samedi 2 juin 2012

L'Histoire du Ladakh


La vallée de l’Indus se situe au coeur des montagnes avec les chaînes du Ladakh et du Karakorum au nord et les chaînes du Zanskar et du Haut-Himalaya au Sud. Cette situation géographique atténue fortement les perturbations liées à la mousson et aux courants d’ouest de type méditerranéens. De plus l’altitude générale élevée, entre 3000 et 4500 mètres pour les régions habitées, maintient des températures relativement basses toute l’année. Les amplitudes thermiques annuelles et journalières sont grandes. C’est pourquoi le climat du Ladakh est qualifié de climat aride ou semi-aride,continental, subtropical de haute montagne. 

Le terme Ladakh, « la-dwags » en langue vernaculaire qui signifie « entre les cols », définit bien le caractère enclavé de cette contrée.
Six différentes régions sont à dénombrer. La première se situe au nord avec les grandes vallées confluentes de la Nubra et de la Shyog, tous deux affluents de l’Indus. La deuxième au nord-est, l’Aksaï-Chin est un haut plateau désertique occupé par la Chine depuis 1950.Le Chang Thang au Nord et le Rupshu au Sud de l’Indus forment la troisième région localisée à l’Est qui est un haut plateau désertique. La quatrième au sud-ouest, le Zanskar est une région isolée par un relief marqué qui rend son accès long et difficile. La cinquième, le Purig, située à l’Ouest, est une région à majorité musulmane. Pour terminer, le Ladakh central est situé dans la vallée de l’Indus, ce fleuve qui sépare les régions du nord-est (Nubra, Shyog, Aksaï-Chin, Chang Thang) et du sud-ouest (Rupshu, Zanskar, Purig). 

Jusqu'au début du XXe siècle, l’économie de la vallée de l’Indus dépendait d’une part de l’agriculture vivrière et d’autre part des relations commerciales induites par le passage des caravanes de la route de la Soie. À la fin des années trente, l’axe nord-sud est coupé à cause de trouble dans le Xinjiang chinois. Une vingtaine d’année plus tard la fermeture complète des frontières chinoises met fin aux relations commerciales et culturelles avec le Tibet. De plus la partie musulmane de la vallée de l’Indus, le Baltistan est rattaché au Pakistan à la fin des années quarante. La vallée de l’Indus devient quasiment autarcique et souffre plus que jamais de cet enclavement commercial et culturel.

Depuis 1947, le Ladakh appartient à l’état indien du Jammu et Cachemire.
Les troubles politiques subis par cette province découlent de disputes concernant les frontières tracées à l’est entre l’Inde et le Pakistan et à l’ouest entre l’Inde et la Chine. Le premier désaccord porte sur le rattachement du Cachemire à l’Inde malgré les revendications pakistanaises sur ce territoire à majorité musulmane. Tandis que le deuxième provient de l’occupation d’une région indienne par les Chinois dans le but d’y construire une route stratégiquement importante.

Les menaces de la Chine et du Pakistan imposent un déploiement des forces de l’armée indienne sur l’ensemble du territoire ladakhi. Cette présence a grandement contribué au développement et à l’entretien des infrastructures de transport, qui serviront par la suite la croissance touristique. L’aéroport militaire a été en partie converti en aéroport civil pour permettre des vols domestiques à partir de 1979. 
Différentes conférences internationales (Simla en 1923, 1924 et 1972, Tachkent en 1965) ont tenté de fixer les frontières.

Le début de la guerre sino-indienne en 1962 apporte véritablement les prémices du passage d’une économie basée sur le troc à une économie monétaire. L’arrivée de 40'000 militaires pour une population de moins de 70'000 personnes implique une énorme rentrée de devises dépensées et de nouveaux emplois dans l’administration, la construction des routes et dans les commerces. L’arrivée de biens manufacturés et industriels constitue une révolution dans cette contrée où tout était jusqu’alors fabriqué de manière artisanale ou troqué. Ce changement fut d’ailleurs mieux supporté par les habitants de la ville de Leh, plus habitués au commerce que par les habitants des villages reculés, attirés en ville par la possibilité d’un avenir meilleur.

C'est aussi le début de grands changements dans le mode de vie. Avec l'apparition d'une administration forte, les lois votées par les gouvernements du Cachemir et de Delhi sont appliquées progressivement. Par exemple, la tradition polyandrique et les règles qui s'y rapportent contredisent des lois votées et doivent donc être abandonnées. Ces règles sont, de plus, souvent contestées par les jeunes ladakhis qui rêvent d'un monde de vie à l'occidentale.

A l’arrivée du tourisme, l’espace socio-économique n’a donc pas été complètement modifié. Il a cependant accéléré la transition économique initiée par l’arrivée des troupes indiennes. 

