lundi 25 juin 2018

Direction le hameau de Tar

Notre acclimatation à l'altitude n'étant pas encore totalement terminée, nous décidons de la poursuivre dans le hameau de Tar auprès de la famille Kutipa.
Pour quitter Leh, nous devrons rejoindre le New Bus Stand pour prendre le bus allant à Tingmosgang et lorsque nous arriverons un peu avant Nurla, juste à hauteur du pont qui enjambe l'Indus, nous demanderons au chauffeur de s'arrêter.
Arrivés à la station, il nous faut à présent trouver le bon bus. Généralement, c'est un combat difficile à gagner, mais bien heureusement, ici, ce combat devient une simple formalité puisque les bus se trouvent toujours au même emplacement. Par acquit de conscience, nous demandons quand même à un passager si nous ne sommes pas dans l'erreur avant d'embarquer nos sacs et de nous installer sur deux sièges encore libres. De préférence à gauche du véhicule et à côté d'une fenêtre afin de pouvoir faire quelques photos.
Le tout est vite réglé et à 9h30, le bus démarre. Au début du trajet, le bus s'arrête fréquemment pour prendre les derniers passagers qui attendent au bord de la route, puis au fur et à mesure des kilomètres, il augmente sa vitesse de croisière. Aujourd'hui, la route est totalement bitumée, si bien que nous arrivons à l'approche de Nurla sur le coup de 11h30.
 


 
 
 


Nous récupérons nos bagages. Après quelques réglages de ceux-ci, nous franchissons le pont et entamons la montée vers Tar par un petit chemin qui s'enfonce dans des gorges étroites et fraîches le long d'un petit torrent enjambé plusieurs fois par des ponts de bois ou de pierre. C'est notre premier trek de l'année et nous avons du mal et devons nous arrêter à mainte reprises, notamment à la source à laquelle nous nous abreuvons sans modération.
 


Cette balade, nous l'avons déjà faite à plusieurs reprises et elle nous semble toujours aussi belle. 
 
 

Après la source, nous nous enfonçons dans un canyon avec une série d'escaliers bien raides. Nous avons de plus en plus difficile et nous sommes soulagés d’apercevoir enfin les premières maisons de Tar. Encore 200 mètres à faire et nous arrivons à la maison où nous accueille Padmo. 
OUF nous n'en pouvons plus, car nous avons mis 4 heures pour arriver, alors que normalement, il ne faut pas plus de 2h30 pour faire ce trajet.
Padmo nous installe dans la chambre au premier étage où nous nous reposons de nos efforts avant le repas du soir que nous prendrons à 3, avec le papa de Padmo que nous avons rencontré à Leh.

mardi 19 juin 2018

Arrivée à Leh

Après nos péripéties au départ de Bruxelles et après plus de 10 heures de vol, nous voici enfin au-dessus de l'Himalaya en direction de la ville de Leh. Ville où nous allons commencer notre périple indien, en passant par les régions du Ladakh, Zanskar, Lahaul, Spiti et Kinnaur, avant de nous envoler pour le Népal où nous ferons deux grands treks, le Langtang et le Camp de base de l’Everest. Longue aventure que nous projetons de faire en six mois.
Si vous êtes un lecteur régulier de ce blog, vous constaterez que cette fois, nous ne publierons pas, en ce qui concerne l'Inde, nos anecdotes et photos de notre périple  au jour le jour. Cela nous semblait en effet inutile puisque nous n'en sommes pas à notre premier voyage là-haut et qu'il y a eu déjà de nombreuses pages écrites sur la région. Alors pour éviter de nous répéter, nous avons choisi de publier uniquement nos temps forts. C'est à dire, les rencontres et les opportunités qui nous ont été faites pour visiter (enfin) des lieux que nous n'avions jamais pu visiter parce que nous ne trouvions pas LA bonne personne qui allait enfin nous ouvrir la porte, celle-ci ne s'ouvrant que rarement et surtout pas aux touristes. Il y aura aussi des découvertes incroyables, comme celles du stupa secret et le stupa de passage avec des statues de Bouddha (unique au Zanskar), ainsi qu'une grotte de méditation, une salle de prières privée dont nous sommes les seuls à avoir eu le privilège de voir et de surcroît, de pouvoir photographier à la condition expresse de ne jamais révéler le village où elle se trouve. Il y aura encore (la rencontre) avec la momie de Gyu ...... etc. A coup sûr, cette année a été une année exceptionnelle sur le plan des trouvailles. Toutes n'ont peut-être pas été fortuites, car leurs existences m'avaient été faites par des "spécialistes" de la région, mais elles ont toutes été à coup sûr très surprenantes. C'est donc avec un plaisir non dissimulé que nous allons vous faire découvrir tout ça. 





