mardi 5 juin 2012

Préparation de la grande traversée du Zanskar



Leh 

Cette fois, plus de visite dans la région proche de Leh, la seule chose à faire, c'est de m’acclimater à l'altitude, m'occuper du permis pour la vallée du Dha et réserver mon bus pour Lamayuru.

Avec le permis en poche pour la vallée du Dha du 29 juillet au 4 août
A Kargil, je demanderai un permis pour Batalik, Darchik, Garkhun du 26 juillet au 1 août

Départ de Leh pour Lamayuru



Le monastère de Lamayuru
Nouvelle visite du monastère de Lamayuru avant de monter cette fois au "Moonland". Cet immense cirque désertique d'argile ocre-jaune marquerait, d'après la légende, l'emplacement d'un ancien lac. Il faut une demi journée, aller retour compris, pour parcourir ce champ de bosses d'argile jusqu'aux falaises ornées de stalactites et de stalagmites. Un décor vraiment lunaire. 
L'après-midi, je monterai au-dessus du gonpa pour voir les magnifiques perspectives sur le gonpa, la vallée et le moonland.    

Départ de Lamayuru pour Kargil afin de faire la demande de permis pour Batalik, Darchik et Garkhun.



Tout le pays des Dardes Brogpas est maintenant ouvert au tourisme. Un permis de 7 jours permet d'aller à Garkhun, Darchik et Batalik au delà de Dah. 
Ces trois villages sont dans le district de Kargil et le permis doit être demandé à Kargil. Pour effectuer le circuit complet de cette région, il faut donc prendre un permis à Leh avant de partir pour Kargil en indiquant les dates prévues d'arrivée à Dah, puis ensuite aller à Kargil prendre le permis pour Batalik, Dartsik et Garkhun, ce qui oblige à passer une nuit à Kargil. 

On peut obtenir le permis dans une agence de Kargil ou aller directement à Baroo, à 2 km de Kargil sur la route de la Suru, au bureau du District Commissioner. Des minibus font une navette permanente entre le minibus-stand et Baroo. Il faut prévoir une demi-journée pour passer dans les différents bureaux et repartir avec le permis.

Le "District Magistrate Office" (couloir rez-de-chaussée à droite) remplir les papiers : l'an dernier, c'était plus simple, les deux formulaires se remplissaient dans le même bureau (ne pas demander Dah, ce n'est pas chez eux, mais Batalik, Darchik, Garkhun. Si le magistrat n'est pas là, il faudra revenir le lendemain matin vers 10h. (Le trajet Kargil centre coûte 4 Rs) 

Vallée du Dha

La région est peu touristique mais mérite d’être connue. La route y est magnifique et l’histoire de son peuple fascinante. A quelque 150 kilomètres de Leh, dans la vallée de Dha-Hanu, les villages Dha et Hanu sont cachés entre montagnes et abricotiers.
Là-bas, on trouve quatre villages Brokpa, dont l’origine de la population reste encore un mystère. C’est dire, on les pense même d’origine aryenne, ou encore descendants des guerriers d’Alexandre le Grand. Une légende transmise de génération en génération parle, elle, de trois frères, Melo, Galo, Dulo, venus d’un petit village du Pakistan actuel, Gilgit. L’histoire raconte qu’ils auraient été chassés de leur terre natale et ont fini par s’installer cette belle vallée. Il est pourtant facile de trouver chez eux de fortes similitudes avec les Kailash du Pakistan.
Les Brokpa, ou Dard, se différencient pourtant de toute ethnie indienne : clairs de peau, ils parlent une langue qu’eux seuls comprennent et sont animistes, même si la population se convertit de plus en plus au bouddhisme. Mais la culture Brokpa tend peu à peu à disparaître. Ils ont abandonné la polyandrie (une femme qui épouse plusieurs hommes) et ne vénèrent plus qu’à l’occasion du festival annuel Bonona (à la fin des moissons) le dueia, l’autel du village, le centre des divinités. De même, il ne reste que quelques maisons abritant un sabdak, la pierre des ancêtres, une autre divinité.

Départ pour la vallée.

Un taxi collectif dessert Batalik depuis Kargil tous les jours à 14h30 pour 150 Rs en 2010. Le même taxi devient privatif ensuite pour aller jusqu'à Darchik ou Garkhun, pour 100 ou 150 Rs.

Prendre le taxi pour Darchik à 14h. Les taxis attendent au coin du pont du centre ville, au bas de la rue qui part au dessus de la guesthouse Zoji La.

La descente sur Batalik depuis le Lalung La est somptueuse et la route dans les gorges étroites de l'Indus entre Batalik et Garkhun ne l'est pas moins.
Les gorges de l'Indus sont ici encaissées et spectaculaires. Il y a 6 km entre Batalik et Darchik, 7 km entre Darchik et Garkhun, et 4 km entre Garkhun et Dha. 




Il n'y a pas de guesthouse à Batalik (village sale et sans intérêt, sauf le pont qui emprunte une arche naturelle au-dessus de la gorge) et une à Garkhun : "Indus Aryan Valley Guesthouse" (golopagarkon@gmail.com, tél.mobile : 9419885588). 
Darchik n'a pas (encore) de guesthouse et c'est bien dommage car cet endroit et ses environs méritent une longue visite. Darchiks est très beau. Sa situation sur un plateau accessible seulement à pied en fait un petit paradis, et la promenade vers le hameau de Manta encore plus haut est un régal. Possibilité de dormir chez l'habitant

De Darchiks à Garkhun, il y a 6 km avec un check post sympathique et pointilleux. A Garkhun a une guesthouse, difficile à trouver, mais tout le village la connait.
Pour quitter cette partie des gorges, il faudra faire à pied les 4 km entre Garkhun et Dah, et présenter au check post le permis pour Dha obtenu à Leh avant de partir.

Suite du trek dans la vallée de Dha à Sanjak via Baldès.

