lundi 24 juin 2019

Naissance d’un trek

Je ne suis plus qu’à deux mois du départ pour Katmandou et mon esprit commence déjà à vagabonder à tel point que j’imagine déjà les premières sensations que j’éprouverai lorsque je serai, à nouveau, sur ces sentiers himalayens si chers à mon cœur. Le plaisir de pouvoir côtoyer des hommes courageux, qui le sont plus que moi, me comble dès maintenant de joie. La palette des sages est large, cela va du grand Lama, au simple, mais oh combien courageux, Sherpa. Ces hommes de rencontre m’apporteront, soit un moment d’accompagnement, soit un mot d’encouragement, comme seuls les peuples isolés peuvent vous les offrir. Car ils savent oh combien il est difficile d’arriver jusque chez eux. Et cela encore plus lorsque vous êtes seul et que vous avez, comme moi, la barbe bien blanche. Evidemment, au Népal, on est nettement moins isolé qu’au Ladakh. Lorsqu’on trekke au Ladakh il arrive souvent que l’on ne rencontre personne pendant plusieurs jours. Au Népal, l’isolement complet est pratiquement inexistant. Sur les sentiers, on rencontre aussi bien des caravanes de mules ou de yaks pour les hautes altitudes, que des sherpas et leurs charges incroyables, que des touristes accompagnés souvent d'un guide. Rare sont ceux, qui comme moi, osent s’aventurer seul sur ces chemins où tout peut arriver. Le danger est bien évidemment présent, je ne peux le nier. Mais le risque fait partie de l’aventure et le plus grand risque serait de passer à côté pour rester dans son petit confort !!! Et puis, je retournerai au monastère voir le grand Lama Nawang Paljur au monastère de Pangboche, et qui, l'année passée, m’avait donné sa bénédiction pour être protégé des démons et m'avait aussi invité au monastère pour assister à une puja. Hélas, je n'ai plus eu l'occasion d'y retourner. Cette année, j'irai le voir pour enfin assister à la puja.


Nul besoin que mon état d'esprit s'emballe puisque je suis encore à la maison. Une fois là-bas, j'aurai suffisamment le temps de profiter des odeurs des petits matins lorsque la brume se lève, du manque d’oxygène, des températures négatives et des repas frugaux, sauf le fameux dal bhat, qui est le plat traditionnel d’une grande partie de l’Asie. Même si, il faut bien le reconnaître, ce plat est certainement le plus nutritif qu’il soit possible d’avoir, il vous sort doucement par les oreilles après quelques jours ! Il ne vous reste alors qu’à vous rabattre vers les pommes de terre rissolées, les pâtes avec un peu de ketchup rallongé à l’eau pour faire un semblant de sauce et des œufs avec des chapatis etc ….. Rien de fort nutritif pour combler toutes les calories dépensées lors d'une journée de marche. Voilà pourquoi, l'année passée, sur les 75 kg au départ, je ne pesais plus que 62 kilos lorsque je suis rentré à la maison !!  C’est d’ailleurs la raison principale, pour laquelle Pascale (mon épouse) a préféré s’abstenir d’une nouvelle aventure de longue durée en haute altitude. Son corps en a trop souffert, puisqu’elle est revenue avec seulement 45 kilos. Il est clair que cela ne peut se renouveler tous les ans, sous peine de courir le risque d’avoir de réels ennuis de santé.
Cette situation est bien sure très regrettable car Pascale voudrait, elle aussi, retrouver l’aventure et ces décors qui font tant rêver, mais hélas, la haute altitude sur une longue période lui ferme l’estomac à tel point qu’elle a toutes les peines à manger le minimum d’une portion raisonnable. Dans ces conditions, il est évidemment plus sage de renoncer et d’attendre que je revienne pour envisager un voyage en Asie du sud-est, comme par exemple le Cambodge et le Laos. Deux destinations qui ne lui poseront pas tous ces problèmes d’altitude.
Maintenant un autre problème pourrait venir perturber mes plans. Et celui-là est plus embêtant puisqu’il s’agit d’une question météo, vu que la mousson est en retard de plus de deux semaines. Cela aura t'il un impact au mois de septembre ?  Personne ne peut le prédire, même pas le "Mr. météo India" !! Je sais que l’enseignement bouddhiste apprend à accepter l’inévitable avec sérénité, mais l’idée de passer des journées de trek sous la pluie ne me réjouit guère.    
En attendant le départ, j’ai bien l'intention de profiter de mes derniers moments à Bruxelles. J'aime cette ville qui, aux yeux des étrangers, ressemble plus à un grand village qu’à une capitale. Je ne peux pas leur donner tort, même si sa petite superficie apporte une vie moins stressante qu’une ville comme Paris. Alors, je profite de cette ambiance et de ses fritkots calorifiques. Avant de me retrouver au Népal, un petit Tibet perdu qui survit, aujourd'hui, à l’ombre de l'ogre chinois.


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