 Il est 7h30 du mat et nous survolons Leh, la capitale du Ladakh.
Le temps de récupérer nos sacs à dos, nous prenons un taxi pour la Malpak guesthouse où nous retrouvons avec plaisir la petite dame propriétaire de la GH.
Le temps de boire un thé, de s'installer dans la chambre et de donner des nouvelles à la famille et aux amis restés au pays. Après quoi nous décidons, Pascale et moi, d'aller nous dérouiller les jambes dans le vieux Leh.



Toujours agréable de se promener dans le vieux Leh, qui au fil des années, a été restaurée avec les détails de son riche passé.




 Ici ne vivaient que les marchands ayant tous fait fortune aux temps lointains où les frontières étaient ouvertes. Leh était effectivement la plaque tournante de toute la région.
Cela allait, pour faire simple, de l’Afghanistan au Tibet.


Aujourd'hui, il ne reste que les souvenirs de cette époque glorieuse. Il subsiste toutefois quelques témoignages de-ci de-là dans la ville. Comme par exemple, une salle de prières que les commerçants avaient financé.
Depuis des années que je viens ici, j'ai toujours trouvé porte close. 
La seule chose que j'avais pu entrevoir par la petite fissure de la porte, c'est le Bouddha Maitreya. Evidemment, cela me laissait sur ma faim.


Cette fois encore, j'ai bien cru ne jamais pouvoir regarder autre chose que ce que l'interstice de la porte voulait bien m'offrir.
J'en ai parlé à mon ami Bal Krishna, bijoutier ayant son atelier non loin de ce Chamba gonpa afin de voir s'il ne pouvait pas m'aider !! Il me dit qu'il y aurait bien une solution, mais que je devrais patienter deux trois jours. Avec humour, je lui dis que cela fait plus de 18 ans que j'attends et que j'attendrai bien encore quelques heures de plus. Deux jours plus tard, il me prévient qu'un rendez vous est fixé avec celui qui possède la clé.
Voilà comment j'ai pu enfin visiter ce Chamba Gonpa forcément très ancien.




Les œuvres bouddhiques sont totalement différentes de celles que l'on peu voir dans les monastères. Il n'y a juste que les statues du Maitreya Bouddha et Guru Rinpoche et son Mantra "OH AH HUM VAJRA GURU PADMA SIDDHI HUM" qui sont identiques.

 



........ je ressors du gonpa avec la satisfaction d'avoir pu enfin admirer cette salle de prières bouddhique, mais que cela fut compliqué. Comme dicton le dit : mieux vaut tard que jamais.



Je terminerai la balade dans le vieux Leh avec un clin d’œil à l'enfance.
........ En rentrant à la guesthouse, nous rencontrons le papa de Palmo du hameau de Tar. J'avais remarqué l'année passée que sa radio commençait à vieillir. Nous lui avons donc apporté une nouvelle afin qu'il puisse suivre les informations sans grésillement.




