dimanche 13 juillet 2014

De Pilingsa jusqu'au village d'hiver des nomades de Dad

La journée que j'ai vécue hier m'a bercé une bonne partie de la nuit. Inlassablement, je revoyais ces images de décors extraordinaires que j'avais eu la chance de traverser.  
Il est incontestable que cette chaîne himalayenne ne cessera jamais de me fasciner.
Aujourd'hui,  je reste bien entendu en altitude, mais j'en ai fini, pour le moment, avec les passages des hauts cols. Les prochains jours seront consacrés à marcher sur les hauts plateaux, qui avec un soleil brûlant, se transforment rapidement en un désert de pierres.

Il est 6h30 et je quitte le camp en direction de Tsogra. Après une demi-heure de marche, je suis face à mon premier passage à gué. Il n'est pas très important mais il me faut toutefois me déchausser. La traversée se fait le plus rapidement possible car à cette heure matinale, l'eau est particulièrement froide!


7h30 : rebelote, je suis cette fois sur la rive du Sorra Chu et le passage me semble vraiment plus compliqué. La rivière est plus large et le courant est nettement plus fort. Je cherche tant bien que mal un endroit où le passage pourrait être moins pénible à effectuer. J'en trouve un qui pourrait éventuellement faire l'affaire mais je n'en suis pas si certain. Ne trouvant rien d'autre de plus sûr, je mets les pieds dans l'eau. A mis parcours, le froid me glace les jambes jusqu'à la moelle et je suis obligé de rebrousser chemin. De retour sur la rive, je frotte mes mollets avec énergie afin de leur donner à nouveau un peu de couleur. 

Bon, il va falloir y retourner, ce n'est quand même pas cette rivière qui va m'arrêter là. Et comme pour m'obliger à passer, je lance mes godasses sur l'autre rive. Cette fois, je n'ai plus le choix, il me faut passer coûte que coûte !! 
Le deuxième essai sera heureusement le bon et pour y arriver, j'ai cumulé vigueur et rapidité. La tactique fut la bonne et j'ai retrouvé ainsi mes godasses avec soulagement! De l'autre côté, j’aperçois une colonne de fumée. Je me dis qu'il y a des nomades qui sont au doksa. L'idée d'une telle rencontre me comble déjà de joie. Je monte une butte et je remarque par la même occasion que les nomades ont posé un pont sur une crevasse peu large, afin de n'être plus obligés d’effectuer ce dernier passage à gué, celui-là même qui m'a donné tant de soucis.




Le doksa est bien là et ce sont les terres tapissées de crottes de biques que les nomades brûlent afin de rendre l'endroit plus propre. Pour ma part, c'est une grande première car je n'avais jamais vu un tel procédé de nettoyage de sol dans l'Himalaya. Hélas, j'ai beau crier de nombreux juley, personne ne me répond. Visiblement, les nomades étaient encore là ce matin, mais ont dû partir après avoir mis le feu. L'occasion est passée, j'espère que ce n'est pas un mauvais signe et que j'aurai finalement l'occasion de faire leur rencontre ! 



 Inutile de rester plus longtemps à contempler les terres se consumant puisqu'il est évident que les nomades sont bel et bien en route vers un autre doksa. Je me dirige à présent vers des gorges profondes qui reçoivent le torrent venant du village d'hiver de Dad. Lieu où je vais monter ma tente ce soir.




 Après les gorges, il me faudra franchir plusieurs passages à gué. Cela ne me plait guère car la rivière est large et devient de plus en plus profonde au fil des kilomètres. Au dernier passage, j'aurai même de l'eau jusqu'à mi-cuisse. Par chance, l'eau de cette rivière ne provient pas directement d'un glacier et sur son parcours, elle a eu le temps de se réchauffer.


 Des passages à gué, j'en aurai droit à 7 successifs. Après, le chemin empruntera un peu de hauteur et je pourrai ainsi garder mes chaussures aux pieds jusqu'à Dad.




Dans un coin de verdure, je décide de faire une pause avant d'entamer la fin d'étape.









Après mon break, les vallées se succèdent tout en s'élargissant. Les premiers murs de manis surgissent et j'arrive à un grand Lhato couvert de drapeaux à prières, et entouré de plusieurs murs de manis








A partir d'ici, la marche se fera toujours sur un terrain plat. Je m'attends à voir le village de dad dans la prochaine heure. Hélas, il m'en faudra deux de plus pour pouvoir déposer enfin mon sac au gonpa de Dad.
 
En chemin je rencontre encore une série de murs de manis, des torrents à sec, puis un chorten suivi de murs de manis avec de splendides gravures.





 Cette fois, c'est certain, ce mur de manis annonce l'entrée du village. Je vais, après plusieurs jours de solitude, pouvoir rencontrer quelqu'un.


Cinq minutes plus tard, je suis en face du village. Je n'ai plus qu'une passerelle à passer et j'arrive aux premières masures.


Bien trop fatigué pour le visiter, je me dirige directement vers le gonpa où je suis accueilli par le seul moine vivant ici. Directement, il me prépare un thermos entier de thé qu'il m'offrira en guise de bienvenue. Ces nombreuses tasses de thé, je les ai sirotées avec délectation. Le moine me proposa de dresser ma tente à côté du chorten, car me dit-il, c'est le seul endroit où je ne risque pas d'être inondé en cas de forte pluie. 



Encore mille mercis pour votre accueil, moine Jamid. Grâce à vous, je vais pouvoir reprendre des forces avant de continuer mon aventure. Pendant deux jours, je suis son invité. J'aurai droit à partager tous ses repas.


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