dimanche 22 juillet 2012

Lamayuru

Lamayuru Gonpa est sûrement l'un des monastères incontournables du Ladakh. Mais cette fois, je ne suis ici que de passage. En effet, c'est surtout pour aller découvrir d'un peu plus près, le Moonland, ce site possédant une esthétique unique.






 Ce matin, je me lève tôt car aujourd'hui au Gonpa, il y a une puja spéciale pour la fin du mandala. Il est 6h, j'entre dans la salle de cérémonie. Devant moi se trouve le grand autel où trône une statue de Bouddha devant laquelle sont placés des tables basses et des tapis où vont s'installer les moines. Devant leurs tables basses sont déjà placés leurs instruments de musique et les feuillets du mantra du jour.
Ils entrent un par un en se prosternant. Puis l'office commence, débutant par une longue psalmodie. Aucune monotonie dans cette liturgie scandée par le tintement de cloches et par la basse profonde du grand tambour. Parfois le rythme s'accélère puis le silence s'établit subitement tandis qu'un chant grave et lent s'élève dans le grand temple.
Le moment est tellement magique que l'on n'a plus qu'à se laisser aller vers d'autres lieux imaginaires. Les odeurs d'encens vous y conduisent tout naturellement. 
........... D'autres chants recommencent avec des basses très profondes et vous repartez une nouvelle fois vers d'autres infinis.










La cérémonie terminée, je demande pour voir les 3 plus vieilles statues du monastère de Lamayuru. 





              

Je retourne à la guesthouse pour prendre mon petit dej. avant de repartir pour ma visite dans le Moonland.

Le site est bien visible depuis la route, mais je ne savais pas qu'il y avait la possibilité de l'explorer. C'est mon ami Jean-Louis qui m'a donné l'info, en me disant que je n'allais sûrement pas regretter cette exploration lunaire.
Au premier regard, on est interpellé par la couleur jaune ocre du site et cette couleur est encore un peu plus accentuée par le contraste avec les roches sombres environnantes.



Je ne sais plus où poser mes yeux tellement que je suis surpris par ce décor incroyable. J'arrive à des falaises encore plus spectaculaires qui sont ornées, tout en haut, de stalactites et stalagmites d'argile.

J'ai continué à monter pas à pas jusqu'au plus haut que je pouvais. 
Tout là-haut, la vue conjointe du Moonland et du Gonpa de Lamayuru posé sur une épaule d'une vallée latérale, restera comme un des nombreux bons souvenirs de voyage.
Je n'avais plus qu'à redescendre à mon aise pour profiter encore et encore de ce site unique.
La face cachée du Moonland !!!!

La balade fut difficile, mais croyez-moi, je ne regrette en rien les efforts fournis. 



Voici les dessins que Jean Mazas m'a aimablement autorisé de publier sur mes pages. 




                                                                                                                                       

http://jeanmazas.blogspot.com/  

samedi 21 juillet 2012

Monologue d'un trekkeur solitaire

L'heure du départ a sonné, l'aventure va pouvoir commencer.
Mon sac ultra léger sur le dos (+/- 14 kg), je quitte la guesthouse à l'aube en traversant une ville encore endormie. Il n'y a guère que quelques chiens qui déambulent comme moi dans la rue principale. Malgré l'ambiance morose des petites heures, je ressens au fond de moi l'allégresse d'un grand départ.
Pour moi, c'est la réalisation d'un rêve. Je vais enfin rejoindre le Zanskar, non pas par la piste assis confortablement dans une jeep 4x4 comme je l'ai déjà fait par deux fois, mais bien par mes propres moyens en empruntant les sentiers escarpés des muletiers.

Je laisse derrière moi les quelques affaires dont je n'aurai pas besoin durant mes deux mois de trek. J'ai été obligé de faire un tri draconien afin d'avoir un sac à dos le plus léger possible. Cela n'a pas été une simple affaire, car pour ce long trek, j'ai forcément besoin d'avoir de la nourriture, une pharmacie, quelques vêtements, mon programme, mon appareil photo ........ et aussi une tente. Grande première pour moi, c'est fini de dormir à la belle étoile à plus de 4000 m. Je suis probablement arrivé à un âge où j'ai besoin d'un minimum de confort !

Un bon quart d'heure de marche et j'arrive au polo ground. Le bus est là et le chauffeur charge déjà les premiers colis sur la galerie. Vu que je ne vais que jusqu'à Lamayuru, je demande si je peux garder mon sac auprès de moi. Le chauffeur préfère le mettre alors dans l'un des coffres du bus. Je ne peux refuser, mais par expérience je sais que c'est là que mon sac sera le plus exposé à la poussière de la route. Je sors de quoi le protéger au maximum, aussi non, je risque de ne plus le reconnaître à l'arrivée. 


