mardi 2 octobre 2012

Longue journée de trek jusqu'à Nurla

Après une nuit paisible dans ce beau village qu'est Hemis Shukpachan, nous nous levons en pleine forme pour continuer ce trek dans le Sham. Ce matin, le soleil a rendez-vous avec la lune, est-ce un bon présage ?
Nous réglons la note du logis, le propriétaire nous confirme son prix pour les repas et la nuit. Mais nous trouvons que la note est vraiment trop raisonnable en comparaison avec ce que nous avons reçu dans nos assiettes. Il est évident qu'il faut rester "sérieux", surtout lorsque l'on sait ce que certains osent nous demander ailleurs et sans forcément nous donner le même service.  Il est évident que nous sommes reconnaissants et nous laissons quelque chose en plus.

Notre journée de marche peut commencer. Comme nous avons fait la reconnaissance hier en fin de journée, nous n'avons aucun mal à trouver le bon chemin. Le premier col, le Mebtak La (3820 m), est directement là, et la grimpette n'est pas trop terrible. En moins de trente minutes, nous sommes au sommet. Le temps de faire les photos souvenirs, nous basculons sur l'autre versant d'où nous pouvons apercevoir le chemin que nous devons emprunter.






A peine avons nous repris notre souffle dans la descente, que nous voyons directement en point de mire, la montée du Lago La qui culmine, comme le col précédent, à 3820 mètres. Mais la comparaison s'arrête là car la montée de ce col-ci est beaucoup plus importante que celle du Mebtak La. 




Après avoir tout descendu, nous arrivons au pied de la difficulté. Celle-ci est si longue et le dénivelé si raide, qu'elle nous coupe les jambes avant même d'avoir commencé. Pascale et moi, nous nous jetons un petit regard interrogatif : il  est évident que nous n'avons pas d'autres choix que de commencer l'ascension. Je montre l'exemple et je démarre en premier, tout en me disant que si le terrain devenait trop difficile, je pourrais alors attendre Pascale pour la guider. Après cinq minutes d'efforts, je me retourne et je constate que je ne suis pas le seul à avoir des difficultés pour gravir cette foutue pente. Dans des moments comme ceux-là, ça fait toujours plaisir !!!!!

 Nous sommes très satisfaits d'être arrivés au sommet et nous pouvons crier comme les ladakhis le font en arrivant aux sommets de pass "Ki Ki So So Lha Gyal Lo", " Les dieux sont vainqueurs, les démons sont vaincus". Les vents peuvent maintenant emporter  notre cri dans la vallée.




Il est midi et nous faisons un arrêt tea time au milieu d'un décor toujours aussi gigantesque.


La pause terminée, nous continuons la descente vers le village de Ang.


Hélas, à partir de là, c'est la désolation qui commence. Nous étions dans un paradis qui semblait protégé. Mais nous avons par contre la confirmation que l'homme ne respecte décidément rien. C'est en effet avec effroi que nous constatons, que pour construire une seule route, on est en train de saccager une vallée entière. 
Entendons-nous bien, je n'ai rien contre ce genre de construction, les gens qui habitent dans des régions si reculées, ont aussi besoin d'un peu de modernisme qui facilitera quelque peu leur vie de tous les jours. Là n'est pas la question, mais faut-il pour cela démolir tout leur environnement et du même coup, un trek qui n'aura forcément plus raison d'être.   



Comme on dit à Bruxelles "trop is te veel" (trop c'est trop), Nous décidons de continuer directement sur Nurla. La journée sera longue mais nous ne voulons pas rester dans un tel environnement. Une heure après, nous traversons Temisgang jusqu'à l'embranchement avec la route qui descend à Nurla.


 Arrivés sur place, nous allons boire une limonade dans un chop qui se trouve au bord de la route. Nous espérons qu'entre-temps, un véhicule passe en direction de Nurla. Cause perdue et nous devrons rejoindre l'étape par nos propres moyens. Nous arriverons à Nurla exténués. Dans le village, il y a que quelques échoppes  mais pas de guesthouse. Nous allons vers une grosse bâtisse et nous demandons au propriétaire, avec un certain culot, où se trouve la guesthouse du village ?!!! Evidemment, nous connaissons la réponse, mais nous faisons  les étonnés d'apprendre qu'il n'y en a pas ! La suite sera plus simple, puisque le propriétaire nous dit qu'il a une chambre pour nous, mais pas à manger. Pas de problème et une fois installé, j'irai dans une échoppe acheter de quoi manger pour tout le monde. 
Le voyage continue demain vers la gorge qui donne accès  au village de Tar. 
Il parait que ces gorges sont sublimes. Je me réjouis déjà du spectacle promis.

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