lundi 7 août 2017

De mon camp solitaire au camp des nomades.

Je le redis, mais pouvoir dormir à l'écart de tout, dans un silence absolu est tellement rare dans nos sociétés que lorsque l'on peut en bénéficier, c'est du bonheur à l'état pur.

Le programme du jour, c'est cinq heures de randonnée jusque dans une plaine où il devrait y avoir des nomades et leurs troupeaux de biques et yaks.



Dans un premier temps, la montée est peu accentuée mais à l'approche du sommet, il faut  continuer à un rythme moins élevé si on veut arriver en haut sans être asphyxié.


Nouvelle petite descente avant une pente nettement plus raide du Hongka La 4900 m.


C'est toujours un bonheur indescriptible d'apercevoir même de loin, les drapeaux à prières qui flottent sur chaque sommet.


 De là, plus de complication possible, puisqu'il n'y aura plus qu'un dénivelé négatif de 200 mètres avant d'arriver à une rivière qu'il faudra passer à gué, pour ensuite jusqu'au camp des nomades.




Au loin, je remarque quelques taches noires semblant flotter sur l'eau de la rivière.


Au fur et à mesure que je m'en rapproche, je constate que ce sont des yaks, en liberté dans les pâturages, et dont quelques-uns préfèrent patauger dans l'eau.


Ce tableau me comble de joie car cela prouve que les nomades sont dans le camp. Je vais par ce fait, pouvoir boire du lait, manger du yaourt et même passer une nuit avec eux dans leur tente. Le plateau est énorme et plusieurs tentes nomades sont éparpillées sur toute la surface de la plaine. Ce qui m'interpelle, c'est qu'il n'y a plus une seule tente traditionnelle tissée en poils de yak.


J'arrive à la première tente et sans rien demander, je suis invité à prendre le thé salé au beurre de dri ou drimo. Comme ce beurre est resté plusieurs mois, si pas plus, dans une peau de chèvre, il est ainsi naturellement fermenté et dégage une odeur indescriptible lorsqu'il flotte dans votre tasse de thé. Bizarre la première fois mais on s'y habitude très vite .............. ou jamais !!!
Après avoir reçu du thé que la nomade venait de préparer dans son gurgur,


 j'ai reçu à plusieurs reprises des louches de yaourt.
Que du bonheur.

Mais la brave dame avait encore du boulot avec son fromage qui devait encore séché. 
Je l'accompagne hors de la tente, pour ensuite, me diriger vers une autre tente pour y trouver à loger.


La vie de nomade est très difficile mais ce sont surtout les conditions de vie qui causent problème. Par contre, question boulot, lorsqu'il sont organisés, ils travaillent nettement moins que nous et sûrement sans stress. 


J'arrive à la hauteur d'une tente parachute devant laquelle plusieurs personnes sont réunies. Elles commencent à rentrer dans la tente pour assister à une "puja nomade", c'est-à-dire une puja sans moine. Quelques personnes me proposent d'y entrer aussi afin d'y faire honneur. Tout commence par une distribution de thé et de nourriture.


  Ensuite, suivent seulement les prières qui sont entrecoupées de discussions sur les problèmes d’organisation du travail, à savoir qui va partir surveiller les bêtes dans les pâturage, mais aussi, pour se mettre d'accord sur le prix de vente du yaourt, beurre, lait que les acheteurs viennent négocier plusieurs fois pendant la saison d'été. La puja terminée, le prix des marchandises étant fixé, il reste le problème de la tente parachute qui commence à se déchirer de tous côtés et qui doit être remplacée. Une solution est trouvée, une dame se propose de s'occuper d'une dernière réparation. La séance est levée.


Je suis toujours à la recherche d'une tente pour y passer la nuit. Je pensais l'avoir trouvée, mais des problèmes logistiques sont venus perturber ma nuit sous cette tente.
J'ai donc été obligé d'en trouver une autre. Heureusement, cette fois-ci, c'est la bonne adresse.


Je passerai la nuit chez un vieux couple, dont je ne connais pas l'âge de la dame, mais lui en avait quatre-vingt deux.


Des gens charmants que vous aurez plus l'occasion de connaître demain matin avant que je ne reparte vers le Kostse La

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