En temps de marche, il faut 3h pour aller de Dha à Sanjak. Il faut ajouter au moins 2h à Sanjak.
Au départ de Dah (à l'heure H), on commence par 3 km de route pour rejoindre le nouveau pont de Baldes (H+40'). Après l'avoir traversé, on suit tant bien que mal un sentier tourmenté au bas du village le long du fleuve. On finit dans le sable derrière une grande propriété, et de là, on rejoint un bon sentier (H+1h). On le quitte très vite pour prendre un escalier sur la droite qui monte très raide et très haut, dans une cassure de la
falaise jusqu'à un plateau jalonné de grands cairns. Un grand rocher rond donne une vue plongeante sur Biama et Sunnit. Suivre les cairns jusqu'à un passage abrupt dans la falaise. Sur le replat au-dessus (H+1h35), monter en diagonale en suivant des cairns moins visibles, passer deux bosses, puis le sentier continue en balcon à flanc de montagne en face de Sunnit. A H+2h10, traversée délicate d'un vallon, puis à plat et en descente jusqu'à un très large vallon (H+2h30). Ensuite, c'est une longue descente jusqu'à Sanjak (H+2h50), et sa forêt d'abricotiers et de peupliers. Il faut 30 minutes pour traverser le village par une ruelle pavée ou cimentée, en passant devant une grande école et une mosquée. Rattaché au Tehsil de Kargil, peuplé uniquement de paisibles musulmans chiites intéressés de voir des étrangers chez eux, le village est très propre et agréable sous l'ombre de ses nombreux arbres.
Tout au bout du village, on rejoint la Kanji Nallah qu'on traverse sur quelques planches en attendant la reconstruction de la passerelle. Au bord de la route venant de Chiktan, on trouve quelques épiceries et une centrale hydroélectrique, Shakar-Chiktan Micro Hydel Scheme 3x0,42 MW, qui vient d'être remise en état fin août 2011 et donnera de l'électricité jusqu'à Dah.

Ensuite à pied, De Sanjak continuer vers Chiktan via Sankar et Hagnis. Il y a une bonne journée de marche entre Dah et Chiktan. Il ne faut pas aller plus loin, c'est suffisant. Il y a une petite guesthouse à Chiktan. Le fort qui tombe en ruines est impressionnant et donne envie de monter le voir de plus près. 
L'histoire du Khar occupe une place importante sur le village et est reconnu à travers le folklore et les légendes. La beauté du palais est chanté par les anciens du village. 
Le château est bâtie sur la falaise abrupte. C'était un château neuf étages et a été considéré comme le plus beau palais du Ladakh. Chiktan Khar, a servi de capitale du royaume indépendant de Chiktan. Construit sous le règne du roi Tsering Malik par le légendaire artisan Balti Shinkhan Chandan. Au fil des ans, la citadelle est tombée en ruine et en 2010 il a été reconnu comme l'un des cent sites les plus menacés de par le monde.

Ensuite, Chiktan - Bodhkharbu n'est pas très intéressant sur des routes en travaux. Ce n'est pas très loin, mais il faut faire du stop jusqu'à Bodkharbu.  
Ces infos sont de Jean Louis Taillefer http://ladak.free.fr/public/catalog1.htm ou  http://ladak.free.fr/
Un grand merci à lui pour sa collaboration.



Visite des monastères dans la région de Bodhkarbu

5 monastères à découvrir dans la région : le Munding gonpa, le Targyaling gonpa, le Chomo gonpa, Yogmal gonpa et le Rinchenpug gonpa.


BODHKARBU, 3.495 m

Entre les deux cols du Photu La et du Namika La qui séparent Lamayuru de Mulbek, la route traverse une courte vallée occupée par plusieurs hameaux dispersés. Les habitants de la partie Est sont bouddhistes de la branche Drigung Kargyud, et rattachés à Lamayuru, et ceux de la partie Ouest sont musulmans chiites.
Au dessus de la route, on aperçoit les ruines d'un village sur un plateau et celles des tours d'une forteresse au-dessus. C'est ce fort qui a donné la syllabe "khar" à Bodhkarbu. Et comme "Bod" est le nom du Tibet, "Bodhkarbu" signifie "forteresse des tibétains.
Pourtant avant d'être transformé, le nom d'origine était "Boadh Kharpur" qui signifie "voler dans le ciel" et traduisait l'impression que donnait cette forteresse si haut perchée, puis le nom est devenu "Boadh Kharbud", puis Bodh Kharbu". (info d'un moine du Photang, à confirmer)
Entouré de camps militaires, le plus grand temple bouddhiste du Ladakh se trouve au bord de la route. Autour de Bodhkarbu, on trouve trois autres temples et un monastère de nonnes.
Quelques kilomètres plus loin, Kangral est le point de départ de la route qui suit la Kanji River jusqu'à Sanjak, au bord de l'Indus, à mi-chemin entre Hanu et Da, cœur du pays des Dardes Brokpas.

Photang ou Targyaling gonpa

Son nom complet est : Tar Gyas Ling Gonpa. Ce temple est dans une grande cour entourée d'un haut mur. On peut entrer dans la cour par une porte dans le mur d'enceinte le long de la route. Si aucun moine ne se manifeste, on peut toujours passer derrière la bâche qui protège les peintures de l'entrée pour découvrir les grandes peintures brillantes des 4 lokapalas. L'intérieur a moins d'intérêt. Un moine a la clé du temple et un autre celle de la chambre du Dalaï Lama. Les décorations de cette chambre méritent une visite.
Avant d'aller au Sang Snag gonpa, demander ici, s'il y a un moine.

Zhapa Dorje Ling 

Cette nouvelle nonnerie inaugurée le 18 juillet 2008 est située de l'autre côté de la rivière en face du Photang. Elle est rattachée à Lamayuru et abrite soixante nonnes (en 2009) dans un cadre désertique mais agréable à l'écart de la route et des camps militaires. De part et d'autre du Dukhang, se dressent un grand chorten et un énorme moulin à prières.
Rinchenpug gonpa  "rinchen" signifie "précieux"

Ce petit gonpa se trouve dans la première vallée à gauche après avoir dépassé le Photang. Situé au-dessus d'un hameau en partie déserté car de plus en plus de blocs de rochers se détachent de la montagne au-dessus et détruisent les habitations. Il est gardé par un seul moine et n'est plus entretenu. Sauve qui peut ! Les murs sont nus, il reste une statue d'Avalokiteshvara à mille bras contre le mur du fond face à l'entrée.

Sang Snag Chos Ling

S'il n'y a qu'une chose à voir en passant à Bodkharbu, c'est ce vieux monastère. Il est dans le deuxième vallon après le Photang, au-dessus du village de Yogmal. Le bâtiment semble très grand. A l'intérieur, une galerie de moulins à prières entoure le Dukhang.
Le mur intérieur de la porte est occupé par des quantités de Milarepa et de multiples scènes. Sur le mur à gauche, un grand Padmasambhava assis est entouré de six grands Padmasambhava debout. Au fond, on voit trois grandes statues dont deux Avalokiteshvara. Sur la gauche une petite salle interdite aux femmes appelée Apikhang. Sur la droite, en passant derrière les trois statues, on découvre un Bouddha Maitreya de 4 m assis sur un trône, et dans un coin, les empreintes des pieds et des mains de Bouddha. Devant le mur de droite, un alignement de huit chortens masque en partie des fresques où l'on reconnaît plusieurs Padmasambhava. Toutes les fresques des murs sont vieilles mais bien conservées.

