vendredi 14 octobre 2011

Trek dans la vallée de la Markha II


....................... Je suis à l'entrée du village de Hangkar où je longe des grands murs de manis. 

Le village d'Hangkar est coupé en deux, je suis dans la première partie. Deux ou trois maisons isolées forment ce hameau de quelques âmes.



 Je décide d'aller voir plus loin dans le village, si cette partie là n'est pas plus grande. 












En effet, ici cela ressemble plus à l'idée de ce que l'on se fait d'un petit village.


Je décide d'aller jusqu'aux dernières maisons avec l'espoir d'y trouver de quoi dormir.
Ce sera une mauvaise idée car cele s’avérera être la plus mauvaise adresse du circuit. Je dénonce ici le manque de courtoisie de ces logeurs qui feraient mieux de rester travailler dans leur champs que de voir les touristes trekkeurs de passage comme une poule aux oeufs d'or sans contre partie. Mais bon, je dois reconnaître que c'est une exeption qui ne confirme pas la règle.


Après cette mauvaise expérience, me voilà parti pour l'étape la plus difficile du circuit. Je traverse un grande vallée avec des pierres instables. Comme je suis parti très tôt, le sol est encore gelé et il y a du givre sur les pierres. Evidemment au premier passage à gué, je ne fais pas trop attention et me voilà dans l'eau. Ho ce n'est pas comme au Zanskar. Ici, l'eau est vraiment peu profonde et je ne risque pas grand mal, mais c'est suffisant pour mouiller tout mon côté gauche. Comme le soleil n'est pas encore très haut et qu'il fait un froid de canard, mes habits gèlent immédiatement. Pas d'autre choix que de marcher au plus vite vers une vallée mieux exposée aux premiers rayons du soleil afin de me réchauffer.



Je passe devant le premier pont qui me conduirait vers le Zalung Karpo La et je continue jusqu'au deuxième pont que je franchis cette fois. Le chemin continue vers de beaux pâturages parsemés de nombreuses bergeries. Cette fois, les gros efforts vont commencer. D'ici jusqu'au sommet du Kongmaru La, je monterai plus de 900 mètres de dénivelé. Autant dire que ce seront quelques heures pour le moins difficiles.


La première longue montée commence, le spectacle devient grandiose. 


Sur ma gauche, une kyrielle de cheminées de fées dans une falaise rouge et à droite, les neiges éternelles du Kang Yatse. 



Je grimpe de plus en plus haut jusqu'à un petit lac. Normalement, j'aurais dû en voir deux, mais est ce que c'est à cause de l'effort, je n'en ai vu qu'un ! Encore une fois, heureusement qu'il y aura mes photos car mes mots me manquent pour vous décrire le spectacle. C'est difficile d'arriver ici, mais franchement dit, il n'y a vraiment que les montagnes qui puissent me faire vibrer de la sorte.

En chemin je rencontre le père
de ma cuisinière, celui qui m'avait dit de monter jusqu'à la maison. Il est déjà sur le chemin de retour, c'est dire comme je progresse vite !!!!

Tout là-haut et droit devant moi, c'est Nimaling, qui se trouve juste au pied du Kongmaru La.


Après ce gros effort, je reprends progressivement mon souffle. Maintenant, je suis en roue libre jusqu'à Nimaling. Il me faut moins d'une heure pour y arriver.


Ici vivent des nomades et leurs troupeaux des chèvres qui feront vos pulls en laine pachmina, vendus à Bruxelles ou d'autres villes près de chez vous, aux prix forts !!
La rencontre avec ces bergers restera encore un de ces souvenirs que je n'oublierai pas de ce voyage. Ces gens n'ont rien, vivent loin de tout, pour élever leurs chèvres, très haut dans la montagne afin d'y trouver le froid nécessaire pour avoir cette qualité de laine unique au monde.





Lorsque j'arrive à Nimaling, les chèvres ne sont pas encore dans les pâturages, elles sont toujours dans les enclos mais d'autres colosses veillent !!!

Je vais chez les bergers et me fait offrir un thé. Je profite pour demander le chemin du Kongmaru La et combien de temps il me faudra pour arriver au sommet. On me montre le chemin en me disant pas plus de deux heures.
Il est dix heures, cela me laisse le temps de prendre des photos et de me décider, soit de rester une nuit ici ou bien de repartir vers onze heures à l'assaut du Kongmaru La.
Le choix est difficile, mais je penche plus tôt vers la solution de repartir aujourd'hui. Le ciel est toujours bleu au dessus de ma tête. Cela fait déjà quatre jours que c'est ainsi et j'ai bien peur que cela ne commence à changer. De plus, demain, nous sommes le 13 et bien que je ne suis pas superstitieux, j'y pense quand même ! 
Après mon thé, je reçois un peu de quoi remplir mon estomac. Un berger me dit que si je veux monter aujourd'hui, je ne devrais pas tarder car après le top, il y a encore au moins trois heures de descente pour arriver au premier village qui est Chokdo.
Mais avant de partir, je veux photographier la sortie des chèvres pour les pâturages.
Ce sera une très bonne idée, le spectacle me donnera, je suppose, de bien belles photos et du moins un fameux souvenir.


















