jeudi 15 septembre 2011

Zanskar VII

Suite et fin du trek de Padum , Phuktal et Shade

Partie faite du 15 au 18 / 09

Hier soir déjà, Rigzing nous disait que nous n'avions pas eu tort de faire demi tour car la pluie arrivait à grand renfort de nuages et que dans la fin des gorges, celles juste avant le Tongde La, il y avait beaucoup d'eau. Elle le savait par des jeunes du bled qui venaient de rentrer de là et qui disaient qu'ils avaient eu de l'eau jusqu'au nombril. Sur ces nouvelles, nous avons passé notre dernière nuit à Shade, avec quand même le réconfort d'avoir pris la bonne décision.
Le petit dej copieux de Rigzing nous met en forme pour repartir de bon pied. Afin d'éviter d'être tentés de dormir une nuit de plus à la belle étoile, je décide de laisser les matelas et les sacs de survie chez Rigzing. Cela nous obligera à marcher d'un bon pas pour arriver avant le coucher du soleil à Phuktal.

Cette fois, cela ne peut être que la bonne et nous disons vraiment au revoir à Rigzing qui nous à tellement aidé. Je ne sais pas si je repasserai un jour par ici, mais ce que je suis sûr, c'est que l'envie dans les prochains mois me pourchassera sûrement.
Bon il faut maintenant marcher d'un bon pas afin d'aller le plus loin possible. Heureusement comme le dit si bien Jean Louis, cela descend !!!!

En effet, le rythme est bon, nous dépassons le monastère de Tantak à neuf heures, passons le pont à onze heures pour changer de rive et arrivons déjà entre la Tsarap et la Shingri à onze heure trente. Les heures défilent à une allure folle. 
J'ai bien l'impression que nous sommes dans le bon pour arriver au plus tôt au monastère de Phuktal. Il n'est que treize heures trente et nous dépassons les éboulis.

                                                       

A seize heures, nous arrivons à mes drapeaux de prière de Phuktal et seize heures trente, nous sommes au guesthouse de Phuktal sous la pluie.


Je suis une fois de plus vidé mais heureux d'avoir réussi le pari de faire Shade - Phuktal en une étape. 
A la guesthouse alors que nous mangeons chacun une soupe Maggi, Jean-Louis, qui tient la grande forme, nous annonce qu'il continue jusqu'à Purne. Bon c'est vrai qu'il n'y a qu'un peu plus d'une heure pour arriver jusque là, mais avec la journée que nous venons de passer, nous, nous préférons en rester là pour aujourd'hui.
Cela ne pose de problème à personne et nous nous donnons rendez-vous déjà à Padum.
Nous profitons de cette fin d'après midi pour nous laver convenablement et aussi, nous reposer de tous ces efforts fournis depuis déjà treize jours.
Heureux de cette expérience ? Oui, de toute évidence, même si cela n'a pas été facile tous les jours, mais nous ne regrettons absolument pas d'avoir fait ce circuit qui nous a donné les plus beaux décors du Zanskar.
Petite grasse matinée et nous repartons le ventre vide en direction de Purne, car ici il n'y a plus rien à manger, si ce n'est que quelques biscuits. Hélas cela ne nourrit pas des marcheurs et n'avons qu'une hâte, celle d'arriver chez Dolma pour y manger une omelette ou un bon dal.
Nos prévisions sont bonnes, après une heure et quinze minutes, nous sommes chez Dolma. Inutile de dire qu'elle est,,comme l'a été Rigzing, très étonnée de nous revoir. Nous lui expliquons notre aventure tout en sirotant une tasse de thé.
Elle demande où est notre ami ? Nous lui disons qu'il a été dormir dans la maison avant chez elle et que pour le moment, il est très certainement sur la route de Padum.
Nous mangeons un dal et du riz et Dolma nous demande ce que nous allons faire aujourd'hui, rester ici ou aussi reprendre la route au plus vite ?
Pascale et moi réfléchissons au problème entre deux bouchées. Pourquoi se dépêcher alors que nous ne sommes que vendredi et que s'il y a un bus qui va de Padum à Kargil, cela ne peut être qu'en fin de semaine ? Nous avons donc le temps de rester ici la journée.

L'adresse est bonne. Et le lendemain, nous prenons la piste de bon pied. Afin d'éviter les travaux de la route, nous restons sur la rive gauche. C'est peut être plus « montagne russe » comme trajet mais au moins, on a la paix sur ce petit chemin de mules. 

En route, je fais un essai avec mon appareil, mais cela ne donne toujours pas. Je fais de même avec celui de Pascale, et là, miracle, il fonctionne à nouveau. Je profite pour faire quelques photos de notre retour.
Petit clic pour le monastère des nonnes à Char, clic pour le village d'Enmu et le hameau qui se trouve juste en face.