Mundik gonpa 

On aperçoit ce gonpa de l'autre côté de la rivière Kanji Nallah avant d'entrer dans le vallon de Yogmal. Il faut se renseigner au Photang pour savoir s'il y a un moine avant de s'y rendre. Le temple est minuscule. Il a été doublé d'un bâtiment neuf mais vide. L'ancien temple expose dans une vitrine une grande statue d'Avalokiteshvara à mille bras, entouré de 4 statues plus petites de Sakyamuni, de Padmasambhava et d'un Maitreya assis sur un trône. Les fresques des murs sont entièrement noircies et difficilement visibles.

Ruines du fort et du vieux village 

Après BodKharbu, en levant la tête sur la gauche au niveau du hameau de Yokmal Tyak, on aperçoit des ruines en bordure d'un plateau. Il est très facile de monter jusqu'aux ruines importantes du hameau primitif de Bodkharbu. Au-dessus de ces ruines, on voit les vestiges des tours d'une ancienne forteresse. L'accès est trop dangereux de ce côté. Il est possible mais acrobatique depuis le vallon de Yokmal.

Hébergement - Restauration

Il n'y a ni hôtel, ni restaurant, ni guesthouse, ni homestay à Bodhkharbu ou dans les hameaux environnants. L'hébergement le plus proche est le Tourist Bungalow d'Henasku. Malgré tout, on peut être hébergé :
- au lieu-dit Yokmal Tyak, chez Chaksey Pa, l'unique maison à droite de la route quand on descend vers le vallon de Yokmal,
- chez Katsa Pa, dans le vallon de Yokmal, au hameau de Khartsa, situé juste avant le hameau de Yokmal et le Sang Snag Choling.
Entre 12h et 13h, on peut manger à la nonnerie de Zhapa Dorje Ling.

Accès

Pour aller dans la direction de Leh, le bus quotidien Kargil-Leh passe à Bodhkharbu le matin, et Kargil-Henasku l'après-midi.
Pour aller vers Kargil, Henasku-Kargil passe à 7h sauf le dimanche et Leh-Kargil passe l'après-midi. L'absence d'hébergement amène à faire cette visite en taxi.
Départ pour Mulbek pour voir les différentes gonpas troglodytes de la région 
Mulbek Le monastère et son Bouddha de 9 m sculpté dans la roche. Plus haut dans la montagne il y a un deuxième monastère. La monté sera peut être inutile car le monastère est souvent fermé, mais belle vue sur la vallée de là-haut.

A voir autour de Mulbek, gonpa troglodyte de Gyal (clé au village) et de Shergol (un moine dort là tous les soirs). Monter à l’ermitage d'Urgyen Dzong + balade le long des falaises entre Wakha et Shergol.
L'endroit mérite une visite d'au moins 2 ou 3 jours pour s'imprégner des splendides paysages autour de Mulbek. 
A l'écart de la route, sur la rive gauche de la rivière Wakkha, se trouve le villlage de Shergol surmonté par le gonpa Jangchub Ling, "lieu de l'éveil", taillé dans une falaise de roche tendre. La vision du monastère troglodyte de Shergol est un incroyable édifice de trois étages niché au creux d'une abrupte falaise brunâtre, qui ressemble de loin, à un essain d'abeilles sauvages avec ses alvéoles bordées d'ocre, fenêtres étroites percées dans les murs blancs, légèrement penchés en arrière.
On accède au monastère, qui domine un minuscule hameau, par un sentier en zig-zag, raide et rocailleux. Des cavernes ont été évidées par les moines qui y entreposent le bois ou les épineux utilisés comme combustible. Le monastère lui-même semble désert. Pour visiter ce monastère, le moine est là tous les soirs car c'est là qu'il dort.  

De Shergol au monastère d'Urgyen Dzong

Direction le monastère d'Urgyen Dzong, situé dans une vallée reculée,  à 5 h de marche de Shergol. Carnet de route pour Urgyen Dzong : la piste contourne le gonpa de Shergol à flanc de colline jusqu'à Serzing et passe sous le village (grosses et riches maisons ladakhis). 5 mn plus loin, un pont  permet d'accéder à la vallée de Pokhar. La piste carrossable se termine et un petit pont en dur fait passer sur la rive droite. On remonte vers un petit canal. Une ouverture dans un très long mur de pierres donne accès au sentier qui va remonter ce petit affluent de la Pokhar, et s'enfoncer dans des gorges vertigineuses sur près de 2 km avec échelles de bois ou de fer pour les passages délicats, et parfois des escaliers. A la sortie sur la gauche, une rude montée dans une pente de terre mène à 2 monastères (et à 2 sources). En face, dans la falaise, les ermitages d'Urgyen Dzong. Cadre magnifique ! Lieu de méditation de Padmasambhava au 8ème siècle.

Vers le monastère gelugspa de Gyal

Du monastère, rejoindre par un sentier assez raide un petit col rocheux : 45 min.
Du col, suivre un sentier assez mal marqué qui zigzague entre des barres rocheuses. Cairms et marques de peinture rouge. Du bas de la paroi, suivre un sentier oblique main gauche. Passer une épaule et rejoindre un sentier très large. Le quitter après 500m et descendre dans un petit vallon. Passer le pont et suivre la rivière droite vers l'aval. Suivre un canal bien au-dessus de la rivière. Ne pas descendre à un premier pont, mais rester en haut. Puis quitter le canal et suivre un sentier qui descend. Rester sur la rive droite jusqu'à la vallée de Mulbek. Remonter cette vallée toujours du côté opposé à la route. Ce sentier reste au-dessus des champs et des habitations. A la première vallée importante qui vient de la droite, la remonter sur quelques centaines de mètres puis rejoindre le torrent. Le traverser et suivre une piste carrosable sur 200m. Un sentier, main gauche, rejoint un plateau que l'on traverse avant de redescendre dans la vallée principale. La remonter jusqu'à ce que l'on voit l'autre côté de la route (de l'autre côté de la rivière) de Leh, quitter la vallée. Traverser la Wakha (pont) et remonter la vallée de Gyal. Le sentier passe sous le monastère, accroché à la falaise.
En remontant la vallée de la Wakkha, on arrive très vite en vue du magnifique paysage qu'offre le village de Gyal. Au-dessus du village, tradition oblige, se trouve un petit monastère gelugspa de Gyal creusé dans la falaise.