Ces deux conflits ont aussi modifié les frontières du Ladakh de 1947. Lors de plusieurs guerres entre 1947 et 1971, le Pakistan prenait le Baltistan, région majoritairement musulmane située au nord ouest. Tandis que la Chine occupe les hauts plateaux de l’Aksaï-Chin, au nord-est, depuis 1962.
Contrairement au reste du Cachemire, régulièrement sujet à des attaques terroristes de séparatistes pro pakistanais, la plus grande partie du Ladakh jouit aujourd’hui d’une stabilité et d’une indépendance politique. En effet, depuis 1979, le Ladakh possède une grande souveraineté vis-à-vis du gouvernement Cachemiri. De plus, en cas d’annexion du Cachemire par le Pakistan, le Ladakh serait rattaché à l’Inde en tant que "Union Territory". 

Depuis que le Tibet a perdu, disons, son indépendance dans les années 1950, c'est bien le Ladakh qui est devenu aujourd'hui le dernier bastion du bouddhisme tantrique libre. N'a-t-on pas l'habitude d'appeler cette région "Le Petit Tibet" ou encore "Le Pays des lamas" ?
Ces deux appellations sont d'ailleurs amplement justifiées par la présence les dizaine de lamaseries et d'ermitages qui y sont édifiés.

Il est difficile de déterminer avec certitude l’installation des premières populations au Ladakh, mais il semble que les Mons, peuple du Nord de l’Inde, arrivés par le Zanskar, se soient installés progressivement au Ier siècle de notre ère. À partir du Ve siècle, les Dardes, peuplade d’origine indo-iranienne venue de l’Ouest et les Tibétains de religion animiste Bon rejoignent les autochtones. Ces trois ethnies sont encore présentes aujourd’hui au Ladakh.
Le Bouddhisme a été progressivement introduit par les Tibétains en incorporant les cultes animistes des Bons.

Aujourd'hui la population totale ladakh-pa atteint le nombre 147.104 habitants pour une superficie de 45.110 km².  Une partie de la population est musulmane avec surtout des chiïtes  et leurs ayatolahs, l'autre partie est bouddhiste. C'est cette culture bouddhiste qui m'attire depuis déjà quelques années dans la région himalayenne. Hélas, durant mes pérégrinations, j'ai eu souvent l'occasion de mesurer combien il était difficile pour cette poignée de bouddhistes de faire valoir leurs droits, puisqu'ils se retrouvent à la fois noyés dans la masse de millions d'indiens et coincés entre le Pakistan et la Chine avec des frontières mal définies. 

Si une partie des Ladakhis voit son mode de vie évoluer vers une société modernisée, la majorité d’entre eux vit proche d’un environnement naturel difficile. Le climat froid, l’altitude et le peu de ressources hydrologiques ont obligé ce peuple à trouver des solutions originales dans la construction de leur habitat et leur système agricole. 
Pour le voyageur, c’est l’occasion de redécouvrir un monde où l’homme doit disposer de chaque potentialité naturelle grâce à un savoir-faire adapté. De plus, la culture bouddhique est très répandue dans le paysage : monastères et palais dominant la vallée, stupas et mur de Mani présents dans chaque village, drapeaux de prière dressés sur les crêtes et les cols. Les composantes culturelles se servent des composantes naturelles pour donner une signification au territoire. Ces paysages culturels stimulent le désir d’approfondir les connaissances du bouddhisme. Cette culture vivante est par ailleurs confirmée par les festivals religieux des monastères, qui sont chaque année plus fréquentés par les touristes.
La forme du bouddhisme pratiqué au Ladakh provient des liens qu’il a toujours entretenus avec le Tibet. Du point de vue spirituel, les contacts avec le Tibet se perpétuèrent pour la formation des moines jusqu’à la destruction par les Chinois des monastères instructeurs en 1959. L'invasion chinoise a valorisé la culture tibétaine sur le territoire indien.
Au Ladakh, les institutions monastiques détiennent encore un pouvoir important, cela a conduit à la création d'un centre d'étude tibétain à Choklamsar assurant ainsi la culture bouddhiste tibétaine.



Pour conclure c’est dans les traditions religieuses que la ferveur des Ladakhis se mesure. La plupart des familles possèdent un autel domestique afin d’effectuer les prières journalières.
Il faut préciser que de tous temps les monastères et les villages ont entretenu des liens étroits. Les monastères possèdent une grande partie des terres agricoles. Les villageois les travaillent et retournent une partie de la récolte en guise de paiement. Les moines pratiquent les rituels et les cérémonies et pourvoient à l’éducation. 
Il existe de nombreuses cérémonies religieuses, pour assurer la fertilité des champs par exemple et des festivals monastiques durant lesquels des milliers de pèlerins affluent.

