jeudi 2 août 2018

Enmu / Phuktal, une étape haute en couleurs

Ce matin, nous nous levons du bon pied car nous savons que la journée va nous offrir un grand spectacle. C'est simple, on est tellement pressés de voir ça, que nos sacs sont déjà devant la porte, alors qu'il n'est que 7h30. C'est dire comme nous avons envie d'aller de l'avant.


Petit déjeuner traditionnel, du moins pour les touristes et trekkeurs de tous poils : omelette, chapati, jam (confiture), beurre de cacahuètes et thé. Le ventre plein, il est temps de dire au revoir à Lhamo et de charger nos sacs. Julley Lhamo pour ton accueil zanskarpa.
On peut à présent démarrer. 


Peu avant le village de Cha, nous pensons voir un mirage. En fait, ce stop nous indique que des ouvriers sont occupés à dynamiter la roche pour se frayer un passage et ainsi continuer la route. Notre premier réflexe est d'attendre que les explosions soient terminées, mais un ouvrier nous conseille de prendre le chemin montant bien au-dessus des travaux. En effet, une fois les explosions finies, ils doivent encore tout dégager au bulldozer. Et cela peut prendre quelques heures. Ok nous ferons la montée afin de ne pas perdre de temps.


........... Même si j'ai le sourire, la grimpette est quelque peu longue et à mi-chemin, je profite du coin de verdure qui est devant moi pour marquer une pause.


Mon rythme cardiaque a diminué, le souffle est à la normale, nous revoilà en route. 


Quelques up and down plus loin, nous sommes à Cha, qui est annoncé par cette série de stupas.



A notre arrivée dans le village, nous décidons, bien qu'il ne soit pas encore midi, de manger un bout avant de continuer vers Phuktal. Afin de ne pas perdre trop de temps, ce sera deux riz frit avec chacun un œuf par dessus.
Le ventre plein, nous pouvons continuer la piste, sans oublier de remplir nos gourdes car il n'est pas possible de trouver une source sur le trajet.



Dans ce désert de pierres, notre progression est pénible et la chaleur devient suffocante. Il est grand temps que cette longue montée se termine. Lorsque je me retourne, je constate que Pascale est loin derrière moi.  Pourtant je continue en me disant que je l'attendrai une fois que je serai là-bas tout en haut.


Ça y est, je dépose mon sac contre le mur de mani et contre toute attente, "speedy" Pascale n'est plus qu'à quelques mètres de moi. C'est donc ensemble que nous admirons et constatons que la Tsarap est effectivement d'un beau bleu turquoise.
Ce décor est tellement étonnant que cela vaut bien la peine de donner un coup de zoom à l'objectif afin de voir ça de plus près !!


Si le spectacle n'est pas étonnant, il se produit chaque année. Par contre ce qui l'est moins, c'est la période à laquelle il se produit. C'était toujours à la fin de l'été, lorsque les eaux étaient au plus bas. Mais depuis 2015, année où la grande vague a eu lieu, la Tsarap trouve cette couleur beaucoup plus tôt dans la saison. L'explication est que cette vague, qui ressemblait plus à un tsunami puisqu'elle mesurait plus de 12 mètres de haut, a nettoyé complètement le lit de la rivière. Si bien qu'aujourd'hui, les eaux ne doivent plus être basses pour changer d'aspect.
En tout cas, pour nous, qui venons depuis plusieurs années, c'est assurément une grande première. Alors, nous profitons à fond du spectacle qui nous est offert et oublions du même coup, la montée que nous venons de faire !!
PS : pour ceux que cela intéresse, je parlais déjà sur les origines et conséquences de cette vague sur la page : http://www.errances-en-sacados.be/2015/05/glissement-de-terrain-au-ladakh-suite.html



L'ascension terminée, nous continuons vers Phuktal en suivant le chemin qui longe toute cette vallée, en descendant progressivement sur plus ou moins quatre kilomètres.



Avec toutes ces couleurs, ce n'est plus un décor, c'est carrément la palette de Dali que nous avons devant nous. Merci dame nature.





Quatre heures et demi après avoir quitté le village de Cha, nous voilà devant le monastère de Phuktal. Ce gonpa a été fondé au XII ème siècle et depuis, cet ensemble colle toujours aux flancs de la falaise comme par magie.

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