samedi 25 octobre 2025

Pangboche suite

Etant donné que nous irons que cette après-midi chez la sœur du moine et que ce matin, le soleil est présent, j'en profite pour faire ma lessive. Mes vêtements auront ainsi le temps de sécher. 


Mon boulot du jour est terminé, je prends une douche, puis je passe à table pour déguster un Dal Bhat. Un pur délice.


........... Le trekkeur n'en demandait pas autant !!


L'heure est venue d'aller, avec papa, dans la famille du moine.
Nous laissons la mama enterrer les pommes de terre pour les protéger du froid hivernal.


Lorsque nous arrivons à la maison, je reçois un café et papa prends un arag.
Bien évidemment, je reçois des informations et j'apprends, par la même occasion, que, malade, le moine avait été transféré à Kathmandu où il est décédé trois mois plus tard. On me dit qu'il repose toujours à Kathmandu en attendant que le stupa soit terminé pour commencer alors les cérémonies des cendres.
Nous étions venu pour donner la photo, la soeur la reçoit et la place directement sur l'étagère du souvenir.


J'ai aussi demandé s'il était possible de monter dans son "domaine" pour aller voir la pièce où il vivait. Je n'avais pas pu y entrer lorsque j'étais monté la première fois et je voudrais la revoir.
C'est ce que nous faisons.


Lorsque nous arrivons sur place, la porte de sa pièce m'est ouverte, je peux constater que rien n'a changé .....


J'ai l'autorisation de faire quelques photos.


Le beau-frère nous propose d'aller jusqu'au stupa.
Nous recevons des explications sur ce qui va se passer lorsque le moine reviendra chez lui.
Il est impossible de donner une date de ces cérémonies, tout dépendra de la finition des travaux. Ce qui ne sera pas pour tout de suite puisqu'il faudra tout de même attendre la fin de l'hiver et les beaux jours pour pouvoir peindre le stupa.


Nous redescendons à Pangboche sous un ciel menaçant.



Je remercie bien la famille et nous rentrons au Makalu Lodge.

Ce soir, comme chaque jour d'ailleurs, j'ai une connexion sur WhatsApp avec Pascale (mon épouse) qui est à la maison et toujours à la recherche d'informations sur la météo et sur les nouvelles du Khumbu. Région que Pascale connait très bien, puisque nous trekkions ensemble dans l'Himalaya en 2018. Durant notre conversation, elle me signale avoir lu sur le site Altitude qu'il y avait de nouveaux problèmes au Khumbu  ......

Himalaya : les randonneurs appelés à redoubler de prudence au Népal

Ces dernières heures, il neige abondamment sur les régions de l’Annapurna mais aussi du Khumbu. L’influence combinée des vents d’ouest et d’un système de basse pression au-dessus de la mer d’Arabie continue de déclencher des précipitations généralisées, souligne l’Himalayan Times. Les gros problèmes se situent plus en altitude et plusieurs cols sont devenus infranchissables dans ces deux régions. 
Prudence donc si vous randonnez là-bas !

Je lui explique, que nous avons eu, effectivement, des nouvelles de ceux qui descendent du Base Camp de l'Everest et qui nous disent qu'il y a plus d'un mètre de neige par endroit. Il y a même une info qui dit qu'à Lobuche, un hélicoptère a basculé en se posant sur de la neige trop fraîche, pour secourir des touristes bloqués. Les palmes se sont alors fracassées et les débris se sont transformés en objets tueurs en faisant quatre victimes collatérales. Après recherches sur internet, j'ai trouvé une photo de l'hélicoptère.

 
Là dessus, Pascale estime que cela devient trop dangereux de continuer à monter et me propose de redescendre et de faire un autre circuit plus bas. Etant donné qu'un trekkeur averti en vaut bien trois, je ne monterai donc pas au dessus de Pangboche. La montagne, tout comme la mer, sont des éléments trop dangereux qu'il faut respecter et savoir prendre les bonnes décisions lorsqu'il le faut. Merci Pascale. 
Je réfléchirai à une autre alternative dans les prochains jours.

27 octobre

La décision reste prise et le surlendemain, je redescens sur Namche.
Trajet de plus de 14 kilomètres que je ferai en 7 heures.

Je démarre, il est 8h30 sous un ciel chargé avec des tendances à vouloir laisser passer le soleil.


Du moment qu'il ne pleut pas, je suis content !
Pour le moment, je suis sur un chemin qui rejoint très vite l'autoroute habituelle des touristes qui rentrent du Base Camp.


Direction Tengboche.



Où j'arrive à 10 h avec un tea time à Milinggo.


Le ciel se rebouche et ma grande descente vers la Dudh Koshi commence. 



Sur le chemin, je peux voir la suite de ma progression pour Namche Bazaar.


La rivière Dudh Koshi.


Puis, il n'y aura plus de photo dans la partie du sous-bois, ni dans la traversée des différents hameaux, comme ceux de Lawi Schyasa, Sanasa. L'effort restera soutenu.
La seule photo que je ferai, c'est celle du stupa Hillary, qui est à une petite heure de Namche et qui lui aussi est dans le brouillard.


A Namche, retour à la Guest Hause Lhassa et de ma chambre où j'ai toujours la même vue. Sauf aujourd'hui où les nuages restent opaque.