Afin de ne pas tout mélanger, je parlerai des monastères au Ladakh et plus particulièrement de ceux de la vallée de l'Indus sur une autre page.


jeudi 31 mai 2012

La formation de l’Himalaya est une histoire de plaques

La fascination des voyageurs pour les paysages au relief marqué crée une alchimie dans laquelle la montagne occupe une place scénique centrale. Au Ladakh, le paysage impressionne par la dimension des perspectives, les contrastes des couleurs et l’arrangement de bandes rocheuses.
Le visiteur attentif ne peut rester indifférent face à la diversité des roches de la vallée de l’Indus. En effet, cette vallée est un lieu stratégique pour l’étude et la compréhension de l’orogenèse himalayenne. La zone de suture issue de la collision de la plaque du sous-continent indien contre la plaque du continent asiatique se situe exactement au niveau de la vallée de l’Indus. En rive droite, les roches granitiques du continent asiatique contrastent avec les roches volcano-sédimentaires de la rive gauche. Celles-ci témoignent d’un océan qui séparait alors l’Asie et l’Inde. 


La disparition progressive de l’océan (subduction de croûte océanique) il y a 130 millions d’années va précéder la collision des continents, il y a 50 millions d’années. L'accident se produit a une vitesse de 5 km heure. La pression exercée par le télescopage de ces deux masses continentales engendra un gigantesque soulèvement de la croûte terrestre. 
En effet, à mesure que l'Inde avançait et s'enfonçait sous l'Asie, la bordure du continent asiatique et le plancher de l'océan Téthys se soulevaient, épaississant ainsi la croûte terrestre.
Le chevauchement des deux plaques a créé les hauts reliefs de la grande chaîne himalayenne: d'abord les chaînes du Grand Himalaya et du Transhimalaya, puis celle du Moyen Himalaya. Aujourd'hui 
l'Himalaya continue de s'élever à raison de 5mm par an.



La région himalayenne est donc géologiquement toujours très active. Les tremblements de terre y sont relativement fréquents. Celui de 1934 a causé d'importants dégâts au Népal. Des spécialistes prévoient que d'ici 150 ans environ, l'Himalaya connaîtra au moins un séisme de très grande intensité.

Pour conclure cette page, je voudrais vous parler maintenant de l'évolution de notre planète. Je rappellerais que L'océan Atlantique continue inexorablement son enfoncement sous la plaque continentale américaine, ce qui provoque un rapprochement des continents américain et euro-africain. Nous pouvons constater que l'évolution tectonique de la Terre tend à la reformation d'un futur super continent comme la Pangée il y a 300 millions d'années.

L'océan indien se referme, lui aussi, car la croûte océanique disparaît dans la fosse centrale indienne. L'Australie entre en collision avec l'Antarctique qui amorce aussi une remontée vers le nord. Cela a pour conséquence de modifier le climat des continents. L'Antarctique devient une île chaude recouverte de forêts. De la collision naîtra une chaîne de montagnes dans le Bush australien.

Quant à l'Europe, elle est encastrée entre l'Afrique et l'Asie. Elle est soumise à de fortes pressions, ce qui provoque la création de nouvelles montagnes. En effet, les Pyrénées et les Alpes, totalement érodées, seront remplacées par de nouvelles chaînes montagneuses.

Sur le continent américain, le nord et le sud tendent à se séparer. L'Amérique du Sud se rapproche de l'Antarctique. Voici ce que cela donnera en image.



PS: Il y a 250 millions d'années, les terres émergées formaient un continent unique baptisé la Pangée. Sous l'effet des mouvement des plaques formant la croûte terrestre, la Pangée s'est disloquée pour former nos continents actuels.
Dans 250 millions d’années, les plaques se seront positionnées pour former de nouveau un continent unique, qualifié par les scientifiques de Pangée Ultime. L’Océan Atlantique n’existera plus. Les formes de vie habitant la Terre, à cette époque, pourront passer sans s’en rendre compte d’ une Amérique à une Afrique fort transformées. 
                             
...... Et combien de temps pour le retour du Big Bang ?!
Nous voila prévenu.

lundi 23 avril 2012

Le Ladakh est incapable de résister à la surcharge des voyageurs.


Leh, le 23 Avril 2012 :

Alors qu'il devient une destination de vacances, le Pays des Neiges est incapable de résister à ce déluge de visiteurs. Chaque année, le nombre de touristes qui choisissent le Ladakh comme escapade augmente de façon exponentielle, affectant directement l'environnement et la culture du Pays des Neiges. De quelques 400 visiteurs il y a deux décennies, le Ladakh est maintenant parcouru par des milliers de voyageurs chaque année.

