dimanche 28 août 2011

Zanskar III

Aujourd'hui, nous commençons le trek dans la plaine. De Padum, nous irons directement à Karsha et de là, nous ferons une journée dans les villages qui sont à l'entrée de la vallée, avec comme priorité, le village de Hongchat où nous devrions voir des sculptures pré-bouddhiques. De Karsha, nous continuerons sur Pishu pour rejoindre ainsi l'ancienne capitale du Zanskar, Zangla. De Zangla, nous rentrerons en bus à Padum afin de nous préparer au trek de Phuktal. Mais nous n'en sommes pas encore si loin.
Nous fermons la chambre derrière nous en y laissant la plus grosse partie de nos affaires afin d'être le plus allégé possible pour faire notre balade. Heureusement, le ciel n'est pas très dégagé en ce début de journée et la température n'est pas très élevée, en tout cas nettement moins que le jour où nous sommes allés à Sani.

Il est 9h30. En ce début d'étape il est impossible de se perdre, Karsha est en vue depuis le départ, mais il faut compter deux bonnes heures pour traverser la grande plaine et arriver au pont qui enjambe la rivière Doda. De là, il ne reste qu'à faire la montée pour rejoindre le village et se retrouver, en même temps, au pied du monastère.

Les premiers kilomètres se passent dans les champs. Le rythme n'est pas très élevé car nous faisons des arrêts photos des paysannes qui travaillent dans les champs. 



Du sommet du petit mont de Pipiting, qui se trouve au centre de la vallée, nous avons une très belle vue d'ensemble de la plaine. A droite, nous voyons les villages de Resing, Hongchat, Tokang, Lami Sendo et plus loin le monastère de Karsha. A gauche, il y a le village de Tongde et beaucoup plus loin celui de Chilingkit. A peu de chose près, c'est presque ce que nous allons faire pendant les quatre prochains jours.



La balade se poursuit, il est presque midi et le pont est devant nous. Pascale a un petit creux et propose de faire une halte. Je sors du sac tout ce qu'un marcheur a besoin d'avoir avec lui pour améliorer son quotidien. C'est à dire, un saucisson, de la viande séchée et quelques friandises du genre ananas et fraises séchés, des amandes salées et des biscuits.




Le repas terminé, nous entamons la petite montée et après un peu moins de 20 minutes, nous arrivons au village de Karsha où nous sommes accueillis par quelques goutes de pluie.
Aussitôt, nous nous dirigeons vers la guesthouse Thiur. Mais à notre arrivée, il n'y a personne et nous nous installons confortablement dans le jardin. Un peu rêveur, je regarde le potager et je constate qu'il y a des carottes. Je demande à Pascale si elle en veut ? Avec mon couteau, j'en déterre deux, je les lave et c'est parti pour un petit rafraichissement bien revigorant. J'aurais bien commis un deuxième délit, mais au-dessus de nos têtes, le ciel s'est dégagé et le soleil brille de ses mille feux. 

Je décide de refaire mes photos d'approche du gompa pendant que Pascale reste allongée dans l'herbe.

Sur ma lancée, je continue vers le gompa. Il faut savoir qu'entre le début des premières marches et les dernières salles, il y a 400 mètres de dénivelé. Inutile de vous dire que cela monte sec surtout quand on est à quelques 3540 m.







Là en haut, la vue est tout simplement grandiose. 
Je visite une salle de prières. 



Dans une autre salle, des peintres font des nouvelles fresques sur un mur. Ce sont des tibétains qui ont fui leur pays à cause de la politique chinoise de répression. Ils m'expliquent qu'ils sont partis à quatre pendant l'hiver. L'hiver est la meilleure période pour espérer de passer sans trop de casse car les militaires chinois sont incapables de surveiller la frontière avec l'Inde pendant les grands froids. Leur voyage a duré quatre semaines et lorsqu'ils arrivèrent en Inde, seul l'un d'eux était indemne. Deux ont dû être amputé des deux jambes et de tous les doigts à cause du froid, et celui qui m'expliquait la fuite, a dû lui aussi être amputé d'une jambe et ses deux petits doigts sont restés recroquevillés pour toujours. Voilà le prix de la liberté pour ces quatre malheureux, mais eux ont eu la chance de passer de l'autre côté. Combien n'ont-ils pas laissé leur vie dans ces montagnes de la liberté ?
Le temps passe trop vite et je redescends pour retrouver Pascale. A mi-chemin, je rencontre une européenne qui sort de sa cellule. Je suis étonné de voir une femme occuper ses propres locaux dans un monastère de moines. Jullé, jullé réciproques, vous venez d'où me demande t'elle en anglais ? Je suis belge. Ah mais vous parlez alors français ? Moi aussi, je suis française ! Et elle m'invite à prendre un thé et manger un morceau de gâteau aux poires. Cela ne se refuse pas. Je lui demande ce qu'elle fait ici, elle me répond que cela fait plus de 4 ans qu'elle vient tous les étés pour construire une guesthouse sur la pente du monastère. On parle de tout et de rien, au bout d'un certain temps, je lui dis que je vais chercher Pascale.  

Je redescends quatre à quatre jusqu'à la guesthouse. Pascale n'est plus dans le jardin car les propriétaires sont revenus. Je lui raconte mon histoire et nous remontons. 



Dès notre arrivée, Brigitte nous propose de nous montrer de vieilles peintures sur les murs d'une salle du gompa. Arrivés sur place, nous ne pouvons que constater la beauté des peintures de cette salle. 

Comme un guide de musée elle nous explique les différents dessins et divinités bouddhiques qui sont devant nous. 



Tout à coup, des trompes sonnent, annonçant une puja exceptionnelle. Aujourd'hui débute pour certains moines du monastère la création d'un nouveau mandala.



Une dizaine de moines réunis autour du mat de drapeaux à prières invitent les autres moines à la puja dans la grande salle. 

 A notre tour, nous suivons tout le monde et assistons à la cérémonie. Cérémonie très importante, mais beaucoup plus courte que celles du matin et du soir. Dans la salle, nous remarquons une autre européenne. Nous ne le savons pas encore, mais elle aura une grande importance pour nous pour une autre grande découverte qui aura lieu quatre jours plus tard à Zangla.

La cérémonie se termine, le soir va tomber, tout le monde rentre chez soi, même nous.

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