lundi 4 juin 2012

Descriptions des principaux monastères du Ladakh

Au Ladakh les premiers édifices datent du XIe siècle et sont l’oeuvre de l’érudit Rinchen Zangpo et de ses disciples en provenance d’Inde et du Cachemire. L’influence de l’architecture indienne marque ces premières gompas pour deux raisons. La première particularité est leur localisation au plat, alors que les édifices plus récents sont situés en hauteur. La deuxième est leur agencement en carré pour imiter la structure en Mandala dont Alchi est un parfait exemple. Les bâtiments à toit plat sont séparés et ne possèdent souvent pas d’étage. Les matériaux de construction sont des pierres liées par un ciment à base de boue argileuse, régulièrement séparées horizontalement par des poutres en bois pour offrir plus de résistance aux murs lors de tremblements de terre. Alchi doit la finesse de ses sculptures sur bois et de ses peintures aux artisans cachemiris. Bientôt cette émulation artistique dans l’art bouddhiste, florissant en Inde, au Cachemire et par extension dans les régions à culture tibétaine va s’éteindre avec le début d’une période d’invasions.

Un changement abrupt va s’opérer dans l’architecture avec les incursions des armées chinoise, mongole et musulmanes et les querelles entre les différentes sectes bouddhistes naissantes. Jusqu’alors focalisés sur des missions purement religieuses, les monastères deviennent des centres administratifs et militaires et des greniers en cas de disette. 
Cette période voit la rupture des échanges culturels avec l’Inde du Nord et le Cachemire où des sultans musulmans se sont installés sans toutefois parvenir à envahir les vallées reculées du Ladakh.
Ces édifices datant de cette période troublée représentent la majeure partie de l’héritage architectural ladakhi. Les monastères perchés ou fortifiés ont pris l’aspect de constructions étagées sur le flanc d’une colline ou d’un éperon dominant le bas de la vallée. Disposé au sommet, le bâtiment le plus imposant s'apparente à une forteresse.
Les fonctions religieuses sont concentrées dans les bâtiments du haut tandis que l’école, le réfectoire et les cellules se trouvent plus bas.
Exposés entre le Sud et l'Est, les édifices bénéficient d’un ensoleillement maximal. Les bâtiments, hauts de plusieurs étages possèdent toutes les caractéristiques d’une architecture raffinée en regard de l’époque : un portique menant à une cour intérieure, des grandes fenêtres, des balcons, des balustrades, etc.

L’aspect de fortification que l’on trouve dans les monastères de la période récente est aussi la particularité dominante des palais royaux.
Perchés sur des éperons, les fondations épousant les rochers, les palais-fortifications (khar en tibétain) dont le palais de Leh est le fleuron surplombent les habitations villageoises. De construction rectangulaire avec une imposante façade principale (60 mètres de large et 58 mètres de haut), les murs sont très larges à la base pour s’affiner en s’élevant. Les palais et les monastères-forteresses sont les témoins d’une architecture qui desservait d’abord des intérêts stratégiques.

Monastère et ermitage d’Hemis.

Situé dans une vallée latérale étroite de l’Indus à 48 km en amont de Leh, le complexe monastique est blotti sur une faible pente. Il est surplombé par une paroi brun rouge.
Cet important monastère Drugpa Kargyud a été fondé par l’érudit Stagstang Raspa.


Bien que ce monastère ait été bâti au XVIIe siècle, il n’adopte pas le style «monastère-forteresse» de cette époque architecturale.
Esthétiquement l’emplacement encaissé du site offre peu de possibilités de points de vue. Les constructions sont dominées par la paroi située derrière l’édifice. C’est une esthétique originale qui met plus en valeur la paroi que l’édifice.
Touristiquement c’est un des plus prestigieux monastère pour deux raisons : son histoire qui le lie à la dynastie Namgyal et son festival renommé.
De plus, l’ermitage de Gotsang est visité pour l’empreinte de main laissée dans une grotte par un yogi prestigieux après 20 ans de méditation. 

Monastère de Stakna

À une distance de 25 kilomètres en amont de Leh, le complexe de Stakna se trouve sur une butte rocheuse isolée dans la plaine de la vallée de l’Indus. Ce cours d’eau est dominé par le mont de Stakna d’une hauteur de 80 mètres.

Contrairement à beaucoup d’autres sites (Matho, Stok, Thikse, Shey, Leh), il n’est pas relié à la crête d’une vallée latérale. La façade principale est orientée au sud et son emplacement dégagé lui permet de profiter du soleil toute la journée. Il est par contre très exposé aux vents de la vallée de l’Indus. 
Édifié par un demi-frère de Sengge Namgyal pour un sage bhoutanais Jamyang Padkhar, le nom de ce monastère Drugpa Kargyud a été donné en regard de la forme du relief qui ressemble au nez d’un tigre.
C’est un gompa-dzong, mais la pente trop importante sur le versant ensoleillé de la butte n’a pas permis de réaliser l’étagement habituel des cellules des moines.
Le nombre élevé de points de vue et la position relativement dominante par rapport à la plaine de l’Indus, offrent au site une esthétique originale et un panorama à 360°.

Monastère de Matho

Situé sur une ligne de crête orientée au nord-est, dominant le cône de déjection d’une vallée latérale de l’Indus, le monastère de Matho se trouve à une distance de 26 km de Leh. 
Seul monastère Sakyapa de la vallée de l’Indus, il a été fondé sur ordre du roi au XVIe siècle pour le lama Drigung Dorje. 

Son festival est réputé car il a la particularité de présenter un rite unique. Deux moines « oracles » possédés par les déesses protectrices de la congrégation se mettent en scène. Des prophéties sont alors divulguées pour l’année à venir.
Il n’a qu’en partie l’aspect d’un monastère-forteresse car les constructions principales ne sont pas regroupées mais plutôt éparpillées et n’ont pas toutes la même orientation. De plus les cellules ne sont pas étagées de manière régulière.
Les roches sont dans les teintes grises, rouges et vertes. La végétation est très présente entre les différents bâtiments du versant. Le mariage du construit et de la végétation donne une esthétique harmonieuse au versant principal.