La traversée du Zanskar



Mon départ : se fera du Gonpa de Lamayuru

Jour 1 Lamayuru - Prinkiti -la (3900 m) - Wanla - Phanjila (5 heures)

A droite de la route, dans le ravin, en passant devant les maisons et les champs de village se trouve le début du trek. Le chemin mènera au col Prinkitila (3900m). Du col, on a une vue magnifique sur les montagnes environnantes. Suivre la gorge jusqu'à ce qu’on atteint la vallée de Shillakong. Suivre la route vers la gauche. De là, on voit déjà le Gonpa de Wanla. Continuer le long de la route jusqu'à Wanla. Visite du monastère de Wanla puis continuer encore quelques kilomètres pour arriver au village de Phanjila (3300 m). Guesthouse au village.

Jour 2 Phanjila - Hanupatta (6 heures)

Au village Phanjila, il y a deux gorges, une va au Zanskar et l'autre va vers la gauche et mène vers le village d’Urtsi. Prendre à droite, suivre la route carrossable jusqu'au village de Hanupatta en traversant des belles gorges. Passer le village et continuer encore pendant 2 km pour atteindre le camping. Nuit au camp. (3750 m)
Jour 3 Hanupatta - Sirisir -la (4805 m) - Photoksar (7 heures)
Suivre la rivière tout en remontant la vallée jusqu’au passage de la rivière vers la gauche et ensuite commencer la longue ascension du col Sirsir La (4850m). Du pass, on a une vue panoramique spectaculaire sur la principale chaîne du Zanskar, ainsi que sur le prochain pass, le col Sengge La. Descente facile du Sirsir La qui conduit au village de Photoksar. 

Nuit au village (4210 m)

Jour 3 Photoksar – Bumiktse La (4200 m) - Base Camp du Sengge La (7 heures)

Dès le village, il faut traverser la rivière et commencer la montée vers un stupa de passage, puis continuer sur le chemin d’où on a une très belle vue sur le village de Photoksar, les montagnes et les superbes gorges environnantes. Continuer vers le col de Bumiktse La d'où on peut voir directement au loin le Sengge La Pass qui se trouve encore à plus de trois heures de marche. Jusqu'à la base de Sengge La, il faut traverser plusieurs petits cours d'eau. Nuit au camp de base du Sengge La . (4450 m).

Jour 4 Base camp du Sengge La - Sengge La (4960 m) - Kyukpa -la (3850 m) - Skyumphatta (7 heures).

Dès le camp de base, commencer à remonter progressivement vers le col Sengge La (4960m). Sur l’autre versant, la route redescend à pic, continuer le long du côté droit de la vallée, chemin bien marqué vers le village de Kyumpata. Belle et impressionnante vue sur la vallée. Suivre les sentiers battus du Kiupa La Pass (4450m), ascension facile. Descente impressionnante vers le village de Kyumpata (4000 m).

Jour 5 Kyumpata - Lingshed - Hanamu La Camp de base (7 ½ heures)

De Kyumpata suivre la piste et commencer directement à remonter au col Murgum La. C'est une longue montée et il est conseillé de prendre suffisamment d'eau au village car il n’y a pas de source avant Lingshed. Du col, suivre à nouveau le sentier bien défini qui mène directement sur les hauteurs de Lingshed. Visite du monastère de Lingshed qui est très intéressant avec les vieilles statues, fresques et tableaux, etc. L'histoire dit que ce monastère aurait été construit par Rinchen Zangpo Lotsava (le traducteur). Après la visite, continuer en direction de la Hanamu La base en traversant le petit pont. Passer le village par les crêtes sur le côté droit. (4000 m)

Jour 6 Hanuma La Base Camp - Hanamu -La (4700 m) - Snertse (7 ½ heures).

Après le petit déjeuner, suivre la route qui monte en flèche en zig-zag au col Hanamu La. La longue montée est fatigante, mais le sommet fournira la récompense avec des paysages merveilleux et enchanteurs. Franchir le col et suivre le chemin qui descend dans une gorge. Plusieurs passages un peu délicats tout en suivant la rivière jusqu’au camp. Nuit avant le camp près de la rivière. (3410 m)

Jour 7 Snertse – Parfi La (3900 m) - Hanumil (6 heures)

Commencer la randonnée le long de la rivière en aval du Stupa d'où on commence la montée du  Parfi La. Traversez le passage ici. Au sommet du passe, très beau panorama sur les autres sommets et pour la première fois, la rivière Zanskar sur la gauche. Encore deux heures pour le village Hanumil. Nuit au camping. (3410 m)

Jour 8 Hanumil – Pidmo – Zangla (6 heures)

Dernière étape avant Zangla. On marche le long de la rivière avec quelques montées et descentes. De l’autre côté de la rivière de Zanskar, on aperçoit la route qui rejoindra un jour Chiling et l’Indus.
A Pidmo, il faut rejoindre le pont pour passer sur l’autre rive et rejoindre ainsi Zangla. La plaine est plate, on voit Zangla de très loin, mais il faut encore deux bonnes heures avant d’arriver.

Nuit chez Tundup Tsering, que j’aurai le plaisir de retrouver.

Jour 9 Zangla / s'Tongde / Zangla

En bus (le matin) jusqu'au village, en suite monter au gompa de Stongde, avec peut-être (suivant la forme !) balade jusqu'au alpages du s'Tongde La.
Nuit à s'Tongde ou Zangla. A voir sur place.

Suite du trek Zangla, Zangla Sundo, Pandang La 5.150 m, le Lar La 4.850 m, le Rotang La 5.000 m, Shade, Tantak, Phuktal et Purne

Jour 10 Zangla - Zangla Sumdo 3825m


Durant ces quatre prochains jours de trek, il est impératif de prévoir assez de nourriture car il n’y a aucun village sur le trajet. Sur les sentiers, on aura peut-être la chance d’apercevoir des camps de nomade, mais là encore c’est sans garantie, puisque par définition, un nomade se déplace souvent ! Il faut donc prévoir d’être autonome à 100 %. Autre ustensile indispensable, c'est une bonne paire de sandales, car il y a énormément de passage à gué. A tel point qu'on ne quitte plus ses sandales pendant la majeure partie des deux premières journées. Petit conseil supplémentaire, attention aux coups de soleil sur les pieds. 

Depuis Zangla village, il faut monter jusqu’au royale palace et redescendre vers la vallée par le sentier qui part à la gauche du château pour rejoindre la Zumlung Chu tout en laissant un doksa sur la droite. De là, il faut environ cinq heures de marche facile, mais avec de nombreux passages de la rivière pour rejoindre le camping de Zangla Sumdo. Il est impératif d’avoir des bonnes sandales. A la sortie des gorges, on arrive directement au milieu des bosquets où il est possible d’y mettre sa tente.

