jeudi 14 août 2014

Sixième étape du trek Tia / Vallée de la Noubra

Nuit en plein air, bien au chaud dans mon duvet avec deux couvertures en poils de yak, impossible dans ces conditions d'avoir froid. Les deux fois où je me suis réveillé, j'ai eu le loisir de contempler plusieurs constellations d'étoiles parmi des milliers d'autres étoiles. Spectacle hallucinant lorsque l'on peut observer cela dans des conditions aussi exceptionnelles. Il y avait tellement longtemps que je n'avais plus dormi à la belle étoile, aussi haut en altitude, que j'avais un peu perdu de vue ce phénomène !!



Ce matin, nul besoin de réveil pour savoir qu'il était l'heure de se lever. En effet, dès 5 heures du mat, toutes les personnes du camp étaient déjà debout. Comme je ne voulais pas me faire remarquer, je n'ai pas tardé à me mettre en action pour prendre quelques photos du travail des hommes jusqu'au moment où les bêtes retournent en pâture. 


Après la traite et le stockage du lait, les yaks et dimos sont relâchés en petit groupe ....


 ..... puis les hommes rentrent pour baratter le lait jusqu'à obtenir, pour une partie, du yaourt et pour l'autre de beurre.


 Etant donné que tout se fait à l'huile de bras, il faut bien deux heures de labeur pour obtenir du yaourt et le double pour avoir du beurre.


Pendant ce temps, je recevrai de la tsampa, du yaourt et du sucre que je malaxerai  dans un bol afin d'obtenir une pâte que j'emballerai pour prendre avec moi. Cela accompagnera mes repas pour la fin de mon trek.
Pendant que nous travaillons chacun nos ingrédients, j'explique à mon tourneur de lait, que je veux toujours payer pour ma nourriture et ma nuit aux gens qui ont la gentillesse de m'accueillir. Mais comme je reçois bien souvent la même réponse, "on ne veut rien", je donne alors d'office un billet en guise de remerciement. Tout en continuant le barattage du lait, il me dit que ce que je donnerai, sera automatiquement mis dans la cagnotte collective.
Le marché est conclu.


Il est 7 heures, le moment de se quitter est arrivé. C'est, sans conteste, l'instant le plus difficile de ces belles rencontres. 


Me revoilà en route pour rejoindre cette fois le village de Goma Tharu. 


Sur le chemin, je remarque plusieurs empreintes qui me font froid dans le dos.
Un peu inquiétant, surtout que je les suivrai pendant un bon bout de temps.
Heureusement, je ne verrai que les empreintes et non l'animal !!



Outre les empreintes, je trouve aussi un autre doksa, mais celui-là est vide.


Je continue dès lors mon chemin.


Cela se complique quelque peu à cause des eaux dévalant de partout à cause de la fonte des glaciers et qui font forcément grossir la rivière. Heureusement, il n'est que 10 heures et le passage est encore possible. Dans l'après-midi, il est fort à parier que ce franchissement s’avérera plus délicat.  



L'approche du village s'annonce par ce drapeau à prières qui flotte dans les airs et qui disperse du même coup, les prières pour les habitants.


Voilà Goma Tharu


Encore un passage de rivière, mais cette fois, le pont est là pour me permettre de passer sur l'autre rive sans nouvelles frayeurs. 


De toutes façons, vu le débit de l'eau, un passage à gué aurait été impensable.



J'arrive à la hauteur des premières maisons, lorsque j'entends une voix qui m'appelle.
Je fais signe de la main que j'arrive.



 Dans la maison, je trouve deux femmes qui m'invitent à boire un thé avec quelques biscuits. Les deux femmes ne parlent pas anglais, mais elles se débrouillent très bien pour se faire comprendre. La plus âgée me demande si je monte ou si je vais vers la Noubra. Je réponds que j'arrive du doksa qui se trouve un peu plus haut dans la montagne. La femme regarde alors mon appareil photo et me demande si j'ai fait des photos là-haut ? Je réponds par l'affirmative et par le geste, elle me demande si elles peuvent voir les photos. De toutes évidences, des touristes sont déjà passés par ici et elles connaissent les appareils photos digitaux !!! Je montre alors les photos du doksa. Les yeux de la femme s’illuminent et avec un doigt pointé sur mon écran, elle me fait comprendre que celui-là est son mari. Je suis aussi ému que la femme car j'avais l'impression d'avoir en un instant, fais réunir ce couple séparé depuis plusieurs mois. Pour fêter ces retrouvailles, je sors alors ma boule de pâte de tsampa tout en expliquant qu'elle vient de là-haut. Nous la mangerons ensemble avec grand plaisir.
Le temps passe trop vite en compagnie de ces deux femmes. Hélas, je dois continuer ma route jusqu'à Yogma Tharu. Je remercie les deux femmes de leur accueil. 
Je reprends mon sac sur le dos. Avant de trop m'éloigner de la maison, je me retourne pour faire un dernier signe d’au revoir. 


Je ne quitterai cependant pas le village sans être une nouvelle fois interpellé pour aller boire un verre de thé. Après tout, pourquoi pas et je rentre à nouveau dans une maison.


Ici la famille est au complet, il n'y a personne qui se trouve dans la montagne comme berger. Je profite de l'occasion pour demander combien de temps il me faudra pour aller au prochain village ? L'homme me répond qu'il ne faut pas plus d'une heure pour arriver à Yogma Tharu. C'est parfait, j'aurai alors le temps de faire une visite au petit gonpa du village avant de le quitter.



Le gonpa est un peu à l'écart du village. Lorsque j'arrive sur place, je constate qu'il est fermé. C'est une institutrice de l'école qui viendra m'en ouvrir la porte.




L'intérieur n'est qu'une simple pièce à prières, avec sa vitrine où sont exposées les divinités.



 A la sortie du gonpa m'attendent quelques élèves pour se faire photographier. C'est une demande systématique dans la région. La photo à peine prise, ils se précipitent alors vers le photographe afin de se voir sur l'écran.



Puis, je me dirige vers la cuisine de l'école où l'institutrice et deux aides préparent le repas de midi pour ses élèves.


Puisque les enfants ne sont pas en cours, je profite de l'occasion pour aller faire un tour dans la classe.



Les différentes visites sont maintenant terminées, je vais pouvoir continuer mon chemin vers Yogma Tharu.


........................ vous trouverez la suite de ce trek sur une autre page. 

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