Monastère de Thikse

À 19 km en amont de Leh, situé sur un éperon rocheux de forme pyramidale, relié à la crête d’une vallée latérale, le complexe monastique domine la rive droite de la plaine de l’Indus. Il occupe tout le flanc Sud-Est de cet éperon.
Au XVIe siècle, le dévot Sherab Zangpo bâtit d’abord un temple au sommet. Ce n’est qu’un siècle plus tard que la communauté monastique s’y établira. C’est Tsongkhapa, le fondateur de la secte Gelugpa des bonnets rouges, qui avait, quelques siècles plus tôt, prophétisé l’avènement d’un monastère à cet endroit. 
Ce complexe est l’archétype du monastère-forteresse. Il possède une position dominante sur la plaine de l’Indus. Les contrastes entre le ciel, les couleurs des bâtiments, la roche et le vert de quelques arbres procurent, vus depuis la plaine de l’Indus une esthétique harmonieuse.

Complexe de Shey : palais, temple et ruines du fort

Le site de Shey se loge sur un éperon rocheux dominant de 50 mètres la plaine qui borde la rive droite de l’Indus. Les façades principales du palais et du temple sont orientées à l’Est.
La première construction, encore apparente sous la forme de ruines aujourd’hui, est le fort édifié par le premier roi du Ladakh Nyima-Gon qui date du Xe siècle. Son fils Palgyigon a fait de Shey la capitale du Ladakh en construisant un premier palais. Il fut remplacé au XVIIe siècle par un plus grand palais construit par Deldan Namgyal. Le site lui doit aussi une des plus grandes statues de Bouddha, érigée en l’honneur de son père Sengge.


Le complexe architectural de Shey est marqué par l’hétérogénéité des constructions en raison des différentes fonctions et époques de création des bâtiments. En effet, on trouve une ruine de fort datant du Xe siècle sur le haut de l’arête, puis un temple blanc et une grande stupa, tous deux rénovés récemment. Plus bas le palais et le temple sont du XVIIe, puis sur la fin de l’arête, on trouve un alignement de stupas modernes.

Palais de Stok

Situé à 15 km en amont de Leh, à l’entrée d’une vallée latérale de la rive opposée, le palais de Stok domine le village du même nom depuis une butte rocheuse située à 5 km de l’Indus. Le palais a été construit par la famille royale en 1825.
Ce palais monumental est conçu d’un seul tenant. Son aspect le situe entre une forteresse et une riche habitation. Sa grande façade fait 50 mètres de large et 20 mètres de haut. Elle est agrémentée de balcons et de grandes fenêtres.
Construit de manière traditionnelle, le palais n’est cependant pas dénué de raffinements, comme l’attestent les fines sculptures des décorations en bois.
Ce site dispose d’une position dominante et est visible de loin. La couleur blanche du bâtiment contraste avec les couleurs sombres des couches géologiques. La végétation n’est présente qu’au pied du site.

Complexe de Leh : palais de Leh, tour de garde, temple de Tsemo, fort du Namgyal Tsemo

Les constructions qui forment le complexe de Leh sont situées sur une crête perpendiculaire au sens de la vallée latérale. Le complexe surplombe la vieille ville de Leh avec d’Ouest en Est et de bas en haut : le Palais de Leh se trouve à 3550 mètres d'altitude, la tour de garde au milieu, le temple et le Fort du Namgyal Tsemo pointant au sommet de l’arête à 3650 mètres. Le palais de Leh est en phase de rénovation.
La tour de garde, logée entre le palais de Leh et le complexe du Tsemo, est l’édifice le plus ancien. Il aurait été construit au Ve siècle par les Dardes.
À partir du siècle suivant, Leh devient la capitale du Ladakh uni grâce à Tashi Namgyal. Au XVIIe siècle Sengge Namgyal construit le palais-forteresse de Leh.
Les architectures présentées sur l’arête du Tsemo, témoignent des différentes époques
historiques du Ladakh. 


Esthétiquement, le complexe royal de Leh domine littéralement la vieille ville de Leh et est visible de beaucoup de points de vue. Il n’y a pas de contraste de couleurs entre le palais et la crête. Par contre, il se découpe dans le ciel. Les façades rouges et blanches mettent le complexe de Tsemo bien en évidence.

Monastère de Spituk

Sept kilomètres en aval, le monastère de Spituk est situé dans le prolongement de la ville de Leh et de l’aéroport, placé sur une butte rocheuse qui domine la plaine de 80 mètres de haut. 
Toutes les constructions sont exposées au sud à l’exception du temple protecteur, datant du XIe siècle, qui est lui tourné vers l’Est.
La première construction date du XIe siècle et est l’oeuvre du prince du Guge. Les moines font alors partie de l’ordre bouddhiste Kadampa. Ils deviendront Gelugpa au XVe siècle sous l’impulsion du sage tibétain Tsongkhapa. C’est de cette époque que datent la plupart des édifices visibles aujourd’hui.
Un siècle plus tard, les moines deviendront Drugpa Kagyup pour redevenir Gelugpa au XIXe siècle suivant la volonté des différentes réincarnations du chef de la congrégation, Kushok Bakula.
Le complexe monastique est typique des monastères-forteresses de la période récente avec les temples au sommet du mont et les cellules étagées sur le versant sud.
Depuis la plaine de l’Indus, il a l’aspect harmonieux des monastères-forteresses comme celui de Thikse.

Monastère de Phyiang

Localisé à 17 kilomètres de Leh en aval, Phyiang se trouve dans la première vallée latérale à l’ouest de Leh sur la rive droite de l’Indus.
Le complexe monastique est posé sur une colline allongée perpendiculairement à la vallée.
Le monastère a été fondé au XVIe siècle par le roi Tashi Namgyal en hommage au lama qui l’avait guéri de la lèpre. C’est le premier monastère Drigungpa Kagyup de la vallée de l’Indus.