lundi 18 juin 2018

Départ de voyage cauchemardesque

Depuis plusieurs années, les chemins qui m’entrainaient dans de longs treks solitaires Himalayens, m’ont toujours comblé de bonheur. Mais cette fois, je vais partager cette grande aventure 2018, avec mon épouse Pascale. Bien qu’elle connaisse déjà ces sentiers, ce sera la première fois qu’elle effectuera un voyage au long cours, puisque les fois précédentes, elle devait se contenter que de cinq semaines.
Ici nous partons uniquement avec un aller simple pour Delhi et de là, nous filerons pour trois mois ( le temps du visa ) au Ladakh, Zanskar, Lahaul, pour terminer au Spiti avant de rentrer à Delhi. Nos trois mois terminés, nous prendrons alors un vol pour Katmandou afin de faire deux gros treks, celui du Langtang et le camp de base de l’Everest. Etant donné que ce programme est tout aussi chargé que celui en Inde, notre visa touristique touchera à sa fin et il sera alors temps de retourner à Delhi pour voir si nous voudrons continuer notre aventure où reprendre un avion pour Bruxelles.
Voilà ce que Pascale et moi avions convenu. Mais voilà, les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait ! Ne voilà ti pas que le jour de notre départ, lorsque nous arrivons au comptoir d’enregistrement, la préposée nous demande si nous avons des tickets pour le retour ?! Je lui réponds que non, que nous n’avons que des aller simple !! C’est alors que la dame nous dit qu’il est impossible pour elle de nous laisser embarquer pour ce vol pour l’Inde via Abu Dhabi !
Je n’en crois pas mes oreilles et j’ai beau insister la dame ne veut rien savoir et elle me précise que je dois avois des tickets pour quitter l’Inde à la fin de mon visa touristique de trois mois. Là-dessus, je lui réponds que je suis en possession de billets pour Katmandou et je les lui montre en espèrant que cette fois, nous serons définitivement sortis d’affaire et que nous allons recevoir nos numéros de sièges.
Après avoir examiné nos deux tickets Delhi / Katmandou, la dame nous fait la remarque que nos titres de transports sont datés au 19 septembre, soit deux jours de trop pour notre visa indien. Donc toujours pas le droit de monter à bord de l’avion de la compagnie Etihad. Là, je comprends que le problème est grave et qu’il y a de très forte chance que nous restions en rade dans le hall de départ de Bruxelles National.
J’aurais pu dire « adieu veau, vache, cochon, couvée », mais ici ce serait plutôt adieu Ladakh, Zanskar, Lahaul, Spiti !! Voyant notre désespoir, un responsable de la compagnie Etihad vient voir ce qu’il se passe. A nouveau les grandes explications sont données et le bonhomme nous conseille de changer nos tickets Delhi / Katmandou pour le 16 septembre, comme cela, il n’y aura plus de problème d’embarquement. Hélas, le temps avance et il ne nous reste plus qu’une heure et demie pour changer ce vol. Pour finir, c’est le responsable lui-même qui téléphone en France pour changer les dates chez le voyagiste Opodo. Comme il se présente lui-même à la téléphoniste, les affaires s’arrangent assez vite et nous obtenons au bout de 20 minutes des vols pour le 16 septembre et le retour sur Delhi le 15 décembre. Tout est presque arrangé, il ne nous reste plus qu’à payer les 360 euros pour les changements des vols. C’est-à-dire, presque le prix du vol complet. C’est alors que chez Opodo, ils mettent le responsable de chez Etihad en attente. Les minutes passent, mais il nous faut à présent embarquer au plus vite. Notre homme nous avise que nous pouvons demander l’enregistrement des bagages et obtenir les trois numéros de sièges des différents avions pour arriver à Leh. Pour clôturer le problème une fois pour toute, nous n’avons qu’à demander à un membre de notre famille de téléphoner chez Opodo afin de régler la somme dans les trois jours. Pour le moment, les choses s’arrêtent là et nous franchissons les différents contrôles pour nous retrouver enfin à la porte B6. Là, j’ai encore cinq minutes pour téléphoner à quelqu’un de ma famille, j’essaie d’appeler sans succès mon frère Freddy. Nouveau coup de téléphone chez Christian mon filleul, qui décroche immédiatement. Je lui explique en gros quels ont nos soucis, et lui donne toutes les coordonnées d’Opodo ainsi que les références du dossier pour qu’il puisse payer les frais de changement des vols. Ok je ferai tout ça ce soir car pour le moment je suis au boulot. Merci et à bientôt. Sur ce, nous embarquons dans la A330 pour Abu Dhabi. Jamais, je n’aurais cru que nous y serions. Je m’affale sur mon siège complètement épuisé par tout ce stress. Il me faudra bien quelques minutes pour retrouver mes esprits et commencer à réfléchir sur l’obligation que nous avons de devoir payer le changement de quatre vols entre Delhi et Katmandou, alors que nous avons maintenant tout en main pour arriver sans encombre à Leh ! Dans mon esprit, la compagnie ne voulait pas prendre le risque d’embarquer des clandestins et de devoir payer de fortes amendes si cela aurait été le cas. Mais avions-nous le profil de clandestin ? That is the question !! Alors, avant de décoller de Zaventem, j’envoie un SMS à Christian pour lui dire de tout laisser tomber et on s’informera chez Air India à Leh, si nos tickets du 19 septembre sont toujours valables et à fortiori ceux du 18 décembre pour le retour en Inde. L’avenir nous dira si j’ai raison. Mais franchement, je ne vois pas trop ce qui pourrait nous arriver d’astreignant puisque nous ne prenons plus Etihad et que Air India qui nous conduira à Katmandou ignore totalement ce qui s’est passé à Bruxelles. Bon d’accord, il vont bien se rendre compte que nous avons dépassé notre visa de deux jours, mais cela passera probablement au bleu, ou au pire, on nous infligera, une simple amende.
Après plus de 12 heures de voyage, nous arrivons enfin sur le tarmac de l’aéroport de Leh. Le temps de récupérer nos bagages, nous prenons le premier taxi qui nous emmène en quelques minutes dans le quartier de Malpak où notre guesthouse familiale se situe. Cette fois, nous avons droit à une chambre qui dispose d’une belle terrasse. Malgré la fatigue, nous aimerions nous débarrasser de cette affaire avec Air India. Nous prenons directement une bonne douche particulièrement chaude et décontractante, afin d’évacuer au plus vite toutes les mauvaises influences qui envahissaient notre corps. La douche terminée, nous nous octroyons une demi-heure de yoga sur la terrasse afin de se retrouver au mieux avec la zenitude de l’Himalaya qui nous fait face.
Le programme de notre première journée à Leh est assez simple, puisque nous devons avant tout nous acclimater à l’altitude, nous devons limiter nos efforts au maximum. Pour cela pas de miracle, il faut dormir où du moins reste allonger sur son lit et boire le plus possible d’eau. C’est ce que nous faisons jusqu’au milieu de l’après midi, pour ensuite nous risquer d’aller faire un petit tour dans la ville. Mais avant de quitter le guesthouse, j’ai quand même demandé à Pascale de prendre avec elle les fameux documents de tous nos vols avec Air India afin de savoir exactement ce qu’il en est de leur validité ! Lorsque nous arrivons dans leurs bureaux, on est directement reçu par un employé. Pour ne pas me perdre dans de trop grandes explications inutiles, je dis, tout en remettant les documents, que je voudrais déjà confirmer mes vols car dans les mois qui suivent, j’aurais bien difficile de le faire !! Pas de surprise pour l’employé qui regarde sur l’écran de son ordinateur l’existence de nos commandes et il constate que ces vols sont bien d’actualité. Il me fait directement un papier comme quoi j’ai confirmé les quatre vols, tout en me précisant que désormais je ne pourrais plus les changer. No problème mister ! A ce moment là, mon sourire de contentement fut si large que le thak you fut difficilement prononçable. Nous pouvons à présent nous concentrer totalement sur notre grande aventure himalayenne.

