mardi 22 août 2017

De Rumbak au camp de base du Stok La

Les nuits en trek peuvent sembler difficiles pour quelqu'un qui n'a jamais vécu ça, mais elles sont à vrai dire incomparables. Surtout comme cette année, avec une météo excessivement douce qui frôle bien souvent les dix degrés, si ce n'est pas les quatorse degrés, comme je les ai eus au Zanskar. Mon seul petit souci que j'ai eu cette nuit, c'est de savoir que Rumbak se trouve dans le Parc  Nation d'Hémis et que les montagnes qui entourent ce village sont le domaine du léopard des neiges au Ladakh. Pour m'en convaincre, lorsqu'il y a une étude sur cet animal au Ladakh, c'est justement à Rumbak que les spécialistes viennent. Il faut aussi savoir que ce gros chat peut peser entre quarante et cinquante kilos et qu'au garrot, il fait soixante centimètres de haut. C'est effectivement une belle bête !!!
Bien évidemment, ce "monstre", on ne le voit que très rarement car son pelage gris et blanc se confond avec les paysages environnants. 
Mais si nous ne le voyons pas, soyez sans crainte, lui vous flaire à des kilomètres à la ronde, si bien que le danger est quand même toujours un peu présent. Ce n'est sûrement pas pour cela qu'il ne faut pas venir dans cette belle région.
Ce matin, je repars sur mon sentier sans trop savoir où il m'emmenera !





Après plus de deux heures de cheminement sur un tracé plus ou moins visible, j'arrive à un kern de montagne. Au-delà, il n'y a plus de sentier ni de trace qui pourrait me donner une ligne à suivre. Dans l'expectative de trouver un chemin plus loin, je décide de rebrousser chemin pour rejoindre la vallée qui me conduira à Rumbak et ensuite au camp de base du Stok La.


Le retour se fera assez vite car le dénivelé est quasi toujours négatif.



Il ne me faut qu'une heure quart pour retrouver la vallée principale et deux heures de plus pour apercevoir le village de Rumbak.


Revenir sur mes pas, m'aura au moins permis de découvrir la partie de mon trajet que j'ai effectué hier sous un soleil déjà un peu caché par les hautes montagnes.


........ Tout n'est donc pas négatif dans la décision de faire demi-tour.
J'arrive à la tente parachute qui est cette fois occupée par deux dames. Je commande un thé pour lequel je paye quand même la coquette somme de trente Rs !!



Comme je suis sur place, je vais jetter un nouveau coup d'oeil sur la carte de l'ECO-TOURISME de toute cette vallée afin de voir si je pouvais espérer pouvoir rejoindre le Stok La par la vallée où j'étais ce matin (voir flèche et point rouge). J'étais évidemment dans la bonne direction, mais de là, à savoir si j'aurais pu arriver à mon objectif, est une autre paire de manches !! En tout cas, comme j'étais seul, il aurait été dangereux de tenter une telle exploration.


Rumbak

Quand j'arrive au village, je suis obligé de constater qu'ici, tout est fait pour faire payer au maximum le trekkeur de passage. Toutes les maisons sont des guesthouses et le prix est le même partout, c'est à dire mille Rs pour la nuit avec repas du soir, petit dej et repas du midi (une pomme de terre, un oeuf, un chapati et un jus d'orange). Bien sûr, comme dans la Markha vallée, les habitants ont eu des accords avec différents pouvoirs et associations pour arrêter le braconnage du léopard des neiges qui tuait leur bétail. Pour pouvoir bénéficier de ce programme, les bergers ont dû signer une charte qui stipule qu'ils utiliseront des pratiques d'élevage respectueuses de l'environnement et sans danger pour les léopards des neiges ou leurs proies. En d'autres mots, qu'ils acceptent la prédation de leur bétail par les félins et doivent aussi éviter les sites de mise bas de l'ibex et autres animaux de la région. En contre partie, ils peuvent ouvrir des homestays afin de compenser leurs pertes. Le projet est évidemment louable, mais voilà qu'en quelques années, les homestays ou guesthouses sont passé de quatre cents Rs à maintenant mille Rs pour une nuitée et même mille deux cents dans certains endroits de la Markha. C'est dire à quel point, ils aiment le protéger le léopard des neiges ?!

Ceci dit, me voilà de passage à Rumbak.

Au village, je monte directement jusqu'au gonpa.


Lorsque j'arrive en haut, la porte du monastère est évidemment fermée, mais avec un peu d'expérience, il est facile de trouver la clé et comme je n'ai pas l'intention de voler quoi que se soit, cela ne pose pas trop de problème.



Sans surprise, la salle de prières est simple et ne possède pas de vieille oeuvre. La visite n'aura pris que quelques minutes et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je remets la clé en place.
De retour au village, une femme m'accoste pour me demander si je veux rester dormir au village. Je ne suis pas étonné par la question car à ce prix là, cela se comprend aisément !! Je lui reponds que non, que j'ai ma tente et que je compte continuer jusqu'au camp de base du Stok La. Ce sera mon seul contact avec la population de Rumbak, car la dame a bien sûr prévenu les gens qui étaient à la fontaine, que je ne restais pas. Je n'avais donc plus droit à rien !!! C'est de doute évidence bien dommage, car cela dit, le village est attrayant.



