dimanche 20 mars 2022

La Grande traversée des Alpes

 Malgré ma préparation d'un nouveau trek dans la région du Kumbu et la fin supposée de la pandémie du Covid-19, je pense qu'il est toutefois compliqué de prévoir un trek pour une durée de trois mois au Népal. J'ai donc décidé qu'il serait plus sage de reporter ce voyage à l'année prochaine. Cette année, je vais donc faire une infidélité à la chaîne himalayenne, en m'attaquant à partir de la mi-juin, à la grande traversée des Alpes (GR5). 

Ma Grande traversée des Alpes

Le GR5, la traversée des Alpes, est sûrement une des plus belles randonnées de France. Cette qualification peut bien évidemment se discuter et chaque trekkeur aura son plus beau et grand trek à revendiquer. Mais une chose qu’il faut reconnaître, c’est que cette grande traversée des Alpes, avec ses 600 kilomètres de marche pour 33200 m de dénivelé positif et 34700 m de dénivelé négatif, est assurément un trek qui donne envie de faire. De plus, le GR5 des Alpes ne laisse pas indifférent, car les grands espaces se succèdent sans pour autant se ressembler. Pas après pas, je pourrai découvrir  l'incroyable diversité de la flore, de la faune et des paysages. Ce trek comprend la traversée de deux parcs nationaux et d’un parc naturel régional comme la Vanoise, le Mercantour et le Queyras, mais aussi des massifs moins connus mais tout aussi attrayants le Chablais, le Thabor, l’Ubaye en passant aussi par la vallée des Merveilles avant de terminer à Menton.

La traversée des Alpes va classiquement du Lac Léman avec un départ de Thonon les Bains ou de Saint Gingolph, jusqu'à la méditerranée. Pour terminer son parcours, il y a là aussi deux points de chutes, soit Nice, soit Menton.


Pour choisir son lieu de départ, il faut savoir que Thonon les Bains est accessible directement en train et que rejoindre Saint-Gingolph, c'est un peu plus compliqué. Il y a soit un bus matinal (6h34) qui part d'Evian, soit un bateau ou le covoiturage ou encore le stop.

Après avoir pesé le pour et le contre, et même si un départ de Thonon les Bains rallonge un peu le trajet (mais cela ne vient plus à 20 km de plus), je pense bien que je choisirai la petite bourgade comme lieu de départ. Le départ est d'ailleurs prévu le 14 juin, mais l'arrivée à Menton ou Nice reste indéterminé, vu que cela fait deux ans que je n'ai plus mis les pieds en montagne et que je ne sais pas trop où j'en suis avec ma condition physique. Dans ce contexte, si j'arrive à voir la mer méditerranée, ce sera déjà très bien !! 

Si le trajet principal se trouve sur le GR5, les concepteurs de ce beau chemin ont prévu des variantes. C’est-à-dire une branche balisée du GR qui fait un détour, souvent pour passer par un endroit magnifique ou spectaculaire.

C’est le cas de la variante GR55 ......

....... Ou encore La Vallée des Merveilles (variante GR52)

La vallée des Merveilles est sûrement la variante la plus connue du GR5. La bifurcation a lieu quelques jours de marche avant d’arriver à la méditerranée. Alors que le GR5 «normal» part vers Nice, le GR52 part vers Menton, en passant par cette fameuse vallée. Tous les gens qui ont fait les Merveilles conseillent fortement de faire cette variante. La vallée est parait-il magnifique, plutôt bien préservée, et le GR passe par un site archéologique exceptionnel. Des milliers de peintures rupestres dans un excellent état de conservation jalonnent le parcours. Autre avantage de cette variante : le retour à la « civilisation » à Menton est beaucoup moins violent qu’à Nice … Bon à savoir !

Autre avantage sur ce GR5, c’est qu’en cas de coup « dur », ce tracé est jalonné d’une trentaine de gares SNCF et d’arrêts de bus. Soit, plus ou moins une possibilité d’un transport tous les 25 kilomètres environ. Ce qui est, avouons-le, quelque peu plus rassurant ,au cas où ! On peut retrouver facilement sur internet des listes de ces possibilités de transport.

Voici la liste

Thonon-les-Bains - gare SNCF, Saint Gingolph - autocar de Thonon-les-Bains, Chapelle-d'Abondance - autocar de Thonon-les-Bains, Samöens - autocar de Cluses, Les Houches - gare SNCF, Les Contamines-Montjoie - autocar de St-Gervais-le Fayet, Landry - gare SNCF, Tignes - autocar de Bourg Saint Maurice, Val d'Isère - autocar de Bourg Saint Maurice, Bonneval sur Arc - autocar de Modane, Bressans - autocar de Modane, Lanslebourg - autocar de Modane, Termignon - autocar de Modane, Modane - gare SNCF, Névache - autocar de Briançon, Montgenèvre - autocar de Briançon, Briançon - gare SNCF, Chateau Queyras - autocar de Mont Dauphin, Ceillac - autocar de Mont Dauphin sur réservation, Larche - autocar de Gap à Barcelonnette puis autocar de Barcelonnette à Larche, Saint-Etienne-de-Tinée - autocar de Nice, Auron - autocar de Nice, Saint-Sauveur-de-Tinée - autocar de Nice, Saint-Dalmas - autocar de Nice, Sospel - gare SNCF, Menton - gare SNCF

Avant d’aborder le tracé lui-même, je devrai encore préparer la logistique et ses points de ravitaillements afin de ne porter que la nourriture nécessaire. Ce point est important si je veux voyager le plus léger possible. Ce qui ne sera pas si évident, puisque j’ai l’intention de faire ce trek en totale autonomie, cela pour pouvoir le faire à mon rythme et de pouvoir m’arrêter lorsque j’en aurai envie. Pour cela, j’aurai besoin de ma tente et tout ce qui va avec afin de passer des nuits paisibles ! Il me faudra aussi de quoi me restaurer. Là viendra la réflexion, mais plus tard, si je vais manger chaud ou froid. Tout en sachant qu’il est possible d’avoir des plats chauds dans les refuges afin de changer des repas quotidiens. C’est évidemment aussi possible pour les nuits au cas de mauvais temps.

Ravitaillement possible :

Dans les Alpes, les points de ravitaillement sont inégalement répartis le long du GR5. Il n'est pas rare de devoir provisionner son sac pour 2 jours de rando avant d'atteindre le ravitaillement suivant.