La position dominante du site et son emplacement au milieu de la vallée lui offrent une grande visibilité. Les couleurs sont contrastées avec le vert de la végétation, le rouge, le blanc et le jaune des bâtiments. Des peupliers ont été plantés sur la moraine. Ce site est très harmonieux et possède une cachet unique.



Complexe de Basgo : fort, palais et temples

Le site de Basgo se trouve dans une vallée latérale de la rive droite, à trois kilomètres de l’Indus. Les ruines du fort et les temples de Basgo sont situés sur des promontoires qui dominent au nord le village du même nom. Les façades principales des bâtiments sont orientées au sud sud-est. Les ruines du fort datent du XVe siècle lorsque Basgo était la capitale du Ladakh. Sous les règnes de Tsewang, Jamyang et Sengge Namgyal, trois temples et un palais ont été érigés dans l’enceinte du fort. Le fort a été abandonné au XVIIe siècle, assiégé pendant trois ans par l’armée tibétaine.
Le site n’est pas visible de loin car il est encaissé dans une vallée latérale étroite. Il occupe par contre une position dominante relativement au fond de la vallée. Les contrastes de couleurs et de formes sont importants. Le site possède une esthétique spectaculaire et unique.

Monastère de Likir

Le site de Likir est situé dans une vallée latérale sur la rive droite de l’Indus, à 52 kilomètres en aval de Leh, à 6 kilomètres du fleuve principal, mais séparé par un relief que la rivière de Likir contourne par l’Ouest pour rejoindre ensuite l’Indus. Le complexe monastique est posé sur une épaule à la convergence de deux vallées. Il surplombe le bas de la vallée, mais se trouve au même niveau que le village situé en amont. 
Ce monastère de l’ordre Kadampa a été fondé au XIe siècle par le roi Lhachen Gyalpo pour le lama Duwang Chosje. Au XVIe sièlce, sous l’influence du célèbre érudit Tsongkhapa, le monastère se rattache à l’ordre Gelugpa. Les bâtiments visibles actuellement datent de cette période.
L’architecture de l’ensemble monastique est celle du dzong tibétain. La configuration du site a permis l’étagement des bâtiments secondaires. Ceux-ci ont la particularité de posséder plusieurs étages et d’être imbriqués les uns dans les autres, alors que d’ordinaire les cellules des moines sont séparées et composées d’un seul étage, comme à Thikse et Matho par exemple.
Les couleurs sont contrastées avec le blanc des bâtiments, le brun beige de la terre et des roches et le vert de la végétation. C’est un site esthétiquement harmonieux. Les constructions épousent le relief.
Étant donné son éloignement de Leh, le site jouit d’une grande notoriété grâce à un cadre naturel intact. Il possède une petite collection de tangkas, mais surtout une statue monumentale de Bouddha qui trône à l’extérieur.

Temples d’Alchi

Alchi est distant de Leh de 69 kilomètres1. Le site se situe sur la rive gauche de l’Indus, sur la partie inférieure d’un cône de déjection, à 80 mètres de l’Indus. Alchi est le seul site du XIe siècle qui a conservé son architecture et ses peintures intérieures intactes. Il a été fondé par des disciples de Rinchen Zangpo, instigateur des temples et monastères d’influence indo-cachemirie au Ladakh. Ils se caractérisent par leur construction au plat avec des bâtiments séparés les uns des autres et présentant un ou deux étages. Les décorations en bois sont très travaillées et témoignent d’un savoir-faire artisanal raffiné.
Le site possède une notoriété touristique maximale grâce à son architecture indo-cachemirie unique. C’est une sorte de musée car il n’y a plus de communauté monastique vivant sur le site.

Monastère de Ridzong

À 73 kilomètres en aval de Leh, le monastère de Ridzong se trouve dans une vallée latérale très encaissée, à 5 km de l’Indus, sur la rive droite. L’ensemble architectural est blotti dans un cirque naturel, les constructions s’étalant sur 80 mètres de dénivellation. 

En 1833, le lama Tsultim Nima fonda le monastère Gelugpa de Ridzong. Il avait, quelques années auparavant, quitté sa famille pour répondre à sa vocation. Sa femme l’a en quelque sorte suivi puisqu’elle est à l’origine du couvent qui se trouve 500 mètres en aval. Les règles monastiques de Ridzong sont très strictes.
Ce monastère est très récent en comparaison des autres sites étudiés. Il ne possède pas l’aspect d’un monastère-forteresse. D’abord parce qu’il n’est pas situé au sommet d’un relief. Ensuite parce il n’y a pas de hiérarchie entre les grands bâtiments du haut, habituellement dévolus aux temples et les constructions inférieures servant de cellules aux moines.
Les bâtiments sont imbriqués les uns dans les autres et font au plus trois étages.

Monastère de Lamayuru

Situé à 126 kilomètres en aval de Leh, à 10 kilomètres de l’Indus, ce complexe monastique se dresse sur une épaule dominant de 100 mètres une large et verte vallée latérale.
Le premier temple établi sur le site au XIe siècle semble être lié au culte Bon, une religion animiste tibétaine. Celui-ci a par la suite été incorporé aux édifices bouddhistes de l’ordre Kadampa. Au XVIe siècle, comme beaucoup d’autres monastères au Ladakh les moines adoptèrent les préceptes de l’ordre Drigungpa Kagyup. Un mythe qui date d’environ 2600 ans. En effet, un lac aurait existé jusqu’à la venue d’un disciple de Bouddha. Il aurait vidé l’étendue d’eau en amadouant les esprits qui l’habitaient. Le nom de Lamayuru provient de cette légende. Les moines présentent un festival célébré pendant l’été. Le complexe architectural de Lamayuru est hétérogène. Ce site était historiquement un village fortifié où les moines et les villageois habitaient dans le même ensemble sur l’éperon. Aujourd’hui, des bâtiments de toutes tailles sont éparpillés en haut et en bas du complexe principal. 
Grâce à la beauté induite par le mélange réussi entre la nature et les édifices, c’est un des monastères phares du Ladakh. 
Le paysage de « moonland », terme touristique pour qualifier les dépôts lacustres à l’esthétique étonnante, ne cesse de fasciner.