Jour 11 Zangla Sumdo - Ningri La base camp 

Du camp, on laisse le Charchar La à gauche et on remonte encore la rivière avec ses passages à gué. Au bout de deux heures, la gorge se resserre et on arrive face à un éboulis. Inutile de regarder à gauche ou à droite, avec l’espoir de pouvoir l’éviter ! Le sentier est très peu visible, mais il commence sur le côté gauche. Après, c’est à vous de jouer afin de monter au plus facile entre les grosses pierres. Tout en haut de l’éboulis, la rivière réapparaît et il faut continuer à la suivre tout en effectuant une série de up / down. Au bout de deux bonnes heures, on arrive à la fin de la gorge. A droite, c’est la montée du Siachan La avec une bergerie au début de la montée. A gauche, on découvre le Ningri La dont le sommet est encore à trois heures de marche. Possibilité de passer la nuit près de la rivière. La journée est finie

Jour 12 Ningri La base camp - Yarinchu

On commence la journée par une montée raide à travers de verts pâturages sur le côté gauche et un ravin escarpé qui descend en dessous. L’ascension devient de plus en plus raide et les points de vue de plus en plus spectaculaires jusqu’au sommet.

Il faut bien trois heures pour atteindre le pass du Ningri La ( 5175m ) car la dernière partie est rendue très difficile par la nature du terrain qui est du schiste noir et pour compliquer l'affaire, la pente est vraiment fort pentue. Arrêt obligatoire pour souffler et admirer le panorama avec ses nombreux pics et découvrir par la même occasion tout le chemin parcouru et aussi celui qui reste à faire.. La descente raide jusque dans la vallée Niri Chu. De là, c'est une demi-heure jusqu’à un doksa très vert près de la rivière avec possibilité d’un beau campement.

Jour 13 Yarinchu - LarLa - Ningri


Du camp , on traverse la rivière presque immédiatement pour continuer le long de la rive droite sur un sentier relativement plat. Arrivé dans un défilé, il faut compter les canyons que l’on rencontre sur la gauche, car au troisième il faut trouver un chemin qui monte sur un plateau. Il ne faut surtout pas continuer sur la rive de la Niri Chu car on sera bloqué par un passage de la rivière entre deux falaises quil est impossible à franchir.

Lorsqu’on est sur le bon chemin, juste en haut, on arrive à un alpage. Le chemin est alors bien visible pour continuer jusqu’au Lar La. Au pied de celui-ci, il faut prendre légèrement sur la droite tout en gardant la vue sur les sommets et sur la pass qu’il faut franchir. Cela ne pose alors pas de complication car au fur et à mesure que l’on avance, le chemin est mieux tracé. Une fois là-haut, la vue est encore plus étonnante car nous voyons en un seul coup d’œil tout le chemin parcouru depuis deux jours. Descente en S qui permet d’arriver à un doksa avec ses terrains plats pour monter la tente. Nous sommes alors juste en-dessous du chemin qui monte au pass du Rotang La

Jour 14 Ningri - Rotang La - Shade 


Il faut moins de trois heures pour monter au 4890 mètres de Rotang La, une montée relativement facile jusqu’au doksa des villageois de Shade ( 4470m ). Du doksa, les lacets du sentier montent progressivement vers le pass qui n’est plus très loin. La vallée du côté de Shade est colorée dans les tons de jaunes, oranges et rouges. C'est une descente très agréable et facile jusqu’à Shade, avec une petite crête autour de nous. Juste avant le village, nous passons une vaste collection de chortens blanchies à la chaux, des signes de l'importance de Shade comme une ancienne route de commerce ...
Shade n'est pas souvent visité par les trekkeurs, mais est un village excessivement intéressant et il faut bien une journée supplémentaire pour découvrir le village et les vallées de pâturages ouverts au nord du village par les transhumants.

Shade est entouré de vastes champs d'orge, de pommes de terre et pois mange-tout. Ils ont aussi des serres où l'on cultive des radis, la coriandre , le chou , le chou-fleur et des carottes. Les villageois vont tout à tour faire paître leurs troupeaux et les protéger contre les nombreux loups et les léopards de neige dans la région! Le retour des troupeaux vers les 17h est un véritable spectacle.

Jour 15 Shade -Phuktal 

Descendre jusqu'à la rivière et là, prendre à gauche jusqu'au monastère de Tantak, continuer jusqu'au pont où là, il faudra passer de l'autre rive jusqu'à la Tsarap. A droite jusqu'à Phuktal. Grosse journée  +/- 10 heures
Il est possible que cette année je monte au lac Tso Tok. Il faudra alors rajouter une journée pour rejoindre Phuktal.

Pour aller au lac

Info de Jean Louis. 
Alors, dans ce cas, notes bien de monter au lac en restant sur la droite du vallon. On aperçoit un beau plat sur la gauche dès le départ, et j'ai traversé pour monter dessus et marcher à l'aise pendant ...  au moins 10 minutes. Ensuite, ce ne sont que des blocs de rochers qu'il faut contourner, escalader, redescendre, un vrai parcours du combattant. Je me suis même demandé si ça valait le coup de continuer sans savoir exactement combien de temps ça allait me prendre. Heureusement le lac valait le déplacement.
C'est seulement en redescendant que j'ai vu tous les petits cairns qui jalonnaient les bons passages. Tout se passe sur la droite, c'est à dire la rive gauche du torrent (souterrain la plupart du temps).
A un moment vers le bas, tu verras un beau sentier partir sur la droite. C'est celui qui conduit vers Yarshun et Marshun, puis la route Manali-Leh. Il ne faut pas le prendre, mais continuer dans une mauvaise pente de terre et de pierres. En bas, tu trouveras les cairns jusqu'au lac. C'est un vrai jeu de piste, car trouver des vieux cairns au milieu de tous ces rochers, ce n'est pas évident.
Il faut prévoir au moins 3h pour le détour, car on n'a pas envie de repartir tout de suite.

Jour 16 Phuktal - Purne

Il faut passer le pont juste après les drapeaux de prières, après c'est à droite (par en haut ou par le bas). 1 heure après, on est à Purne.
Repos de 2 jour chez d'Olma.