Il est possible de faire des courses dans les villages suivants :

Du Léman au Mont Blanc : Thonon les Bains ou St Gingolph (départ), Chapelle-D’abondance, Samoëns, Sixt, Les Houches, St-Gervais-les-Bains, Les Contamines-Montjoie

La Vanoise : Bellentre, Landry, Peisey-Nancroix, Val d'Isère, Bonneval-sur-Arc, Bressans, Modane

L'Ubaye : Val Fréjus, Montgenèvre, Briançon, Ville-Vieille, Ceillac

Tinée-Vésubie : St-Dalmas-le-Selvage, St-Etienne-de-Tinée, Auron, St-Sauveur-de-Tinée, Rimplas,     La Bolline, St-Dalmas-Valdeblore

Vers Nice : Utelle, Levens, Aspremont, Nice

Vers Menton : Sospel, Menton

Les tronçons où il faut faire attention :

13h de marche entre Chapelle-d'Abondance et Samoëns, mais possibilité de manger dans des restaurants ou des refuges le long du chemin.

12h de marche entre Sixt et Les Houches, possibilité de manger uniquement dans des refuges le long du chemin.

9h de marche entre Peisey-Nancroix et Val d'Isère, mais possibilité de manger dans des restaurants ou des refuges le long du chemin.

26h de marche entre Bressans et Modane (la Vanoise), possibilité de manger uniquement dans des refuges le long du chemin.

15h de marche entre Val Fréjus et Montgenèvre, les 2 seules possibilités étant les refuges du Mont Thabor et de Vallée Etroite.

13h de marche entre Briançon et Ville-Vieille, mais possibilité de manger dans des restaurants ou des refuges le long du chemin.

25h de marche entre Ceillac et St-Dalmas-le-Selvage (pas de la Cavale), mais possibilité de manger dans des restaurants ou des refuges le long du chemin.

28h de marche entre St-Dalmas-Valdeblore et Sospel (vallée des Merveilles), les 3 seules possibilités étant les refuges de la Madone de Fenestre, de Nice et des Merveilles.

Ce qu'il faut savoir sur la réglementation des parcs naturels

Parc national de la Vanoise

Camping interdit. Feu interdit. Chien interdit. Prélèvement de fleurs, d'insectes et de minéraux interdit. Dépôt de déchet interdit. Vélo tout terrain interdit.

Bivouac autorisé autour des refuges suivants :

Aussois : La Dent Parrachée (GR5) - Le Fond d'Aussois (GR5)

Bonneval-sur-Arc : Le Carro

Champagny-en-Vanoise : La Glière

Peisey-Nancroix : le Col du Palet (GR5 - * )

Pralognan-la-Vanoise : La Valette ( * )

Saint Bon-Courchevel : Les Lacs Merlet

Termignon : L' Arpont (GR5 - *) - La Femma ( * ) - La Leisse (GR55 - * )

Val d'Isère : Le Fond des fours ( * )

( * ) = Refuges du Parc national de la Vanoise - 3.5 € la nuit

Et dans les conditions suivantes :

Utilisation d'une tente ne permettant pas la station debout. implantation pour 1 nuit, entre 19 et 8 heures du matin uniquement pendant la période de gardiennage du refuge concerné comprise entre le 1er juin et le 30 septembre dans la limite de la capacité d'accueil du lieu prévu pour le bivouac.

Parc naturel régional du Queyras

Pas de réglementation spécifique.

Parc national du Mercantour

Camping interdit. Feu interdit. Chien interdit. Prélèvement de fleurs, d'insectes et de minéraux interdit. Dépôt de déchet interdit.

Bivouac autorisé à plus de 1 heure de marche des limites du parc ou d'un accès routier.

La vallée des Merveilles

Incluse dans le parc du Mercantour, une réglementation spécifique à la vallée des Merveilles s'ajoute à celle du parc.

Il est interdit de toucher les gravures rupestres. Les bâtons à pointe ferrée sont interdits. Il faut obligatoirement être accompagné d'un guide pour quitter les sentiers balisés.

Voilà ce qu’il faut savoir sur ce que l’on peut et ne pas faire sur le GR5.

Je vais maintenant attaquer le programme de ce trek. Il est évident que je ne vais pas le faire au jour le jour. Cela fait deux années que je n’ai plus mis les pieds en montagne (cause de Covid), je ne sais donc pas comment mon corps va réagir à des efforts successifs. Comme il faut bien faire un plan de trek, je le fais sur base d’autres trekkeurs. Mais je n’ai toutefois pas l’intention de suivre leur rythme. D’ailleurs à 70 ans, je ne saurais plus le faire !!!!

                                                        Programme du trek GR5

Il va de soi que le deux tableaux, sont uniquement là pour connaitre les dénivelés et non pas pour le nombre d'étapes. Les kilomètres ne sont pas plus importants, puisque dans la montagne, on parle toujours en nombre d'heures.




Du Léman à Chapelle d'Abondance

Premiers pas sur le GR5 dans les Alpes, et première mise en jambes : monter de Thonon les Bains (386m) au Col de Bise 1915m ou départ à Saint Gingolph (à voir sur place). Au départ de Thonon-les-Bains, cette étape invite à quitter le bassin Lémanique pour rejoindre le massif du Chablais, le long d'un sentier en balcon au-dessus du lac.

Le GR® 5 part de la gare SNCF de Thonon (431 m) à droite (est) dans la rue Jean-Blanchard. Au Pôle emploi, tourner à droite (sud) en direction d’une passerelle qui permet de franchir la voie ferrée puis de gagner la place de Crête par un passage souterrain obélisque rappelant le passage des troupes napoléoniennes lors de la campagne d’Italie (eau potable au pied du monument). Passer à droite de l’entrée de l’hôtel L’Arc en Ciel et, au carrefour suivant, rester à droite. Longer la place, passer devant l’école des Charmilles et s’engager dans le petit chemin de Trossy. Face à un terrain de sport, prendre à gauche la montée du chemin des Harpes qui mène à un carrefour. Poursuivre en face dans le chemin de la Vionnaz ; il mène au pont qui enjambe la voie rapide, puis atteint la forêt communale de Thonon, appelée bois de Ville. Poursuivre jusqu’au carrefour de chemins (490 m). Des rives du Léman à l'alpage de Bise, c'est une belle mise en jambes. Avec l'ascension du col de Bise, l'immersion dans le cœur des Alpes est immédiate !

Jonction avec le GR5 venant de Saint Gingolph.

Malgré la saison, avec le vent et l'altitude, l'air risque d’être frais au col de Bise. Dépasser les chalets, une nouvelle bosse pour arriver à la Chapelle d'Abondance.

De Chapelle d'Abondance à Samoëns

Ce tronçon sera très aérien avec pas mal de cols au programme, avec aussi le passage de la frontière franco-suisse au Col de Chésery (attention, les balisages suisses sont différents). Le col des Portes de l'Hiver est le premier passage à 2000m. Retour en France après le col de Coux.