samedi 2 juin 2012

L'Histoire du Ladakh


La vallée de l’Indus se situe au coeur des montagnes avec les chaînes du Ladakh et du Karakorum au nord et les chaînes du Zanskar et du Haut-Himalaya au Sud. Cette situation géographique atténue fortement les perturbations liées à la mousson et aux courants d’ouest de type méditerranéens. De plus l’altitude générale élevée, entre 3000 et 4500 mètres pour les régions habitées, maintient des températures relativement basses toute l’année. Les amplitudes thermiques annuelles et journalières sont grandes. C’est pourquoi le climat du Ladakh est qualifié de climat aride ou semi-aride,continental, subtropical de haute montagne. 

Le terme Ladakh, « la-dwags » en langue vernaculaire qui signifie « entre les cols », définit bien le caractère enclavé de cette contrée.
Six différentes régions sont à dénombrer. La première se situe au nord avec les grandes vallées confluentes de la Nubra et de la Shyog, tous deux affluents de l’Indus. La deuxième au nord-est, l’Aksaï-Chin est un haut plateau désertique occupé par la Chine depuis 1950.Le Chang Thang au Nord et le Rupshu au Sud de l’Indus forment la troisième région localisée à l’Est qui est un haut plateau désertique. La quatrième au sud-ouest, le Zanskar est une région isolée par un relief marqué qui rend son accès long et difficile. La cinquième, le Purig, située à l’Ouest, est une région à majorité musulmane. Pour terminer, le Ladakh central est situé dans la vallée de l’Indus, ce fleuve qui sépare les régions du nord-est (Nubra, Shyog, Aksaï-Chin, Chang Thang) et du sud-ouest (Rupshu, Zanskar, Purig). 

Jusqu'au début du XXe siècle, l’économie de la vallée de l’Indus dépendait d’une part de l’agriculture vivrière et d’autre part des relations commerciales induites par le passage des caravanes de la route de la Soie. À la fin des années trente, l’axe nord-sud est coupé à cause de trouble dans le Xinjiang chinois. Une vingtaine d’année plus tard la fermeture complète des frontières chinoises met fin aux relations commerciales et culturelles avec le Tibet. De plus la partie musulmane de la vallée de l’Indus, le Baltistan est rattaché au Pakistan à la fin des années quarante. La vallée de l’Indus devient quasiment autarcique et souffre plus que jamais de cet enclavement commercial et culturel.

Depuis 1947, le Ladakh appartient à l’état indien du Jammu et Cachemire.
Les troubles politiques subis par cette province découlent de disputes concernant les frontières tracées à l’est entre l’Inde et le Pakistan et à l’ouest entre l’Inde et la Chine. Le premier désaccord porte sur le rattachement du Cachemire à l’Inde malgré les revendications pakistanaises sur ce territoire à majorité musulmane. Tandis que le deuxième provient de l’occupation d’une région indienne par les Chinois dans le but d’y construire une route stratégiquement importante.

Les menaces de la Chine et du Pakistan imposent un déploiement des forces de l’armée indienne sur l’ensemble du territoire ladakhi. Cette présence a grandement contribué au développement et à l’entretien des infrastructures de transport, qui serviront par la suite la croissance touristique. L’aéroport militaire a été en partie converti en aéroport civil pour permettre des vols domestiques à partir de 1979. 
Différentes conférences internationales (Simla en 1923, 1924 et 1972, Tachkent en 1965) ont tenté de fixer les frontières.

Le début de la guerre sino-indienne en 1962 apporte véritablement les prémices du passage d’une économie basée sur le troc à une économie monétaire. L’arrivée de 40'000 militaires pour une population de moins de 70'000 personnes implique une énorme rentrée de devises dépensées et de nouveaux emplois dans l’administration, la construction des routes et dans les commerces. L’arrivée de biens manufacturés et industriels constitue une révolution dans cette contrée où tout était jusqu’alors fabriqué de manière artisanale ou troqué. Ce changement fut d’ailleurs mieux supporté par les habitants de la ville de Leh, plus habitués au commerce que par les habitants des villages reculés, attirés en ville par la possibilité d’un avenir meilleur.

C'est aussi le début de grands changements dans le mode de vie. Avec l'apparition d'une administration forte, les lois votées par les gouvernements du Cachemir et de Delhi sont appliquées progressivement. Par exemple, la tradition polyandrique et les règles qui s'y rapportent contredisent des lois votées et doivent donc être abandonnées. Ces règles sont, de plus, souvent contestées par les jeunes ladakhis qui rêvent d'un monde de vie à l'occidentale.

A l’arrivée du tourisme, l’espace socio-économique n’a donc pas été complètement modifié. Il a cependant accéléré la transition économique initiée par l’arrivée des troupes indiennes. 

Ces deux conflits ont aussi modifié les frontières du Ladakh de 1947. Lors de plusieurs guerres entre 1947 et 1971, le Pakistan prenait le Baltistan, région majoritairement musulmane située au nord ouest. Tandis que la Chine occupe les hauts plateaux de l’Aksaï-Chin, au nord-est, depuis 1962.
Contrairement au reste du Cachemire, régulièrement sujet à des attaques terroristes de séparatistes pro pakistanais, la plus grande partie du Ladakh jouit aujourd’hui d’une stabilité et d’une indépendance politique. En effet, depuis 1979, le Ladakh possède une grande souveraineté vis-à-vis du gouvernement Cachemiri. De plus, en cas d’annexion du Cachemire par le Pakistan, le Ladakh serait rattaché à l’Inde en tant que "Union Territory". 