En quittant Leh, je laisse derrière moi le confort de la ville. Fini les restaurants et les menus de choix. A partir de maintenant je serai, sauf à de rare exception, seul dans une nature brute, originelle et aride. Je sais qu'il me faudra du caractère pour arriver au bout de cette aventure solitaire mais la volonté d'arriver à Darsha est bien présente.

Le bus roule en direction de Lamayuru en longeant la rivière de l'Indus. Dès que l'on quitte la ville le paysage change radicalement. Désert essentiellement minéral, l'herbe y est rare et la forêt inexistante. Seul subsistent quelques taches de verdure aux abords des villages. 

On est parti pour 125 km que l'on effectuera probablement dans un temps record de 4h30 avec un arrêt repas. 





J'ai beau avoir fait la route à plusieurs reprises, je reste encore et toujours émerveillé par ce décor que seul l'Himalaya peut m'offrir.
Himalaya signifie "maison des neiges" ( hima "neige" alaya "maison"). 


Le bus s'arrête enfin  à Lamayuru. Dans un premier temps, je vais me trouver une guesthouse dans le village. Après m'être installé, j'irai au monastère pour voir si les moines sont présents pour la puja du soir. Ce n'est pas certain car le festival a eu lieu les 16 et 17 juin et généralement les moines rentrent chez eux après l'évènement. Si c'est le cas, ce serait vraiment dommage car la puja du monastère m'a déjà laissé dans le passé de beaux souvenirs. 

Ce n'est toutefois pas pour la puja du monastère que je suis venu cette fois à Lamayuru. Mon but premier est de faire un tour dans le cirque désertique de "Moonland", site d'un ancien lac qui a occupé la vallée pendant plus de 30.000 ans. Ensuite je continuerai plus haut dans la montagne afin d'avoir une vue exceptionnelle sur ce grand cirque désertique et espérer par la même occasion de voir quelques fossiles marins.  Le paysage de «moonland», terme touristique pour qualifier les dépôts lacustres à l’esthétique étonnante, ne cesse de fasciner les voyageurs qui transitent par le Ladakh.
                       
Dessin de Jean Mazas

http://jeanmazas.blogspot.com/ 

vendredi 20 juillet 2012

Dernières petites choses à faire à Leh

Avec le passage surprise du Dalaï Lama, il est évident que j'ai pris un sérieux retard sur le programme de ma journée.
Pour rattraper le coup, j'ai commencé par ce qui me semblait le plus important, l'achat d'un gsm et d'une carte prépayée téléphonique afin de pouvoir informer Pascale du bon déroulement de mon trek. 
Bien vite, j'allais comprendre que la chose ne serait pas aussi aisée que je ne le pensais. On m'a informé que les étrangers ne pouvaient pas avoir de carte sim indienne dans tout le Cachemire.
Inutile de dire qu'avec une telle info, mon sang n'a fait qu'un tour car je ne pouvais imaginer laisser Pascale sans nouvelles pendant tout le trek. Mais que faire pour détourner cette loi indienne aussi débile ?!
Apparemment rien, puisque j'ai essuyé des nombreux refus lorsque je posais la question.
La nuit a donc été pour moi, légèrement difficile !!

Ce matin, afin de conjurer le sort, je me suis directement mis en route vers le centre tibétain de Choklamsar afin d'y déposer les médicaments que je trimbale depuis Bruxelles. 
Pour rejoindre cette association, je me suis mis au début de la grand route pour attendre un véhicule collectif. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, j'ai trouvé une place pour faire les quelques kilomètres qui séparent Leh de Choklamsar.

Arrivé devant le centre pour les réfugiés tibétains, j'ai demandé au garde où je devais aller pour déposer mon colis. De l'index, il me désigna un bâtiment où je trouvai un responsable de la section médicale.
De toute évidence, c'était la bonne adresse pour déposer ce colis de médicaments car même si le centre tourne bien, il arrive quelquefois, m'explique le responsable, que les médicaments manquent et il est alors bien difficile de subvenir aux problèmes de santé des nombreuses familles qui sont ici.
Pour me remercier, comme si son large sourire ne suffisait pas, il me proposa un thé. Ce que j'acceptai avec un sourire tout aussi grand. 

