mercredi 29 août 2012

Balade le long de la Niri Chu

Pendant que Jean-Louis est parti se balader du côté du monastère de Tan Tak, moi j'ai choisi d'aller revoir l'endroit où Pascale et moi avons pris le bouillon l'année dernière. Je profite de la même occasion pour faire cette fois les photos des cheminées de fée.

Après une longue descente pour quitter le plateau de Shade, je prends un petit chemin pentu qui me permet de bifurquer à droite pour longer la rivière Niri Chu. 




Je dois traverser la rivière pour rejoindre l'autre rive sur laquelle continue mon chemin.



Sur cette piste, il n'y a pas encore eu beaucoup de va-et-vient depuis la fin de l'hiver. Les gens ont été trop occupés avec les cultures et n'ont pas encore rejoint Tongde dans la plaine de Padum. De ce fait, le sentier est encore instable et dangereux.
J'essaie quand même d'aller jusqu'aux cheminées de fée et demoiselles coiffées, mais après trois passages plus que délicats, je dois me rendre à l'évidence, je ne peux pas continuer. Je revois l'accident et cela me persuade de faire demi-tour.
Voici les photos du site que je voulais voir et que Jean-Louis avait prises l'année passée alors que nos appareils étaient nazes.



Flashback terminé, je reviens à ma balade de cette année.

............. Je fais donc demi-tour.


En chemin, je veux faire une photo des gorges qui sont devant moi. Arrivé au bord de la falaise, j'aperçois un ancien pont en liane, tendu au-dessus de la rivière.
Dans un premier temps, c'est l'étonnement car je n'avais jamais entendu parlé ni même vu de photos de celui-ci.


Devant cette découverte, je décide évidemment de descendre voir cette passerelle de plus près.


 Lorsque je me trouve devant le pont, je pense inévitablement à Michel Peissel qui, en son temps, avait dû en franchir un de la même nature que celui-ci. Mais à la différence près, que le sien ne faisait pas 7 à 8 mètres, mais 10 fois plus. Le passage avait été pour lui l'occasion de connaître la trouille de sa vie !!!

Je ne résiste pas à vous donner un court extrait de ce qu'il en disait dans son livre "Zanskar, royaume oublié aux confins du Tibet"

"C'était un pont suspendu, si long, si incurvé, si étroit qu'il semblait véritablement défier la mort. C'est un miracle si j'ai survécu. J'avançais pas à pas, comme un danseur de corde, les pieds en canard, les mains agrippées aux branchettes rugueuses et coupantes des câbles latéraux. Les vingt premiers pas furent sans problème. Mais je commençais à m'inquiéter, puis à paniquer en voyant le torrent filer sous mes pieds : j'avais l'impression qu'il entraînait le pont. Pour corriger cette illusion, je me penchai, par réflexe à contre courant. La corde suivit le mouvement. Je m'agrippai des deux côtés et attirai brusquement les mains courantes vers moi. Je sentis le pont vibrer d'un bout à l'autre. J'en avais les jambes molles, et la rivière continuait de rugir sous mes pieds vacillants. Je risquais un oeil vers l'autre rive. Elle me parut être à des kilomètres. J'avais fait à peine le tiers de la distance. Maintenant, j'avais vraiment peur. Je ne voyais pas comment j'en sortirais vivant. Les mains courantes qui, au départ, étaient à la hauteur de mes épaules, m'arrivaient maintenant à la hanche. Quand je parvins au milieu du pont, balancé dans tous les sens, elles étaient au niveau de mes genoux. Elles ne pouvaient donc plus m'aider à garder mon équilibre. Fou de terreur, je poursuivis ma progression comme un automate et, après une éternité, je réussis à mettre le pied sur l'autre rive". 

C'était mon coup de chapeau à Monsieur Michel Peissel qui, grâce à ce livre, m'a donné l'envie de découvrir, non pas seulement le Zanskar, mais tout l'Himalaya. Ce que je fais depuis quelques années déjà. Un grand merci à vous et reposez-vous bien là-haut bien au-delà des cimes himalayennes. Votre vie a été remplie de grandes aventures et vous nous laissez , avec vos livres, un héritage incroyable. Encore un grand merci pour tous ces récits.

Après cette découverte, je n'avais plus qu'à rentrer à Shade. 



Sur le chemin du retour, je ferai une autre trouvaille que Jean-Louis recherchait. 
C'est cette pierre sculptée. Ce n'est pas tellement la gravure qui est intéressante mais c'est surtout le fait qu'elle soit posée sur un mur mani. Ce qui n'est pas un endroit habituel pour ce genre de gravure. A t'elle une histoire ? Je suis incapable de vous le dire !


Avant de rentrer, je fais une dernière photo de cette montagne, que je surnomme, depuis la première fois que je l'ai vue, mon Kailash. Pourquoi ?  Pour la simple raison que je la trouve très belle. Hélas, il est impossible d'en faire le tour, donc impossible de faire ici une Kora. Une Kora est une circumambulation autour d'un lieu géographique, un pèlerinage dans la tradition du bouddhisme tibétain.

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