Depuis que le Tibet a perdu, disons, son indépendance dans les années 1950, c'est bien le Ladakh qui est devenu aujourd'hui le dernier bastion du bouddhisme tantrique libre. N'a-t-on pas l'habitude d'appeler cette région "Le Petit Tibet" ou encore "Le Pays des lamas" ?
Ces deux appellations sont d'ailleurs amplement justifiées par la présence les dizaine de lamaseries et d'ermitages qui y sont édifiés.

Il est difficile de déterminer avec certitude l’installation des premières populations au Ladakh, mais il semble que les Mons, peuple du Nord de l’Inde, arrivés par le Zanskar, se soient installés progressivement au Ier siècle de notre ère. À partir du Ve siècle, les Dardes, peuplade d’origine indo-iranienne venue de l’Ouest et les Tibétains de religion animiste Bon rejoignent les autochtones. Ces trois ethnies sont encore présentes aujourd’hui au Ladakh.
Le Bouddhisme a été progressivement introduit par les Tibétains en incorporant les cultes animistes des Bons.

Aujourd'hui la population totale ladakh-pa atteint le nombre 147.104 habitants pour une superficie de 45.110 km².  Une partie de la population est musulmane avec surtout des chiïtes  et leurs ayatolahs, l'autre partie est bouddhiste. C'est cette culture bouddhiste qui m'attire depuis déjà quelques années dans la région himalayenne. Hélas, durant mes pérégrinations, j'ai eu souvent l'occasion de mesurer combien il était difficile pour cette poignée de bouddhistes de faire valoir leurs droits, puisqu'ils se retrouvent à la fois noyés dans la masse de millions d'indiens et coincés entre le Pakistan et la Chine avec des frontières mal définies. 

Si une partie des Ladakhis voit son mode de vie évoluer vers une société modernisée, la majorité d’entre eux vit proche d’un environnement naturel difficile. Le climat froid, l’altitude et le peu de ressources hydrologiques ont obligé ce peuple à trouver des solutions originales dans la construction de leur habitat et leur système agricole. 
Pour le voyageur, c’est l’occasion de redécouvrir un monde où l’homme doit disposer de chaque potentialité naturelle grâce à un savoir-faire adapté. De plus, la culture bouddhique est très répandue dans le paysage : monastères et palais dominant la vallée, stupas et mur de Mani présents dans chaque village, drapeaux de prière dressés sur les crêtes et les cols. Les composantes culturelles se servent des composantes naturelles pour donner une signification au territoire. Ces paysages culturels stimulent le désir d’approfondir les connaissances du bouddhisme. Cette culture vivante est par ailleurs confirmée par les festivals religieux des monastères, qui sont chaque année plus fréquentés par les touristes.
La forme du bouddhisme pratiqué au Ladakh provient des liens qu’il a toujours entretenus avec le Tibet. Du point de vue spirituel, les contacts avec le Tibet se perpétuèrent pour la formation des moines jusqu’à la destruction par les Chinois des monastères instructeurs en 1959. L'invasion chinoise a valorisé la culture tibétaine sur le territoire indien.
Au Ladakh, les institutions monastiques détiennent encore un pouvoir important, cela a conduit à la création d'un centre d'étude tibétain à Choklamsar assurant ainsi la culture bouddhiste tibétaine.



Pour conclure c’est dans les traditions religieuses que la ferveur des Ladakhis se mesure. La plupart des familles possèdent un autel domestique afin d’effectuer les prières journalières.
Il faut préciser que de tous temps les monastères et les villages ont entretenu des liens étroits. Les monastères possèdent une grande partie des terres agricoles. Les villageois les travaillent et retournent une partie de la récolte en guise de paiement. Les moines pratiquent les rituels et les cérémonies et pourvoient à l’éducation. 
Il existe de nombreuses cérémonies religieuses, pour assurer la fertilité des champs par exemple et des festivals monastiques durant lesquels des milliers de pèlerins affluent.

Afin de ne pas tout mélanger, je parlerai des monastères au Ladakh et plus particulièrement de ceux de la vallée de l'Indus sur une autre page.


jeudi 31 mai 2012

La formation de l’Himalaya est une histoire de plaques

La fascination des voyageurs pour les paysages au relief marqué crée une alchimie dans laquelle la montagne occupe une place scénique centrale. Au Ladakh, le paysage impressionne par la dimension des perspectives, les contrastes des couleurs et l’arrangement de bandes rocheuses.
Le visiteur attentif ne peut rester indifférent face à la diversité des roches de la vallée de l’Indus. En effet, cette vallée est un lieu stratégique pour l’étude et la compréhension de l’orogenèse himalayenne. La zone de suture issue de la collision de la plaque du sous-continent indien contre la plaque du continent asiatique se situe exactement au niveau de la vallée de l’Indus. En rive droite, les roches granitiques du continent asiatique contrastent avec les roches volcano-sédimentaires de la rive gauche. Celles-ci témoignent d’un océan qui séparait alors l’Asie et l’Inde. 


La disparition progressive de l’océan (subduction de croûte océanique) il y a 130 millions d’années va précéder la collision des continents, il y a 50 millions d’années. L'accident se produit a une vitesse de 5 km heure. La pression exercée par le télescopage de ces deux masses continentales engendra un gigantesque soulèvement de la croûte terrestre. 
En effet, à mesure que l'Inde avançait et s'enfonçait sous l'Asie, la bordure du continent asiatique et le plancher de l'océan Téthys se soulevaient, épaississant ainsi la croûte terrestre.
Le chevauchement des deux plaques a créé les hauts reliefs de la grande chaîne himalayenne: d'abord les chaînes du Grand Himalaya et du Transhimalaya, puis celle du Moyen Himalaya. Aujourd'hui 
l'Himalaya continue de s'élever à raison de 5mm par an.



La région himalayenne est donc géologiquement toujours très active. Les tremblements de terre y sont relativement fréquents. Celui de 1934 a causé d'importants dégâts au Népal. Des spécialistes prévoient que d'ici 150 ans environ, l'Himalaya connaîtra au moins un séisme de très grande intensité.

