samedi 15 septembre 2012

Le dernier jour d'un bourlingueur solitaire

Aujourd'hui, on peut considérer la ville de Leh comme étant une ville morte et ce jusqu'à 14 heures. En effet, toutes les devantures des boutiques, magasins et même les boulangers sont restées toutes fermées suite à un mouvement de grève qui dénonce la vie chère. Le petit côté sournois de cette action, est qu'elle est surtout dirigée par ces mêmes personnes qui font exploser les prix à Leh.  
Visiblement tous ne  connaissent pas l'histoire de l'arroseur arrosé !!!!

Cette grève ne m'est pas trop dérangeante, sauf que j'ai eu un peu de mal pour prendre mon petit déjeuner. Mais comme partout et en cherchant bien, on a toujours l'occasion de mettre ses pieds sous une table pour déjeuner en paix. 
Après je me suis baladé avec mon appareil photo sous le bras en profitant de l'occasion pour faire quelques prises de vue de la rue principale pratiquement vide. Seules quelques femmes sont là sur le trottoir pour vendre, comme tous les jours, le surplus de légumes de leurs jardins privés.








Evidemment, j'aurais préféré que cette grève se fasse un autre jour. Pascale arrive demain matin avec le premier avion en provenance de Delhi et je dois encore passer chez le barbier, trouver un taximan qui veuille bien aller à l'aéroport à 6 h du mat, faire quelques achats pour accueillir comme il se doit ma moitié, passer à la pharmacie pour mes maux de tête qui n'arrêtent pas depuis ma chute dans la salle de bain, passer dans la boutique  de mon antiquaire tibétain pour y retirer mon stupa que j'ai acheté chez lui ...... etc. Je sens que cette après-midi sera chargée si je veux tout faire.

Il est presque 13 h et les magasins commencent à rouvrir un par un. Je retourne jusqu'au Ti Sei déposer mon appareil photo avant d'aller manger chez Tashi. En route, je rencontre le marchand tibétain qui a mon stupa. Il me dit que je devrais passer dans sa boutique car il vient de recevoir une nouvelle pièce, un Avalokitesvara tibétain, qui m'intéressera sûrement. Je lui réponds que je pensais justement passer chez lui cette après-midi pour récupérer mon stupa et que j'en profiterai pour regarder cette nouvelle pièce. Le rendez-vous est pris, et je continue vers le resto.
Lorsque j'arrive au restaurant Tashi, Jean-Louis est attablé avec Gilles, un autre habitué de la région et qui a, en plus, le grand 'avantage de parler couramment le tibétain.   
C'est la première fois que je revois Jean-Louis depuis Phuktal. 
C'est toujours un réel plaisir de se revoir et cette fois, le plaisir se mélange avec la curiosité de savoir ce que nous avons fait depuis que nous nous sommes séparés.
Comme toujours avec eux, la discussion est très enrichissante et tourne aussi vers d'autres infos afin de me faire découvrir des sites qui sont restés hors circuit des touristes. 
Je vous assure que lorsque vous avez la chance d'avoir ainsi deux spécialistes à la même table, il est évident que les infos pleuvent à volonté, si bien que j'ai de quoi rester des semaines de plus sans jamais voir deux fois la même chose !
Gilles me donne aussi l'adresse d'un bon amchi qui soignera mes maux de tête. Ce ne sera pas un luxe car mon problème est récurant.

Jean-Louis, revient de la vallée de la Nubra et me signale que là-bas, cela sent déjà la fin de saison et que les guestshouses commencent à fermer une par une.
Puisque cela sent la fin de saison dans la Nubra, cela sent aussi le changement de programme pour moi & Pascale. Notre programme comporte la Nubra, mais nous pensions la faire seulement après notre trek dans le Sham. Il nous faudra probablement changer l'ordre de nos projets et partir dans la vallée en premier lieu. On en parlera lorsqu'elle sera là.

L’après-midi passe à une vitesse "V-prime". Je suis obligé de laisser là mes amis car je dois encore préparer l'arrivée de Pascale. Je fixe aussi rendez-vous avec Jean Louis pour le repas du soir, ce sera comme d'habitude au Wok. 
Je file directement me faire faire un ravalement de façade chez le barbier. Il a du boulot car j'ai de plus en plus l'air d'un homme, non pas des bois, mais bien de l'Himalaya et je ne voudrais pas que Pascale fasse immédiatement demi-tour lorsqu'elle arrivera demain !

J'arrive chez le barbier. Hélas, je ne suis pas le seul à vouloir être beau, je réserve ma place et je vais m'occuper de mes achats qui sont au programme. 
Mon sac est bien vite rempli de toutes ces bonnes petites choses qui feront plaisir à Pascale et je retourne prendre ma place sur le banc du coiffeur. Il me dit que ce sera tout de suite à moi.
Pendant qu'il me fait la barbe et le visage, il constate que ma nuque est loin d'être souple. Je lui explique le problème que j'ai eu dans la salle de bain et les effets. Avec un petit sourire, il me rétorque qu'il va m'arranger ça après ma coupe. Je suis un peu étonné, mais pourquoi pas le laisser faire, qui ne risque rien n'a rien et dans mon cas, cela ne peut qu'être bénéfique.
Les soins terminés, il passe effectivement à l'action et me croque la nuque ainsi que toutes les vertèbres une à une. Le résultat est saisissant, c'est comme si toute ma colonne vertébrale avait été débloquée. Je repars enchanté de chez mon barbier-chiropraticien et je me dis que si mes maux devraient revenir, je n'hésiterais pas à renouveler l'expérience, même si je ne dois pas me faire couper la barbe !

Me voilà propre et soulagé pour accueillir comme il se doit Pascale demain matin.

Je passe à l’échoppe de mon tibétain pour voir sa nouvelle pièce en provenance du Tibet. Il  sort la statuette et me la présente avec une certaine fierté comme pour me dire que c'est véritablement une très belle pièce. Je suis effectivement estomaqué par la beauté et la finesse de cette représentation d'Avalokitesvara et sans même lui demander le prix, car je sais qu'il en fera un bon pour moi, je lui dis qu'il peut la mettre avec mon stupa, que je payerai et prendrai le tout, demain lorsque Pascale sera là. Avec les années que l'on se connait, la confiance s'est instaurée entre nous, et la parole suffit largement pour conclure une affaire. Juley, juley, je repars très heureux de ma nouvelle acquisition. Cette année, c'est une année de chance car trouver deux belles pièces en un seul voyage, c'est véritablement inespéré.

Maintenant je dois encore trouver un taxi pour l'aéroport. Je passe dans la Fort Road où ils sont stationnés. c'est avec un peu de mal que j'en trouve un qui veux bien se lever tôt pour faire un aller retour à l'aéroport, tout en lui précisant bien que s'il n'est pas là à 6 h 05, je prendrai alors un taxi de passage. Le rendez-vous est fixé au pont près du Tourist Market. 

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