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mercredi 19 juin 2019

Les taux d'oxygène aux différentes altitudes

Tous amoureux de haute montagne, rêvent un jour de tenter une aventure personnel en enchaînant plusieurs sommets pendant un trek. Pour réussir une telle prouesse, il faut être en excellente condition, aussi bien morale et physique : 

Une condition morale : pour rester concentré dans les passages compliqués.

Une condition physique: pour ne pas souffrir de l'altitude et ne pas devoir abandonner au court de chemin

Il faut savoir que l'altitude modifie énormément les capacités; plus l'a personne monte haut, plus il éprouve des difficultés à marcher, et surtout de respirer.

Qu'est-ce que l'altitude:

L'altitude se traduit par une baisse de la pression atmosphérique (en millibars ou en millimètre de mercure); plus on monte, plus la pression baisse; par exemple à 0 m d'altitude elle est de 760 mmHg, alors qu'à 4808 m elle est de 416.3 mmHg et à 8846 m de 236.3 mmHg. La pression à une certaine altitude diffère selon le climat et la saison : la pression est plus haute en été qu'en hiver dû aux températures et aux cumulus. L'altitude se traduit aussi par la baisse de la pression d'O2 dans l'air ambiant : il y a toujours 21% d'O2 mais la quantité d'O2 baisse, car la pression atmosphérique baisse en altitude et la température baisse aussi.

Les effets de l'altitude sur l'homme:

Chez l'homme, l'altitude agit surtout sur l'organisme par la diminution de la pression partielle de l'oxygène dans l'air inspiré, par la diminution de l'air totale, par l'abaissement de la température, par l'action du rayonnement solaire. Il s'en suit une hyperventilation, c'est à dire une augmentation de la respiration, une tachycardie, augmentation de fréquence cardiaque, et une augmentation du nombre de globules rouges dans le sang (polyglobulie) pour réagir à l'hypoxie.
Une personne située au niveau de la mer utilise 100% de son VO2 max, alors qu'une autre ne peut utiliser que 70% de son VO2 max à 4808 m et que 20% à 8846 m. La vie devient donc impossible à partir d'une certaine altitude. 

Comme on peut le voir l'altitude à des actions négatives, mais elle peut toutefois avoir des actions bénéfiques sur l'homme. En effet il n'est pas rare que des sportifs de haut niveau passe un séjour d'une semaine à plus de 3000 m, pour accroître leur taux de globules rouges. Les globules rouges transportent l'oxygène et plus on en a, plus le corps est oxygéné, on a donc une meilleure condition physique au niveau de l'endurance lorsque l'on redescend à une altitude nettement plus basse. 

Qu'est-ce que le "Mal Aigu des Montagnes" ?

Le "mal aigu des montagnes" touche presque toutes les personnes allant en haute altitude. En dessous de 3000 m il est très rare qu'une personne souffre de ce mal, il n'apparaît le plus souvent qu'à partir de 3500 m. 
Le "mal aigu des montagnes" est dû à une mauvaise acclimatation à l'altitude à cause du manque d'oxygène. 

Quelles sont les conséquences du "mal aigu des montagnes"?

Le "mal aigu des montagnes" peut avoir des conséquences mineures, qui ne sont toutefois pas à négliger, mais aussi très graves, qui peuvent entraîner la mort du sujet atteint.

Les signes bénins de ce mal sont : des maux de têtes, une respiration courte, des insomnies, de la fatigue et des nausées.

Les signes très graves de ce mal : sont une diminution du volume des urines, l'apparition d'oedèmes (gonflement) qui sont souvent localisés aux yeux, à la face, aux mains, aux chevilles.
Mais ces oedèmes peuvent être très graves et parfois même mortelles. 

L'OPHA, l'oedème pulmonaire de haute altitude (de 3000 à 4500 m), provoque l'étouffement, la cyanose des lèvres et des oreilles, et des crachats rouges (de sang).

L'OCHA, l'oedème cérébral de haute altitude (de 3500 à 5500 m), se traduit par une grande lassitude, des vomissements, des maux de tête épouvantables qui ne peuvent être soulagés avec de l'aspirine, des vertiges jusqu'au coma. Une fois ces signes ressentis, la personne a une chance sur deux de mourir.

Que faire lorsqu'on est atteint du "mal aigu des montagnes"?