Pour conclure cette page, je voudrais vous parler maintenant de l'évolution de notre planète. Je rappellerais que L'océan Atlantique continue inexorablement son enfoncement sous la plaque continentale américaine, ce qui provoque un rapprochement des continents américain et euro-africain. Nous pouvons constater que l'évolution tectonique de la Terre tend à la reformation d'un futur super continent comme la Pangée il y a 300 millions d'années.

L'océan indien se referme, lui aussi, car la croûte océanique disparaît dans la fosse centrale indienne. L'Australie entre en collision avec l'Antarctique qui amorce aussi une remontée vers le nord. Cela a pour conséquence de modifier le climat des continents. L'Antarctique devient une île chaude recouverte de forêts. De la collision naîtra une chaîne de montagnes dans le Bush australien.

Quant à l'Europe, elle est encastrée entre l'Afrique et l'Asie. Elle est soumise à de fortes pressions, ce qui provoque la création de nouvelles montagnes. En effet, les Pyrénées et les Alpes, totalement érodées, seront remplacées par de nouvelles chaînes montagneuses.

Sur le continent américain, le nord et le sud tendent à se séparer. L'Amérique du Sud se rapproche de l'Antarctique. Voici ce que cela donnera en image.



PS: Il y a 250 millions d'années, les terres émergées formaient un continent unique baptisé la Pangée. Sous l'effet des mouvement des plaques formant la croûte terrestre, la Pangée s'est disloquée pour former nos continents actuels.
Dans 250 millions d’années, les plaques se seront positionnées pour former de nouveau un continent unique, qualifié par les scientifiques de Pangée Ultime. L’Océan Atlantique n’existera plus. Les formes de vie habitant la Terre, à cette époque, pourront passer sans s’en rendre compte d’ une Amérique à une Afrique fort transformées. 
                             
...... Et combien de temps pour le retour du Big Bang ?!
Nous voila prévenu.

lundi 23 avril 2012

Le Ladakh est incapable de résister à la surcharge des voyageurs.


Leh, le 23 Avril 2012 :

Alors qu'il devient une destination de vacances, le Pays des Neiges est incapable de résister à ce déluge de visiteurs. Chaque année, le nombre de touristes qui choisissent le Ladakh comme escapade augmente de façon exponentielle, affectant directement l'environnement et la culture du Pays des Neiges. De quelques 400 visiteurs il y a deux décennies, le Ladakh est maintenant parcouru par des milliers de voyageurs chaque année.

L'été venu, quoi de mieux que les montagnes couvertes de neige et les magnifiques panoramas du Ladakh ? 

Un manque de compréhension et de respect pour l'environnement du Ladakh de la part des visiteurs n'arrange pas les choses. Pendant des années, le Ladakh est resté une région stratégiquement et géographiquement isolé dans l'Himalaya occidental. Il s'agit d'une région semi-autonome comprenant les districts de Leh et de Kargil, et soumise à des conditions climatiques extrêmes. Le désert glacé de haute altitude supporte un écosystème unique qui abrite une population clairsemée avec quelques espèces rares de flore et de faune. En raison du long isolement du monde extérieur, un réservoir de gènes uniques, spécialement adaptée aux rudes conditions climatiques, s'est développé dans la région. 

Fait inquiétant, ce qui était rare est maintenant au bord de l'extinction. Le réchauffement climatique a eu des répercussions dans la région et, à part les habitants indigènes, personne ne s'en soucie vraiment, 
peut-être parce que non touché directement par le changement. 

Demandez à n'importe qui, il vous dira que le développement est la première cause de la crise 
environnementale et traditionnelle dans la vallée. Toutefois, ce n'est pas le développement qui dévaste la région, c'est le déséquilibre et le manque de perspective d'avenir dans les politiques de développement. 

Dans le passé, les traditions de prudence et de coopération couplées à une connaissance intime de l'environnement local ont permis aux Ladakhis non seulement de se maintenir mais de prospérer.
L'agriculture était la principale occupation alors que la survie était le seul grand défi qu'ils devaient affronter. Les champs étaient irrigués avec l'eau de fonte de la neige et des glaciers - la seule source d'eau pour la région. Environ 80 pour cent des Ladakhis dépendent de la fonte des glaciers qui, aujourd'hui, diminuent à un rythme alarmant. 

Le Ladakh est incapable de résister à la surcharge des voyageurs en conjonction avec les changements 
qu'ils apportent «inconsciemment». Le tourisme et le développement économique ont marqué le début d'influences majeures qui ont frappé particulièrement l'agriculture ladakhi. Les gens ont tourné le dos à leur source traditionnelle de subsistance et ont opté pour des emplois saisonniers liés à l'accueil touristique en ville. Pire encore, des denrées alimentaires subventionnées, offertes par un gouvernement bien intentionné, sont considérablement moins chères que les produits alimentaires cultivés localement.
Les gens ont abandonné leurs fermes. Les jeunes, acteurs déterminants de l'avenir de la région, ne savent même plus comment faire pousser l'orge sur leurs terres. 

Le but de la vie est de vivre en accord avec la nature", estimait l'ancienne génération du Ladakh, qui se 
souvient encore des beaux jours anciens. Il y avait une plus grande harmonie avec la nature en termes de systèmes classiques de gestion de l'eau et de l'assainissement. Une fosse à compost était utilisée pour les excréments. Elle n'impliquait pas l'emploi de l'eau, et ainsi supprimait la nécessité d'égouts et de canalisations.

L'utilisation de toilettes à chasse d'eau dans la plupart des hôtels, a été augmentée de collecteurs. Ceci 
est devenu la principale raison de la pollution des cours d'eau autrefois purs, car, en l'absence d'un système d'égouts, les eaux usées entrent dans les cours d'eau, polluant ainsi la seule source d'eau potable pour la population locale. Le Ladakh d'aujourd'hui appelle à l'aide. La célèbre fraîcheur de l'air est étouffé par les vapeurs de diesel, les ordures sont entassées dans les rues et la qualité de l'eau s'est détériorée. Cet ensemble montre l'image du "nouveau" Ladakh. 