Après plus de 1000m de descente sans intérêt, on arrive à Samoëns. Ce sera l’occasion de faire un ravitaillement dans une supérette. Possibilité de campement après le village le long de la rivière Griffe.

De Samoëns à les Houches

Le profil de cette partie du GR5 montre que ce ne sera pas de tout repos. Au programme, belles grimpettes et dénivelés raides (+1500m, -650m, +900m, -1500m) avec un passage au sommet du Brévent. Le début de la montée est accidenté, à travers les gorges de l'ancien lit du Giffre.

Mais fort heureusement, le décor est beau, avec ses cascades classées : la cascade du Rouget, la reine des Alpes et la cascade de la pleureuse et de la Sauffaz.

Ensuite, c’est le collet d'Anterne, les chalets d'Anterne, le lac d'Anterne pour aboutir finalement au col d'Anterne. Puis c’est directement la montée du Brévant. Là-haut, dans un écrin de falaises, voir le massif du Mont Blanc se révéler centimètres par centimètres est une pure merveille. Après le Col, nouvelle grosse descente jusqu'au pont d'Arlevé, qui est démonté chaque hiver pour être reconstruit au printemps (voilà pourquoi il ne faut pas partir trop tôt dans la saison !). Si on n’a pas envie de faire les 1500 mètres de la descente à pied, il y a le téléphérique de Chamonix qui offre la tentation de l'emprunter pour nous épargner un mal aux jambes assuré !! Aussi non, un sentier traverse une forêt de conifères marquée par des trouées, cicatrices laissées par des avalanches. A Houches, nouvelle possibilité de ravitaillement.

De les Houches à Grande Berge

Encore une journée avec une ascension de 1500 mètres. Décidément, les journées sont rythmées par les montées et les descentes. Vive les Alpes !!

Le bas de la vallée des Contamines Montjoie n'est pas très enthousiasmant et il faut attendre d'arriver au chalet du Nant-Borrant pour s'élever et retrouver des panoramas exceptionnels.

A partir du Col de la Croix du Bonhomme, le sentier devient un peu plus aérien et très plaisant.

Passé le refuge (109 places quand même !), le sentier slalome avec la crête des Gittes pour redescendre vers le Plan de la Laie. Ce sera un bel endroit pour poser ma tente dans une prairie alpine fleurie à 2000m. Mais attention au vent qui peut souffler très fort là-haut. Il est peut-être bon de trouver une petite cuvette plus abritée.

De Grande Berge à Landry

Un col puis une grande descente peu raide pour arriver à Landry. Mais attention, l'itinéraire jusqu'au col de Bresson n'est pas facile à trouver, car il s’effectue entre rochers et neige. Du col, on aperçoit le refuge de Presset. Après c’est plus simple, il reste peu de dénivelé, mais le GR descend par une piste carrossable de faible pente, ce qui rend la descente très longue. Valezan, village très particulier parce que construit tout en dénivelé, il y a 9 lacets du haut jusqu'en bas ! Après on arrive à Bellentre puis il faut longer l'Isère jusqu'à Landry.

De Landry aux chalets de la Grassaz

Le trajet est simple, il s'agit de monter en direction du parc de la Vanoise. Le sentier remonte la vallée en pente douce et le refuge de Rosuel (au profil si particulier tel une vague) marque l'entrée dans les Alpes sauvages. Le passage au lac de la Plagne est un bel emplacement pour le bivouac à 2300m d'altitude.

De la Grassaz à Sollières

Poursuivre l’ascension vers le col du Palet. Le passage du col est balisé par des pierres le long du sentier et un cairn de bonne taille, qui donnent à l'endroit une allure de sanctuaire himalayen.

Descente à travers le domaine skiable de Tignes, jusqu'à la station où je passerai du GR5 au GR55.  Pour traverser le parc national de la Vanoise dans un décor sauvage aux panoramas grandioses et découvrir la beauté de la haute-montagne et de sa faune sauvage. Pour cela, il faut remonter juste en face en direction du col de Fresse.

Le chemin grimpe vite au-dessus de 2500m d'altitude, puis bientôt 2758 pour franchir le col de la Leisse, le col le plus haut du GR5. Attention sur la possible présence de névés. Ce passage est magnifique, patchwork de prairies, rochers, lacs d'altitude et neiges éternelles.

Arrivé au pont de Croé-Vieil, il faut suivre le torrent de la Leisse pour rejoindre un peu plus loin le GR5, puis quitter pour tracer droit dans la pente afin de redescendre à Termignon. Passer au refuge d'Entre-Deux-Eaux pour rejoindre le refuge hyper-fréquenté de Plan-du-Lac pour prendre les sentiers plus ou moins pentus pour descendre dans la vallée de la Maurienne. Récupérer à Termignon le GR5, appelé chemin du petit bonheur.

De Sollières au col de la vallée étroite

Reprendre le chemin du petit bonheur pour descendre la vallée de la Maurienne. Le chemin marque un écart en remontant à la Norma pour descendre ensuite à Modane. Emprunter la voie la plus rapide sous la forme d'un sentier très escarpé dans une gorge, passant devant un panneau indiquant que le sentier est submergé en cas de forte pluie.

Départ Modane 1100m, arrivée col de la vallée étroite 2434m. Ca fait donc 1334m de dénivelé d'une traite, c'est parti.

La montée des lacets de Valfréjus

Plus on monte et plus la vallée, étroite à basse altitude, s'ouvre largement vers le haut. Les couleurs y sont magnifiques, avec des contrastes de rochers noirs et ocres qui dominent les prairies alpines. Sur la droite, le mont Thabor domine l'arc de cercle formé par les crêtes.

Du col de la vallée étroite à Chantemerle

Arrivé à un hameau de refuges, le GR5 oblique à droite pour la montée au col de Thure.

Dans la descente, suivre le torrent de Robiou, bien souvent à sec. Arriver au beau village de Névache.

Il reste une belle bosse (800m de dénivelé) à passer pour arriver à Briançon, le prochain point de ravitaillement. La montée vers la Porte de Cristol se fait sur un sentier jusqu’au sommet à 2483m.

Le GR5 suit une crête dénudée entre 2400m et 2600m avant de descendre sur Briançon. C’est parti sur les pentes de la Grande Peyrolle. En cas de mauvais temps, il est préférable de rejoindre le col de Granon (2404m) et de prendre le premier chemin à gauche, qui redescend dans la vallée jusqu’à Chantemerle, commune de Serre-Chevalier (Itinéraire en rouge)

De Chantemerle au lac de Roue

Rejoindre Briançon pour ravitaillement et retrouver le GR5. La citadelle Vauban sert de point de mire.

