mardi 1 juillet 2014

De Honupata à Phanjila

Après cette longue journée d'hier, il me fallait bien une bonne nuit de repos pour me remettre sur pied. Non seulement, la nuit fut bonne, mais j'ai été littéralement choyé par la maîtresse de maison qui a mis les petits plats dans les grands pour me préparer un délicieux repas pour souper. Et ce matin, l'omelette était tout aussi appétissante.
Le  programme de la journée est assez simple. Depuis Honupata, je vais dans un premier temps rejoindre le village Phanjila, village qui se trouve sur le trek allant de Lamayuru à Chiling. Après je verrai si je continue vers Ursi ou si je reste là.
Nul besoin donc de trop me presser ce matin, puisque je n'ai que 3 heures de marche pour rejoindre le village de Phanjila. C'est à l'aise que je me prépare pour partir. Lorsque je suis prêt, toute la famille se trouve sur le perron de la maison afin de me saluer une dernière fois et me souhaiter du même coup, bon voyage. Merci à eux.


Même si la balade est belle, elle est forcément un petit peu moins intéressante pour un trekkeur depuis que la route a été construite. Fort heureusement le décor est, quant à lui, toujours là et c'est quand même avec un certain plaisir que je redécouvre pour la deuxième fois, cette portion de trek. Pour le moment, je suis encore sur les hauteurs du parcours mais très vite, cela va changer et d'ici quelques kilomètres je rentrerai dans de belles gorges. Ce passage se fera sans problème puisqu'elles sont larges et l'eau qui y coule, reste généralement dans son lit.



Je suis ici à l'embranchement d'où j'aurais dû sortir si j'avais choisi le tronçon Photaksar, Sumdo, Phanjila. De ce côté, cela semble effectivement très beau mais les gorges y semblent aussi très étroites. Je suis à présent persuadé d'avoir pris la bonne décision en voulant éviter ce trajet ! Lorsque j'arrive à la fin des gorges, je ne fais pas attention au soleil qui brille de ses mille feux et en quelques minutes, je suis complètement patraque. Je m'arrête sur le bord de la route et je bois de grandes gorgées d'eau. Hélas, je le fais trop tardivement et je n'arrive pas à éviter le coup de déshydratation. La fatigue et le manque de force m'emparent. J'ai beau boire le contenu de ma gourde, rien ne change vraiment pour moi. Il me reste pourtant encore 5 kilomètres pour arriver à Phanjila et je ne sais vraiment pas comment je vais faire pour arriver jusque-là. C'est alors que j'entends un bruit de moteur et je vois arriver un pick-up. C'est ma chance. Je fais signe au chauffeur de s'arrêter ce qu'il fait lorsqu'il est à ma hauteur et je lui demande s'il veut bien m'emmener jusqu'à Phanjila ? Comme c'est un taxi pick-up collectif, cela ne pose bien entendu pas de problème. Mais il y a du monde dans le véhicule et je suis obligé de me faire une petite place sur la plateforme arrière. Entre tous les visages locaux, je remarque un touriste. Hello, how are you, you come from ? Belgium !! Oh me too, I am from Brussels and you ? From Genk. Puisqu'il est néerlandophone, je continue tout normalement la conversation en flamand et c'est comme cela que j'apprends qu'il s'appelle Roberto, que sa grande traversée du Ladakh est finie et qu'il rentre à Leh. Cela tombe bien et je lui demande dans la foulée s'il ne veut pas téléphoner à ma femme pour dire que je vais bien et que je suis à Phalinja ?! Entre voyageurs, cela ne pose pas de soucis et il me promet qu'il le fera lorsqu'il sera à Leh. Sur un bout de papier, j'inscris, en toute vitesse, le numéro de téléphone de Pascale car nous sommes déjà arrivés au village de Phanjila. Je descends aussitôt du véhicule et je vais payer ma course auprès du chauffeur. Le pick-up redémarre. Roberto et moi, on se fait un dernier signe d'adieu et je vais directement m’asseoir sur le perron d'une échoppe pour me désaltérer encore et encore. Je ne vais toujours pas mieux et je décide d'aller mettre ma tête en-dessous d'un robinet afin de laisser couler quelques litres d'eau sur ma tête. Tout le monde sait que l'eau ferrugineuse est salutaire et c'est justement l'effet qu'elle me donne. Sur ce, je retourne à l'échoppe, le patron me donne une couverture pour m'étendre sur le perron car il a bien compris que je n'allais pas très bien. Je m'endors presque immédiatement. Lorsque je me réveille, il n'est plus question pour moi de vouloir continuer vers Ursi. Il n'est que 14h, mais je suis bien obligé de me trouver une guesthouse et passer la nuit ici. Demain, j'irai sûrement beaucoup mieux. Je trouve difficilement une chambre car presque tous les habitants sont partis à Leh pour assister au Kalachakra que donne le Dalaï Lama. Par chance, je trouve quand même une porte ouverte, cela malgré que les  propriétaires sont eux aussi en pleine préparation pour partir à leur tour à Leh. Encore une fois, je suis sauvé par cette solidarité qui est si chère au cœur des ladakhis. Merci à eux.

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