L'été venu, quoi de mieux que les montagnes couvertes de neige et les magnifiques panoramas du Ladakh ? 

Un manque de compréhension et de respect pour l'environnement du Ladakh de la part des visiteurs n'arrange pas les choses. Pendant des années, le Ladakh est resté une région stratégiquement et géographiquement isolé dans l'Himalaya occidental. Il s'agit d'une région semi-autonome comprenant les districts de Leh et de Kargil, et soumise à des conditions climatiques extrêmes. Le désert glacé de haute altitude supporte un écosystème unique qui abrite une population clairsemée avec quelques espèces rares de flore et de faune. En raison du long isolement du monde extérieur, un réservoir de gènes uniques, spécialement adaptée aux rudes conditions climatiques, s'est développé dans la région. 

Fait inquiétant, ce qui était rare est maintenant au bord de l'extinction. Le réchauffement climatique a eu des répercussions dans la région et, à part les habitants indigènes, personne ne s'en soucie vraiment, 
peut-être parce que non touché directement par le changement. 

Demandez à n'importe qui, il vous dira que le développement est la première cause de la crise 
environnementale et traditionnelle dans la vallée. Toutefois, ce n'est pas le développement qui dévaste la région, c'est le déséquilibre et le manque de perspective d'avenir dans les politiques de développement. 

Dans le passé, les traditions de prudence et de coopération couplées à une connaissance intime de l'environnement local ont permis aux Ladakhis non seulement de se maintenir mais de prospérer.
L'agriculture était la principale occupation alors que la survie était le seul grand défi qu'ils devaient affronter. Les champs étaient irrigués avec l'eau de fonte de la neige et des glaciers - la seule source d'eau pour la région. Environ 80 pour cent des Ladakhis dépendent de la fonte des glaciers qui, aujourd'hui, diminuent à un rythme alarmant. 

Le Ladakh est incapable de résister à la surcharge des voyageurs en conjonction avec les changements 
qu'ils apportent «inconsciemment». Le tourisme et le développement économique ont marqué le début d'influences majeures qui ont frappé particulièrement l'agriculture ladakhi. Les gens ont tourné le dos à leur source traditionnelle de subsistance et ont opté pour des emplois saisonniers liés à l'accueil touristique en ville. Pire encore, des denrées alimentaires subventionnées, offertes par un gouvernement bien intentionné, sont considérablement moins chères que les produits alimentaires cultivés localement.
Les gens ont abandonné leurs fermes. Les jeunes, acteurs déterminants de l'avenir de la région, ne savent même plus comment faire pousser l'orge sur leurs terres. 

Le but de la vie est de vivre en accord avec la nature", estimait l'ancienne génération du Ladakh, qui se 
souvient encore des beaux jours anciens. Il y avait une plus grande harmonie avec la nature en termes de systèmes classiques de gestion de l'eau et de l'assainissement. Une fosse à compost était utilisée pour les excréments. Elle n'impliquait pas l'emploi de l'eau, et ainsi supprimait la nécessité d'égouts et de canalisations.

L'utilisation de toilettes à chasse d'eau dans la plupart des hôtels, a été augmentée de collecteurs. Ceci 
est devenu la principale raison de la pollution des cours d'eau autrefois purs, car, en l'absence d'un système d'égouts, les eaux usées entrent dans les cours d'eau, polluant ainsi la seule source d'eau potable pour la population locale. Le Ladakh d'aujourd'hui appelle à l'aide. La célèbre fraîcheur de l'air est étouffé par les vapeurs de diesel, les ordures sont entassées dans les rues et la qualité de l'eau s'est détériorée. Cet ensemble montre l'image du "nouveau" Ladakh. 

Comme l'hiver devient plus froid et l'été plus chaud, la recrudescence du nombre de voyageurs et à leur 
suite des hôtels, restaurants et autres activités liées au tourisme a fait des ravages sur le fragile équilibre de la nature. L'orage qui a balayé la communauté le 5 août 2010 est un exemple redoutable de la fragilité nouvelle de l'environnement. De fortes pluies, inconnues dans cette région de haute altitude sont devenues un phénomène plus fréquent. 

Comme on dit, mieux vaut tard que jamais. La communauté a pris conscience de la crise. Diverses organisations tentent de rassembler les communautés pour sauver le pays des neiges de la catastrophe.
Parmi elles, le Ladakh Ecological Development Group (LEDeG) encourage le développement écologique et durable. De même, le groupe de femmes, Aama Tsogspa joue un rôle crucial dans la préservation de l'environnement avec des initiatives à succès comme l'interdiction de sacs en polyéthylène dans la vallée. Pour créer un sentiment de responsabilité chez les visiteurs, des règlements de conservation sont également mis en oeuvre. Les idées, adaptées à l'environnement local, se sont avérés fructueuses, comme la mise en oeuvre des ressources d'énergie renouvelables. Les communautés tentent de prendre des mesures correctives avant qu'il ne soit trop tard.

