vendredi 24 août 2012

De Zangla Sumdo jusqu'au doksa de Jandam Che

Lorsque l'on regarde la carte de notre trajet, nous constatons très bien que pour les deux prochains jours, nous allons vraiment avoir difficile. Ce matin, nous sommes encore à une altitude de 3800 mètres et nous serons à 5150 mètres au sommet de Niri La. Le total du dénivelé est vite fait, il est de 1350 mètres !!!

Il est 7 h et nous démarrons la journée. La grande vallée qui se présente à gauche rejoint le Charchar La et nous, nous devons prendre à droite par la large vallée. C'est ici que commence notre marche du style pure aventure, dans toute cette zone, aucun chemin n’est réellement défini.

Nous cheminons sur un large pierrier dominé par des parois impressionnantes où serpente le torrent, nous obligeant une nouvelle fois, à effectuer de nombreuses traversées à gué.




Notre progression est lente, ce n'est qu'après 1 heure et demie d'efforts que les gorges deviennent plus étroites.



  Tout doucement mais sûrement, nous attaquons l'approche du Ningri La. Pour le moment, la pente est encore convenable, mais les choses vont rapidement se compliquer. 



A peine 2 heures et demie après, nous sommes confrontés à un éboulis interminable. Il est tellement impressionnant qu'on se demande même si c'est bien par là que nous devons passer car d'où nous sommes, il n'y a pas la moindre trace d'un passage possible.
Le doute est complet. Nous déposons nos sacs et sortons carte et boussole afin d'être certain de notre position. La carte ouverte, nous tirons la conclusion qu'il faudra bel et bien passer par cet amoncellement de pierres pour poursuivre notre itinéraire.


Il est 12 h 15. Pour  nous donner du courage, nous mangeons quelques amandes, bananes et  ananas séchés et buvons un grand coup d'eau. Nous partons ensuite à l'abordage de l'éboulis.  45 minutes d'efforts et nous ne sommes même pas à mi-chemin. Pour reprendre nos idées et notre souffle, nous faisons une petite pause et en profitons pour jeter un bref regard autour de nous. Le constat est affligeant, nous ne voyons qu'un colossal amas de pierres.



  Je poursuis mon avancée sans regarder plus loin que le bout de mes godasses. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour avancer mètre après mètre. Après 1 heure de grande difficulté, j'arrive enfin au bout de ce capharnaüm naturel.
A 16 h 30, je dépose mon sac. Cela fait plus de 9 heures que nous marchons et je suis tellement vidé que j'ai l'impression que mes jambes me rentrent dans mon tronc. Je me dis que, pour moi, la suite sera pour demain. Jean-Louis préfère continuer jusqu'au moment où il voit le début du Ningri La. Rendez vous est pris pour demain sur les premières pentes du col.

Notes du 25 août

Il est 5 heures du mat. et comme pour le chanteur de chagrin d'amour, c'est l'insomnie, sommeil cassé ........ je décide alors de plier bagage pour rejoindre Jean-Louis sur les pentes du Ningri La. En chemin, je me retrouve devant un Y. Je ne sais pas par où aller et je prends à droite en espérant que c'est plus loin qu'il me faudra prendre à gauche pour me diriger vers le pass. Arrivé à hauteur d'une ancienne bergerie, je constate qu'il n'y a plus de chemin et je comprends dès lors que c'était plus bas que je devais bifurquer. 
Je fais demi-tour, mais je ne prends pas le même chemin  car je veux rester sur une arête qui surplombe toute la vallée dans le but d'avoir une vue la plus complète possible pour espérer entrevoir une tente. 
Ce sera le cas. La tente de JL était pourtant bien en vue, mais lorsque je me trompe de chemin, il est évident que les chances sont minces de la voir.
Arrivé sur place, je lui propose de commencer la grimpette seul. Comme le sommet est encore loin, on a des chances de se retrouver avant. L'accord est conclu et je me mets en route sans plus attendre.
L'avancée est compliquée car le chemin n'est pas bien précis, il y a des marques partout. Lorsque je pense être sur la bonne piste, je constate que celle qui est un peu plus haut ou plus bas semble plus souvent empruntée que celle où je suis. 


Ce sera le même constat durant toute la montée. 

Juste avant d'entamer la dernière grimpette, je me retourne pour regarder le chemin déjà parcouru et  je remarque que Jean-Louis est déjà arrivé. Il se trouve un peu plus haut sur un autre chemin, mais cela ne m'étonne qu'à moitié, vu les nombreuses marques sur le sol. Le principal, c'est qu'il est là ! 
Par un geste de la main, je lui demande si tout va bien ? Il me répond de la même façon pour dire que tout est ok.
Alors que l'on pensait s'approcher du pass, je remarque que nous ne nous dirigeons pas vers le bon boyau. Nous ne devons pas continuer vers celui de droite, mais plutôt vers celui qui est bien plus haut sur notre gauche !! 

Il y a beau y avoir un arc en ciel dans les nuages, j'ai quand même l'impression qu'il m'est tombé sur la tête. Pour la première fois depuis le début du trek, mon moral prend un sacré choc.
La montée est rendue très compliquée par la nature du sol. Nous avons sous nos pieds une espèce de terre argileuse qui rend nos pas continuellement instables.
Ici plus question de faire des photos, je veux simplement rester sur le chemin que je devine sur le sol. Tout à coup, j'entrevois les drapeaux de prières qui flottent au sommet. C'est la délivrance ! Je me retourne alors une dernière fois pour contempler le paysage et suivre des yeux le chemin que l'on vient de faire. Je n'arrive pas à y croire, nous venons de faire une ascension de 6 heures pour un dénivelé de 900 mètres.


Voici deux photos qui vous montrent bien l’étendue du chemin parcouru.



Afin de nous unir dans l'effort que nous venons de faire, c'est ensemble que nous allons passer le pass.


 Le plaisir d'être enfin arrivé est total.


Pas trop le temps de s'attarder, nous devons redescendre au plus vite. Il est 13 h 30 et le doksa de Jandam Chem est encore à 3 heures de marche.
Ce sera une longue descente jusqu'au campement.

 

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