jeudi 2 août 2012

De la vallée du Dha à Mulbek

Tôt le matin, je quitte Dha pour rejoindre le pont de Sanjak afin de rejoindre par une route transversale Bodkarbu et la grand route qui va de Leh à Kargil.
Arrivé au pont, je retrouve mon militaire de hier. Cette fois, il me demande où je veux aller aujourd'hui. Je lui explique que je veux rejoindre Bodkarbu par la petite route au lieu de faire le grand tour par Kaltse. Il me répond que ce n'est pas possible de faire ce tronçon là à pied, que c'est beaucoup trop dangereux pour moi, qu'il me faudra faire le grand tour par les gorges jusqu'à Kaltse, puis de là, continuer sur Bodkarbu. Encore une fois, je n'en crois pas mes oreilles, mais comme j'ai appris qu'il ne faut jamais discuter avec un militaire, je retourne immédiatement à la route des gorges pour y attendre le bus qui ne devrait pas trop tarder.
C'est comme cela que je me suis retrouvé une demi-heure plus tard en train de visiter le reste des gorges que je n'avais pas fait à pied.
Je n'allais pas le regretter car le trajet jusqu'à Kaltse est vraiment très beau. J'en ai d'ailleurs profité au maximum pour faire des photos car j'étais assis à droite, côté fenêtre du bus, ce qui m'a permis de ne rien rater du spectacle.
Ces gorges sont incroyablement naturelles et sauvages car de gros rochers sont éparpillés un peu partout. Cela donne l'impression qu'il n'y a pas longtemps que cette nature a explosé et que les gorges se sont formées. C'est ce qui me vient à l'esprit lorsque je regarde ce décor que la nature m'offre.







A Kaltse, je descends du bus à la hauteur du nouveau grand stupa que le Dalaï Lama va venir inaugurer dans les prochains jours. Hélas je n'ai pas trop le temps d'attendre ce jour important pour les habitants de la région. Ma route est encore longue et je ne peux pas trop perdre de temps si je veux être le 16 septembre à Leh lorsque Pascale arrivera.



Je suis donc au bord de la route à attendre n'importe quel véhicule qui ira vers Shergol. En effet, puisque les militaires m'ont encore une fois obligé à changer mon circuit, j'ai décidé d'aller directement à Shergol pour visiter les petits monastères troglodytes.

Le premier véhicule qui s'est arrêté est un camion qui retourne à Srinagar et comme Shergol est sur la route, le chauffeur me déposera en passant. Comme toujours, un trajet sur ces routes de montagne reste une expérience assez pittoresque. Il n'y a pas à dire, mais faire ce métier là sur des routes aussi dangereuses avec un matériel aussi vétuste, cela ressort du prodige. A L'heure de la pension, si y en a une en Inde, ces chauffeurs doivent vraiment être usés par le métier.
Par une moyenne de 20 à 25 kilomètres heure, nous arrivons au Monastère de Lamayuru, puis nous passons le col du Photu La. Après c'est la longue descente jusqu'à Henasku et enfin Bodkarbu, village où j'aurais dû arriver si les militaires m'avaient laissé passer. J'aurais gagné un temps fou puisqu'il n'y avait alors que 18 km pour faire Sanjak Bodkarbu.
Mais bon, c'est ainsi et dans le fond, j'ai quand même fait une belle route.
On passe un dernier col, le Namika et on arrive à Mulbek.







 Du haut de la cabine, je remarque qu'il y a beaucoup de monde au petit gonpa. Déjà un peu avant, j'avais vu un groupe de femmes qui étaient habillées en tenue traditionnelle. Cela m'avait interpellé, mais là cela ne fait aucun doute, aujourd'hui est un jour de fête au Monastère.
Je demande immédiatement au chauffeur de me laisser ici afin que je puisse assister à cette petite fête.
J'ai de la chance, bien que cela ne soit pas un festival proprement dit puisqu'au monastère de Mulbek, il n'y a que deux moines, il est donc impossible pour eux d'organiser les danses et tout ce qui fait un festival dans un monastère. Mais c'est quand même un jour de fête et ce sont les villageois eux-mêmes qui organisent cette fête afin de faire rentrer des dons pour le gonpa.
Evidemment la fête est «un peu païenne» car le tchang coule à flot et à la fin de la journée, les chants sonnent un peu plus faux qu'au début de la journée. Qu'à cela ne tienne, l'ambiance est sympa et les participants locaux, hommes et femmes, sont en grande tenue traditionnelle.

Il faut savoir que lorsque l'on vient de Srinagar, Mulbek est le portail symbolique de la région bouddhiste, c'est aussi une barrière linguistique, l'urdu a laissé sa place au dialecte ladhaki.
Le petit gonpa qui longe directement la route Leh / Srinagar est surplombé par une sculpture du Bouddha Maitreya, haut de 8 mètres taillé dans un monolithe.
A l'entrée du gonpa, il y a un arbre pipal, le même sous lequel Bouddha atteignit l'illumination à Bodhyaya. Le ficus, qui ne pousse que dans les zones tropicales, s'est miraculeusement adapté à l'altitude et aux hivers rigoureux du Ladakh.














Vers 19 heures, la fête se termine. Tout le monde commence à rentrer chez soi. Je demande au patron du petit restaurant s'il n'y a pas un endroit où je pourrais monter ma tente ? Oui, il y a un terrain derrière le gonpa qui est assez grand pour y monter une tente. Il y a même une source où je sais me laver. Je n'en demandais pas plus et demain matin j'aurai même un petit déjeuner avant de continuer vers Shergol.


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