La conduite à tenir lorsqu'on est atteint du "mal aigu des montagnes" dépend de sa gravité.

S'il est léger,  1g d'aspirine suffit et si le lendemain l'état est satisfaisant le sujet peut repartir mais en modérant son allure.

Si l'aspirine n'a aucun effet, le sujet est alors atteint d'un "mal aigu des montagnes" modéré. Il doit continuer de prendre de l'aspirine et stopper sa marche; s'il continue, son état peut s'aggraver. Il doit se reposer et si son état s'améliore il peut reprendre sa marche.

Il existe aussi le "mal aigu des montagnes" dit sévère. Si un sujet en est atteint, il faut impérativement qu'il descende et prenne des médicaments comme de l'aspirine et de l'acétazolamide. Si son état ne s'améliore pas il est alors utile de mettre le sujet dans un caisson hyperbare. Le caisson hyperbare à 220 mbars permet une guérison rapide. Le caisson hyperbare fait augmenter la pression : on peut par exemple se sentir à 3200 m alors qu'en réalité on est à 7000 m.

Comment prévenir le "mal aigu des montagnes"?

Il existe 3 règles d'or de la progression en altitude : Ne pas monter trop vite trop haut, monter suffisamment haut pour s’acclimater et ne pas rester trop haut trop longtemps.

La première chose à ne pas faire est de vouloir monter tout de suite le plus haut possible.
En effet, il ne faut pas perdre de vue que l'acclimatation à l'altitude se fait de façon progressive et il ne faut donc pas hésiter à allonger les périodes de marche d'approche. Ainsi "se hâter lentement" permet de "monter plus haut". Toutefois, l'altitude atteinte doit être suffisante pour déclencher les mécanismes d'acclimatation.

Conclusion

Les contraintes liées à l'altitude ne sont pas à prendre à la légère. Il est impensable de vouloir partir faire une grande ascension sans l'avoir soigneusement préparée : bien plus que la montée terminale, il faut soigner sa marche d'approche qui est la clé d'une bonne adaptation à l'altitude.
Enfin, malgré l'échec que cela représente, mieux vaut savoir s'arrêter et redescendre plutôt que continuer en choisissant d'ignorer les signes du "mal aigu des montagnes" et prendre ainsi le risque de très gros soucis. 
Bon à savoir

Du niveau de la mer au top du Mont Everest

Niveau de la mer :    100 % de taux d'oxygène
            1000 m :         88 %
            2500 m :         73 %
            3000 m :         68 %
            3500 m :         64 %
            4000 m :         60 %
            4500 m :         57 %
            5000 m :         53 %
            5200 m :         52 %
            5500 m :         50 %
            6000 m :         47 %
            7000 m :         41 %
            8000 m :         36 %
            8848 m :         33 %

lundi 3 février 2014

Biographie de Sandor Korosi Csoma ou Alexandre Csoma de Köros

Pour pouvoir remonter l'histoire, il faut souvent un peu de chance. Cette chance, 'ai dû la forcer durant deux voyages au Zanskar, 2011 et 2012, afin de trouver les preuves du passage d'Alexandre Csoma de Köros'au Zanskar.

Biographie de Csoma

Sandor Korosi Csoma ou Alexandre Csoma de Köros était un voyageur, un philosophe et un orientaliste hongrois, fondateur de la tibétologie. Il est né à Köros en Transylvanie (aujourd'hui Chiuruş), le 27 mars 1784 et décédé à Darjeeling (Inde) le 11 avril 1842.
De juin 1823 à octobre 1824, il séjourne au Zanskar, ancien royaume himalayen dépendant du Ladakh, où il passe près d’un an et demi, devant supporter des températures hivernales de - 40 °. C'est au royal palace de Zangla, où il avait sa chambre qu'il assimila les fondements de la langue tibétaine classique. Il fut pris en charge par le lama Sangye Phuntsog, pour accroître rapidement ses connaissances. Lors de ce séjour, il compulse un grand nombre d’ouvrages en tibétain et se constitue un lexique de vingt mille mots. Il vit de manière ascétique dans une cellule étroite, sans chauffage ni feu et son alimentation sera exclusivement faite de thé de yak beurré et d’orge (sampa).


