lundi 10 mars 2014

Les taux d'oxygène aux différentes altitudes

Tous amoureux de haute montagne, rêvent un jour de tenter une aventure personnel en enchaînant plusieurs sommets pendant un trek. Pour réussir une telle prouesse, il faut être en excellente condition, aussi bien morale et physique : 

Une condition morale : pour rester concentré dans les passages compliqués.

Une condition physique: pour ne pas souffrir de l'altitude et ne pas devoir abandonner au court de chemin

Il faut savoir que l'altitude modifie énormément les capacités; plus l'a personne monte haut, plus il éprouve des difficultés à marcher, et surtout de respirer.

Qu'est-ce que l'altitude:

L'altitude se traduit par une baisse de la pression atmosphérique (en millibars ou en millimètre de mercure); plus on monte, plus la pression baisse; par exemple à 0 m d'altitude elle est de 760 mmHg, alors qu'à 4808 m elle est de 416.3 mmHg et à 8846 m de 236.3 mmHg. La pression à une certaine altitude diffère selon le climat et la saison : la pression est plus haute en été qu'en hiver dû aux températures et aux cumulus. L'altitude se traduit aussi par la baisse de la pression d'O2 dans l'air ambiant : il y a toujours 21% d'O2 mais la quantité d'O2 baisse, car la pression atmosphérique baisse en altitude et la température baisse aussi.

Les effets de l'altitude sur l'homme:

Chez l'homme, l'altitude agit surtout sur l'organisme par la diminution de la pression partielle de l'oxygène dans l'air inspiré, par la diminution de l'air totale, par l'abaissement de la température, par l'action du rayonnement solaire. Il s'en suit une hyperventilation, c'est à dire une augmentation de la respiration, une tachycardie, augmentation de fréquence cardiaque, et une augmentation du nombre de globules rouges dans le sang (polyglobulie) pour réagir à l'hypoxie.
Une personne située au niveau de la mer utilise 100% de son VO2 max, alors qu'une autre ne peut utiliser que 70% de son VO2 max à 4808 m et que 20% à 8846 m. La vie devient donc impossible à partir d'une certaine altitude. 

Comme on peut le voir l'altitude à des actions négatives, mais elle peut toutefois avoir des actions bénéfiques sur l'homme. En effet il n'est pas rare que des sportifs de haut niveau passe un séjour d'une semaine à plus de 3000 m, pour accroître leur taux de globules rouges. Les globules rouges transportent l'oxygène et plus on en a, plus le corps est oxygéné, on a donc une meilleure condition physique au niveau de l'endurance lorsque l'on redescend à une altitude nettement plus basse. 

Qu'est-ce que le "Mal Aigu des Montagnes" ?

Le "mal aigu des montagnes" touche presque toutes les personnes allant en haute altitude. En dessous de 3000 m il est très rare qu'une personne souffre de ce mal, il n'apparaît le plus souvent qu'à partir de 3500 m. 
Le "mal aigu des montagnes" est dû à une mauvaise acclimatation à l'altitude à cause du manque d'oxygène. 

Quelles sont les conséquences du "mal aigu des montagnes"?

Le "mal aigu des montagnes" peut avoir des conséquences mineures, qui ne sont toutefois pas à négliger, mais aussi très graves, qui peuvent entraîner la mort du sujet atteint.

Les signes bénins de ce mal sont : des maux de têtes, une respiration courte, des insomnies, de la fatigue et des nausées.

Les signes très graves de ce mal : sont une diminution du volume des urines, l'apparition d'oedèmes (gonflement) qui sont souvent localisés aux yeux, à la face, aux mains, aux chevilles.
Mais ces oedèmes peuvent être très graves et parfois même mortelles. 

L'OPHA, l'oedème pulmonaire de haute altitude (de 3000 à 4500 m), provoque l'étouffement, la cyanose des lèvres et des oreilles, et des crachats rouges (de sang).

L'OCHA, l'oedème cérébral de haute altitude (de 3500 à 5500 m), se traduit par une grande lassitude, des vomissements, des maux de tête épouvantables qui ne peuvent être soulagés avec de l'aspirine, des vertiges jusqu'au coma. Une fois ces signes ressentis, la personne a une chance sur deux de mourir.

Que faire lorsqu'on est atteint du "mal aigu des montagnes"?