Jour 19  Purne / Shing (Camping de Kargyak)

6h45 / +450m / -250m.
Descendre au pied du village de Purne pour franchir le cours d’eau sur le pont, puis montée à gauche de près de 200m, avant de s’engager sur un faux-plat descendant jusqu’à un chorten (50mn, 3.940m). La vallée s’élargit. Au loin, on devine les champs qui entourent le village de Marling. On passe le village de Yul et ses splendides chortens Rigzum Gompo noir, blanc, jaune. On s’en va descendre suivre la rive gauche de la Kargyak Chu. On franchit un torrent émissaire venant de la droite pour passer un peu plus loin auprès d’une grosse pierre tombée (1h30, 3.870m). Petite montée rude jusqu’à un ensemble de chortens et de murs de manis pour arriver au village de Testa (35mn, 3.980m). Changement radical de paysages, ici, la vallée est large et couverte de cultures. On entre dans le village de Kuru (30mn, 3.990m). On s’en va traverser un torrent avant de descendre longer la Kargyak Chu sur un sentier sablonneux et poussiéreux. On laisse un premier pont sur la gauche pour continuer en rive gauche le long de la rivière jusqu’au pont suivant (1h30, 4.020m). On traverse la Kargyak Chu pour aborder une montée vers Trangtse et se diriger vers une série de chortens. 
Par la suite, on traverse un plateau rocailleux bordé à sa gauche de superbes falaises rouges (noter que c’est en suivant un de ces canyons sur la gauche que l’on peut s’engager sur la route alternative au Shingo La et sortir sur la route de Leh à Manali en franchissant les cols de Toden La et du Phirtse La qui tutoient les 5.500m !)
Direction vers le petit village de Table. Descendre le long du torrent pour retrouver un sentier bien large qui traverse les champs avant de descendre jusqu’à la plaine alluviale. Après quelques minutes de marche en bordure de moraine fluviale rive droite, voici qu’apparait au détour du chemin le mythique Gumburanjon (5.320m) dont la face nord-ouest est composée d’une paroi verticale de plus de mille mètres. Sinon, tout autour, c’est la platitude absolue jusqu’à Shing

Jour 20 Shing (Camping de Kargyak) / Lhakhang

6h / +700m / -100m.

Ici l’itinéraire est tout ce qui a de plus simple. Il faut poursuivre notre longue remontée de la vallée… Avec le Gumburanjon comme point de mire. Et c’est qu’il est de plus en plus beau, si beau que nous allons bientôt le frôler et laisser sa fameuse paroi nord-ouest nous dominer de toute sa raideur. Mais avant cela, il nous faut avancer à travers champs jusqu’à Kargyak (35mn, 4.160m) et poursuivre sur un immense plateau en rive droite de cette large vallée glaciaire qui semble ne jamais en finir. C’est ensuite la traversée d’alpages d’altitude et l’arrivée devant un large ruisseau qu’il faut passer à gué (1h45, 4.280m, doksas). 
Toujours en direction du Gumburanjon qui se rapproche (quand même…). La traversée du large cône de déjection issu de la vallée qui vient de la gauche du Gumburanjon sera pour plus tard. Tout bon moment ayant une fin, on attaque la traversée à gué de plusieurs ruisseaux qui courent au milieu des éboulis avant de contourner par sa base une moraine frontale bien proéminente en suivant la rivière (30mn, 4.370m). Attention il faut y passer le plus tôt possible dans la journée afin de ne pas avoir trop d'eau.

Nous voici dans la vallée glaciaire sous la paroi démoniaque du Gumburanjon au milieu de gros blocs d’éboulis entre lesquels il faut se frayer un passage. Le chemin devient moins chaotique et reprend son train de sénateur en faux-plat montant jusqu’à arriver en vue de Lhakhang Sumdo où l’on doit un peu s’élever à flanc de moraine latérale.  Nous voici au pont de Lhakhang Sumdo (1h, 4.470m, camping, eau). 

Jour 21 Lhakhang / Shingo La / Chumik Nagpo / Ramjak
4h30 / +430m / -500m.

Lever aux aurores pour passer le col du Shingo La dans des conditions acceptables. Il est souvent enneigé à la montée, rendant l’ascension un peu plus ardue mais aussi à la descente alors que le vallon orienté plein sud aura déjà bénéficié des rayons du soleil. 
On rejoint le fond du vallon pour s’élever rive droite sur une moraine latérale et atteindre un tertre (1h40, 4.900m). On opère une traversée légèrement vers la gauche pour passer le torrent qui sourd des bases du col bien visible maintenant et on atteint en 50mn le dernier col. 
Après avoir crier « Ki Ki So So La Gyalo », c'est la descente pour rentrer dans une large vallée qui se trouve entre le Zanskar et Himachal Pradesh. D'un décor totalement de haute montagne au sud avec un lac de moraine d’un bleu pur bordé de hauts pics glacés assez accessibles bien qu’ils tutoient les 6.000m. Du col, on descend longer le lac par sa rive gauche avant de traverser le ruisseau pour remonter en rive droite. Puis c’est une première bascule vers un plateau caillouteux au niveau de la langue du glacier de laquelle réapparait la rivière (45mn, 4.850m). On poursuit rive droite de la vallée à flanc de moraine tout en up / down (remontées de 15m pour en descendre 20…) à distance de la rivière pour atteindre Chumik Nagpo (1h10, 4.660m). Quelques minutes après on s’en va traverser un large torrent à gué dans une prairie fleurie. Au-delà, c'est une route qui conduit à Ramjak (1h, 4.435m) La journée doit être normalement finie car on trouve ici des taxis qui vont à Darsha. Au cas contraire, une longue marche commence ...............

Jour 22 Ramjak / Zanskar Sumdo / Palamo / Darsha
5h30 / +350m / -1200m.

La journée commence par un grand moment de marche où l’on ne va ne pas perdre un seul mètre de dénivelé absolu mais alors qu’en relative, il en est tout autre… On se remet à monter pour éviter un effondrement de la moraine et négocier quelques passages à gué de torrents. On descend sur un espace gazonné (35mn, 4.385m) avant de remonter vers un cône de déjection issu de l’altier sommet du Ramjak (6.250m quand même…) qui nous propose une traversée d’un torrent aux eaux boueuses (10mn, 4.390m). Attention ! Il est vraiment préférable d’effectuer cette traversée le matin alors que la fonte des neiges n’est pas au top, car en fin d’après-midi, c’est quelque peu effrayant… On continue sur des moraines herbeuses en up / down avant de basculer (enfin !) vers la vallée de la Jankar Chu que l’on atteint après avoir désescaladé un dernier rognon morainique. Passage de la rivière sur un pont de bois (qui ne tient plus guère… mais rassurez-vous, la route se construit) et arrivée à la piste qui va permettre de descendre aisément jusqu’à Palamo puis Darsha (respectivement 8 et 18kms). Nous sommes à Zanskar Sumdo (1h30, 3.980m, campement, eau, boutique). Descente sur Palamo en moins de 2h à pied ou en 25mn si vous avez la chance qu’un camion de travaux vous prenne à son bord. A Palamo, le camping se trouve à côté de la base arrière du chantier donc endroit bruyant et poussiéreux mais présence de deux boutiques bien achalandées. Sinon, il est possible de descendre 10mn plus bas et se poser à droite de la route au milieu des champs sous une impressionnante moraine frontale. Ambiance pastorale cool assurée !
Depuis Palamo, possibilité de prendre la navette taxi pour Darsha (Rs 200) ou d’avoir prévu un transport touristique (la route est ouverte jusque là et pas au de là).

