mardi 29 décembre 2009

Préparation du voyage au Spiti

Voyage dans les vallées mystiques du bouddhisme Himalayen.


1) La vallée du Spiti dans la région de l'Himachal Pradesh.

La meilleure période pour se rendre au Spiti est de mai à octobre. Durant les autres mois de l’année, le froid et l’enneigement des cols rendent l'accès impossible ou difficile.
Son accès est donc limité par le climat. Mais cet accès a été aussi limité, pendant longtemps, pour des raisons administratives. Même actuellement, il faut encore un permis pour accéder à cette région, permis qui sera demandé à des postes de contrôles de l'armée.
Pour obtenir le permis, nous aurons besoin d’une copie du passeport et du visa, le tout accompagné de 4 photos d'identités couleur identiques.
Au Spiti, dans un environnement aride et grandiose, on visitera des lieux toujours empreints d’une culture bouddhiste séculaire pour entrer dans un véritable sanctuaire de la culture tibétaine. Et, il en reste très peu.
Ce voyage vers ces régions isolées nous mènera sur des routes de montagne souvent étroites et encaissées qui subissent souvent des glissements de terrains avec l’afflux brutal d’eaux des fontes des neiges, des glaciers, de la mousson et des crues subites des torrents qui détruisent les ponts.
Pour aller au Spiti depuis Delhi, nous prendrons le train jusqu'à Kalka, ensuite, après un changement de train typique (Toy train), nous irons jusqu'à Shimla.
Le voyage se poursuivra dès lors dans la vallée de Sutlej jusqu'aux régions du Kinnaur puis, du Spiti sur la frontière entre l'Inde et le Tibet (Chine). C'est là qu'il y aura des contrôles des autorisations de visite aux "check-point".
La Vallée de la Spiti, dans l’Himashal Pradesh, est l’une des régions habitées les moins peuplées au monde. Des habitants isolés qui vivent hors du temps dans un décor grandiose. Un désert de montagnes, de pierres et de glaciers.
Les Spitiens ont les traits proches de ceux des Tibétains. Ici, “Bonjour” se dit “Jule”, dérivé du mot tibétain “Tashi delek”. Ils sont issus de tribus mongoles sino-tibétaines venus du Nord, des nomades Khasas d’Asie centrale, des descendants du clan Shakya du Ladack et des Mudas, premiers habitants de ce désert.
Pour découvrir les villages pittoresques de toute cette vallée, il faut sortir de la route principale et grimper dans les montagnes.
Nous ferons entre autres des villages comme ceux repris ci-après.
Tabo est la seconde ville de cette enclave tibétaine. Des grottes, dans lesquelles les lamas viennent méditer, sont creusées dans la crête qui la surplombe. Le gompa de Tabo, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, date du Xème siècle et préserve des trésors bouddhistes très anciens. Dans la cour du monastère couleur sable, trois eucalyptus offrent quelques parcelles d’ombre pour se protéger du soleil qui tape fort en début d’après-midi. Dans une des petites ruelles de la ville, une femme âgée, souriante, tricote des chaussettes en laine de yak et fabrique des bijoux en turquoise et corail. Des châles et objets venus du Tibet sont étalés dans les petites échoppes. Dans cette région isolée, mieux qu’ailleurs, la culture et l’artisanat tibétains ont pu être précieusement conservés.
La route se dirige ensuite vers Dangkar, ancienne capitale du Spiti, située à 3 870m, 300 m au-dessus de la rivière de la Spiti. Le village est abrupt. La montée à pied dans la terre grise rocailleuse est délicate. Un escalier mène à un stupa qui domine la Vallée. Des drapeaux bouddhistes vert, jaune, bleu, rouge et blanc flottent au vent. Il y a comme un sentiment d’irréel face à la magie de ce lieu. Une sensation de vertige et l’impression de n’être rien face à l’immensité du décor.
Les maisons, surplombant le gompa vieux d’un millénaire, se fondent dans les roches taillées par le vent et le soleil. Une invitation à boire un chai (thé indien) ne se refuse pas. Le thé se déguste autour d’une des tables basses en bois. Chacun se sent ici un peu comme chez soi.
En contre bas du village, pois, blé et orge poussent dans des champs verdoyants. Comme dans le reste de la région, les habitants de Dangkar cultivent d’avril à octobre et stockent des provisions pour l’hiver, long et rude.
La ville de Kaza, centre administratif et carrefour routier, est un passage obligé pour obtenir un permis, indispensable pour poursuivre la route.
Le Spiti est parsemé de monastères bouddhistes. Celui de Ki, village situé a 8km de Kibber, est le plus grand et coloré de la région. 115 moines bouddhistes viennent y prier et manger tous les jours à heure fixe. La tradition, moins rigide que par le passé, veut que le second fils de la famille rejoigne le “gompa” afin de devenir lama.
Perché à 4 205m, Kibber est l’un des villages les plus hauts du monde. Le fond de l’air est frais mais dès que le soleil apparait, la température monte rapidement.
A cette altitude, le souffle est vite coupé et le moindre effort épuise. Mais le sommet de Kibber offre une vue imprenable sur les montagnes et la sensation de dominer le monde.
Ca, c’est la liste des villages les plus importants. Il est évident que nous visiterons des villages plus petits et beaucoup plus éloignés comme ceux de Kalpa, Sanga, Chkul, Nako, Kungri etc ……