 A seize heures trente, nous franchissons le pont d'Ichar. Ici la question se pose, est ce que nous restons dormir au village, mais c'est alors encore une bonne heure de montée pour arriver à un homestay, ou alors nous continuons jusqu'à Reru qui est à trois heures d'ici ? Vu l'heure, nous n'avons pas trop le choix, nous devons passer la nuit ici et nous commençons notre ascension. Lorsque tout à coup, un véhicule de la société qui construit la route arrive. Je dis à Pascale qui était encore proche de la route de demander au chauffeur s'il ne va pas à Reru. La réponse est affirmative, Pascale me fait signe de redescendre et nous nous engouffrons dans le véhicule. Inutile de vous dire que nous sommes fous de joie. Un, nous ne devons pas monter jusqu'au village d'Ichar pour trouver un logis, deux nous serons à Reru dans moins de trente minutes.
A Reru je file un billet dans la main du chauffeur, nous descendons et nous nous dirigeons directement vers la homestay du village. Nous n'avions pas été très contents de cette adresse lors de notre premier passage, mais pour cette fois, nous demandons que la chambre sans repas.


Le proprio est d'accord et nous lui proposons trois cents Rp pour la nuit. Ok, nous nous installons.
Nous nous rapprochons de Padum, plus qu'une journée de marche et nous y serons enfin. Mais, bien que l'on soit dimanche, j'espère bien trouver un véhicule qui nous emmène à Padum. Le coeur léger, nous entamons notre dernière étape au Zanskar. Nous venons de quitter le village qu'un camion arrive à notre hauteur. Nous faisons un petit signe de la main au chauffeur. Il s'arrête et nous lui demandons s'il va en direction de Padum, comme si j'avais peur de lui demander s'il allait jusqu'à Padum. La réponse fuse, je vais à Padum et nous pouvons monter dans la benne. Bon, ce n'est peut être pas un endroit confortable, mais au moins, nous en avons fini et pour neuf heures et demi au plus tard, nous serons à notre guesthouse le Mont Blanc.
Secoués dans tout les sens, mais quand même très heureux, nous arrivons dans la rue principale de Padum. Au carrefour principal, nous sommes déchargés. Nous voulons donner quelques chose au chauffeur, mais il refuse catégoriquement, un grand julley lui suffit.
C'est ce que nous faisons de tout coeur.
Arrivés au Mont Blanc, nous retrouvons avec plaisir, notre chambre et nos affaires restées là. Nous n'avons peut être pas réussi notre périple en entier, mais nous ressortons quand même d'une terrible et très belle aventure que nous ne sommes pas prêts d'oublier.
Nous retrouvons Jean-Louis, qui pour une fois, dort dans la même guesthouse que nous.
Nous nous racontons notre retour respectif depuis que nous nous sommes quittés à Phuktal. Visiblement, Jean-Louis n'a pas eu autant de chance que nous, il a dû faire presque tout le trajet à pied, tant et si bien qu'il n'est arrivé que la veille au soir avant nous.
Nous continuons notre discussion chez le tibétain de Lhassa.
Visiblement, nous sommes heureux de nous retrouver et les plaisanteries les plus folles fusent de toutes parts.
Les projets ? Nous, nous restons à Padum et Jean Louis partira pour deux jours dans les villages et les nonneries en direction de Rangdum.
Nous lui disons qu'il ne doit pas avoir peur que si on trouve un bus pour Kargil, on prendra forcément aussi une place pour lui.
Lorsque nous nous levons le lendemain matin, notre voisin de chambre est déjà parti. 



Nous allons prendre le petit dej chez le tibétain lorsque nous constatons qu'il y a un bus dans la rue principale.
Il vient juste d'arriver de Kargil. Nous demandons au chauffeur s'il sait quand il repartira, mais la réponse est incertaine et que de toutes façons, il ne délivrera les tickets que demain mardi vers dix heures. Ok à demain et nous allons déjeuner.
Tout va bien, nous avons déjà une petite porte de sortie pour Kargil, il suffit maintenant savoir quand !
Le lendemain dix heures, nous sommes devant le bus. Comme prévu, le chauffeur est là qui charge des marchandises sur la galerie. Lorsqu'il en redescend, il nous demande si nous voulons des tickets pour Kargil. Effectivement, c'est même pour cela qu'on est venu !!!!
Nous réservons trois sièges et le chauffeur nous dit que le départ sera le mercredi 21 à trois heures trente. Ok on est d'accord.
Le lendemain, nous retrouvons Jean-Louis qui revient de son trek sur la route de Rangdum. Il est très fatigué car cela n'a pas été de tout repos pour lui. Nous allons boire un thé et nous lui racontons que nous avons les tickets pour Kargil et que le départ est prévu pour demain trois heures trente. Trop fatigué, il ne comprend pas directement que nous avons aussi une place pour lui. Lorsque sa roupie tombe, il ne dira que ok pour demain trois heures trente !!!
Voilà comment le mercredi 21 septembre nous sommes ressortis de notre aventure au Zanskar.
Le reste sera de longues heures de bus sur une route défoncée jusqu'à d'abord Kargil et Leh le lendemain.










L'aventure a duré vingt neuf jours. Lorsque nous sommes arrivés à la guesthouse Ti Sei à Leh, le patron pensait que nous n'allions pas revenir, bien que nous avions laissé des affaires chez lui. Ben oui, nous savons bien que cette fois, l'aventure a été particulièrement longue.
Maintenant, nous allons réserver un 4X4 pour aller au lac de Tsomoriri pendant deux jours.

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