La conduite à tenir lorsqu'on est atteint du "mal aigu des montagnes" dépend de sa gravité.

S'il est léger,  1g d'aspirine suffit et si le lendemain l'état est satisfaisant le sujet peut repartir mais en modérant son allure.

Si l'aspirine n'a aucun effet, le sujet est alors atteint d'un "mal aigu des montagnes" modéré. Il doit continuer de prendre de l'aspirine et stopper sa marche; s'il continue, son état peut s'aggraver. Il doit se reposer et si son état s'améliore il peut reprendre sa marche.

Il existe aussi le "mal aigu des montagnes" dit sévère. Si un sujet en est atteint, il faut impérativement qu'il descende et prenne des médicaments comme de l'aspirine et de l'acétazolamide. Si son état ne s'améliore pas il est alors utile de mettre le sujet dans un caisson hyperbare. Le caisson hyperbare à 220 mbars permet une guérison rapide. Le caisson hyperbare fait augmenter la pression : on peut par exemple se sentir à 3200 m alors qu'en réalité on est à 7000 m.

Comment prévenir le "mal aigu des montagnes"?

Il existe 3 règles d'or de la progression en altitude : Ne pas monter trop vite trop haut, monter suffisamment haut pour s’acclimater et ne pas rester trop haut trop longtemps.

La première chose à ne pas faire est de vouloir monter tout de suite le plus haut possible.
En effet, il ne faut pas perdre de vue que l'acclimatation à l'altitude se fait de façon progressive et il ne faut donc pas hésiter à allonger les périodes de marche d'approche. Ainsi "se hâter lentement" permet de "monter plus haut". Toutefois, l'altitude atteinte doit être suffisante pour déclencher les mécanismes d'acclimatation.

Conclusion

Les contraintes liées à l'altitude ne sont pas à prendre à la légère. Il est impensable de vouloir partir faire une grande ascension sans l'avoir soigneusement préparée : bien plus que la montée terminale, il faut soigner sa marche d'approche qui est la clé d'une bonne adaptation à l'altitude.
Enfin, malgré l'échec que cela représente, mieux vaut savoir s'arrêter et redescendre plutôt que continuer en choisissant d'ignorer les signes du "mal aigu des montagnes" et prendre ainsi le risque de très gros soucis. 
Bon à savoir

Du niveau de la mer au top du Mont Everest

Niveau de la mer :    100 % de taux d'oxygène
            1000 m :         88 %
            2500 m :         73 %
            3000 m :         68 %
            3500 m :         64 %
            4000 m :         60 %
            4500 m :         57 %
            5000 m :         53 %
            5200 m :         52 %
            5500 m :         50 %
            6000 m :         47 %
            7000 m :         41 %
            8000 m :         36 %
            8848 m :         33 %

4 commentaires:

  1. Bonjour, Sur tes conseils (sur le forum du guide du routard) je viens de lire cette partie de ton blog, concernant l'altitude....Nous avons déjà fait de la montagne en haute altitude (plusieurs fois au Ladack, Népal ect..mais beaucoup moins que toi)Je crois bien que nos réactions ne sont jamais les mêmes....Malgré le soin que nous apportons à nos préparations....Un G.H.M que je connais bien et qui, lui, est franchement habitué me dit exactement la même chose...Outre une bonne forme physique, je crois qu'il faut être prêt psychologiquement à affronter ces désagréments,ça vaut tellement le coup...Ceci dit depuis quelques années, je prends de l'homéopathie avant de partir et pendant le trek et j'avoue avoir moins de problème....Effet placébo????? Peu importe....Pour en revenir au circuit, nous avions pensé initialement commencer dans l'autre sens....Ce qui nous a été vivement déconseillé par l'agence.... A voir....Merci de m'avoir lue, peut-être à bientôt, Cathy

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    1. Lorsque tu arrives en Amérique latine, tu reçois directement quelques verres de maté de coca afin de supporter l'altitude. C'est bien la preuve que l'homéopathie ça marche.
      Ciao et bon trek a vous deux jusqu'au Tsomo Riri.

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  2. ben moi avec le maté ou les feuilles de coca a macher encore plus malade. Il existe des pilules tres efficaces

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  3. Je parle bien de boire du maté de coca et non de macher les feuilles de coca. Inutile d'avoir les yeux rouges pour partir en trek !

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