Entre 5 et 10h de route en 4x4 selon conditions.
................ Descente de Palamo vers Darsha sans problème puis route à droite jusqu’au pont en fer et arrêt obligé rive droite de la Jankar Chu pour pointer au check-post (boutiques, restaurants). Ensuite, on s’enfile dans une vallée « alpine » de toute beauté avec des myriades de pics qui se dressent dans le ciel et des somptueux glaciers qui dégoulinent dans des gorges encaissées. On dirait la Suisse, mais puissance 10 ! Direction Leh

Si l’on dispose d’un peu de temps devant soi, il est préférable de faire des étapes plus courtes et de découper le périple (proposé en 6 jours dans ce topo avec des horaires assez tendus) en 7, voire 8 jours.
Voici une proposition d’ordonnancement des étapes :
Purne – Trangtse, en 4h30 Trangtse – Doksa (2h après Kargyak près du torrent en pleine nature), en 3h30 Doksa – Lhakhang, en 4h30 Lhakhang – Chumik Nagpo et en 5h30 Chumik Nagpo – Palamo.
Points d'intérêt
C’est un trek engagé, exigeant (météo imprévisible, écarts de températures conséquent sur une même journée, nourriture simple composée à partir de légumes verts et de pommes de terre, etc.), s’inscrivant sur une période de quasiment 3 semaines, varié en matière de paysages et poussiéreux. Ses points forts résident dans l’ordonnancement :
- une première quinzaine au régime sec "un jour, un col..." avec une dizaine de passages d'altitude entre 4.700 et 5.100m, et ce dès le 2e jour, - une « respiration » dans la vallée de Padum au moment où l’on retrouve monastères et épiceries achalandées (ce n’est pas le Pérou quand même…),
- une dernière partie un peu longuette (mais splendide car traversant de nombreuses zones agraires aux couleurs rutilantes) qui conduit jusqu’au passage du Shingo La entouré de splendides montagnes. Souvent enneigé, on a toujours un regard anxieux sur la météo pour envisager le pire, c'est-à-dire l’impossibilité de le franchir avec toute la caravane. Alors, on peut dire adieu à l’espoir d’être en temps et en heure, à l’aéroport de Delhi car être bloqué au pied du col nécessite une bonne semaine entre marche à rebrousse-poil et parcours routier…
La Grande Traversée du Zanskar permet de s’immerger dans l’Inde himalayenne à mille lieues du modernisme que peuvent afficher les régions plus méridionales, mais attention, le progrès est dès à présent en marche, j’en veux pour preuve la construction de la piste qui d’ici 4 à 5 ans permettra de faire le trajet de Manali à Leh en franchissant le Shingo La par un tunnel, rejoindra la plaine de Padum avant de suivre les méandres du fleuve Zanskar jusqu’à Chilling puis Nymmo, village situé sur la route Leh – Srinagar. Même si la route en construction est relativement discrète et n’a pas détruit le sentier (à l’opposé du Tour des Annapurnas au Népal).

lundi 4 juin 2012

Descriptions des principaux monastères du Ladakh

Au Ladakh les premiers édifices datent du XIe siècle et sont l’oeuvre de l’érudit Rinchen Zangpo et de ses disciples en provenance d’Inde et du Cachemire. L’influence de l’architecture indienne marque ces premières gompas pour deux raisons. La première particularité est leur localisation au plat, alors que les édifices plus récents sont situés en hauteur. La deuxième est leur agencement en carré pour imiter la structure en Mandala dont Alchi est un parfait exemple. Les bâtiments à toit plat sont séparés et ne possèdent souvent pas d’étage. Les matériaux de construction sont des pierres liées par un ciment à base de boue argileuse, régulièrement séparées horizontalement par des poutres en bois pour offrir plus de résistance aux murs lors de tremblements de terre. Alchi doit la finesse de ses sculptures sur bois et de ses peintures aux artisans cachemiris. Bientôt cette émulation artistique dans l’art bouddhiste, florissant en Inde, au Cachemire et par extension dans les régions à culture tibétaine va s’éteindre avec le début d’une période d’invasions.

Un changement abrupt va s’opérer dans l’architecture avec les incursions des armées chinoise, mongole et musulmanes et les querelles entre les différentes sectes bouddhistes naissantes. Jusqu’alors focalisés sur des missions purement religieuses, les monastères deviennent des centres administratifs et militaires et des greniers en cas de disette. 
Cette période voit la rupture des échanges culturels avec l’Inde du Nord et le Cachemire où des sultans musulmans se sont installés sans toutefois parvenir à envahir les vallées reculées du Ladakh.
Ces édifices datant de cette période troublée représentent la majeure partie de l’héritage architectural ladakhi. Les monastères perchés ou fortifiés ont pris l’aspect de constructions étagées sur le flanc d’une colline ou d’un éperon dominant le bas de la vallée. Disposé au sommet, le bâtiment le plus imposant s'apparente à une forteresse.
Les fonctions religieuses sont concentrées dans les bâtiments du haut tandis que l’école, le réfectoire et les cellules se trouvent plus bas.
Exposés entre le Sud et l'Est, les édifices bénéficient d’un ensoleillement maximal. Les bâtiments, hauts de plusieurs étages possèdent toutes les caractéristiques d’une architecture raffinée en regard de l’époque : un portique menant à une cour intérieure, des grandes fenêtres, des balcons, des balustrades, etc.

L’aspect de fortification que l’on trouve dans les monastères de la période récente est aussi la particularité dominante des palais royaux.
Perchés sur des éperons, les fondations épousant les rochers, les palais-fortifications (khar en tibétain) dont le palais de Leh est le fleuron surplombent les habitations villageoises. De construction rectangulaire avec une imposante façade principale (60 mètres de large et 58 mètres de haut), les murs sont très larges à la base pour s’affiner en s’élevant. Les palais et les monastères-forteresses sont les témoins d’une architecture qui desservait d’abord des intérêts stratégiques.

Monastère et ermitage d’Hemis.