 Lorsque je me suis retrouvé sur les lieux même où Csoma de Kôros séjourna, j'ai voulu aussi retrouver quelques preuves de son passage. J'avais lu, avant de partir, dans des très anciens livres qu' Alexandre Csoma de Köros avait gravé une pierre dans chacun des lieux où il avait séjourné à Zangla et à Phuktal. Je ne pouvais imaginer que ces gravures avaient disparu. Si bien que lorsque je suis arrivé sur ces lieux, je me suis mis à la rechercher des pierres gravées.
Lors de mon premier passage à Zangla, j'ai même demandé audience au roi afin qu'il me dise où se trouvait la gravure de l’orientaliste hongrois. Hélas il n'était pas au château, mais sa femme m’accueillit et ,'affirma qu'elle n'en avait jamais entendu parler. Je pensais bien à ce moment là que ce trésor était perdu à tout jamais.
Il me restait l'espoir de voir la pierre au Monastère de Phuktal.  

Le monastère de Phuktal 

En octobre 1824, il quitte Zangla pour Sabathou, poste-frontière britannique où il resta six mois. Les autorités britanniques qui le soupçonnent d’être un espion, Csoma rédige à leur demande un rapport sur le but de son voyage et les circonstances fortuites qui l’ont conduit à entreprendre ses études tibétaines. Les Britanniques modifient leur appréhension : ils jugent dès lors que son travail est utile et lui donnent les moyens matériels pour poursuivre son activité. Fort de ce soutien, il retourne au Zanskar.

En novembre 1825, il s’installe au Gonpa de Phuktal, la plus spectaculaire construction monastique du Ladakh. 

Mi-juin 1827, il est à Kanam, au Kinnaur (ou Kinawar, nord du comté indien de Bishawar) où il va travailler trois ans et demi sur l’intégralité du canon bouddhique tibétain, le Kanjur (''bKa’-gur'', 108 volumes) et son commentaire, le Tanjur (''bsTan-‘gyur'', 225 volumes), soit un ensemble de 4569 textes différents. Traduits du sanscrit entre les VIIe et IXe siècles, ces textes furent ensuite retraduits dans les langues mongole, mandchoue et chinoise à partir du tibétain. Il a retrouvé son maître Sangje Phuntsog et travaille dans un environnement favorable. Cette période est la plus féconde. Il achève sa grammaire et son dictionnaire tibétains, prépare une version anglaise de la terminologie bouddhiste (''Mahavyutpatti'') et rassemble de nombreux matériaux ayant trait à la littérature tibétaine, dont le bouddhisme constitue l’assise.

Une fois arrivé à Phuktal et après avoir assisté à la Putja du matin, je m'informe auprès du grand Lama si la pierre gravée d'Alexandre Csoma de Köros était toujours au monastère. L'affirmation fut directe, mais lorsque je demandais de la voir, il m'a été répondu que le moine qui avait la clé du temple était absent et qu'il ne reviendrait que dans une quinzaine de jours. Décidément la malchance s'acharna sur moi et je me dis que cette découverte sera pour un autre voyage. 

Le temps passa et c'est en 2012 que j’entrepris un nouveau voyage au Ladakh et au Zanskar. Avec cette fois, le ferme espoir de découvrir la seule pierre qui était conservée, celle de Phuktal. Quant à celle de Zangla, j'avais perdu tout espoir de la voir. 

J'étais donc loin de penser que cette fois, la chance allait me sourire. Lorsque j'arrive à Zangla, Monica, une hongroise responsable de la restauration du old palace et qui a déjà consacré dix ans de sa vie pour réaliser ce projet complètement fou et qui est loin d'être terminé, me dit, avec un large sourire, qu'elle a quelque chose à me montrer au château ! Lorsque nous arrivons sur les lieux, elle m'invite à rentrer dans une pièce en me demandant si ce n'était pas ça que je cherchais ?
La pierre de Csoma de Köros était là, du moins ce qu'il en restait, car l'équipe de Monica l'avait retrouvée sous un monticule d'autres pierres.
Vu les affirmations que la reine m'avait faites lors de ma dernière visite, cette découverte fut pour moi une énorme surprise, Mais l'important, c'est qu'elle était bien là. J'avais peine à croire qu'à la vue de cette pierre, je remontais l'histoire de plus de 188 ans. C'était complètement incroyable.


