jeudi 26 juillet 2012

Départ de Kargil pour la vallée du Dha

Après quelques recherches, j'ai enfin trouvé un chauffeur de taxi collectif pour m’emmener à Batalik au même prix que les autres occupants. La chose n'est pas aussi évidente que l'on pourrait penser car la mafia locale (Kargil) n'a de cesse de taxer au maximum tous les touristes qui passent dans cette ville, qui ont forcément besoin d'un taxi pour leurs déplacements puisqu'ici les bus se font très rares.

Afin d'éviter les mauvaises surprises de dernière minute, j'ai directement installé mon sac dans le véhicule et le chauffeur m'a informé en même temps que nous partirions sur le coup de 14h.

Vous ne pouvez imaginer le bien que cela fait de savoir que l'on va quitter cette ville beaucoup trop sale, inintéressante et inhospitalière. Pour tout vous dire, la seule chose que j'y ai trouvé, ce sont des puces et autres bestioles non identifiées qui sont venues toutes les nuits me dévorer et qui m'ont laissé comme preuves de leur passage des nombreuses traces rouges sur tout le corps.

Le phénomène n'est évidemment pas nouveau à Kargil. Lors de mes derniers passages, j'avais déjà subit ce genre d'attaque, mais lorsque c'est à ce point, je peux vous assurer que l'on est très satisfait de ne plus devoir y passer une nuit supplémentaire. C'est donc avec un soulagement certain que je me dirige vers d'autres cieux que j'espère beaucoup plus sereins !!!!

Comme prévu, nous quittons la ville de l'enfer à l'heure dite. La première partie de la route je la connais pour l'avoir faite hier lorsque je suis allé voir le grand Bouddha sculpté dans la roche à Yourbaltak. Ce fut une découverte intéressante car des grands Bouddha comme celui-là, il n'y en a que trois dans la région. Celui de Mulbek, de Sanku et de Yourbaltak. Hélas je n'ai pas eu le courage d'aller voir celui de Sanku qui est dans la vallée de la Suru à quelques 50 km de Kargil.
Quand à celui de Mulbek, je compte y retourner après être sorti de la vallée du Dha.

Mais pour l'heure, nous montons encore et toujours vers le nord tout en longeant la chaîne de Lalung qui représente la ligne de contrôle entre l'Inde et le Pakistan. Vu le nombre de casernes qui sont dans le coin, je peux facilement supposer que la région est forcément très sensible.

Après une heure de route, nous serpentons vers le sommet du Lalung La qui culmine à 4050 m d'altitude. La vue depuis le sommet n'est qu'une immensité désertique. La vue est impressionnante, mais je ne peux l'admirer pleinement car des gros nuages recouvrent le décor.

Puis c'est la grande descente jusqu'à Batalik. Depuis que nous avons franchi le sommet, la météo s'est déjà quelque peu améliorée et le ciel semble vouloir un peu se dégager.



On dépasse le village de Lalung qui n'est formé que de quelques maisons et évidemment d'une mosquée puisque nous sommes en pays musulman. Une fois passé le village, la route passe par des gorges profondes qui au fil des kilomètres, deviennent de plus en plus étroites.

Après les gorges, nous arrivons à l'embranchement de la route entre Batalik et le reste de la vallée du Dha. Les étrangers peuvent y accéder avec un permis spécial, le «Inner line permit».

