dimanche 6 juillet 2014

Lanak - Dundunchen La - Chiling

D'après mes préparations, je m’apprête à passer une journée interminable. Le Dundunchen La n'est pas le sommet le plus haut que je devrai passer durant mon périple, mais on m'a prévenu que la descente est terriblement longue et difficile. Le dicton dit : un trekkeur prévenu en vaut deux. Je suis ainsi prévenu !!!!
La bonne nouvelle du jour, c'est qu'il fait toujours aussi beau et les couleurs sont de ce fait, toujours aussi resplendissantes. Le topo est scellé, je peux en conséquence démarrer ma journée de marche. Je n'ai pas le temps de penser à m'échauffer les muscles avec une balade cool, l'effort est directement là avec la longue montée menant au Dundunchen pass.  

A l'attaque du col, je me trompe une nouvelle fois de chemin. Je vais perdre une heure avant de comprendre qu'il me faut passer par l'arrière de gros rochers qui sont sur ma gauche, au lieu de m'obstiner à vouloir passer par le milieu de cette vallée. J'ai tellement perdu de temps que je vois arriver derrière moi, deux randonneurs et leur guide. Cela me confirme que cette fois, je suis sur le bon chemin. Mais cela me confirme aussi que je n'ai pas joué malin. Je continue mon avancée vers le sommet tout en observant le trio qui est à mes trousses. Je fais bien un effort pour ne pas me faire rattraper (j'ai mon honneur !!!). Mais cause perdue car un peu avant le sommet, ils sont à ma hauteur. Par quelques présentations, je sais maintenant qu'ils sont suisses et qu'ils sont partis avec leur guide de Lamayuru. Ils s'arrêteront à Chiling pour rentrer après à Leh en taxi. Bien que leur progression vers le sommet soit plus rapide que la mienne, lorsque j'arrive à mon tour en haut, eux sont encore là. Comme d'habitude lors d'une rencontre, j'en profite pour donner à Joël le numéro de téléphone et l'adresse mail de Pascale afin qu'il puisse donner de mes nouvelles lorsqu'il sera à Leh. (Je vous rappelle, que le Ladakh est une zone militaire et qu'il est de ce fait, totalement interdit d'avoir en sa possession un téléphone satellitaire, tout comme il est impossible de capter un réseau avec votre carte sim habituelle depuis votre GSM). Voilà pourquoi, j'utilise la moindre occasion pour demander s'il serait possible de donner de mes nouvelles à Bruxelles. Tout le monde comprend le problème et cela se passe fait tout normalement.

Je ferme la parenthèse et je reviens à mes notes du jour. Comme je disais, nous sommes ensemble au sommet du Dundunchen La. C'est l'occasion de faire des photos de leur groupe avec leur appareil et eux, de moi. Dans la foulée, nous nous échangeons quelques victuailles. Je reçois des pommes de terre cuites, un œuf dur etc .... et eux une portion de viande séchée. Ce repas me change de mes habituelles noodles soupe, saucisson, viande séchée, que j'ai bien l'impression de faire un véritable gueuleton.



 Il fait beau, je fais un bon repas, je n'ai pas de rendez-vous à Chiling avec un taxi, je reste forcément plus longtemps sur le top que mes collègues suisses et leur guide. Je fais quelques photos de plus de ce fabuleux décor. C'est donc seul que je vais effectuer cette terrible descente jusqu'à Chiling. Elle est difficile car le sol est instable, les pierres roulent constamment sous mes pieds et il n'y a aucun chemin tracé. Si bien que je descends cette pente abrupte au petit bonhomme la chance. 





La seule chose qui me rassure, c'est que la vallée de Chiling est juste au bout de la pente devant moi. Il est donc impossible que je me trompe. La seule chose à faire, c'est d'éviter les obstacles ce qui n'est pas des plus évidents !!
Après quatre longues heures d'efforts, j'arrive au bas de la descente. Il ne me reste qu'à, si je peux dire, rejoindre Chiling par une gorge étroite. Ce dernier tronçon me semble d'une longueur indéfinissable, si bien que lorsque j'arrive à Chiling je suis littéralement sur les genoux.


Je me dirige vers le camping comme un automate. Une fois sur place, un groupe d'américains occupe tout le terrain. Je m'arrête pour leur demander à boire car ma gourde est vide depuis bien longtemps et mon gosier est sec comme une source tarie.
Bien gentiment, les cuistots du groupe me font bouillir de l'eau pour être certain que l'eau qu'ils me donnent soit bonne. La gourde remplie, j'en bois une grosse gorgée et je prends congé des américains. Il y a bien un autre terrain de camping, mais je suis tellement fatigué que je me dis qu'une nuit dans une maison avec un bon repas me ferait le plus grand bien. Je rejoins la route pour aller manger un bout et me désaltérer dans un teashop. Une femme me sert à boire et me fait une omelette vegetables. Pour la digestion, je m'allonge une petite heure dans un coin de la pièce. Lorsque je me réveille, la femme me demande où je vais dormir ce soir ? Je lui réponds que je voulais aller dormir au camping, mais que trop fatigué par la descente du Dundunchen La, je préfère me trouver une maison pour passer la nuit. Elle me dit que chez elle, il y a de la place et si je veux, son fils va directement m'y conduire comme ça, je pourrai continuer à me reposer. Ni une ni deux, nous voilà en route pour sa maison.
C'est une maison dans le plus pure style ladakhi. Je m'installe dans ma chambre, j'ouvre mon sac, je prends ma tousse de toilette et je vais prendre une bonne douche avec le seau traditionnel. L'eau est peut-être froide, mais cela me fait un bien fou. Après ça, je retourne dans ma chambre pour continuer ma sieste, mais cette fois, ce sera sur un matelas !! Vers 5h, tout le monde est à la maison et la femme vient me voir avec un grand thermos de thé. Je profite pour lui montrer les photos que j'ai prises de mon premier passage dans le village. Je voudrais bien remettre les photos aux personnes concernées, seulement je ne sais plus où est leurs maisons. Elle me dit que ce sont les voisins du bas et que son fils va m'y conduire. Arrivé sur place, je retrouve bien la famille, ainsi que le mémé (grand-père). Malgré son grand âge, il est dans son petit atelier occupé à fabriquer des cuillères à sampa. Je lui tends ma photo qui date de quelques années. Visiblement, il est heureux de la surprise et en guise de remerciement, il m'offre une de ses cuillère qu'il vient de marteler. Je suis à mon tour ravi, elle fera du plus grand effet à côté de ma petite boite que j'ai achetée à Sumda Chenmo. 


Le repas du soir est composé d'un plat traditionnel ladakhi, un bon Titakis. L'adresse est une nouvelle fois très bonne et la femme me propose de rester une nuit de plus avant de partir pour la vallée de la Markha. Vu ma fatigue, ce ne sera pas un luxe. J'accepte l'invitation bien volontiers.

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