mardi 28 août 2012

Une journée à Shade

Shade est le hameau le plus isolé du Zanskar, où vivent 73 personnes dispersées en 17 familles. Le hameau est tellement loin de tout, qu'il n'y a pas d’électricité, pas de télévision, pas d'antenne gsm, pas de bouteille de gaz. Tout se cuit à la bouse de yack ou au petit bois qu'on est allé chercher bien loin près de la rivière Niri Chu. Il n'y a pas non plus d'école et encore moins internet. Vous l'avez compris, ici la vie est rude, surtout pendant les huit mois hivernaux où le thermomètre peut parfois frôler les 40 degrés ........... sous zéro. Of course !
Une vie spartiate certes, mais aussi une vie où on sait ce que le mot entraide veut dire. C'est primordial lorsque l'on vit isolé et la population l'a très bien compris. Cette entraide ne s'arrête pas aux portes de la communauté, elle se fait aussi avec les voyageurs de passage. Nous en avons fait l'expérience l'année passée lorsque Pascale et moi avons été emportés par le courant de la Niri Chu. 

 Ce matin, je pars errer dans les champs afin de ressentir à nouveau l’atmosphère et les odeurs de la bourgade. 
Un constat s'impose, rien n'a changé depuis un an. C'est si vrai que je retrouve immédiatement mes marques : là c'est la maison de l'amchi, là c'est la maison du meunier, là et là c'est ........ etc.



Le panorama que j'ai en face de moi est si beau, qu'il me laisse complètement rêveur. .......... Quel contraste avec la rudesse de la vie au bourg. 

                                                   

Je me dirige maintenant vers les moulins à eau pour aller donner une photo du meunier. J'en profite pour manger quelques grains d'orge fraîchement grillés et prêts à être transformés en tsampa. 






La visite terminée, je vais vers les maisons du hameau. A cette heure-ci,  elles doivent être en pleine activité car des yacks et leurs propriétaires vont partir au doksa, celui où nous nous sommes arrêtés hier, pour apporter des victuailles et rechercher la production des bergers.





Les Zanskarpas ne sont pas les derniers à faire la fête et forcement, à boire un petit coup dès que l’occasion se présente. Evidemment, il n'y a pas d'alcoholshop à moins de 100 km à la ronde, alors on est obligé de le  fabriquer sur place !


La journée passe ainsi agréablement, j'ai presque terminé mon tour. Maintenant je vais attendre la bergère. C'est généralement une enfant, qui est partie le matin avec toutes les biques du hameau dans les pâturages et qui devrait revenir en fin d'après-midi.
Quelques habitants attendent déjà le retour au bercail de leurs bêtes.





 L’exercice est loin d'être évident. Il faut que toutes ces belles bêtes rentrent dans un goulet qui conduit dans les différents enclos. 




Le soir, la famille se retrouve dans la cuisine.


     Après le repas et à l'heure du tchang, je fais quelques photos souvenirs.



C'est aussi le moment de faire un peu de lecture à l'aide de la lampe frontale.


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