Pour voyager sereinement, voyagez avec Etihad !!!!



Photo prise avant les emmerdes.


mercredi 13 juin 2018

En route pour une nouvelle aventure en Himalaya



Il y a des mots qui sont redoutables et leur simple évocation suscite dans chacun de nous d’inévitables rêves. Qu’ils soient bleus, gris ou noirs, ils ne peuvent qu’être forcément audacieux, et ils finissent forcément par jaillir un jour avec force de notre subconscient afin de trouver l’inévitable désir de forcer le destin de vivre notre état mental.
Pour moi, le mot partir est de ceux-là. Gonflé de perspectives d’évasion, il résume dans ses six lettres des envies de fuite vers d’autres horizons, qui ne me lâcheront plus jusqu’au jour du grand départ.
Pascale et moi avons déjà beaucoup voyagé. Nous savons désormais que ces rêves cachent sous leurs charmes bien des déracinements, bien des déchirures. Mais aussi beaucoup de richesses, pour qui ne craint pas d’affronter les embûches qu’on peut trouver en chemin. Il est évident que lorsqu’on s’applique à son enseignement, le voyage est une rude école. Mais il reste avant tout l’extraordinaire récompense de vivre une aventure hors du commun qui aidera à contempler la vie sous une forme plus éveillée et prendre conscience de notre place dans l’univers. Certes, les plus sages d’entre nous n’ont guère besoin de ce détour pour apprendre à se positionner. J’avoue, humblement, que dans mon cas, la lentille du voyage est primordiale pour mes yeux fatigués du train-train quotidien.
Depuis plusieurs années, la route qui m’entrainait dans de grandes et longues traversées en solitaire dans Himalaya, m’a toujours comblé de bonheur. Mais cette fois, je partagerai cette grande aventure 2018, avec mon épouse Pascale. Bien qu’elle connaisse déjà ces sentiers himalayens, ce sera pour elle, la première fois qu’elle effectuera un voyage au long cours. En effet, les fois précédentes, elle devait se contenter que de cinq semaines.