Détails de ce circuit depuis Delhi jusqu’ à Leh.


Delhi – Chandigarh – Kalka – Shimla (1900 m).

A la gare d’Old Delhi, le Howrah Kalka Mail (107/300/485 Rs couchette/3-tier, clim/2-tier clim) quitte Delhi à 22h50 pour atteindre Chandigarh à 3h25.
10 trains desservent chaque jour Kalka (19/122 Rs 2èm classe/siège) 1 heure, 24 km.
Pas de visite car selon les notes de Pascale lors de notre premier passage, Kalka est une bête ville sans intérêt (ce n’est pas faux !).
Souper au resto Krishna Café : très bon.
De là, 4 trains sur voie étroite entreprennent chaque jour la montée vers Shimla (35/167 Rs 2èm classe/siège) 5 heures, 96 km
Départ à la gare de Kalka pour le « Toy Train » qui serpente entre tunnels (103), forêts de cèdres et forêts de rhododendrons. C’est là que le train commence sa longue montée jusqu’à Shimla. Le paysage est de toute beauté.
Train de montagne. C'est un train qui date de 1903 et qui a été construit par les Britanniques pour se rendre à leurs maisons d'été dans les montagnes. Il est très lent. Des banquettes à 90 degrés. Mais les fenêtres s'ouvrent, les portes aussi, même quand on est en mouvement. On dirait quelque chose qui sort d'un vieux western. Son charme tient surtout au fait qu'il passe dans des paysages de montagnes fabuleux. Avec ses 103 tunnels et ses petites gares, nous pouvons dire que le voyage est inoubliable puisque nous l’avons déjà fait mais dans le sens inverse.
Shimla. Capitale de l'Etat d'Himachal Pradesh, ancienne capitale d'été du Raj britannique, c'est l'une des stations d'altitude les plus courues par les Indiens en période de fortes chaleurs.

Shimla - Sarahan (1 920 m).

Départ après le petit-déjeuner. Montée par Kufri sur Narkhanda, d'où la vue est superbe, et redescente sur Rampur. Montée sur Sarahan (1 920 m). visite du somptueux temple hindou de Bhimakhali, en granite et bois, vieux de plus de 500 ans. (190 km - 6 h de route)

Sarahan - Sangla (3 450 m).

