vendredi 23 octobre 2009

Au pays des Khampas. II

23 octobre

Deux jours de trek dans le Yading National Park

La nuit a été calme dans notre hôtel spartiate. Ici pas de luxe, pas de chambre individuelle mais de simple dortoir. Le truc, c'est qu'il y a plusieurs dortoirs, donc c'est comme si on avait une chambre privée ! Par contre, les toilettes ne sont pas privées, elles sont communautaires et souvent très sales. Il faudra qu'un jour où j'ai moins à dire que je vous parle des toilettes chinoises. Mais je vous préviens déjà qu'il ne faudra pas manger des chips derrière votre ordinateur car je n'ai pas la classe que Coluche avait, celle de transformer des histoires sales en histoires marrantes !!
................ C'est donc l'histoire d'un mec qui va aux toilettes en Chine et qui repère déjà les lieux rien qu'à l’odeur, lorsqu'il passe la porte, il se retrouve face à 5 petits chinois accroupis les yeux bridés par l’effort, alors qu'il voulait se retrouver seul ...... c'est déjà moins sympa !!!! ................ je continuerai mon histoire coluchienne plus tard.
Trek dans le Yading National Park.
Du village de Yading, il faut descendre dans la vallée par une route asphaltée jusqu'à l'entrée du parc. Puisque cela descend nous avons facile et en plus, nous pouvons couper les grands lacets de la route par des petits chemins. Si bien qu'il ne nous faut pas plus d'une demi heure pour arriver à l'entrée du parc qui se trouve 100 mètres plus bas.
Avant d'entamer notre parcours, nous mangeons un bol de soupe aux pâtes. Il faut bien remplir l'estomac avant l'effort n'est ce pas ?
Nous voila partis pour ce trek mais nous ne savons vraiment pas jusqu'où nous irons. L'envie est bien là mais est ce que les jambes vont suivre ? Là est la question du moment. Pour l'heure, le principal est déjà de partir.



En tout cas, les conditions sont là pour pouvoir aller jusqu'au bout. Le ciel est bleu, il ne fait pas froid et la large piste ne monte pas trop fort en ce début de trek. Il ne nous faut pas plus d'une heure pour arriver à Chonggu lodge qui n'est que 100 m plus haut. Durant notre balade nous traversons une forêt de pins qui à cette période de l'année, sont pratiquement tous jaunes ocres. Je ne parlerai donc pas de l'été indien, comme chez mon ami Azimut (grand amateur du Népal), mais bien de l'été chinois. Oui je sais, le jeu de mots est un peu facile, mais bon !







A partir d'ici, les choses se corsent un peu et il nous faut presque 2h pour rejoindre Luorong Pasture. Là le spectacle devient vraiment fascinant. Nous avons d'un côté le mont Chenresig et de l'autre les 3 pics du Sanhu. Cela donne la chair de poule et cela nous pousse aussi à aller plus loin même si nous savons que les choses sérieuses vont commencer.






En effet, nous sommes au pied d'une ascension très longue et difficile, plus de 600 m de dénivelé positif pour arriver au lac des 5 couleurs. Le sentier très étroit et même escarpé, est traversé parfois par des ruisseaux venus directement des hauts sommets tout autour de nous. 








Cela complique la montée car à ces endroits, le terrain devient très glissant, même les mules qui montent avec des touristes chinois ont de la peine à ces endroits. C'est tout dire !







Après 3 longues heures de souffrance, nous sommes arrivés au lac. Ici c'est la beauté au sens le plus pur du mot. Le lac est niché à plus de 4000 m, dans un écrin montagneux fait de neige et de glace.
Il y a déjà plus de 6h30 que nous marchons. La fatigue se fait sentir mais nous ne trouvons rien pour passer la nuit. 
Nous décidons alors de poursuivre jusqu'au lac de lait en espérant trouver quelque chose car il est impensable de faire demi-tour à cette heure de la journée.
Un nouveau dénivelé de 250 m nous attend. Nous le ferons en moins d'une heure. Des tintements de cloches dans la montagne nous parviennent. Là nous savons que nous aurons la possibilité d'être hébergés.
En effet là-bas au bord du lac, il y a une masure qui est occupée puisque de la fumée en sort de son toit. Dare-dare, nous descendons jusque-là et en nous en approchant, nous constatons que c'est un groupe de trekkeurs avec leurs mules qui occupe les lieux. Arrivés sur place, nous demandons si nous pouvons partager le logis.


L'endroit n'est pas bien grand mais on nous fait une petite place pour passer la nuit. Nous sommes sauvés car à cette altitude, il est impossible de passer la nuit à la belle étoile.
Nous partageons nos repas respectifs et faisons aussi bouillir de l'eau du lac, pour en faire de l'eau potable puisque nos réserves touchent à leurs fins. La nuit sera douce dans notre hôtel sans étoiles mais combien chaleureux.
Le lendemain matin, nous faisons le point sur notre forme physique et la suite du programme. Il nous reste une descente de 600 m puis une remontée de 700 m pour finir en (roue libre) jusqu'à la sortie du parc.
Nous n'avons plus la force ni le courage de continuer et nous préférons faire demi-tour car nous savons que de ce côté, ce n'est que de la descente et tant pis pour la vue de la face nord du Chenresig.







Les jambes sont lourdes mais il faut rentrer. Nous remontons la pente que nous avions descendue hier pour arriver au bord du lac et puis c'est la grande descente jusqu'à la sortie que nous atteignons en un peu plus de 5h 30. 




Il ne nous reste plus qu'à remonter jusqu'à Yading pour retrouver l'hôtel et nos sacs que nous avions laissés là.
C'est dans la douleur que nous sommes arrivés à l'hôtel. Le patron, en voyant nos têtes, nous a accueillis avec du thé et des oeufs pour retrouver nos forces. Nous sommes fatigués mais heureux de ce que nous avons vu et réalisé.
Après avoir retrouvé nos idées, nos affaires et un peu de propreté, nous avons repris la direction Daocheng où nous avons eu le plaisir de nous étendre dans un vrai lit.
Demain nous continuons notre route sur Litang, le pays des Khampas et des moines aux bonnets jaunes.

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