L'étape du jour se trouve là-bas tout au bout de la vallée. Cela ne semble pas très loin, mais assurément, les distances sont trompeuses et il me faudra quand même trois heures pour arriver à mon point de chute.



Je me réjouis d'avance de revoir le soleil demain matin, vu que de l'endroit où je me trouve, cette grimpette s'annonce enivrante de beauté.

lundi 21 août 2017

Départ pour la vallée de la Rumbak

Etant donné que je suis parti pour trois, voire quatre jours de trek, j'ai évidemment laissé le maximum de mes affaires à la guesthouse Malpak. Je n'ai avec moi, que ma tente, un peu de nourriture et deux trois vêtements de rechange au cas où. C'est donc avec un sac à dos ultra léger, que je quitte Leh ce matin. Comme ce trek n'est pas bien long, je décide de tout faire à pied. L'idée n'est peut-être pas la meilleure, car jusqu'au monastère de Spituk, il y a quand même deux bonnes heures de marche. Ensuite, il me faudra encore rejoindre le début du trek dans la vallée de Zinchen. Mais bon, je n'ai pas trop envie de me faire arnaquer par un chauffeur de taxi qui m'aurait facilement demandé au moins deux mille Rp pour faire ces quelques kilomètres.
Il y a déjà trois heures que je marche et me voilà sur le pont enjambant l'Indus. Je suis juste sur la route des avions qui préparent leur attérissage sur l'aéroport de Leh,  juste en face du monastère de Spituk.


Il me faut dans un premier temps marcher dans une plaine, mais le décor sera plus étonnant lorsque je serai au-dessus de très belles gorges.



Ces gorges sont d'ailleurs réputées puisque ce sont celles que l'on voit de la route, à hauteur de l'affluent du Zanskar et de l'Indus.
(Voici pour comme rappel, deux photos des mêmes gorges, mais prises depuis l'autre côté).


A partir d'ici, le trek commence à prendre vraiment forme et annonce ce que je vais découvrir au fil des kilomètres.


Je vais maintenant quitter ce sublime décor pour rentrer dans la vallée Zinchen.


Dés que je pénètre dans cette vallée, je suis étonné par son côté nature vierge. Ici, les couleurs des collines arides se mêlent progressivement à la verdure. Ce cadre est tout simplement paradisiaque.


Il y a déjà trois heures que je marche dans cette vallée et je ne suis toujours pas rassasié devant tant de beauté. 


Il est presque treize heures et je décide de rejoindre une maison pour y demander la permission de me préparer une portion de pâtes. Je franchis la Rumbak shu sur un pont très peu stable, pour arriver en bordure de champs où les récoltes ont déjà été faites.



Lorsque j'arrive devant la maison, une femme vient me voir. Julley, est-il possible que je me prépare un Maggi dans votre cuisine. J'ai ma casserole et tout ce qu'il faut pour préparer mon plat, il ne me manque que du feu. La femme est un peu étonnée par ma demande mais elle me fait signe de la suivre dans la maison. Je peux y préparer mon repas, mais je ne peux pas rester dans la cuisine pour le manger, il me faut aller dans un autre petit bâtiment où généralement, les touristes y restent pour dormir. Est-ce qu'elle pense que je vais faire de même ? Je ne sais pas et moi non plus d'ailleurs !! Je verrai bien après le repas.
Je prépare ma tambouille et comme, elles sont deux dames dans la cuisine, je leur donne deux paquets de Maggi avec un petit billet, en guise de remerciement.
Ma cuisson terminée, je vais comme prévu me rassassier dans une autre pièce. Après mon repas, je ferai même une petite sieste avant que je me décide à continuer ou à rester ici pour la nuit. Une heure de repos fait toujours du bien et je décide sur le coup de quinze heures de partir vers Rumbak. Je dis au revoir et me voilà à nouveau en route dans cette très belle vallée.




Après une heures trente, la vallée commence à s'élargir et j'ai en toile de fond les montagnes séparant la vallée de Rumbak de celle de la Markha. J'arrive à hauteur d'une tente parachute, mais comme il est déjà dix-sept heures, les occupants sont déjà retournés chez eux au village Rumbak. 





J'ai encore du temps devant moi avant que le soleil ne se couche derrière le montagne. Au lieu de poursuivre vers Rumbak, je préfère continuer un peu vers le chemin qui va vers la Markha. Arrivé au début une autre large vallée, je décide de la prendre, question de voir si je pourrais pas aller vers le Stok La de ce côté ?!

Je progresse bien et trouve un bel endroit pour y planter ma tente. C'est un petit doksa, mais les bergers ou les nomades ne sont pas là. C'est ici que je passerai ma nuit.


Demain matin, j'ai l'intention de continuer dans cette vallée car il y a un chemin de tracé. Evidemment, si c'est peut-être celui des bergers, il ne va pas m'emmener très loin, mais cela vaut le coup d'essayer. Wait and see.