mardi 4 juillet 2017

Kargil, passage obligé pour se rendre au Zanskar par la route

Le monde entier connait l'expression "Voir Venise et puis mourir". Lorsque vous avez cette petite phrase en tête, votre imagination comprend tout de suite ce que l'auteur de cet adage a voulu exprimer. Pour la ville de Kargil, ne cherchez pas, même sur le net où parait-il on trouve tout, vous ne trouverez rien sur cette ville sans charme où même les femmes y semblent bannies. Si vous avez la chance de pouvoir en apercevoir une dans la rue du bazar, elle est alors couverte des pieds à la tête d'un très beau tissu noir foncé.
Dans ces conditions, il est facile de comprendre qu'aucune expression n'existe pour cette ville car les auteurs sont sûrement morts avant d'avoir eu envie de venir ici !!!!
Me voilà donc dans la plus laide ville du monde où les loisirs et les sourires sont inexistants. La seule chose que vous trouverez, ce sont les punaises de lit et autres petites bestioles qui vous dévoreront le corps pendant toute la nuit !!! 
Ayant déjà beaucoup donné lors de mes précédents passages, je décide donc cette fois de changer de guesthouse. Pour me faciliter les recherches, j'ai reçu de plusieurs amis voyageurs, une bonne adresse dont les lits sont tout à fait dépourvus de créatures voraces. Merci à eux.

Après m'être installé dans ma nouvelle guesthouse, je retourne sur le grand parking où se trouvent les bus et les différents taxis, qu'ils soient collectifs ou non. Inutile de chercher le bus qui pourrait me conduire à Padum, puisque celui là n'y va que deux fois par mois et ses départs se situent aux alentours du début et moitié du mois. Je dois donc me retourner vers un taxi collectif. Ils ne sont pas trop difficile à trouver, par contre, ce qui se complique, c'est de se mettre d'accord sur le prix. Après trois tentatives, je suis parvenu à trouver un chauffeur un plus honnète que les autres. Pour la somme de 2000 roupies, il me conduira à Padum. L'affaire est conclue et nous prenons rendez-vous demain matin à 5h ici sur le parking. J'ai bien proposé qu'il passe me chercher à ma guesthouse, mais le refus fut cathégorique. Comme je n'avais plus trop envie de discuter, j'ai donc accepté son "intransigeance" !!
Puisque dans ma tête, le Zanskar n'est plus très loin pour moi, je peux maintenant penser à aller, non pas visiter la ville, puisqu'il n'y a rien à voir, mais plutôt aller me restaurer dans un bui bui food du bazar. 
Tout en me dirigeant vers un petit resto, je fais une  photo à l'angle d'une ruelle de la rue principale du bazar avec mon GSM. Cette photo, je l'ai faite, non pas pour l'esthétique, mais parce que je me demande encore aujourd'hui ce que le militaire est censé protéger depuis sa petite guéritte ?!! Les photos qui suivent ont toutes été prises lors de mon dernier passage ici. Mais rassurez-vous, elles sont toujours d'actualité puisqu'ici, rien ne change vraiment. Sauf évidemment ma nouvelle guesthouse qui me donne la perspective de passer une nuit plus calme que celles que j'ai connues ici auparavant. Comme dirait Souchon: C'est déjà ça !!!


Photo de la plus vieille maison de la ville, les autres ont été démolies soit naturellement, soit par les bombardement de la guerre en 
1999 entre le Pakistan et l'Inde.

Rappel des faits

A l'époque, des centaines de combattants islamistes soutenus par le Pakistan s'infiltrent et s'installent sur les hauteurs de Kargil puis bombardent et contrôlent la route stratégique Srinagar-Leh. L’Inde réagit et son armée lance une vaste offensive pour reprendre les zones investies.
Cette nouvelle guerre durera du 9 mai jusqu'au 12 juillet. L'état-major indien déplace cinq divisions d'infanterie, cinq brigades indépendantes, et 44 bataillons de la vallée du Cachemire au secteur de Kargil, soit un total de 200 000 soldats indiens. 

J'explique souvent à mes connaissances que toute la province Jammu / Cachemire et surtout la position frontalière du Ladakh font de cette région un axe militaire statégique. Il faut dire qu'avec le Pakistan d'un côté et la Chine de l'autre, l'Inde aurait sûrement rêvé de voisins nettement moins encombrants. Mais on ne choisit pas. Alors pour se défendre, l'inde déploie au fil des années, de plus en plus de militaires dans la région. Je serais curieux de savoir le nombre exact de soldats casernés le long de la rivière de l'Indus sur le territoire ladakhi ?





 Mon resto du jour est un chouette endroit, car j'ai enfin l'occasion de manger du mouton accompagné d'une belle variété de légumes et une portion de riz (celui là, je ne peux y échapper !). Le repas terminé, je retourne dans ma chambre où il y a même de la wifi. Cela me permet de faire un dernier petit coucou à Pascale avant mon grand départ de demain. Je quitterai ainsi la clique des ayatollahs pour trouver la vallée fertile de la Suru qui s'étend sur 85km en direction des plus hauts sommets du Ladakh: le Num (7135 m) et le Kun (7087 m). Quelques heures de routes plus loin, ce sera la découverte du monastère de Rangdum fièrement juché sur son pic, du passage du col du Pentse La avec ses 4400 m avant de cotoyer le glacier Darung Drung qui nous conduira directement dans la vallée menant tout droit au Zanskar. Le voyage promet encore une fois d'être vraiment grandiose et je m'en réjouis déjà.

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