Je me disais que cette fois, la partie risquait d'être gagnée, puisqu'au monastère de Phuktal, on m'avait bien confirmé la présence de l'autre pierre.
Deux jours plus tard, je me mettais en route pour le monastère de phuktal. Lorsque je suis arrivé, c'était l'heure de la putja. Après la cérémonie, j'ai eu cette fois l'occasion de voir le moine qui avait à son trousseau la fameuse clé qui allait me faire découvrir la deuxième pierre. J'ai pu ainsi compléter le "puzzle" qui me donnera la preuve du passage de Csoma de Köros au Zankar.


Par chance, cette deuxième pierre qui se trouve à Phuktal, même si elle est aussi cassée,  est au moins restée entière.

Concernant Alexandre de Köros, la boucle n'est cependant pas totalement bouclée pour moi. Je dois à présent aller dans le village de Kanam au Kinnaur où il resta au monastère. 
Ce fut le troisième voyage de Csoma qui alla à Kanam par la vallée de Sutlej. La raison pour laquelle Csoma choisit d'aller à Kanam était la collection complète du Kangyur et du Tengyur, la Tibean bouddhiste Canon détenue par le monastère. C'est à Kanam où Csoma de Köros est devenu convaincu que le lama est un grand maître et un vrai maître des enseignements bouddhistes. Pendant les trois ans que Csoma a passé à Kanam, cela a été sa période la plus productive. Il a complété sa grammaire tibétaine et écrit un manuscrit pour le dictionnaire de la terminologie bouddhiste et autres pièces savantes. Csoma est resté dans le monastère de Kanam d'Août 1827 à Octobre 1830. Il serait bien étonnant qu'il n'y aurait pas une autre pierre gravée qui traîne là-bas. 
En mai 1841, il démissionne de son poste de bibliothécaire et revient à son dessein initial : retrouver le berceau de la culture hongroise (magyare). Son intention est de se rendre à Lhassa, puis de continuer sa route à travers l'immense plateau tibétain et au-delà jusqu’aux steppes mongoles. Il quitte Calcutta le 9 février 1842 et se dirige à nouveau vers le nord. En cours de route, il contracte la malaria et meurt à Darjeeling sans être entré au Tibet. Un monument commémoratif fut érigé sur sa tombe dans un cimetière bordant la route menant de Darjeeling à Lebong.



Csoma de Koros tomb and monument(Darjeeling)

mardi 12 mars 2013

Comment était le Ladakh au temps des photos en noir et blanc

Il y a plus d'un demi siècle, Leh, l'ancien caravansérail de la Route de la Soie, était encore l'un des carrefours les plus prestigieux de l'Asie centrale. Sa position géographique faisait d'elle un centre privilégié d'échanges commerciaux. Cette histoire, je vous l'ai déjà racontée dans une page précédente :  http://holidaytrip-himalaya.blogspot.be/2012/03/les-frontieres-du-tibet-historique.html



Je voulais me replonger dans cette époque afin de me rendre compte à quoi pouvait bien ressembler le Ladakh et plus particulièrement la ville de Leh au temps de ces grandes caravanes. 

Après maintes recherches sur le net, j'ai retrouvé quelques documents qui malgré le temps, sont d'une qualité incroyable. 

Une bonne partie de ces photographies proviennent de la British Library.

Les documents nous montrent Main Street de Leh, quelques monastères, les moines et les danses traditionnelles ainsi que des scènes de vie au Ladakh. Hélas, je n'ai rien trouvé sur  la rue du Chang à Leh. C'est là que se retrouvaient "joyeusement" les caravaniers 

Ladakh by Stanley Leighton (1837-1901) January 1869

Le palais de Leh


Le Fort de Leh (détruit aujourd'hui)


Le palais de Stok où le roi du Ladakh fut exilé dans les années 1830.


Le monastère de Chemre. Il est intéressant de constater qu'il y avait à cette époque une enceinte murale. 


Le monastère d'Hemis


" Taken" by Edward Francis Chapman in 1873, part of the Dunlop Smith Collection: 



Photographs from voyage of Fritz Hochberg year 1908.






Main Street  


Les femmes ladakhis



 Les mêmes femmes, mais en habits de cérémonie


Monastère d'Hemis 

  
Direction Lamayuru



 Le monastère de Lamayuru


 


Mulbekh


Alchi

Construction de la route Srinagar - Leh