De retour à Leh, je me suis alors dirigé vers la petite échoppe tibétaine pour faire un petit juley au patron et lui demander par la même occasion s'il n'avait pas une belle pièce d'art tibétain à me proposer. 
Avec un grand sourire, il me montra un stupa en argent ciselé d'une main experte et artisanale.
La pièce que je découvris était incroyablement belle et je l'imaginais déjà à côté de la statuette que j'avais acquise l'année passée.
J'étais bien décidé à l'acheter, mais le seul hic, c'est que le prix était à la hauteur du travail de l'orfèvre.
Le marchandage allait pouvoir commencer !! 
Très vite, mon homme baissa le prix tout en me disant que l'année passée, j'avais été très fort dans l'exercice du marchandage et que cette fois, il n'irait pas plus bas !
Je compris fort bien et lui demandai de réfléchir jusqu'à demain.

Le lendemain, de retour à la boutique, je lui ai dit que je prendrais ce petit stupa à mon retour de trek, càd en septembre. Voilà une pièce de plus qui trônera sur mon étagère à souvenirs.
Je vais maintenant quitter Leh et partir pour la grande traversée du Zanskar.

jeudi 19 juillet 2012

Le Dalaï Lama en visite à Leh



Je pensais que la ville de Leh m'avait déjà donné beaucoup de surprises mais aujourd'hui, elle m'a véritablement comblé.
Depuis mon arrivée ce matin le bruit courait que la ville de Leh allait profiter de la visite du Dalaï Lama. J'avais beau me renseigner de tous côtés, personne ne pouvait me préciser l'heure de son arrivée.
Des hommes et des femmes en habit des grands jours arrivaient de partout. Différents musiciens traditionnels ladakhis se joignirent à l'attroupement afin de faire danser tout ce beau monde. Après ce fut les moines qui arrivèrent des différents monastères des alentours de Leh. Cette fois, le doute n'était plus permis, le Dalaï Lama allait bel et bien arriver.
L'attente dura encore deux bonnes heures.
Puis la musique et les danses ont fait place à une haie d'honneur de chaque côté de la route et cela sur plusieurs kilomètres.
Il est inutile de vous dire que la nervosité monta encore d'un cran.
Pendant le long temps d'attente, je me suis à nouveau dirigé vers l'aéroport, car il était évident que c'était de là que le Dalaï Lama allait arriver à Leh. 

Lorsque son avion se posa sur la piste, des dizaines vases d'encens furent allumés tout le long du trajet.
Puis, après des heures d'attente, sa sainteté le Dalaî Lama sortit enfin de l'aéroport.













mercredi 18 juillet 2012

En route ! Vers de nouvelles aventures.


Quitter Bruxelles et son plat pays, pour se retrouver en un peu moins d'une trentaine d'heures dans la capitale du Ladakh et se retrouver du même coup entre la chaîne de l'Himalaya et celle du Karakoram, peut comme on dit, déstabiliser plus d'un voyageur belge.


La ville de Leh est une ville si bien enclavée qu'il n'y a pas trente six solutions pour
arriver ici. Deux routes relient la ville au reste de l'Inde. Ces deux voies qui à l'origine étaient stratégiques et qui empruntent les tracés des anciennes pistes caravanières, ont été ouvertes par l'armée pour lui permettre de défendre les frontières de l'Inde des convoitises de ses puissants voisins, la Chine et le Pakistan. 




La première route part de Srinagar avec le franchissement du col Zodji La (3500 m). Ce col est l'un des moins élevés mais sûrement l'un des plus dangereux de la région. 


La deuxième route, part de Manali, avec le passage d'une série de cols comme le Rohtang La (3978 m) et le Lachlung La (5060 m). 

Ces deux routes ne sont ouvertes que durant les quelques mois d'été.  
La dernière solution pour se rendre au Ladakh, c'est l'avion. Il vous offre un spectacle différent sur les grands décors himalayens, mais aussi le souvenir d'un atterrissage des plus  spectaculaires.



Vous l'avez déjà lu dans la préparation de ce voyageje suis venu cette fois pour découvrir les petites lamaseries et les ermitages troglodytes isolés dans la montagne. Ils sont tellement bien isolés que je vais devoir cette fois sillonner les chemins de traverse himalayens très peu fréquentés. 
Mon programme pourrait toute fois être modifié si je devais constater qu'il y a trop d'eau dans les gorges après le Kanji La. A ce moment là, je prendrai alors la voie normale des trekkeurs pour rejoindre le Zanskar. 

Mais je n'en suis pas encore là, pour le moment je viens juste d'arriver à Leh. Fatigué, le ventre vide, le souffle court, je retrouve une nouvelle fois la ville avec grand plaisir. Comme lors de mes précédents séjours, je retourne tout naturellement au Ti Sei Guesthouse dans le quartier de Malpak. Il y a bien évidemment d'autres adresses, plus confortables ou plus modernes, mais celle-ci me plait beaucoup car elle est située à l’écart des rues importantes et possède un mur d'enceinte qui me permet de profiter des premiers rayons du soleil lorsque je prends mon petit déj au jardin. 