Retour sur la route principale, le long de la vallée de la rivière Sutlej, et en prenant à nouveau les chemins de traverse, nous entrons dans la luxuriante vallée de la Baspa, en plein district du Kinnaur. (90 km). Visite du fort de Kamru qui surplombe le village de Sangla

Sangla - Chitkul (3 450 m) - Sangla.

Visite des villages de Rackchham et de Chitkul, le dernier village de la vallée. La particularité des habitants de cette vallée est d'avoir adopté les deux religions que sont l'Hindouisme et le Bouddhisme. (26 km)

PARIKRAMA DU KINNER KAILASH
Hors des Sentiers Battus - Marche spirituelle.
Pour les hindous et les bouddhistes, la parikrama est une circumambulation autour d'une divinité ou d'un lieu sacré comme un temple, un arbre, une montagne, un lac, un lieu de pèlerinage ou même une ville sainte.

La Parikrama du mont Kinner Kailash, la plus célèbre, est une randonnée sportive de six journées de marche. La route commence à Thangi, sur la rive gauche du Satluj par col du Charang jusqu'à la vallée de Baspa. La meilleure période pour la parikrama est le jour hindou de Janam Ashtami (Jour d'anniversaire de Lord Krishna), il est aussi possible de le faire à la fin Juin ou plus tard jusqu'en octobre. Le mont Kinner Kailask, "la demeure éternelle de Shiva", est situé à la frontière indo-tibétaine où l'accès libre pour les étrangers est restreint, un permis d'entrée devant être obtenu auparavant auprès des autorités compétentes.


Sangla - Jangi (2 276 m).

Descente de la vallée jusqu'à la route principale, de plus en plus spectaculaire, que nous prendrons jusqu'à Recong Peo, chef-lieu du district du Kinnaur et montée au milieu des pins jusqu'au monastère bouddhiste, qui jouit d'une vue imprenable sur le Kinnaur Kailash (6.050 m, autour duquel les fidèles shivaïtes effectuent un pèlerinage). Montée jusqu'au village de Kalpa, marche dans les ruelles pour atteindre le complexe de temples hindous et le grand chörten. Puis passage du "check post" (contrôle des passeports et des "Innerline Permits" pour accéder à la suite de la vallée, dont l'accès est limité car proche de la frontière tibétaine). (environ 120 km)
A Recong Peo, il faudra s’occuper de nos "Innerline Permits" pour pouvoir continuer le voyage dans la vallée.

Jangi - Nako (3 682 m).

Départ, il faudra passer aujourd'hui deux check post pour arriver à Nako.
Visite du village haut perché de Nako, à l'écart de la route et du très ancien monastère attribué à Rinchen Zangpo, promenade dans ce petit village de style tibétain construit autour d'un lac et au milieu des champs d'orge. La vue est splendide, le calme total. Un rocher porterait l'empreinte des pas de Padmasambhava... (100 km) 5 h de route, en fonction de l'état de la route

Nako - Tabo (3 650 m)

Retour sur la route principale qui emprunte des gorges où rugit la rivière Sutlej, puis la rivière Spiti, pour atteindre Tabo.
Visite des diverses salles de ce monastère mondialement connu pour la richesse artistique et la symbolique de ses statues et de ses fresques (notamment dans le Tsug Lakhang et la salle des mandalas). (25 km) la route « délicate entre Tabo et Nako a été réparée en 2005)

Tabo - Dhankar (3 890 m) - Lahlung (3 800 m) - Pin Valley (3 500 m)

La journée commence par la visite des deux monastères de Dhankar, juché sur une falaise et offrant un panorama magnifique sur la vallée de la Spiti et la vallée de la Pin, et de Lahlung au fond de l'étroite vallée de la Lingti, aussi impressionnant et beaucoup moins visité que Tabo. Retour sur la route principale avant d'entrer, par le pont d'Attargo, dans la vallée de la Pin : cette vallée, célèbre pour sa faune sauvage, notamment des loups, des ibex (bouquetins de l'Himalaya), de rares léopards des neiges, est une réserve naturelle. A Khungri, visite du vieux monastère Nyingmapa, modeste mais très particulier ; on peut également visiter le monastère moderne, qui abrite une école pour jeunes moines. Possibilité de ballade dans les champs au-dessus du village, pour admirer la vue sur la vallée baignée dans une lumière exceptionnelle en fin d'après-midi.

