mercredi 6 septembre 2017

A l'attaque du Tar La 4970 mètres

J'ai passé une bonne nuit. Ce matin, la météo est très bonne pour tenter la montée du Tar La. Comme je l'ai déjà dit, c'est ma deuxième tentative. Alors que je me retrouvais de l'autre côté du pass dans le village de Ursi, j'ai dû abandonner mon projet car la météo était vraiment trop mauvaise pour tenter cette aventure. Aujourd'hui, tout est rassemblé pour que tout se passe à Merveille. Palmo m'a préparé un lunch box qui me permettrait de partir pour plusieurs jours. Je la remercie et comme promis, je lui confirme ma promesse de venir la prochaine fois avec Pascale. Inbbouddha.
Au dehors, le papa est déjà là pour me dire au revoir et me souhaiter bonne chanse dans mon entreprise.
Il est huit heures, je dis au revoir à Abaale, j'espère que lui aussi sera au rendez-vous l'année prochaine.



C'est comme cela que je me retrouve une nouvelle fois seul pour ce dernier défi 2017.


Le probléme est que je n'ai aucune note sur le tracé à suivre pour atteindre les cimes du Tar La. J'ai juste ce plan qu'Abaale m'a fait hier soir. Pour le reste, je n'ai rien de plus, si ce n'est que Jean-Louis m'avait dit, l'autre jour, qu'il était venu par ici pour voir à quoi ressemblait le début de ce trek. Sa conclusion était qu'il n'avait rien reconnu et que le sentier avait disparu à certains endroits à cause des fortes pluies tombées au début de l'été. Il est évident que cela ne m'arrange pas fort, mais comme me le disait aussi Abaale hier soir, si ça ne va pas, tu reviens !
Lorsque je passe à hauteur de la dernière maison, celle de la petite dame qui a toujours une fleur dans les cheveux, et que je rentre dans la Tar La Ghang, je trouve une vallée qui est encore dans l'ombre.


 


Une heure et demie plus tard, je rentre définitivement dans la chaleur du soleil.


.......... Pour fêter ça, je fais, une nouvelle fois, une photo de mon ombre. J'aime particulièrement ce genre d'exercice car ils sont le reflet exact de l'humilité que l'on doit avoir en montagne.
Et ma progression se poursuit sur un chemin qui n'est pour l'instant pas trop compliqué.


Quelques 'up and down' varient mon déplacement dans cette vallée.
Beaucoup d'hésitations aussi dans ma progression, heureusement que de temps en temps, je trouve un kern me signalant que je suis de toute évidence dans la bonne direction.


A partir d'ici, la partie devient plus compliquée car le chemin disparait et il me faut traverser toute une partie accidentée. D'ailleurs, quelques bouquetins y ont laissé quelques poils.

 
 

Serge, te voilà prévenu, alors tu fais gaffe !

 


Ici, un mur qui méritrait bien quelques sculptures bouddhiques. J'ai même été voir d'un peu plus près si, par hasard, il n'y en aurait pas. Mais ces roches sont vraiment faites pour ça.


Un pont de glace qui est en train de fondre et qui à mon goût, n'est plus assez stable pour que j'y passe. Je fais donc un petit détour afin de sécuriser ma progression.


Me voilà à la fin de cette longue gorge. Il m'aura fallu quatre heures trente pour arriver jusqu'ici, je vais maintenant partir à l'assaut du Tar La. 
Ce sera nettement plus pentu.


Il y a pourtant qu'à suivre la direction indiquée par le kern !!

 

C'est ici que je vais devoir véritablement retrousser mes manches. La partie s'annonce ardue.

 

De tels dénivelés, je ne pouvais pas imaginer que cela puisse exister pour un trekkeur. Ca en est presque de l'escalade. D'ailleurs, c'est ce qu'il advient vers la fin.




 Je ne suis pas si loin du sommet mais j'ai l'impression de pouvoir voir tout le Ladakh.


En tout cas, d'ici, je peux parfaitement suivre des yeux le trek que j'ai fait, il y a déjà trois ans, qui allait de Teya à la vallée de la Nubra.
Je continue à monter mais je vois un terrain plat assez grand pour y mettre ma tente. De toute évidence, c'est un trekkeur qui a préparé cette place car comme moi, il trouvait cet endroit tellement beau qu'il a voulu y passer la nuit. Je vais profiter de son travail et planter ma tente sur son emplacement. 