Arrivé sur place, je dépose mes sacs dans la chambre, le patron vient avec un thermos de thé en guise de bienvenue. Pas étonné que je sois de retour, puisque Olivier, une connaissance de Bruxelles, m'avait réservé une chambre lors de son passage à Leh (merci Olivier). Visiblement il est content de me revoir, mais me demande pourquoi Pascale n'est pas là. Je lui dis qu'elle va très bien et qu'elle viendra me rejoindre en septembre lorsque j'aurai fini ma traversée du Zanskar.  
En attendant que je termine le thé, nous descendons tous les deux au jardin pour continuer la conversation. 
Je profite de l'occasion pour récolter les dernières informations sur la région.


De ce côté là, je dois pourtant bien avouer que j'ai été particulièrement gâté avec la nouvelle édition du guide 2012 de Jean Louis Taillefer. Son guide m'a donné l'occasion de récolter un nombre incroyable de bons tuyaux pour mettre sur pied ce circuit.

Pas le temps pour la farniente, je dois maintenant m'occuper au plus vite de ma demande de permis pour la vallée du Dha, du moins la partie qui  est annexée au district de Leh. L'autre partie, celle qui se trouve au fond de la vallée à deux pas du Pakistan, est quant à elle sur le district de Kargil. C'est donc là-bas que je devrai faire une nouvelle demande, tout en faisant bien attention de faire chevaucher les deux permis afin de ne pas avoir des problèmes aux checkpoints. 

Ces formalités accomplies, il sera temps pour moi d'aller manger un bout et boire un ginger lemon au resto tibétain " The Wok ". 
Après m'être rassasié, je prendrai le bus qui va à Choklamsar pour y porter une panoplie de médicaments que j'ai reçu de mon pharmacien pour le camp de réfugiés tibétains. Ce centre est devenu au fil des années un foyer d'études de la littérature et de l'histoire tibétaines ainsi que de la philosophie bouddhique. Il y a aussi une école et bien évidemment un centre hospitalier important vu le nombre sans cesse croissant de réfugiés qui arrivent de leur terre natale. Ce petit coup de pouce leur fera le plus grand bien.

Je repars donc avec mon passeport au Tourist Office pour avoir mon permis. Arrivé sur place, je constate qu'il est fermé, je me renseigne à gauche à droite pour savoir s'il sera ouvert aujourd'hui ? Impossible d'avoir une réponse précise. 
En désespoir de cause, je passe alors au Dreamland Tours afin de leur demander de le faire à ma place tout en précisant bien les dates.

Bonne chose de faite, je peux continuer mon programme, après il sera encore temps d'aller me perdre dans les ruelles du bazar de Leh et terminerai mon petit tour par la boutique de l'antiquaire tibétain pour lui demander s'il a des pièces intéressantes pour moi.

C'est chez lui, que l'année passée, j'ai acheté une splendide statuette faite de trois métaux, cuivre, bronze et argent, qui représente le Guru Rinpoche.

Un sacré coup de chance, car à Leh, il est aujourd'hui excessivement difficile de trouver de très belles pièces. Tout a été vendu depuis fort longtemps, et lorsque, par le plus grand des hasards, on en trouve encore une ou deux, ce sont des pièces qui sont arrivées, on ne sait pas trop comment du Tibet. 

Elles ne sont pas forcément volées, ce sont plutôt des "bijoux de famille" que les réfugiés tibétains qui fuient leur pays et la répression chinoise, qui emportent avec eux ces petits trésors familiaux. Ceux-ci, une fois vendus, les aideront à s'intégrer plus facilement dans la vie sociale et économique de leur nouveau pays d’accueil. Il y a aussi une autre version qui dit que ce sont les rares expéditions qui ramènent ces pièces. Allez savoir !
Une chose est certaine, ces antiquités ne se vendent pas sous le manteau, elles sont exposées dans les petites échoppes aux yeux de tous. Une fois qu'on a trouvé l'objet en question, il ne suffit plus qu'à négocier le prix et cela peut prendre beaucoup de temps. Pour ma statuette, cela a duré une semaine et demi avant que le vendeur et moi tombions d'accord sur un prix afin que les deux parties estiment avoir fait la meilleure affaire possible.

                                                             










Dessins de Jean Mazas


                                                                                            


mardi 17 juillet 2012

Holidaytrip est parti


Enfin, le jour J et l'heure H sont arrivés. Ce matin de bonne heure, Holidaytrip est parti pour son grand trek. Et voici ma petite photo souvenir.
Plus que quelques heures d'attente pour pouvoir le suivre dans ses aventures. 

A bientôt. 

Tripinette