Pin Valley jusqu’aux villages de Sagnam & Mud.

Nous poursuivons dans la vallée pour visiter les villages de Sagnam, Mund, Khar & Gulina.

Pin Vallay – Kaza - Kye (3 100 m)

Retour sur la route principale pour rejoindre Kaza, puis le village de Kye : visite du monastère, impressionnant sur son piton rocheux. Le monastère de Kye, au milieu des sommets blancs majestueux.  Kye est un assemblage de cubes blancs posés sur un rocher, ce sont les cellules des moines, avec le monastère tout en haut
Kaza, chef-lieu du sous-district du Spiti, marché très animé, puis continuation jusqu’au village de Kye (53 km)

Kye - Kibber (4 205 m).

Puis, par la piste, arrivée au village de Kibber (4 205 m), réputé comme étant le plus haut village d'Asie électrifié et habité de façon permanente (réputation qui devrait maintenant aller au village voisin de Gete).
Depuis Kibber où nous ferons un trek.
Le trek commence par un chemin tracé dans la haute région du Spiti à travers des champs d'orge et de petits pois. Visite du joli hameau de Gete avec ses quelques maisons. Nous continuons ensuite 45 min jusqu'à Tashigang.
Découverte de Tashigang, village de 20 âmes avec son mini gompa, monastère sans moine. C'est le royaume du silence, des étendues sans fin, de la nature impressionnante, des aigles qui planent très haut dans le ciel.
Continué par un sentier régulier puis une descente de 30 min mène au lit de rivière de Shila Nalla. Nous conseillons de partir tôt afin de traverser la rivière dans de bonnes conditions. Arrivée à Langza, après une longue montée.
PS : s'il est impossible de traverser la rivière et que le pont provisoire est détruit, nous serons dans ce cas obligés de retourner vers la route.
Après la rivière, marche aisée. En cours de route, visite du village d'Hikkim, puis après 30 min de marche, arrivée à Komic, célèbre pour son monastère, l'un des plus haut du monde et pour ses fossiles.
De là retour à Kibber via Kaza.

Kibber - Rangrik - Lossar (4 080 m).

Route chaotique mais magnifique jusqu'au dernier village de la vallée du Spiti, Lossar, au pied du col du Kunzum. Bivouac. (108 km - 5 h 30 de route)

Lossar - Chandra Tal (4 270 m) par le Kunzum La (4 551 m).

Longue route difficile pour monter au col du Kunzum (fermé 8 mois par an), mais au sommet, quelle récompense ! La vue panoramique sur les hauts sommets enneigés et les glaciers immenses (notamment le Bhara Shigri, l'un des plus grands d'Asie) est magique. On entre à cet instant dans le district du Lahaul. Randonnée agréable d'environ 3h (en descente) depuis le col jusqu'au lac d'altitude du Chandra Tal ("lac de la lune") aux eaux turquoises d'une pureté extrême. Balade autour du lac dont l'équilibre écologique est très fragile.
Il faudra quand même se renseigner sur la possibilité de savoir dormir là haut.
Retour sur la route

Lossar – Manali (2 050m)

Lossar sera notre dernière étape dans cette partie de la vallée du Laheul.
Maintenant, nous filons directement sur Manali et rejoindre le village de Vashisht où nous attendrons Christian pour continuer notre route vers Leh.

Fin de la première partie, la suite du voyage sera consacrée à la vallée du Zanskar et de la Noubra dans la région du Ladakh.

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