin zigzague au travers des éboulis de schiste. 



Après cette montée, je croyais être au bout de mes peines. Hélas, une autre pente à gravir se présente pour arriver au pass. Je crache mes poumons pour l'atteindre, mais là-haut, c'est la récompense avec ces dizaines de drapeaux à prières qui sont illuminés par le soleil. 

"Ki ki so so h'la gyolo"
"Les dieux sont vainqueurs, les démons sont vaincus" 

Sur l'autre versant, je découvre un horizon composé d'une kyrielle de cols que je devrais encore franchir avant d'arriver au Zanskar. Je vous parlais comment je faisais pour garder le moral intact, il faut bien avouer qu'ici, c'est plutôt raté !!!! .......... bien évidemment, ce n'est pas le cas. J'aspire tellement de retrouver cette région que mon moral ne peut que s'en trouver encore mieux. 



Un dernier regard vers ceux que je viens de faire et je commence une belle descente. Là, je ne souffle plus, mais c'est maintenant au tour des mules, qui viennent dans l'autre sens. Visiblement cette montée est aussi pénible que celle qui est sur l'autre versant du Segge La.





Je n'arrête pas de descendre, je peux ainsi profiter au maximum du décor proposé. C'est évidemment sans regret car au fur et à mesure de ma progression dans cet Himalaya, le décor prend véritablement des allures vertigineuses. Dire que je ne suis même pas encore à moitié de mon périple, je risque donc d'en voir d'autres encore plus impressionnants. Moi qui voulais rentrer au Zanskar par la grande porte, me voila servi. Alors go Serge !


J'arrive au dernier point de vue de la journée, c'est le Kiupa La (4450m). De ce belvédère, le cirque de montagnes au milieu duquel se niche le village de Gongma, 300 m plus bas, est du plus bel effet. 

La vue que j'ai là-haut me coupe littéralement le souffle car la piste que je dois prendre est vertigineuse. Tellement que j'en oublie même de faire des photos. J'en ferai lorsque que je serai en bas.
                                                              ............  Et c''est toujours aussi impressionnant.




J'arrive au village après une heure. Il n'y a qu'une poignée de maisons et je me demande si je vais en trouver une qui serait prête à accueillir un trekkeur fatigué après les émotions que cette folle descente lui a procuré ?!! Je ne me poserai pas longtemps la question car une femme qui travaille dans son champ, me demande si je cherche un homestay ? Je suis encore si étourdi par ce que je viens de vivre, que j'accepte sans hésiter l'adresse qu'elle va me proposer. Ce sera une maison bien agréable, occupée par une famille ladakhi  qui baigne dans la pure tradition bouddhique. 

                                       Voici son propre temple.

                                                 
                                    A votre santé et à demain pour d'autres aventures. Il y a encore tant de merveilles à découvrir lors de la suite de la traversée.

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