Traduction d'un article de " http://news.reachladakh.com/" du 23 avril 2012. 

PS: En randonnée, je garde mes déchets !

Les randonneurs sont en général des citoyens soucieux de l'environnement et de la nature et font attention à ne pas la polluer ou la dégrader. 

Mais l'on retrouve toujours, et malheureusement, des détritus au bord des chemins, dans la nature ou dans les rivières.

Quelques conseils pour bien gérer ses déchets en randonnée...

La première règle est de toujours emmener un sac qui fera office de poubelle, et que l'on gardera avec soi pour collecter les déchets.
Aucun détritus ne doit être laissé dans la nature ! L'objectif du randonneur est de ne laisser aucune trace de son passage... Zéro déchet.
Avant le départ, organisez-vous et anticiper votre production de déchets. Emmenez le moins d'emballages possibles : réduisez les emballages au strict minimum et privilégiez ceux qui sont recyclables ou dégradables.
Par exemple, apportez votre nourriture dans un sac en papier ou un journal, prenez une gourde plutôt qu'une bouteille d'eau en plastique...
Mais lorsque vous partez en randonnée pendant plusieurs jours, que faire avec les déchets accumulés ?
Les déchets organiques peuvent être enterrés dans la nature, à plus de 50 mètres d'un cours d'eau (épluchures, trognons de pommes restes de nourriture..)
Concernant les besoins naturels, ils peuvent être également enterrés ; du papier toilette 100 % biodégradable pourra être utilisé et également enfouit.
Tous les autres déchets accumulés tout au long de la randonnée gardez-les ! Et jetez-les dans une poubelle quand ce sera possible. Concernant les déchets qui peuvent être recyclés, jetez-les dans une poubelle de tri à votre retour !

Merci à tous de bien vouloir y penser lorsque vous serez sur les chemins de trek.


Le tourisme au Ladakh en chiffres

La rigueur du climat ladakhi ne permet une exploitation touristique de masse qu’entre les mois de mai et d’octobre2 avec des pics entre juin et août. L’hiver, l’accès au Ladakh n’est possible que par avion.
En 1974 seule la vallée de l’Indus est ouverte au public à cause des conflits indopakistanais et sinoindien qui se déroulent au nord et à l’est. De 1974 à 1988, le Ladakh va voir sa fréquentation touristique annuelle augmenter chaque année pour passer de zéro à 25'000 personnes. Si au début le Ladakh est fréquenté par des post-soixante-huitards voyageant seuls et très chichement ou par des passionnés de culture bouddhiste et d’archéologie, les guides touristiques vont par la suite rendre cette nouvelle destination populaire grâce à son attrait culturel et à son potentiel de trekking.
À ses débuts, la destination ladakhie est liée à la région du Cachemire3. Les troubles politiques qui s’y déroulent ensuite engendreront une baisse subite du nombre de visiteurs (de 23’000 à 7'000 personnes en 1990). Les années qui suivent montrent une stabilisation de la fréquentation, oscillant entre 15'000 et 23'000 personnes jusqu’en 2001. Pendant cette période, le Ladakh peut développer sa capacité d’hébergement4 et affiner ses produits touristiques5. La destination se fait de plus en plus connaître. Pour éviter une division des terres, la femme épousait l’aîné et les frères d’une même famille. Deux lois, une interdisant la polyandrie fut promulguée en 1941 ainsi qu’une autre exigeant le partage des terres équitablement entre les frères en 1949 furent petit à petit appliquées.
Il existe un petit nombre de touristes qui s’y rendent l’hiver pour faire le trekking sur la rivière gelée du Zanskar.
Il est alors déjà possible de se rendre à Leh par des vols directs depuis New Dehli.
Le nombre d’hôtels a en moyenne doublé entre 1984 et 1992, à savoir qu’en 1992, Leh compte 30 hôtels toutes catégories confondues et 50 guesthouses enregistrée ».
Un exemple de produit créé pou le tourisme est le Ladakh Festival qui a lieu au mois de septembre. « Il réunit une palette importante d’arts et de rituels religieux traditionnels ladakhis, notamment le tir à l’arc, les matchs de polo, les danses masquées, etc. ».