Deux mots sur ces Dardes qui avec leur peau claire, leur dialecte dérivé du sanscrit et leur chapeau orné de fleurs seraient une énigme pour les ethnologues.
Les tribus dardes, installées le long de l'Indus à deux pas de la ligne de cessez le feu avec le Pakistan, sont différentes des autres groupes ethniques du Ladakh. Ils pourraient descendre des soldats d’Alexandre le Grand. Les Dardes n'ont pas renié les pratiques chamaniques bön.
Mais une autre histoire est racontée dans la vallée. Le peuple darde aurait pour ancêtres trois frères, marchands de leur état, qui seraient venus de Perse, de Bactriane ou de la lointaine Alep. Un des frères s'arrêta dans la vallée pour retirer de sa chaussure les cailloux qui gênaient sa marche. Mais ce ne fut pas des cailloux qu'il retira mais bien des graines qu'il jeta dans les rochers sur le bord du fleuve. Les trois frères repassèrent quelques semaines plus tard. Les graines avaient germés et les trois frères décidèrent de rentrer directement chez eux pour revenir installer leurs familles sur cette terre productrice.
Voilà pour ce qui serait l'histoire de ce peuple darde.

.......... Pour le moment, je suis au check point de Batalik. C'est ici que pour la première fois, je dois montrer patte blanche en présentant mon permis et passeport aux deux militaires en fraction.
Le contrôle ne semble pas se dérouler comme prévu car un des militaires semble bien perplexe et téléphone, probablement à un de ses supérieurs pour savoir s'il peut me laisser aller à Batalik.
La sentence est tombée, même avec mon permis je ne peux pas aller à Batalik.
Juste pour voir si mon militaire est bien décidé à faire valoir son autorité, j'essaye de parlementer en lui disant que mon permis est en règle et que je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas aller à Batalik ?! La seule réponse que je reçois, est que le village est trop près de la frontière et que je dois reprendre mon sac qui est dans le véhicule en attendant qu'un autre véhicule passe par là, qui m'emmènera directement au village de Darchik sous les ordres du militaire.
Cela semblait tellement formel que je n'ai plus insisté et j'ai attendu sans broncher le prochain véhicule, comme cela m'avait été ordonné.
Au fond de moi, cette situation ne me dérangeait pas trop puisque d'après mon guide, il n'y a pas grand chose à faire à Batalik et les plus belles balades se font depuis Darchik.

Une bonne demi-heure plus tard, un taxi collectif arrive à la hauteur du poste de garde, le militaire arrête le véhicule et demande au chauffeur de me conduire à Darchik. Pour lui non plus, il n'y a pas d'autre solution que de se plier aux ordres et me voilà embarqué comme prévu pour le prochain village qui n'est distant que de 6 kilomètres. J'aurais pu les faire à pied, mais aux yeux du militaire, il n'en était pas question, ayant bien trop peur que je ne me plie pas à ses ordres !!

La distance est si courte (6km) qu'il ne faudra que quelques minutes pour arriver aux première maisons de Darchik. Le chauffeur me laisse là et c'est forcément à pied que je dois gravir les centaines de marches qui me séparent encore du centre du village.
Arrivé en haut, je me fais accoster par une femme qui me demande si je cherche une homestay et elle me propose alors sa maison. Ce que j'accepte bien volontiers vu que je n'ai pas d'adresse bien précise.

Sur place je constate que la maison a un certain cachet, que la chambre que la femme me propose est spacieuse et possède deux grandes fenêtres qui me donnent une vue imprenable sur tout le village et ses jardins. 
Inutile de dire qu'après le trou que j'avais à Kargil, j'ai cette fois déballé mes affaires avec un certain plaisir.
La première impression sera d'ailleurs amplement confirmée avec l'excellent repas que je recevrai au soir (mouton, dal, légumes et riz).
Je décide de faire de Darchik l'endroit d'où je partirai faire mes balades pour voir les différents villages des alentours. C'est à dire, Sanatse, Hordas, Doms, Monta et Lantut. Tous ces villages devraient faire l'objet de belles balades.

La journée n'est pourtant pas finie puisque le soleil est encore dans le ciel. Je vais quitter ma chambre et en profiter pour aller faire un tour dans le village et voir le petit gonpa qui n'est pas très loin de la maison.
















Le Gonpa





La journée fut bien remplie. Je me trouve dans un endroit charmant, mon séjour dans la vallée du Dha commence dans les meilleures conditions, la nuit ne peut qu'être bonne. A demain.


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