Le GR5 s'élève à nouveau le long du torrent des Ayes, pente régulière jusqu'au col du même nom. Les arbres disparaissent et après une transition de prairies, les cailloux se font de plus en plus présents. Le paysage est magnifique à la montée, mais l'est un peu moins à la descente. La végétation a bien changé depuis la Vanoise, on arrive dans le sud, l'environnement est beaucoup plus sec.

Après un passage assez long sur du bitume, on s’engage sur une côte pour atteindre le lac de Roue.

Du lac de Roue à Ceillac

Du lac, on s’engage dans une descente d’où on commence à apercevoir le magnifique Chateau-Queyras. On s’engage vers les 1000m d’ascension jusqu'au col Fromage. Le chemin serpente dans les alpages parallèlement au torrent. Au col, il y a une baraque en mauvais état qui sert d'abri. Au cas où !

A Ceillac, nouveau ravitaillement.  Après Ceillac se trouve le très beau lac miroir et ensuite, on se dirige seulement vers le col Girardin à 2700m. Mais avant d’y arriver, mon programme annonce quand même 5h de montée après Ceillac.

De Ceillac au vallon de Plate Lombarde

On quitte Ceillac pour se lancer dans une grosse montée avec l’espoir de passer au lac miroir par beau temps. Dès le lac miroir passé (2214m), la pente est raide. De l'autre côté, face au sud, on descend la vallée de l'Ubaye. Il faut passer par l'impressionnant pont du Châtelet pour passer dans la vallée adjacente pour arriver dans le vallon de Plate Lombarde.

Du vallon de Plate Lombarde à Larche

Belle montée vers le Vallonnet. Entre les cols du Vallonnet et de Mallemort, l’environnement est magnifique et reposant, mélangeant prairies et eau avec harmonie. Arriver aux baraquements de Viraysse constitués d'une caserne à 2500m et d’un fort à 2700m d'altitude.

Un virage à 90° à droite et Larche se dévoile, petit troupeau de maisons en fond de vallée. Il ne reste plus qu'à descendre.

De Larche à la cabane Fouque

GR5 à Larche pour la cabane Fouque : sans difficulté puisque le chemin est presque plat. Un abri en bois situé au sommet d'une petite butte est approprié pour passer la nuit.

De la cabane Fouque à Auron

Depuis la cabane Fouque, le sentier est en pente douce, très douce même, pour remonter un vallon à travers les prairies alpines avec en point de mire le Pas de la Cavale. C'est le premier col à passer, qui affiche 2671m. On passe le lac du Lauzanier, là le sentier s'élève mais reste facilement praticable. Une fois arrivé au col, l'autre face est totalement différente, des falaises créent un grand vide et le panorama est grandiose.

Une courte remontée au col des Fourches puis prendre la direction de Bousièyas. On passe une ancienne caserne militaire, des bâtiments dont ne subsistent que les murs. Après on attaque les pentes du col de la Colombière. Au col d'Anelle, il y a une fontaine pour un approvisionnement en eau fraîche. Les montagnes russes continuent pour arriver à St-Etienne-de-Tinée

C’est à présent une nouvelle rude grimpette pour aller vers Auron. Cette montée se fait dans un coupe-feu à travers la forêt. La pente est forte, les lacets très serrés (un virage tous les 4-5m).

De Auron à Roure

Le sentier est jalonné de nombreux oratoires (tantôt St Joseph, tantôt St Etienne et parfois la vierge Marie). Passé le col du Blainon, les paysages du parc national du Mercantour se dévoilent. Les pentes recouvertes de prairies sont parsemées d'arbres et de granges. C’est maintenant la descente qui va à Roya, qu’il faut traverser avant de remonter en face. C’est l’entrée du Parc National du Mercantour. On s'engage dans des gorges assez resserrées, qui s'ouvrent au-dessus de 1900m sur un cirque très dénudé délimité par des crêtes culminant à plus de 2800m. Il faut maintenant se diriger vers la barre de Sallevieille qui, vue de là, semble infranchissable. Le sentier oblique vers la gauche et se fraye un chemin à travers l'enchevêtrement de cailloux pour passer l'obstacle. Ne reste plus qu'à franchir le col de Crousette.

Après le col, il me faut monter encore quelques dizaines de mètres sur un chemin à flanc de montagne pour se retrouver sur une crête qui offre la même vue qu'à la proue d'un navire. C'est une longue descente qui attend les trekkeurs, pour passer de 2480m à 1096m. Le GR traverse une région encore très alpestre avec de vieux chalets d'alpage en bois. Après une partie presque horizontale aux abords de la vacherie de Roure, le GR5 plonge pour descendre dans la forêt. Cette forêt s'ouvre sur le plateau suspendu à 1400m du hameau de Rougios. La suite n'est guère intéressante, puisque le GR5 suit une piste forestière d'où on n'a quasiment aucune vue, jusqu'à ce que les toits du pittoresque village médiéval de Roure.

De Roure à la vacherie de Salèse

Le profil de cette journée promet une nouvelle randonnée éprouvante. Descente que la carte annonce comme rude jusqu'à Saint-Sauveur-sur-Tinée suivie d'une montée de 2000m de dénivelé jusqu'au col du Barn.

A la sortie du village, une nouvelle ascension pour arriver à Rimplas, charmant village bâti sur un épaulement rocheux et dominé par un fort imposant.

C’est l’approche pour Saint-Dalmas-Valdeblore. Là je devrai ravitailler en eau et en nourriture (pour 2 jours 1/2) pour partir par le GR52. Mais je devrai aussi faire une évaluation de mon état physique pour savoir si j’ai encore assez de ressource pour m’aventurer sur ce GR52 qui semble nettement plus technique que le GR5. A voir sur place s’il ne serait pas plus judicieux de terminer à Nice plutôt que s’obstiner d’aller vers Menton.

C’est donc ici que les deux GR se séparent. Après Saint-Dalmas-Valdeblore, c’est déjà l’ascension qui commence. Après, le sentier traverse alternativement des bandes de forêts et des bandes sans arbre, probable résultat d'avalanches. Il faut toujours monter, traverser des vallons, suivre des flancs de montagne, passer des collets. L’arrivée au lac de Millefonds constitue un havre de paix pour le trekkeur.

La descente, d'abord dégagée, entre ensuite dans une forêt clairsemée. Très longue descente jusqu’à la vacherie du Collet.

Les chemins se démultiplient et s'entrelacent avec le torrent.