Dans les agences de voyage occidentales grâce aux tour-opérateurs proposant des séjours spécialisés destinés au tourisme de niche comme les voyages culturels ou les trekkings. De nouvelles régions sont ouvertes (Nubra et Rupshu).
Les événements terroristes du 11 septembre vont à nouveau plomber la fréquentation touristique mais depuis 2002, la hausse est sans précédent avec plus de 35'000 personnes en 2005. Nous supposons qu’aujourd’hui la fréquentation doit atteindre un nombre de personnes situé entre 40'000 et 45'000 par année. En 2008, on recense 66 Hôtels et 129 guesthouses, soit plus du double qu’en 1992. Cette augmentation est certainement liée aux problèmes politiques népalais. Ce sont d’ailleurs deux destinations de montagne complémentaires. En effet, le tourisme népalais fonctionne à plein régime au printemps et en automne tandis qu’il est « paralysé » par la mousson pendant l’été. Ce qui n’est pas le cas du Ladakh. Pourtant si on compare le Ladakh avec son voisin himalayen, il ne représente en 2000 que 3% de sa masse touristique3. Le Ladakh reste donc une destination de niche dans le tourisme himalayen.

La vallée de l’Indus est la destination « phare » du Ladakh.

*Premièrement, elle est située de part et d’autre du principal noeud touristique : la capitale Leh. C’est le « terminus » des deux routes qui mènent au Ladakh et c’est là que se situe l’aéroport.
Quasiment tous les touristes transitent par Leh. La plupart des hébergements et des agences locales sont d’ailleurs concentrés sur la surface de ce centre urbain. Selon les observations, il y aurait environ 80% des touristes entrant au Ladakh qui visitent un ou plusieurs grands monastères comme Hemis, Phyiang, Lamayuru et Thikse.

*Deuxièmement, la vallée de l’Indus est aussi l’axe culturel le plus développé.
En effet, le passage de la route de la Soie dans cette vallée et le soutien des nobles ladakhis ont richement doté les édifices culturels. À proximité de cet axe commercial millénaire se trouvent des monastères très anciens (XIe siècle) ou prestigieux, ainsi que les palais monumentaux des rois ladakhis. Par exemple, Alchi et Hemis, deux complexes religieux d’architecture bouddhiste tibétaine, ont été proposés en 1998, par l’Inde, à la liste du patrimoine culturel mondial. Un troisième, Basgo a reçu « the Award of Excellence of The UNESCO Asia-Pacific Heritage Awards 20076 ».
Au Népal, les problèmes politiques liés aux guérillas maoïstes ont certainement « favorisé » la destination ladakhie.
En 2000, le Ladakh ne représente que 18'055 touristes contre 500'000 au Népal.
Une petite partie des voyageurs qui vont au Zanskar évite Leh s’ils arrivent depuis le Cachemire.
91% des hébergements du Ladakh sont situés dans la vallée de l’Indus.

*Troisièmement, comme un court séjour sans activité physique prolongée est conseillé afin de s’acclimater à l’altitude élevée du Ladakh, la vallée de l’Indus dispose de quelques jours pour dévoiler ses charmes. Ainsi l’offre touristique est résolument tournée vers le tourisme culturel. En effet grâce au réseau routier qui mène à tous les grands monastères, il est possible de visiter les constructions les plus éloignées, comme Hemis ou Lamayuru, en une journée. Les circuits « en étoile » s’adaptent parfaitement à la clientèle qui désire garder un logement de qualité à Leh et rayonner pendant la journée. Tandis que les voyageurs qui veulent parcourir la vallée vers l’aval ou l’amont pour accéder par exemple au départ d’un trekking et ceux qui quittent le Ladakh par la route peuvent aussi visiter quelques monastères situés le long du trajet.

Pour terminer la vallée de l’Indus possède encore deux avantages.
D’une part le privilège de l’ancienneté, puisqu’elle a été la première région ouverte aux voyageurs, fait qu’elle est la plus représentée sur les cartes postales et sur les photos des brochures touristiques. D’autre part elle offre la liberté de mouvement contrairement aux régions frontalières soumises à autorisation.

Une culture vivante riche en traditions

Si une partie des Ladakhis voit son mode de vie évoluer vers une société modernisée, la majorité d’entre eux vit proche d’un environnement naturel difficile. Le climat froid, l’altitude et le peu de ressources hydrologiques ont obligé ce peuple à trouver des solutions originales dans la construction de leur habitat et dans le système agro-pastoral. Pour le voyageur, c’est l’occasion de redécouvrir un monde où l’homme doit disposer de chaque potentialité naturelle grâce à un savoir-faire adapté.
De plus, la culture est très répandue dans le paysage : monastères et palais dominant la vallée, stupas et mane walls présents dans chaque village, drapeaux de prière dressés sur les crêtes et les cols. Les composantes culturelles se servent des composantes naturelles pour donner une signification au territoire. Ces paysages culturels stimulent le désir d’approfondir les connaissances du bouddhisme et de ses artefacts. C’est une tradition religieuse qui a de plus en plus de succès en occident grâce entre autres à la figure emblématique du Dalaï-Lama. Cette culture vivante est par ailleurs confirmée par les festivals religieux des monastères, qui sont chaque année plus fréquentés par les touristes. La forme du bouddhisme pratiqué au Ladakh provient des liens qu’il a toujours entretenus avec le Tibet. Mais l’occupation de celui-ci par la Chine et la disparition du bouddhisme en Inde ont contribué à la valorisation des biens de culture tibétaine sur le territoire indien. Il en résulte la proposition pour deux complexes religieux d’architecture bouddhiste tibétaine, Hemis et Alchi, de figurer sur liste du patrimoine culturel mondial de l’UNESCO.