Puis, ce sera la pluie qui va retomber, de façon presque ininterrompue, pendant quatre jours.
Pour m'aider à patienter, j'aurai mon livre et mes réflexions sur la suite que prendra mon circuit.


Durant cette halte prolongée, j'aurai quand même un moment de retrouvailles, celles d'un chinois que j'avais rencontré à Namche, il y a de cela six ans.
Re-rencontre presque impossible, mais pourtant réelle.

jeudi 23 octobre 2025

De Kharnasa à Phortse

 Un bon repas et une nuit bien tranquille, je n'en demandais pas plus.
Ce matin, je prends la direction de Phortse sur un bon chemin, mais avec une météo qui se fait un rien grimaçante.


La pluie risque une nouvelle fois d'arriver ..... Il y avait longtemps !!!
Sur ce chemin, je ne vois pas grand monde, tous les touristes sont sur l'autre rive. Je croise parfois des sherpas.

....... Puis j'arrive sur une portion plus délicate.


Décidément, la région a beaucoup souffert suite aux intempéries de ces dernières semaines.


Encore un tétraogalle de l'Himalaya. 


Ici, je pense que ce stupa annonce Phortse ....


............. Mais pas du tout, ce n'est que Koharna.


Phortse, ce ne sera qu'au stupa suivant !!


Voilà Phortse.


Lorsque je suis sur place, et bien qu'il ne soit que treize heures, je me dis qu'avec cette météo changeante, je risque de ne plus avoir de belles vues sur l'Ama Dablam.
Je remets ainsi la suite pour demain et je me mets en chasse pour trouver un lodge le plus haut possible, afin ne pas trop remonter demain matin pour rejoindre le chemin de Pangboche.
Je trouve mon coin de repos au Valley View Lodge.
Au repas de 14h, un hashbrown veg cheese. Très bien.
Je suis seul, mais la patronne va quand même allumer le poêle.


24 octombre

Ma décision de rester à Phortse fut bonne puisque ce matin, le beau temps est revenu.
Je quitte le lodge à 8h pour démarrer ma journée sous les meilleurs auspices.


Petite grimpette pour commencer ma journée et je retrouve rapidement le chemin de Pangboche.
Au revoir Phortse.


C'est parti pour une balade de 4 à 5 heures, avec comme promis, des vues emblématiques de l'Ama Dablam.


Mais ces vues là, ce ne sera que dans une petite heure. Pour le moment, j'en ai une sur le monastère de Tengboche.


En chemin, je rencontre un tahr qui est, comme moi, solitaire.


Mais un peu plus loin, le reste de sa confrérie est au rendez-vous.


Je leur parle doucement pour ne pas les effrayer afin que cette rencontre ne soit pas trop brève. l'instant semble magique.


Cela me fait une belle parenthèse pour vous présenter maintenant, celle qui est considérée par les sherpas, comme la déesse des montagnes, la bien nommée Ama Dablam.


A partir de maintenant et cela jusqu'à Pangboche, la déesse sera toujours en pointe de mire.




Pourquoi déesse ? La déesse Ama Dablam fait référence au majestueux sommet himalayen, dont le nom signifie « Collier de la Mère », symbolisant une mère protégeant ses enfants avec ses bras (les crêtes) et un pendentif (le glacier). Pour les Sherpas, cette montagne emblématique de 6 812 mètres reste un symbole spirituel.


Alors que je m'approche de Pangboche, la déesse commence à se retirer sur la pointe des pieds de sa vallée. Le spectacle va se terminer. Le rappel sera pour demain.


Il est midi, j'ai Pangboche juste devant moi.


Il ne me reste qu'à rejoindre l'ancien monastère  ........


........ Une fois sur place, j'y fais une khora pour remercier les dieux que tout se passe sans mal depuis mon départ. Depuis la terrasse du gompa, j'ai le Makalu lodge en vue. C'est là que je m'arrêterai quelques jours avant de reprendre mon circuit dans le haut du Park National de Sagarmath, avec le Base Camp de l'Ama Dablam, Dingboche, Chhukhung etc ....


Ici c'est comme à Musey, c'est presque comme à la maison et je suis toujours accueilli avec grand plaisir.


Nous avons de nombreuses histoires à raconter depuis mon dernier passage. Surtout le décès du grand moine du monastère que je rencontrais tous les ans et qui l'année passée, m'avait demandé de revenir pour lui remettre une photo que nous avions prise bien plus haut dans la montagne, près du Base Camp du Tabuche Peak, c'est-à-dire là où se trouvait sa grotte de méditation. Comme j'arrive trop tard pour la lui remettre, je donnerai cette photo à sa soeur qui habite aussi Pangboche.


La discussion continue avec toutes les photos de l'année passée.


Ensuite, je vais dans ma chambre pour déposer mon sac et me rafraichir avant de manger.
 

Lorsque je redescends, mon spaghetti est en préparation.


Après le repas, je monte la montagne où le moine vivait, depuis quelques années, en ermite, alors qu'il avait quitté le monastère.



J'ai des drôles sensations de me retrouver ici sans lui, mais c'est quand même avec un bon sentiment en moi que je constate qu'on est occupé à construire un grand stupa en son honneur. 


Je redescends sur le haut Pangboche par un autre chemin et arrive ainsi au monastère.


Les nouvelles vont vite, je suis prévenu que demain, on a rendez-vous avec la soeur du moine pour donner la photo. Elle sera arrivée à bonne destination.