De la vacherie de Salèse au lac de Basto

La grimpette ne fait « que » 1000m jusqu’au barrage du Boréon. Le GR52 emprunte le bon côté du vallon, celui qui permet de marcher à l'ombre jusqu'à 9h passé.

Une fois sorti de la forêt, le lac de Trécolpas offre une vue magnifique. Le GR52 serpente, monte et traverse la montagne pour descendre plein sud et atteindre la Madone de Fenestre.

La montée au Pas du Mont-Colomb devrait être rude. C'est rare sur un GR, mais il parait qu’on se retrouve devant un mur de pierres  presque infranchissable sans y mettre les mains.

Le Pas du Mont-Colomb est une étroite ouverture à travers les pointes de pierre. La descente de l'autre côté débute dans un couloir très raide. Arriver au lac de la Barme, qui ouvre la vue sur le refuge de Nice accroché sur un promontoire rocheux à la base du Mont Clapier.

Avec ma préparation, j’ai compris que la montée à la Baisse du Basto devrait être technique et difficile. Le lac du Basto est à 2500m d'altitude.

Du lac de Basto aux ruines des Castés

La suite du programme, traverser la vallée des Merveilles. C'est un coin sauvage et doublement préservé, du fait du parc national du Mercantour mais aussi de la zone archéologique réglementée.

L’ascension de la Baisse de Valmasque est le dernier obstacle avant de voir la mer. C’est là qu’on rentre dans la vallée des Merveilles pour voir les gravures rupestres le long du chemin. La plus impressionnante est intitulée « le Christ ». Puis le paysage change, la vallée s'ouvre et se couvre en fond de plusieurs lacs. Il faut passer 4 lacs avant de monter au Pas du Diable.

Le chemin suis le flanc de la montagne et offre une vue dégagée. Puis c’est la descente vers Sospel.

Des ruines des Castés à Menton

La dernière journée est relativement facile. Même s'il y a 2 cols à franchir, ils frôlent seulement les 1100m.

Depuis le Col du Razet, on peut apercevoir Menton et la côte. Le Col du Berceau sera la toute dernière ascension de cette Grande traversée des Alpes.

Avant de terminer, je voudrait faire un spécial thanks à Jérôme Maire qui sans son site http://www.gr5.fr/gr5/index.html  ma préparation aurait été beaucoup plus difficile. Encore merci à lui

dimanche 22 août 2021

Préparation de départ pour le Khumbu en octobre 2021

 Le festival Mani Rimdu est célébré aux monastères de Tengboche, Thame et Chiwong dans le Solukhumbu au Népal. Il s'agit d'une cérémonie sacrée et d'une série d'événements d'autonomisation. C'est une séquence de dix-neuf jours de célébration, qui se termine par trois jours de festival public. Les Sherpa ont le temps de se rassembler et de célébrer ce festival avec la communauté monastique. Lamas et Sherpa se réunissent au monastère pendant cinq jours pour le bien-être du monde. Les démons sont réprimés et les vertueux sont récompensés. Les moines portent des masques élaborés, des costumes et, à travers une série de danses rituelles des lamas, dramatisent le triomphe du bouddhisme sur le Bon.

 Le dernier jour est réservé aux danses humoristiques et aux chants de prières. Des centaines de locaux et de touristes étrangers assistent au spectacle. Ce trek vous récompense en voyant la culture réelle et idéale du peuple Sherpa et par de superbes vues pittoresques de l'Himalaya.

Quand se déroule exactement le festival Mani Rimdu pour l'année 2021 ?

La date de la fête de Mani Rimdu est fixée selon le calendrier lunaire tibétain. C'est le chef lama du monastère de Tengboche qui annonce les dates. Le festival Mani Rimdu se déroule le 9e mois tibétain, qui tombe généralement en octobre ou en novembre à la pleine lune. Pour l'année 2021, le festival est fixé aux 20, 21 et 22 octobre.

Me voilà déjà fixé sur les dates. Même si elles sont aléatoires, puisque dans un premier temps les dates étaient du 27 au 29 octobre. 

Je vais maintenant pouvoir me renseigner à l'ambassade du Népal pour l'octroi de mon visa. Avant le covid, il était possible de l'obtenir directement à l'aéroport de Katmandou. Est ce encore possible aujourd'hui ? Je devrai probablement aussi avoir d'autres documents pour pouvoir rentrer dans le pays. Il semblerait que pour être admis, les voyageurs doivent présenter un COVID 19 Rapport négatif effectué dans les 72 heures précédant le départ.

Le Népal a repris ses vols internationaux avec Kuala, Istanbul, Dammam et le Koweït depuis le 24 juin.

Dernières informations pour être admis au Népal :

Dispositions en vigueur sur le territoire népalais.

Depuis le 29 avril 2021, en raison de l’augmentation rapide du nombre de contaminations à la Covid-19 au Népal, les autorités népalaises ont mis en place de nouvelles mesures restrictives. Dans ce contexte, et étant donné la surcharge actuelle des infrastructures médicales locales, il est fortement déconseillé de se rendre au Népal. 

Les vols domestiques et internationaux opèrent sur une base limitée. Les frontières terrestres restent fermées. 

A l’arrivée, les voyageurs devront présenter :

un test PCR, ou équivalent (Gene Xpert/True NAAT), négatif de moins 72 heures. Selon le pays de provenance, le test présentera une photographie et un code barre ou QR code. Il convient de se renseigner auprès de l’ambassade du Népal de son pays de résidence. Les enfants de moins de 5 ans sont dispensés de test PCR ;

le formulaire ARMS à compléter et à imprimer.

Les voyageurs qui présentent la preuve d’un schéma vaccinal complet doivent s’engager à effectuer un auto-isolement de 7 jours. 

Les voyageurs qui ne sont pas en mesure de présenter la preuve d’un schéma vaccinal complet devront effectuer un auto-isolement de 7 jours dans un hôtel désigné par le gouvernement népalais, à leurs frais, et réaliser un test PCR à l’issue des 7 jours de quarantaine. La liste des hôtels est disponible sur le site du département du Tourisme. 

Il convient de se tenir informé régulièrement de l’évolution de la situation et des mesures sanitaires prises par les autorités népalaises, notamment en consultant la rubrique Dernière minute des Conseils aux voyageurs et, pour les personnes qui se trouvent au Népal, en consultant le site du ministère de la santé népalais (en anglais), du Nepal Tourism Board (en anglais) et en se renseignant auprès du Chief District Officer de leur district. 

