Tous amoureux de haute montagne, rêvent un jour de tenter une aventure personnel en enchaînant plusieurs sommets pendant un trek. Pour réussir une
telle prouesse, il faut être en excellente condition, aussi bien morale et physique :
Une condition morale : pour rester concentré dans les passages compliqués.
Une condition
physique: pour ne pas souffrir de l'altitude et ne pas devoir abandonner au court de chemin
Il faut savoir que l'altitude modifie énormément les capacités; plus
l'a personne monte haut, plus il éprouve des difficultés à marcher, et surtout de respirer.
Qu'est-ce que l'altitude:
L'altitude se traduit par une baisse de la pression
atmosphérique (en millibars ou en millimètre de mercure); plus on monte, plus
la pression baisse; par exemple à 0 m d'altitude elle est de 760 mmHg, alors
qu'à 4808 m elle est de 416.3 mmHg et à 8846 m de 236.3 mmHg. La pression à une
certaine altitude diffère selon le climat et la saison : la pression est plus
haute en été qu'en hiver dû aux températures et aux cumulus. L'altitude se
traduit aussi par la baisse de la pression d'O2 dans l'air ambiant : il y a
toujours 21% d'O2 mais la quantité d'O2 baisse, car la pression atmosphérique
baisse en altitude et la température baisse aussi.
Les effets de l'altitude sur l'homme:
Chez l'homme, l'altitude agit surtout sur l'organisme par la
diminution de la pression partielle de l'oxygène dans l'air inspiré, par la
diminution de l'air totale, par l'abaissement de la température, par l'action
du rayonnement solaire. Il s'en suit une hyperventilation, c'est à dire une
augmentation de la respiration, une tachycardie, augmentation de fréquence
cardiaque, et une augmentation du nombre de globules rouges dans le sang
(polyglobulie) pour réagir à l'hypoxie.
Une personne située au niveau de la mer utilise 100% de son
VO2 max, alors qu'une autre ne peut utiliser que 70% de son VO2 max à 4808 m et que 20% à 8846 m. La vie devient donc impossible
à partir d'une certaine altitude.
Comme on peut le voir l'altitude à des actions négatives,
mais elle peut toutefois avoir des actions bénéfiques sur l'homme. En effet il
n'est pas rare que des sportifs de haut niveau passe un séjour d'une semaine à plus de 3000 m, pour accroître
leur taux de globules rouges. Les globules rouges transportent l'oxygène et
plus on en a, plus le corps est oxygéné, on a donc une meilleure condition
physique au niveau de l'endurance lorsque l'on redescend à une altitude nettement plus basse.
Qu'est-ce que le "Mal Aigu des Montagnes" ?
Le "mal aigu des montagnes" touche presque toutes
les personnes allant en haute altitude. En dessous de 3000 m il est très rare
qu'une personne souffre de ce mal, il n'apparaît le plus souvent qu'à
partir de 3500 m.
Le "mal aigu des montagnes" est dû à une mauvaise acclimatation
à l'altitude à cause du manque d'oxygène.
Quelles sont les conséquences du "mal aigu des
montagnes"?
Le "mal aigu des montagnes" peut avoir des
conséquences mineures, qui ne sont toutefois pas à négliger, mais aussi très graves,
qui peuvent entraîner la mort du sujet atteint.
Les signes bénins de ce mal sont : des maux de têtes, une respiration courte, des insomnies, de la fatigue et des nausées.
Les signes très graves de ce mal : sont une diminution du volume des urines, l'apparition d'oedèmes
(gonflement) qui sont souvent localisés aux yeux, à la face, aux mains, aux
chevilles.
Mais ces oedèmes peuvent être très graves et parfois même
mortelles.
L'OPHA, l'oedème pulmonaire de haute altitude (de 3000 à 4500
m), provoque l'étouffement, la cyanose des lèvres et des oreilles, et des
crachats rouges (de sang).
L'OCHA, l'oedème cérébral de haute altitude (de
3500 à 5500 m), se traduit par une grande lassitude, des vomissements, des maux
de tête épouvantables qui ne peuvent être soulagés avec de l'aspirine, des
vertiges jusqu'au coma. Une fois ces signes ressentis, la personne a
une chance sur deux de mourir.
Que faire lorsqu'on est atteint du "mal aigu des montagnes"?
La conduite à tenir lorsqu'on est atteint du "mal aigu
des montagnes" dépend de sa gravité.
S'il est léger, 1g
d'aspirine suffit et si le lendemain l'état est satisfaisant le sujet peut
repartir mais en modérant son allure.
Si l'aspirine n'a aucun effet, le sujet est alors atteint
d'un "mal aigu des montagnes" modéré. Il doit continuer de prendre de
l'aspirine et stopper sa marche; s'il continue, son état peut s'aggraver. Il
doit se reposer et si son état s'améliore il peut reprendre sa marche.
Il existe aussi le "mal aigu des montagnes" dit
sévère. Si un sujet en est atteint, il faut impérativement qu'il descende et
prenne des médicaments comme de l'aspirine et de l'acétazolamide. Si son état
ne s'améliore pas il est alors utile de mettre le sujet dans un caisson
hyperbare. Le caisson hyperbare à 220 mbars permet une guérison rapide. Le
caisson hyperbare fait augmenter la pression : on peut par exemple se sentir à
3200 m alors qu'en réalité on est à 7000 m.
Comment prévenir le "mal aigu des montagnes"?
Il existe 3 règles d'or de la progression en altitude : Ne
pas monter trop vite trop haut, monter suffisamment haut pour s’acclimater et
ne pas rester trop haut trop longtemps.
La première chose à ne pas faire est de vouloir monter tout
de suite le plus haut possible.
En effet, il ne faut pas perdre de vue que
l'acclimatation à l'altitude se fait de façon progressive et il ne faut donc
pas hésiter à allonger les périodes de marche d'approche. Ainsi "se hâter
lentement" permet de "monter plus haut". Toutefois, l'altitude
atteinte doit être suffisante pour déclencher les mécanismes d'acclimatation.
Conclusion
Les contraintes liées à l'altitude ne sont pas à
prendre à la légère. Il est impensable de vouloir partir faire une grande
ascension sans l'avoir soigneusement préparée : bien plus que la montée
terminale, il faut soigner sa marche d'approche qui est la clé d'une bonne
adaptation à l'altitude.
Enfin, malgré l'échec que cela représente, mieux vaut savoir
s'arrêter et redescendre plutôt que continuer en choisissant d'ignorer les
signes du "mal aigu des montagnes" et prendre ainsi le risque de
très gros soucis.
Bon à savoir
Du
niveau de la mer au top du Mont Everest
Niveau
de la mer : 100 % de taux d'oxygène
1000 m : 88 %
2500 m : 73 %
3000 m : 68 %
3500 m : 64 %
4000 m : 60 %
4500 m : 57 %
5000 m : 53 %
5200 m : 52 %
5500 m : 50 %
6000 m : 47 %
7000 m : 41 %
8000 m : 36 %
8848 m : 33 %















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