La conscience locale d’un équilibre fragile
Moins d’une dizaine d’années après l’ouverture du Ladakh aux touristes, une prise de conscience
environnementale locale est apparue sous l’impulsion d’ONG formées par les premiers voyageurs. En effet, ceux-ci se sont rendus compte de l’impact du tourisme sur une population vivant très simplement et peu préparée à cette dynamique socioéconomique nouvelle venant se greffer sur un environnement fragile.
Même s’il manque encore des infrastructures de gestion environnementale, nous avons pu observer en général : des visiteurs « sensibilisés » à cette problématique, des agences touristiques « sensibilisant » leurs clients et des associations proposant des mesures « sensibilisantes ». Le bannissement des sacs plastiques en 1998 dans la capitale Leh grâce à l’action d’une ONG est un exemple de la dynamique environnementale en place.





mardi 21 février 2012

Symboles et instruments bouddhistes

Voici une page d'explication qui vous aidera à mieux comprendre les symboles bouddhiques

La Roue de la vie 


Présenté dans tous les monastères, la roue de la vie est l'un des symboles bouddhiques les plus anciens et les plus signifiants. 
Serré entre les griffes de Yama, seigneur de la mort, elle dépeint les six mondes des renaissances possibles:


I. Le monde des devas,
êtres célestes bénéficiant d'un karma favorable (somme d'actions antérieures méritoires).

II. Le monde des asuras,
êtres puissants et jaloux qui disputent aux dieux leur domaine

III. Le monde des hommes,
prisonniers de l'orgueil et de l'attachement au "moi". Leur souffrance sur terre est
la maladie, la vieillesse et la mort. Mais leur intelligence induit la conscience et la possibilité de trouver la voie de la délivrance.

IV. Le monde des animaux,
dominés par l'ignorance et l'impossibilité de distinguer les bonnes des mauvaises actions.

V. Le monde des pretas,
êtres avides, tourmentés de désirs insatisfaits, ils ne peuvent assouvir ni leur faim ni leur soif.

VI. Le monde des enfers,
brûlants ou glacés, y souffrent ceux qui ont accumulé un lourd poids d'actions négatives.

Sur la roue extérieure de la roue, douze images illustrent la chaîne de causalité de 
l'existence humaine, sans commencement et sans fin.


Au centre de la roue de la vie figurent les trois poisons qui, sous formes animales symboliques du porc, l'ignorance ; du coq, le désir ; du serpent, la haine, sont l'origine de notre égarement dans les divers destins et le moteur du mouvement cyclique perpétuel.

Avalokiteshvara


Qui étend ses mille bras et dresse ses mille têtes 
pour combattre les forces du mal.

Padmasambhava



Du sanscrit, Né-du-Lotus, le plus souvent connu sous le nom de Guru Rimpotche, 
le "précieux maître",  est révéré comme un segon Bouddha.

Les quatre gardiens


Le gardien du sud, nom sanscrit ; Virudhaka. Il a le visage et les mains bleus. Il tient une épée en signe de défenseur de la loi. Il règne sur les géants Khumbhandas.
Le gardien de l'est, nom sanscrit ; Dhritarashtra. Il joue d'un instrument à cordes. Il règne sur une armée de musiciens céleste, les Gandharvas.
Le gardiens de l'ouest, nom sanscrit Virupaksha. Il a le visage rouge et tient un petit chörten sur sa main droite et un serpent dans la main gauche. Il règne sur les Nagas, défenseurs de la loi bouddhique.
Le gardien du nord, nom sanscrit ; Vaisharavana. Il a le visage ocre Il tient une bannière de victoire dans la main droite et une mangouste qui crache des joyaux dans la main gauche. Il est le plus important des quatre gardiens.

La Thangka


Peints ou brodés sur des brocarts, les Thangkas ont pour sujet la vie des bouddhas, la théologie et l'astrologie tibétaine; Les plus beaux sont déroulés lors des festivals annuels des monastères et atteignent des tailles considérables.