1/ Conditions de séjour 

En raison de l’augmentation rapide du nombre de contaminations à la COVID-19, les autorités népalaises ont annoncé de nouvelles mesures sanitaires en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Il convient de noter notamment que : 

Ces mesures sont valables pour les districts de Katmandou, Lalitpur et Bhaktapur.

En province et pour tous les autres districts, le gouvernement népalais a autorisé les autorités locales à mettre en œuvre, avec un préavis de 24 heures, des mesures adaptées à leur situation. Ainsi, des confinements complets ou partiels sont imposés dans certaines localités. Pour plus d’information, il convient de se renseigner auprès du Chief District Officer du district concerné.

Interdiction de circuler après 20 heures pour tous les véhicules privés et publics.

Interdiction des réunions, conférences, séminaires, formation et fermeture des salles de cinéma, salles des fêtes, piscines, centres commerciaux, lieux de divertissement, salons, instituts de beauté, gymnases, sports de groupe, bibliothèques, musées, zoos, etc.

Les magasins sont ouverts jusqu’à 19 heures et il convient d’y respecter strictement les gestes barrières.

Toute infraction aux mesures sanitaires fera l’objet d’une amende.

Il convient d’appliquer strictement le protocole sanitaire mis en place par les autorités : lavage des mains, usage du gel hydro alcoolique, port du masque, distanciation physique. 

En cas de test positif, il convient de s’isoler pour une durée de 10 jours à compter des premiers symptômes (ou 10 jours à partir du test positif en l’absence de symptômes).

En cas de température au dixième jour, il convient d’attendre 48 heures supplémentaires après la disparition de la fièvre pour terminer son isolement.

Si l’on a des difficultés à respirer, il est recommandé d’appeler immédiatement un médecin. 

Le gouvernement népalais a communiqué une liste d’établissements médicaux publics et les personnes à contacter en cas d’urgence médicale, consultable sur le site du Nepal Tourism Board (en anglais). 

Numéros de téléphone d’urgence pour la vallée de Katmandou : 

Ministère de la Santé (Ministry of Health and Population) : 1133 (24h/ 24) et 1115 (de 6 heures à 22 heures).

Pour des consultations, respirateur, (ICU-Ventilator, ambulance) : +977-9851255837 et +977-9851255839.

Pour une ambulance : 102.

Régularisation des visas : 

Toute situation irrégulière est soumise à la réglementation népalaise et entraîne le paiement de pénalités. 

Le 1er juillet 2021, le gouvernement népalais a publié une nouvelle notice sur la reprise des services de visas. Il est particulièrement recommandé de la consulter sur le site du Département de l’Immigration népalais en anglais. La notice indique notamment que : 

les étrangers demandant un renouvellement de visa pour continuer leur séjour au Népal à partir du 9 juillet 2021, ou les étrangers partant du Népal à partir du 16 juillet 2021, devront payer tous les frais prévu par la réglementation en vigueur ;

la restriction de la limite de séjour de 150 jours pour le visa touristique au Népal peut être prolongée jusqu’à 210 jours compte tenu du confinement.

3/ Sortie du territoire népalais 

Toute personne qui le souhaite peut quitter le Népal, dans la mesure où elle est en règle avec l’Immigration népalaise et où elle satisfait toutes les réglementations mises en place par les autorités du pays de destination, notamment au regard de la situation sanitaire. 

En raison de la situation sanitaire actuelle, seuls certains hôpitaux sont désormais habilités à faire des tests COVID et à délivrer des certificats avant le départ. 

Avant le départ, il revient également au voyageur de vérifier avec la compagnie aérienne la date à laquelle le test PCR devra être effectué : certaines compagnies exigent un test effectué moins de 48 heures avant l’embarquement. 

Il revient au voyageur de vérifier également les conditions requises par son pays de destination. Certains pays exigent un test PCR réalisé moins de 48 heures avant l’entrée sur leur territoire. 

A noter que les laboratoires/ hôpitaux chargés de réaliser les tests PCR au Népal sont surchargés : à certains hôpitaux, une file d’attente de 2 heures pour effectuer un test a été constatée. 

Il est désormais demandé pour les tests PCR la présentation d’une photo d’identité.

........ Décidément, voyager est devenu un peu plus compliqué, voire impossible de nos jours !!

Autrement dit, j'attendrai 2022 pour faire un trek au Népal.

samedi 21 août 2021

Quelques notes sur la région du Khumbu

 Le Khumbu est célèbre avant tout pour la présence de l'Everest et pour les expéditions organisées sur tous les hauts sommets du secteur, dont le Cho Oyu ou le Lhotse. Plus grande concentration sur Terre de sommets de plus de 8000 m d’altitude : Everest (8848 m), Lhotse (8516 m), Makalu (8481 m), Cho Oyu (8201 m)… C’est le cœur du pays sherpa. Parmi les quelques véritables villages au Khumbu, Namche Bazar, Khumjung, Thame, Phortse, Pangboche. Ailleurs, ce sont au mieux des hameaux, et généralement des lieux-dits dotés de lodges servant les besoins des seuls trekkeurs. Dans le Khumbu, portage assuré par des yaks. Gare aux cornes ! Jusqu’à l’inauguration en 1964 de l’altiport de Lukla, l’accès au Khumbu exigeait de longues semaines de marche à travers le Népal. Du fait du développement du trekking dans le Khumbu, la coupe de bois (pour chauffer et cuisiner) menaçait de transformer les forêts de genévrier en désert sans arbre. En réaction, Sir Edmund Hillary milita en faveur de la protection du cadre naturel, ce qui aboutit à la création le 19 juillet 1976 du Parc national de Sagarmatha. Le Parc national de Sagarmatha est une région protégée du nord-est du Népal, dans l'anchal de Sagarmatha près de la frontière tibétaine. Sagarmatha, nom népalais du Mont Everest, signifie « la déesse mère du ciel » en sanskrit. Sur une superficie de 124 400 ha, il inclut une vingtaine de villages où vivent quelques 6 000 sherpas, installés depuis 4 siècles dans la région, et surtout nombre de sommets himalayens de plus de 7000 m d’altitude, dont la partie sud du Mont Everest (ཇོ་མོ་གླང་མ / Chomolungma pour les sherpas et tibétains, littéralement « Déesse mère des vents »). Dans les années soixante, le gouvernement népalais s'est rendu compte que la montagne qui commençait à attirer beaucoup d'attention (alpinisme, randonnée) n'avait aucun nom népalais, mais uniquement britannique et tibétain. Alors ils sont venus avec "Sagarmatha", concocté par un célèbre poète. Depuis 1979, le parc national de Sagarmat est inscrit par l’UNESCO au patrimoine de l’Humanité.