Voilà, je quitte avec regret mes bergers du Nimaling. Je vous souhaite de vivre de vos chèvres encore de nombreuses années. Ce n'est pas vous que faites les plus gros bénéfices de votre pashmina, mais ce n'est pas trop grave puisque votre liberté, elle, n'a pas de prix. Merci encore pour votre rencontre et les photos de vos chèvres dans les paturâges.
Sur ces souvenirs, je suis parti cracher mes poumons sur les pentes du Konmani La.
Pas de transition, dès qu'on quitte la plaine, c'est déjà la première montée. Il faut y aller doucement sous peine d'exploser ses poumons très rapidement. 



Ca monte, ça monte, ça monte dur, mais il faut le faire à son rythme. Lorsque je me retourne, je ne peux que constater ma progression. Je revois le camp, mais en beaucoup plus petit.








Après une grosse demi-heure, je suis au faux plat, c'est l'occasion de souffler devant un spectacle qui a de la hauteur. 


 Je remarque une caravane qui est sur le point de me rattraper. Je décide d'entreprendre la deuxième montée qui est tout aussi raide que la première et de faire mon possible pour arriver au sommet avant eux.
Je ferai l’ascension en trente minutes, mais je n'ai pas pu empêcher la caravane de me rattraper. Là-haut, le plaisir est immense et je peux dire : j'ai réussi.



Ne pas trop s'attarder là haut car le vent pourrait se lever rapidement, m'avait dit le berger. C'est ce que j'ai fait. Juste le temps de manger un bout et je commence cette descente vertigineuse.
L'aventure de la vallée de la Markha est presque finie, encore un dernier effort et je serai demain à Leh.

Cela fait deux heures maintenant que je descends, les genoux commencent à me faire mal. La marche en descente n'est pas du tout la même que sur un plat ou une montée. Les articulations souffrent beaucoup plus.
Le décor, lui reste fantastique, toutes les roches ont des couleurs différentes. Je n'ai pourtant pas trop le temps de regarder autour de moi car un faux pas est vite arrivé et dans ce sentier pointu, cela ne pardonnerait pas. Juste quelques arrêts pour faire des photos et je redémarre aussitôt.










J'arrive enfin à Chokdo, je me dis que ce n'est pas la peine de vouloir aller au village suivant. J'entre dans la première Homestay venue, ce sera la bonne.

La chambre est propre, je reçois du thé et des biscuits afin d'attendre le repas de ce soir.
Comme d'habitude, c'est du riz, des légumes et du dal. L'ensemble n'est vraiment pas mauvais et je redemande même une nouvelle ration.
Après le repas, je vais directement dormir. Il faut ça pour récupérer des journées de marche.
Ce matin, je me lève sur les coups de 8h. Je déjeune, je fais mon sac et reprends la piste une toute dernière fois. J'ai un peu peur du moment où je vais retrouver la route, là je saurai que l'aventure est belle et bien finie.









A Sumdo, je pousse une pointe jusqu'au monastère du village. En chemin, je rencontre un chien qui fera une bonne partie de la journée avec moi. Visiblement, lorsque je m'arrête, il attend que je revienne à sa hauteur et redémarre ensuite. Je l'appellerai Rantanplan.
Lorsque j'arrive au monastère en question, il n'y a personne, mais le cadenas est resté ouvert. Je pousse la porte. Je fais des photos et je retrouve mon chien à côté de moi. Je continue la visite, mais au moment de partir, le chien ne veut pas me suivre. Impossible de le laisser à l’intérieur du monastère. Je fais mine de partir plus loin en laissant la porte ouverte. Rien ne se passe, mais au bout d'un moment, je vois sa tête passer la porte. Je referme et on peut continuer.





La route est devant moi, fini l'aventure, bonjour la civilisation. Il me faudra quand même encore deux heures pour rejoindre la grande route. Je ressors exactement au village de Karu, là où il a la bifurcation avec la route qui va au lac de Tsomoriri.

J'attends un bus, mais c'est un 4X4 qui me prend en charge. 35 kilomètres plus loin, je suis à la guesthouse Ti Sei.
Sur place, je constate qu'il n'y a personne, les cadenas sont mis sur les portes des chambres. Ce n'est évidemment pas la surprise que j'attendais, je n'avais qu'une idée, celle de me laver et de me changer au plus vite.
J'entends un orchestre ladakhi qui joue « live » dans le quartier. Cela doit être là que mes propriétaires sont. En fait, je constate que c'est un mariage qui a lieu et que tous les gens sont en habits traditionnels. Moi, au milieu de tous ces gens, toujours avec mon pantalon déchiré, j'ai vraiment l'air d'une cloche. Rien à faire, je dois retrouver les propriétaires pour avoir la clé de la maison.
C'est vraiment un grand mariage. La tente est immense et il y a au moins, entre mille et mille trois cent invités ........... plus moi. J'imagine les regards derrière moi !!!!!!!!!!!!!!!!
Par chance, je retrouve quand même assez vite mes logeurs et madame vient directement avec moi pour ouvrir la porte.
Je reprends mes sacs que j'avais laissés à la Guesthouse et je monte directement pour me laver et me changer avant de rejoindre la fête de mariage.
Mais ce sera sur une autre page.

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