Ce soir, je vais me coucher avec l'espoir de pouvoir assister demain matin à un des plus beaux levers du soleil que j'ai vu jusqu'à présent.


A 4900 mètres, la nuit va être particulièrement grandiose et j'ai déjà hâte de voir la lumière demain matin.

mardi 5 septembre 2017

En route pour ma dernière aventure 2017 au Ladakh

Nous sommes le le 5 septembre. Dans dix jours je prendrai l'avion pour rentrer à Delhi. Ces trois mois ont passé véritablement à une allure folle. 
Aujourd'hui, je retourne dans la famille Kutipa que je vais revoir avec grand plaisir. Mais cette fois, je ne vais pas pour me reposer en attendant que je m'habitue à l'altitude. J'y vais pour faire la montagne qui se trouve derrière le village, le Tar La qui fait peur à beaucoup de monde.


Il est onze heures et je suis dans la gare routière où le bus qui me conduira à Nurla va bientôt partir. Comme toujours, je suis content de quitter Leh mais cette fois, encore un peu plus, car il y a eu de nombreux jours de grève suite à de différents problèmes entre les bouddhistes et musulmans. Comme tout cela est bien compliqué, je ne m'en occupe pas trop. Hélas, les touristes sont aussi un peu concernés vu que tous les magasins et restaurants restent fermés pendant des journées entières. Nous ne pouvions donc pas boire un thé ni aller manger en ville. Heureusement que nous nous débrouillons dans nos guestshouses et hôtels respectifs car aussi non, on serait obligé à faire des journées de jeûne !!
En tout cas, cela donne des images bien particulières comme celle-ci.


Me voilà donc en route pour ma dernière aventure de cette année au Ladakh.


Pour rejoindre Nurla, il n'u a pas d'autre solution que de reprendre une nouvelle fois la "National Highway N1, avec l'Indus et les montagnes que je vous ai déjà montrés lors de mes passages présédants.


 Avec cet ambouchure que je ne sais côtoyer sans le photographier.


Avec ce même endroit, mais avec une photo prise depuis l'avion qui venait de quitter l'aéroport de Leh.



Le pont menant au village de Alchi.


Et enfin, la passerelle qui me premettra de rentrer dans les gorges conduisant au hameau de Tar.


Cette passerelle qui, pour une fois, est à sens unique pour moi !!


Comme le soleil est radieux, je vais faire cette balade de deux heures, comme si c'était une première fois et prendre mon temps pour y faire des photos.



 Il est plaisant de constater que tout doucement l'automne s'installe déjà au Ladakh.


Grâce à ces gorges très étroites, il est inenvisageable d'y construire une route. Je vous laisse donc découvrir ce trek comme si nous étions avant que ce Ladakh ne soit défiguré par le modernisme.

 

Avec cet arbre où je ne sais jamais passer sans penser à ma petite Pascale.
Il est certain que l'année prochaine, elle sera avec moi.
 

 

Après ce beau parcours, me voilà à Tar.
Et lorsque la maman de Tashi me voit, elle vient aussitôt me faire un julley et m'inviter à prendre un thé chez elle.

 





A la maison Kutipa, nous nous retrouvons comme promis, il y a déjà deux mois et demi. Le tournesol représente un peu le soleil qui est dans nos coeurs.  

 


Et Palmo nous prépare mon repas préféré, une bonne thenthuk. Palmo me dit que j'aurais dû prévenir que j'arrivais, elle m'aurait fait des momos. Je lui réponds qu'elle les fera la prochaine fois pour Pascale. Ok, je compte sur toi, me répond Palmo.
Au repas du soir, le papa me demande jusque quand je reste ? Je dis que demain matin, je partirai pour le Tar La. Hooooo, tu es courageux !! Quand à Palmo, elle ne fait qu'une grimace en tirant un peu la langue, pour me dire que le pass est franchement compliqué.
Le papa me fait en vitesse un petit plan en traçant le trajet à effectuer et me le remet en me disant : si cela ne va pas, tu reviens. Ok, je ferai comme ça !