L’entrée au Parc se fait entre Monjo et Jorsale.

Parmi la faune observable : yak (utilisé pour le portage), impeyan pheasant (espèce de faisan, oiseau national du Népal), thar (sorte de bouquetin)…

Khumbu, qui compte moins de quatre mille habitants, reçoit entre dix et vingt mille randonneurs par an et probablement deux fois plus de porteurs. 

« Boche » signifierait « terrain plat vu du sommet d’une colline ». Par exemple, Syangboche,  Tengboche, Deboche, Pangboche, Dingboche…

Sherpa = Sharwa en prononciation locale. Les Sherpas font partie d'un groupe plus vaste, qui habite tout le long de la frange nord du Népal à la frontière du Tibet, que l'on désigne par le terme « Bothia » en népali, lequel sert à identifier ceux qui viennent du Tibet (Both), par-delà l'Himalaya. Pour les Occidentaux, le terme sherpa, employé comme nom commun, désigne aussi les porteurs (20-30 dans une expédition) et les guides (4 ou 5), habituellement tous de l'ethnie Sherpa, qui aident les alpinistes sur les sommets himalayens ; ainsi que, par extension, en diplomatie, les hommes et femmes de l'ombre qui portent les documents et préparent les grandes réunions internationales de dirigeants. Les sherpas vivent dans les hauts Himalayas où ils cultivent des pommes de terre. Les pommes de terre sont l'aliment de base du régime Sherpa.

L'évolution de la population au Khumbu entre 2001 et 2011, donne pour les Sherpas, une diminution de 7,5 % et de plus de  76% pour les Non-sherpas.

Plats de sherpas

La pomme de terre, l'orge, le blé, le maïs, la viande et d'autres produits alimentaires à base de yak et de mouton, de radis, de légumes verts et de haricots sont les principaux aliments de base et aliments traditionnels du sherpa. La culture de la nourriture est en grande partie similaire à celle des Tibétains, mais ils ont aussi leurs propres plats traditionnels authentiques.

Les plats Sherpa traditionnels comprennent:

Rigi kur / Riki kur: des crêpes à la pomme de terre, recouvertes de beurre dzo (yak femelle) et d'une sauce à base de fromage affiné et d'épices, appelée sorma. En raison des efforts nécessaires pour faire du rikikul, ils ne sont généralement pas énumérés sur les menus de lodge. Cependant, dans la plupart des endroits, ils vous seront utiles si vous commandez bien à l’avance. Une pomme de terre en tibétain et une crêpe signifiante. = Aaloo Roti pour les népalais. Il est traditionnellement mangé avec deux accompagnements. L’une est une sauce très piquante à base de piments verts, connue en népalais sous le nom de jyaan mara khursani (littéralement «piments qui tuent la vie»). L'autre accompagnement, som, est un fromage crémeux plutôt piquant, préparé en brassant à plusieurs reprises le lait de yak. Il est remarquablement efficace pour éteindre le feu des piments).

Un des ragoûts de Sherpa les plus populaires s'appelle Phalghi (prononcé fulgi). Préparé avec du maïs, des pommes de terre, des radis, des haricots rouges, un choix de viandes (viande de bœuf, d'agneau, de porc et de yak), d'oignon, d'ail et d'épices comme le cumin, le curcuma et le piment. C'est un ragoût robuste parfait pour l'hiver. Le maïs utilisé traditionnellement à Phalgi est récolté à l'automne et bouilli sur l'épi. Les grains sont ensuite enlevés et séchés au soleil pour être utilisés l'hiver.

Thé au beurre connu sous le nom de «su cha» en langue sherpa. Il est fabriqué à partir de feuilles de thé spéciales, de beurre de yak, de sel et de lait (facultatif). Pour le petit-déjeuner, le thé au beurre est apprécié avec la tsampa.

Shyakpa: ragoût, généralement de viande (yak, porc, poulet, agneau ... selon disponibilité) mais aussi possible avec légumes, avec nouilles, pommes de terre, radis, épinard, oignon. Dénommé Thenthuk (= nouilles tirées) dans la Vallée de Katmandou.

Le laphing: est un plat de nouilles froid, épicé et savoureux, composé d'amidon de farine de pomme de terre, de haricot mungo ou de blé. Épices et condiments tels que la sauce soja, l'extrait d'ail.

Sherpa Momo: est un peu différent du momo ordinaire dans le goût. Les épices / herbes utilisées sont l'ail, l'oignon, les oignons nouveaux et le sel.

Tingmo ou simplement appelé T: momo est un petit pain cuit à la vapeur moelleux en forme de motif floral particulier, fabriqué à partir de pâte et de levure et servi avec une soupe ou un achaar frais.

Le Da Pau: est un plat d'influence tibétaine, qui consiste essentiellement en un grand pain cuit à la vapeur, farci de viande hachée, de légumes et d'épices. Présentation comme les buffes dégustés à Bhaktapur.

Le Rildok; (mon préféré) est un authentique plat traditionnel Sherpa à base de pomme de terre. Les pommes de terre bouillies sont traditionnellement écrasées dans un grand mortier et un pilon en bois avec un peu de sel et de beurre de yak jusqu'à ce qu'elles forment une pâte collante, puis transformées en petites boules et servies avec un achaar ou une soupe fraîche.

Gyuma: est un boudin de Sherpa / Tibétain traditionnellement fabriqué à partir de sang de yak ou de mouton. Il peut inclure du riz ou de l’orge torréfié, des épices et des boyaux naturels utilisant l’intestin du yak ou du mouton.

Ce qui est appelé «vin népalais» correspond à du tongba. C'est du millet fermenté puis séché pour la conservation. On a réveillé avec eau chaude et on laisse dix minutes la fermentation faire son travail. On aspire avec une paille resserrée en bas pour ne pas avoir l'épais. Trois fois avec l'eau chaude.

Khukri: est une marque de rhum locale népalaise à base de canne à sucre. Bien que cela ne soit pas recommandé en grande quantité à haute altitude, il fait partie des petites choses agréables que vous pouvez essayer en descendant. Les habitants le boivent mélangé avec du miel et de l'eau chaude.

samedi 30 mai 2020

Festival du Mani Rimdu au monastère de Chiwang

Il est fort possible qu'avant de partir en trek, je reste un peu de temps au monastère de Chiwang afin de participer au festival du Mani Rimdu. Normalement ce festival devrait avoir lieu les 27, 28 et 29 octobre 2021. Mais cette année je voudrais y aller plus tôt pour voir la construction du Mandala.

