samedi 12 juillet 2014

De Yakrupal jusqu'à Pilingsa

Point de vue météo, la journée s’annonce une nouvelle fois très belle. Comme d'habitude, les premières corvées sont de rassembler mes affaires et de mettre le tout dans le sac. Avant de quitter le camp, je déjeune de trois fois rien car mes vivres commencent à diminuer à vue d’œil et il me reste encore trois jours de marche avant d'arriver au monastère de Dad.




En ce début de journée, dans cette gorge qui s'étire inlassablement en direction du col de Zalung Karpo La, la balade n'est guère pénible. De temps à autre, il me faut encore effectuer quelques passages à gué. Mais ce torrent qui, au départ, me causait tellement de soucis, ne représente maintenant plus qu'un simple petit ruisseau que je peux traverser à présent sans trop de difficultés. Il m'arrive même, par la grâce de quelques grosses pierres bien placées, de pouvoir traverser le ruisseau sans devoir me déchausser. 




Après deux heures de marche dans cette gorge, j'arrive au campement de Yakrupal. Je vais bientôt attaquer l'ascension. Mais cette fois, il m'est impossible de me tromper de chemin puisque de nombreux cairns balisent celui-ci vers le sommet.


Savoir que je me trouve sur le bon sentier me rassure énormément. Lors de mes deux erreurs précédentes, je dois bien avouer que lorsque j'ai constaté que je n'étais pas sur le bon sentier et que je devais impérativement faire demi-tour, je me suis marmonné des paroles peu courtoises à mon égard. Mais visiblement, les qualificatifs changent très vite et je me considère à présent comme étant le meilleur puisque cette fois, c'est le bon chemin  !!!

Il ne me reste à présent qu'à trouver mon rythme et surtout mon souffle pour faire les quelques 400 mètres de dénivelé qui m'emmèneront là-haut. Ma moyenne étant d'une heure de marche pour effectuer 150 mètres de dénivelé, je devrais donc être au sommet dans moins de deux heures. 


L'ascension se fait sous un soleil éclatant et malheureusement, depuis que j'ai quitté les rives de ruisseau du Langthang Chu, je n'ai plus trouvé un seul point d'eau. Si bien que ma gourde a une fâcheuse tendance à se vider trop rapidement à mon goût.




Plus d'une heure et demi d'efforts et j'entrevois les drapeaux de prières flottant allègrement au sommet. Cela me donne un coup d'énergie supplémentaire pour entamer les derniers cents mètres.


Je me trouve à 5200 mètres d'altitude et j'ai mis deux heures quart pour y arriver. Le plaisir est tellement grand que je trouve encore assez de souffle pour crier à plein poumon le fameux : Ki ki so so lha gyalo.


A cette altitude, le vent et les températures  sont souvent glacials. Je me trouve un abri auprès d'un grand cairn pour m'abriter du vent et ainsi pouvoir contempler un peu plus longtemps cet ensemble d'immenses et magnifiques falaises qui sont là, tout autour de moi. 

 Il est évident que ce trek prend une tout autre dimension depuis que j'ai quitté la vallée de la Markha. J'ai la très nette impression qu'il se dégage ici, une telle puissance, que le simple fait de se retrouver seul au beau milieu de pics plus hauts les uns que les autres, cela ne peut m'apporter qu'une leçon d'humilité. 


En tout cas, je ne remercierai jamais assez Dame Nature de m'offrir un tel panorama. 


Le temps passe décidément beaucoup trop vite lorsque l'on se sent bien. Cela fait maintenant une bonne heure que je suis ici. Il est à présent 14h45 et le moment est venu de songer à redescendre sur un chemin qui me semble bien abrupt.



Aujourd'hui, j'ai eu la chance de pouvoir rêver les yeux grands ouverts tellement les images ont été fortes. Durant la nuit, mes yeux seront forcément remplis d'étoiles.


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