Comme l'hiver devient plus froid et l'été plus chaud, la recrudescence du nombre de voyageurs et à leur 
suite des hôtels, restaurants et autres activités liées au tourisme a fait des ravages sur le fragile équilibre de la nature. L'orage qui a balayé la communauté le 5 août 2010 est un exemple redoutable de la fragilité nouvelle de l'environnement. De fortes pluies, inconnues dans cette région de haute altitude sont devenues un phénomène plus fréquent. 

Comme on dit, mieux vaut tard que jamais. La communauté a pris conscience de la crise. Diverses organisations tentent de rassembler les communautés pour sauver le pays des neiges de la catastrophe.
Parmi elles, le Ladakh Ecological Development Group (LEDeG) encourage le développement écologique et durable. De même, le groupe de femmes, Aama Tsogspa joue un rôle crucial dans la préservation de l'environnement avec des initiatives à succès comme l'interdiction de sacs en polyéthylène dans la vallée. Pour créer un sentiment de responsabilité chez les visiteurs, des règlements de conservation sont également mis en oeuvre. Les idées, adaptées à l'environnement local, se sont avérés fructueuses, comme la mise en oeuvre des ressources d'énergie renouvelables. Les communautés tentent de prendre des mesures correctives avant qu'il ne soit trop tard.

Traduction d'un article de " http://news.reachladakh.com/" du 23 avril 2012. 

PS: En randonnée, je garde mes déchets !

Les randonneurs sont en général des citoyens soucieux de l'environnement et de la nature et font attention à ne pas la polluer ou la dégrader. 

Mais l'on retrouve toujours, et malheureusement, des détritus au bord des chemins, dans la nature ou dans les rivières.

Quelques conseils pour bien gérer ses déchets en randonnée...

La première règle est de toujours emmener un sac qui fera office de poubelle, et que l'on gardera avec soi pour collecter les déchets.
Aucun détritus ne doit être laissé dans la nature ! L'objectif du randonneur est de ne laisser aucune trace de son passage... Zéro déchet.
Avant le départ, organisez-vous et anticiper votre production de déchets. Emmenez le moins d'emballages possibles : réduisez les emballages au strict minimum et privilégiez ceux qui sont recyclables ou dégradables.
Par exemple, apportez votre nourriture dans un sac en papier ou un journal, prenez une gourde plutôt qu'une bouteille d'eau en plastique...
Mais lorsque vous partez en randonnée pendant plusieurs jours, que faire avec les déchets accumulés ?
Les déchets organiques peuvent être enterrés dans la nature, à plus de 50 mètres d'un cours d'eau (épluchures, trognons de pommes restes de nourriture..)
Concernant les besoins naturels, ils peuvent être également enterrés ; du papier toilette 100 % biodégradable pourra être utilisé et également enfouit.
Tous les autres déchets accumulés tout au long de la randonnée gardez-les ! Et jetez-les dans une poubelle quand ce sera possible. Concernant les déchets qui peuvent être recyclés, jetez-les dans une poubelle de tri à votre retour !

Merci à tous de bien vouloir y penser lorsque vous serez sur les chemins de trek.


Le tourisme au Ladakh en chiffres

La rigueur du climat ladakhi ne permet une exploitation touristique de masse qu’entre les mois de mai et d’octobre2 avec des pics entre juin et août. L’hiver, l’accès au Ladakh n’est possible que par avion.
En 1974 seule la vallée de l’Indus est ouverte au public à cause des conflits indopakistanais et sinoindien qui se déroulent au nord et à l’est. De 1974 à 1988, le Ladakh va voir sa fréquentation touristique annuelle augmenter chaque année pour passer de zéro à 25'000 personnes. Si au début le Ladakh est fréquenté par des post-soixante-huitards voyageant seuls et très chichement ou par des passionnés de culture bouddhiste et d’archéologie, les guides touristiques vont par la suite rendre cette nouvelle destination populaire grâce à son attrait culturel et à son potentiel de trekking.
À ses débuts, la destination ladakhie est liée à la région du Cachemire3. Les troubles politiques qui s’y déroulent ensuite engendreront une baisse subite du nombre de visiteurs (de 23’000 à 7'000 personnes en 1990). Les années qui suivent montrent une stabilisation de la fréquentation, oscillant entre 15'000 et 23'000 personnes jusqu’en 2001. Pendant cette période, le Ladakh peut développer sa capacité d’hébergement4 et affiner ses produits touristiques5. La destination se fait de plus en plus connaître. Pour éviter une division des terres, la femme épousait l’aîné et les frères d’une même famille. Deux lois, une interdisant la polyandrie fut promulguée en 1941 ainsi qu’une autre exigeant le partage des terres équitablement entre les frères en 1949 furent petit à petit appliquées.
Il existe un petit nombre de touristes qui s’y rendent l’hiver pour faire le trekking sur la rivière gelée du Zanskar.
Il est alors déjà possible de se rendre à Leh par des vols directs depuis New Dehli.
Le nombre d’hôtels a en moyenne doublé entre 1984 et 1992, à savoir qu’en 1992, Leh compte 30 hôtels toutes catégories confondues et 50 guesthouses enregistrée ».
Un exemple de produit créé pou le tourisme est le Ladakh Festival qui a lieu au mois de septembre. « Il réunit une palette importante d’arts et de rituels religieux traditionnels ladakhis, notamment le tir à l’arc, les matchs de polo, les danses masquées, etc. ».