La Khata


La Khata ou écharpe de la félicité est offerte en cadeau de bienvenue. Elle est symbole de courtoisie et de bénédiction. Les plus belles sont en soie légèrement moirée et à franche. Si la Khata est rendue, son propriétaire la garde car elle est désormais porteuse de bonnes intentions. Si l'interlocuteur offre une autre écharpe, c'est un gage de protection.

Le Mandala


Les Mandalas sont des représentations géométriques du cosmos. Ils se composent de carrés et de cercles concentriques et sont souvent utilisés comme support à la méditation. On en trouve peints ou brodés sur des Thangkas mais pas uniquement. En effet, les Mandalas de sable, que les moines passent des journées entières à créer, sont destinés à être effacés une fois terminés ; Ils symbolisent ainsi le caractère éphémère de la vie.

Le dorjé & ganthâ 


Le vajra ou dordjé, principe masculin, est le symbole du chemin qu’il faut suivre, ghantâ (la cloche) , principe féminin, incarne la connaissance, la vacuité. 
L’association du dordjé et du ganthâ symbolise à plusieurs niveaux la complémentarité du masculin et du féminin, du but et du moyen d’y arriver, du temporel et du spirituel.
Ils sont utilisés simultanément dans les rituels, le dordjé étant tenu dans la main droite, la cloche dans la main gauche.
Vajra signifie « diamant ». Le vajra ou dorjé représente à l’origine l’ « éclair » du dieu Indra et est certainement le symbole le plus important du bouddhisme tibétain.

Le Mâlâ & le moulin à prières


Le mâlâ est le chapelet Bouddhiste, fidèle compagnon du pratiquant qui le tient souvent à la main, enroulé autour du poignet ou autour du cou comme colier. Les Mâlâs représentent le temps et le cycle de la renaissance. Ils sont composés de 108 perles + 109ème plus grosse appelée Sumeru.

Tourner le moulin à prières est un geste quotidien pour les bouddhistes tibétains. Selon la règle, on doit le tourner dans le sens des aiguilles d'une montre en répétant le Mantra universel " On Mani Padme Hum "

Les Instruments de musique dans les monastères

Le Dung Chen


Le Dung Chen, tompette droite en métal (cuivre, laiton ou argent) est longue de 3 m. Elle produit un son long et profond qui peut être difficile à contrôler. Ces instruments sont généralement utilisés en paire au cours des rituels bouddhiques. La petite trompe tibétaine s'appelle Dbang Dung ; il ne faut pas la confondre avec le hautbois " le Gyaling"

Le Gyaling, cymbales & le Dhyangro


Le Gyaling sorte de hautbois. Il est spécifiquement utilisé dans les monastères tibétains durant les puja (rituels et prières). Le corp est en bois et il se prolonge par un pavillon en cuivre. Les anches sont insérées dans une pièce également en cuivre.


Le Dhyangro, tambour rond à deux faces recouvert de peau de chèvre ayant une poignée en bois en forme de "phurbu" (couteau rituel) toujours sculpté. Le Dyangro est battu à l'aide d'une baguette nommée "gajo".


Chörten ou " Kagani" pour un chörten de passage


Le Chörten illustre les étapes de la méditation permettant d'atteindre l'unité qu'il symbolise. 
Les niveaux représentent aussi les cinq éléments : la base, la terre ; le dôme arrondi, l'eau . 
la spirale conique (13 éléments), le feu ; le parasol, l'air et l'épi en forme de graine, l’essence de l'esprit.

On Mani Padme Hum


Les six divisions représentes un lotus a six pétales. E son centre se tient la lettre HRI qui symbolise Chenresi, en sanscrit Avolokiteshvara, le bobhisattva de la grande mésicorde.
Sur chacun des pétales est inscrite une des syllabes de la formule.
Chacune représente l'une des six classes d'êtres, tout comme sur la roue de la vie : dieux, titans, hommes, animaux, esprits avides et êtres infernaux

Le Gyaltsens



Ornements placés sur les toits des temples. Signe de victoire de la loi



Les ladakhis sont respectueux des cols. Tous les sommets sont ornés des centaines de drapeaux à prières qui égrènent leurs litanies au gré du vent des vallées. 
Ki Ki, So So, Hla Gualo o o o o
Les dieux sont vainqueurs, les démons sont vaincus.

Pour terminer, je ne saurais vous conseiller de prendre votre temps pour visiter un monastère, dans chaque gonpa il y a des trésors bien cachés. Voici celui du monastère de Lamayuru.


A gauche c'est Milarepa

Ici, c'est une représentation assez rare de Bouddha pendant sa période de jeûne.
(celle ci je l'ai trouvé en Birmanie)