Chaque année, après la pleine lune d'automne, le peuple bouddhiste de la région de l'Everest célèbre le festival de Mani Rimdu, où l'on fête la victoire du bouddhisme sur l'ancienne religion de la région, le Bön.
Le festival Mani Rimdu est célébré dans les monastères Tengboche, Thame et Chiwong de Solukhumbu au Népal. Il s'agit d'une cérémonie sacrée et d'une série d'événements d'autonomisation. Il s'agit d'une séquence de dix-neuf jours de célébration, qui se termine par trois jours de festival public. Sherpa a le temps de se réunir et de célébrer ce festival avec la communauté monastique. Lamas et Sherpa se réunissent au monastère pour le bien-être du monde. Les démons sont réprimés et les vertueux sont récompensés. Les moines portent un masque élaboré, des costumes et à travers une série de danses rituelles de Lama, dramatisent le triomphe du bouddhisme sur Bon, Les principaux premiers jours du festival impliquent des prières, le deuxième jour pour la danse du lama coloré, ils portent une robe de brocart et du papier mâché merveilleusement peint masques. Le dernier jour est pour quelques danses humoristiques et des prières chantantes. Des centaines de personnes locales et de touristes étrangers assistent au spectacle. Ce trek vous récompense pour voir la culture réelle et idéale du peuple Sherpa et de superbes vues pittoresques de l'Himalaya.
Quand est Mani Rimdu pour l'année 2020?
La date du festival Mani Rimdu est fixée selon le calendrier lunaire tibétain. Le Mani Rimdu se fait au 9ème mois tibétain qui tombe généralement en octobre ou novembre pleine lune. La date pour l'année 2020 est célébrée les 31 octobre, 1er et 2 novembre.
Le Mani Ramdu est divisé en six préparations:
Construction du Sand Mandala
Le mandala de sable est construit étape par étape. Le sable coloré est utilisé pour construire un design complexe et symbolique. Le mandala de sable prend plusieurs jours. Une lame défensive symbolisant les divinités est placée autour du Mandala. Le bol de pilules Mani Rilwu (médecine spirituelle) est placé au-dessus du centre. Le Mandala symbolise le palais de Garwang Thoze Chenpo (Seigneur de la danse). Création du Bouddha de la bonté, l'idole principale de Mani Rimdu. Le mantra "OM AH HUNG RHI, OM MANI PADME HUMG" est répété des milliers de fois par les moines pendant les semaines de cérémonie précédant la fête publique. Pendant la méditation, ils imaginent la bonté qui se présente sous la forme du mantra, dans le Mandala et Pilules Mani Rilwu. La gentillesse libère alors du Mandala, bénissant tous ceux qui assistent au festival Mani Rimdu.

Wong (l'autonomisation)

Le Wong est le jour d'ouverture de la cérémonie publique. Elle est jouée le jour de la pleine lune, du dixième mois du calendrier lunaire tibétain. Le sacré Mani Rilwu (pilules sacrées ou bénies) et Tshereel (pilules pour une longue vie), sont donnés à tous les participants.
Chham (Les danses)
Les danses ont lieu le 2ème jour de Mani Rimdu. Les démons symboliques sont conquis, chassés ou transformés en Protecteurs du Dharma. Comme le thème de la danse, les forces positives se battent avec celles du désordre à travers les danses. Les danses véhiculent l'enseignement bouddhiste à plusieurs niveaux, du plus simple au plus philosophique. Pendant la danse, les moines deviendraient un être divin. Les danses ne sont exécutées que pendant Mani Rimdu car elles sont considérées comme très sacrées, et non pour le divertissement ordinaire.

Ser-Kyem

Ser-Kyem est le plus couramment utilisé pour faire des offrandes de thé aux gardes du Dharma tels que Mahakala. Il se compose de deux pièces: un bol en forme de plat surélevé plus grand et un bol d'offre surélevé plus petit. Le plus petit est placé en position verticale dans le plus grand plat lorsque l'offrande est faite. Lorsqu'il n'est pas utilisé, le plus petit bol à offrande est placé à l'envers dans le plus grand bol. Les offrandes de nourriture peuvent également être placées dans le plus grand plat lors de leur utilisation. Cette offrande de nectar spirituel est faite dans de nombreuses cérémonies. Les six danseurs représentent Ngag-pa, magiciens tantriques.
Ils font des offrandes d'alcool à partir de récipients en argent et de petits tormas aux Lama, Yidam, Khandro et Shi-Dak (les divinités de la Terre). Un consultant bouddhiste se réfugie dans le Lama (guide spirituel), Yidam (divinité personnelle) et Khandro (dakini de la sagesse). Un thème central de la pratique du bouddhisme tibétain est de faire des offrandes à ces êtres, afin qu'ils aident aux actions vertueuses qui conduisent à la bouddhéité.

Chhingpa

La prochaine danse dépeint les quatre rois protecteurs, défendant la foi bouddhiste contre les attaques de démons. Des masques en papier brillant cachent les visages des danseurs, chacun d'une couleur différente et affichant chacun un sourire constant. Les sauts des danseurs sont rythmiquement accompagnés par le battement des cymbales. Les danseurs chargent les enfants dans le public et les effraient comme pour le plaisir.
La danse Dakini est exécutée génialement. Des pas de danse au ralenti, gardant un temps parfait avec le tintement doux et le rythme lent des cloches et des tambours, sont exécutés par cinq jeunes prêtres. Les danseurs sont sans masque et représentent des figures spirituelles féminines; les partenaires de Padmasambhava. On pense qu'ils viennent de sa terre pure de Shangdok Palri où ils vivent dans son mandala. Ils annoncent l'arrivée imminente de Guru Rinpochhe au Mani Rimdu. Deux des Ghing sont des hommes et portent des cymbales, tandis que les deux femmes portent des tambours. Les mâles représentent des moyens habiles et les femelles représentent la sagesse; ces deux aspects du chemin Le torma est fabriqué à partir de farine d'orge et décoré de beurre coloré. Il commence par symboliser le corps de la divinité, et à la fin de la cérémonie, symbolise l'illumination elle-même. Il se dresse à l'avant du mandala sur son propre sanctuaire, au cœur même du temple.

Le Feu Puja (Jinsak)

Le Fire Puja est exécuté dans la cour le lendemain des danses. Le Feu Puja est une offrande à Agni (le dieu du feu) et aux dieux du mandala - pour apaiser tous les méfaits du monde. Le mal est visualisé comme se dissolvant dans le grain et le beurre est brûlé.
Ensuite, le mandala de sable dans le temple est mis en pièces et le sable est donné en offrande aux dieux serpents (Nagas).
Après la destruction du mandala, retour à Phaplu. Nuit au lodge.