Dans les agences de voyage occidentales grâce aux tour-opérateurs proposant des séjours spécialisés destinés au tourisme de niche comme les voyages culturels ou les trekkings. De nouvelles régions sont ouvertes (Nubra et Rupshu).
Les événements terroristes du 11 septembre vont à nouveau plomber la fréquentation touristique mais depuis 2002, la hausse est sans précédent avec plus de 35'000 personnes en 2005. Nous supposons qu’aujourd’hui la fréquentation doit atteindre un nombre de personnes situé entre 40'000 et 45'000 par année. En 2008, on recense 66 Hôtels et 129 guesthouses, soit plus du double qu’en 1992. Cette augmentation est certainement liée aux problèmes politiques népalais. Ce sont d’ailleurs deux destinations de montagne complémentaires. En effet, le tourisme népalais fonctionne à plein régime au printemps et en automne tandis qu’il est « paralysé » par la mousson pendant l’été. Ce qui n’est pas le cas du Ladakh. Pourtant si on compare le Ladakh avec son voisin himalayen, il ne représente en 2000 que 3% de sa masse touristique3. Le Ladakh reste donc une destination de niche dans le tourisme himalayen.

La vallée de l’Indus est la destination « phare » du Ladakh.

*Premièrement, elle est située de part et d’autre du principal noeud touristique : la capitale Leh. C’est le « terminus » des deux routes qui mènent au Ladakh et c’est là que se situe l’aéroport.
Quasiment tous les touristes transitent par Leh. La plupart des hébergements et des agences locales sont d’ailleurs concentrés sur la surface de ce centre urbain. Selon les observations, il y aurait environ 80% des touristes entrant au Ladakh qui visitent un ou plusieurs grands monastères comme Hemis, Phyiang, Lamayuru et Thikse.

*Deuxièmement, la vallée de l’Indus est aussi l’axe culturel le plus développé.
En effet, le passage de la route de la Soie dans cette vallée et le soutien des nobles ladakhis ont richement doté les édifices culturels. À proximité de cet axe commercial millénaire se trouvent des monastères très anciens (XIe siècle) ou prestigieux, ainsi que les palais monumentaux des rois ladakhis. Par exemple, Alchi et Hemis, deux complexes religieux d’architecture bouddhiste tibétaine, ont été proposés en 1998, par l’Inde, à la liste du patrimoine culturel mondial. Un troisième, Basgo a reçu « the Award of Excellence of The UNESCO Asia-Pacific Heritage Awards 20076 ».
Au Népal, les problèmes politiques liés aux guérillas maoïstes ont certainement « favorisé » la destination ladakhie.
En 2000, le Ladakh ne représente que 18'055 touristes contre 500'000 au Népal.
Une petite partie des voyageurs qui vont au Zanskar évite Leh s’ils arrivent depuis le Cachemire.
91% des hébergements du Ladakh sont situés dans la vallée de l’Indus.

*Troisièmement, comme un court séjour sans activité physique prolongée est conseillé afin de s’acclimater à l’altitude élevée du Ladakh, la vallée de l’Indus dispose de quelques jours pour dévoiler ses charmes. Ainsi l’offre touristique est résolument tournée vers le tourisme culturel. En effet grâce au réseau routier qui mène à tous les grands monastères, il est possible de visiter les constructions les plus éloignées, comme Hemis ou Lamayuru, en une journée. Les circuits « en étoile » s’adaptent parfaitement à la clientèle qui désire garder un logement de qualité à Leh et rayonner pendant la journée. Tandis que les voyageurs qui veulent parcourir la vallée vers l’aval ou l’amont pour accéder par exemple au départ d’un trekking et ceux qui quittent le Ladakh par la route peuvent aussi visiter quelques monastères situés le long du trajet.

Pour terminer la vallée de l’Indus possède encore deux avantages.
D’une part le privilège de l’ancienneté, puisqu’elle a été la première région ouverte aux voyageurs, fait qu’elle est la plus représentée sur les cartes postales et sur les photos des brochures touristiques. D’autre part elle offre la liberté de mouvement contrairement aux régions frontalières soumises à autorisation.

Une culture vivante riche en traditions

Si une partie des Ladakhis voit son mode de vie évoluer vers une société modernisée, la majorité d’entre eux vit proche d’un environnement naturel difficile. Le climat froid, l’altitude et le peu de ressources hydrologiques ont obligé ce peuple à trouver des solutions originales dans la construction de leur habitat et dans le système agro-pastoral. Pour le voyageur, c’est l’occasion de redécouvrir un monde où l’homme doit disposer de chaque potentialité naturelle grâce à un savoir-faire adapté.
De plus, la culture est très répandue dans le paysage : monastères et palais dominant la vallée, stupas et mane walls présents dans chaque village, drapeaux de prière dressés sur les crêtes et les cols. Les composantes culturelles se servent des composantes naturelles pour donner une signification au territoire. Ces paysages culturels stimulent le désir d’approfondir les connaissances du bouddhisme et de ses artefacts. C’est une tradition religieuse qui a de plus en plus de succès en occident grâce entre autres à la figure emblématique du Dalaï-Lama. Cette culture vivante est par ailleurs confirmée par les festivals religieux des monastères, qui sont chaque année plus fréquentés par les touristes. La forme du bouddhisme pratiqué au Ladakh provient des liens qu’il a toujours entretenus avec le Tibet. Mais l’occupation de celui-ci par la Chine et la disparition du bouddhisme en Inde ont contribué à la valorisation des biens de culture tibétaine sur le territoire indien. Il en résulte la proposition pour deux complexes religieux d’architecture bouddhiste tibétaine, Hemis et Alchi, de figurer sur liste du patrimoine culturel mondial de l’UNESCO.

La conscience locale d’un équilibre fragile
Moins d’une dizaine d’années après l’ouverture du Ladakh aux touristes, une prise de conscience
environnementale locale est apparue sous l’impulsion d’ONG formées par les premiers voyageurs. En effet, ceux-ci se sont rendus compte de l’impact du tourisme sur une population vivant très simplement et peu préparée à cette dynamique socioéconomique nouvelle venant se greffer sur un environnement fragile.
Même s’il manque encore des infrastructures de gestion environnementale, nous avons pu observer en général : des visiteurs « sensibilisés » à cette problématique, des agences touristiques « sensibilisant » leurs clients et des associations proposant des mesures « sensibilisantes ». Le bannissement des sacs plastiques en 1998 dans la capitale Leh grâce à l’action d’une ONG est un exemple de la dynamique environnementale en place.