Situé dans une vallée latérale étroite de l’Indus à 48 km en amont de Leh, le complexe monastique est blotti sur une faible pente. Il est surplombé par une paroi brun rouge.
Cet important monastère Drugpa Kargyud a été fondé par l’érudit Stagstang Raspa.


Bien que ce monastère ait été bâti au XVIIe siècle, il n’adopte pas le style «monastère-forteresse» de cette époque architecturale.
Esthétiquement l’emplacement encaissé du site offre peu de possibilités de points de vue. Les constructions sont dominées par la paroi située derrière l’édifice. C’est une esthétique originale qui met plus en valeur la paroi que l’édifice.
Touristiquement c’est un des plus prestigieux monastère pour deux raisons : son histoire qui le lie à la dynastie Namgyal et son festival renommé.
De plus, l’ermitage de Gotsang est visité pour l’empreinte de main laissée dans une grotte par un yogi prestigieux après 20 ans de méditation. 

Monastère de Stakna

À une distance de 25 kilomètres en amont de Leh, le complexe de Stakna se trouve sur une butte rocheuse isolée dans la plaine de la vallée de l’Indus. Ce cours d’eau est dominé par le mont de Stakna d’une hauteur de 80 mètres.

Contrairement à beaucoup d’autres sites (Matho, Stok, Thikse, Shey, Leh), il n’est pas relié à la crête d’une vallée latérale. La façade principale est orientée au sud et son emplacement dégagé lui permet de profiter du soleil toute la journée. Il est par contre très exposé aux vents de la vallée de l’Indus. 
Édifié par un demi-frère de Sengge Namgyal pour un sage bhoutanais Jamyang Padkhar, le nom de ce monastère Drugpa Kargyud a été donné en regard de la forme du relief qui ressemble au nez d’un tigre.
C’est un gompa-dzong, mais la pente trop importante sur le versant ensoleillé de la butte n’a pas permis de réaliser l’étagement habituel des cellules des moines.
Le nombre élevé de points de vue et la position relativement dominante par rapport à la plaine de l’Indus, offrent au site une esthétique originale et un panorama à 360°.

Monastère de Matho

Situé sur une ligne de crête orientée au nord-est, dominant le cône de déjection d’une vallée latérale de l’Indus, le monastère de Matho se trouve à une distance de 26 km de Leh. 
Seul monastère Sakyapa de la vallée de l’Indus, il a été fondé sur ordre du roi au XVIe siècle pour le lama Drigung Dorje. 

Son festival est réputé car il a la particularité de présenter un rite unique. Deux moines « oracles » possédés par les déesses protectrices de la congrégation se mettent en scène. Des prophéties sont alors divulguées pour l’année à venir.
Il n’a qu’en partie l’aspect d’un monastère-forteresse car les constructions principales ne sont pas regroupées mais plutôt éparpillées et n’ont pas toutes la même orientation. De plus les cellules ne sont pas étagées de manière régulière.
Les roches sont dans les teintes grises, rouges et vertes. La végétation est très présente entre les différents bâtiments du versant. Le mariage du construit et de la végétation donne une esthétique harmonieuse au versant principal.

Monastère de Thikse

À 19 km en amont de Leh, situé sur un éperon rocheux de forme pyramidale, relié à la crête d’une vallée latérale, le complexe monastique domine la rive droite de la plaine de l’Indus. Il occupe tout le flanc Sud-Est de cet éperon.
Au XVIe siècle, le dévot Sherab Zangpo bâtit d’abord un temple au sommet. Ce n’est qu’un siècle plus tard que la communauté monastique s’y établira. C’est Tsongkhapa, le fondateur de la secte Gelugpa des bonnets rouges, qui avait, quelques siècles plus tôt, prophétisé l’avènement d’un monastère à cet endroit. 
Ce complexe est l’archétype du monastère-forteresse. Il possède une position dominante sur la plaine de l’Indus. Les contrastes entre le ciel, les couleurs des bâtiments, la roche et le vert de quelques arbres procurent, vus depuis la plaine de l’Indus une esthétique harmonieuse.

Complexe de Shey : palais, temple et ruines du fort

Le site de Shey se loge sur un éperon rocheux dominant de 50 mètres la plaine qui borde la rive droite de l’Indus. Les façades principales du palais et du temple sont orientées à l’Est.
La première construction, encore apparente sous la forme de ruines aujourd’hui, est le fort édifié par le premier roi du Ladakh Nyima-Gon qui date du Xe siècle. Son fils Palgyigon a fait de Shey la capitale du Ladakh en construisant un premier palais. Il fut remplacé au XVIIe siècle par un plus grand palais construit par Deldan Namgyal. Le site lui doit aussi une des plus grandes statues de Bouddha, érigée en l’honneur de son père Sengge.


Le complexe architectural de Shey est marqué par l’hétérogénéité des constructions en raison des différentes fonctions et époques de création des bâtiments. En effet, on trouve une ruine de fort datant du Xe siècle sur le haut de l’arête, puis un temple blanc et une grande stupa, tous deux rénovés récemment. Plus bas le palais et le temple sont du XVIIe, puis sur la fin de l’arête, on trouve un alignement de stupas modernes.

Palais de Stok

Situé à 15 km en amont de Leh, à l’entrée d’une vallée latérale de la rive opposée, le palais de Stok domine le village du même nom depuis une butte rocheuse située à 5 km de l’Indus. Le palais a été construit par la famille royale en 1825.
Ce palais monumental est conçu d’un seul tenant. Son aspect le situe entre une forteresse et une riche habitation. Sa grande façade fait 50 mètres de large et 20 mètres de haut. Elle est agrémentée de balcons et de grandes fenêtres.
Construit de manière traditionnelle, le palais n’est cependant pas dénué de raffinements, comme l’attestent les fines sculptures des décorations en bois.
Ce site dispose d’une position dominante et est visible de loin. La couleur blanche du bâtiment contraste avec les couleurs sombres des couches géologiques. La végétation n’est présente qu’au pied du site.

Complexe de Leh : palais de Leh, tour de garde, temple de Tsemo, fort du Namgyal Tsemo

Les constructions qui forment le complexe de Leh sont situées sur une crête perpendiculaire au sens de la vallée latérale. Le complexe surplombe la vieille ville de Leh avec d’Ouest en Est et de bas en haut : le Palais de Leh se trouve à 3550 mètres d'altitude, la tour de garde au milieu, le temple et le Fort du Namgyal Tsemo pointant au sommet de l’arête à 3650 mètres. Le palais de Leh est en phase de rénovation.
La tour de garde, logée entre le palais de Leh et le complexe du Tsemo, est l’édifice le plus ancien. Il aurait été construit au Ve siècle par les Dardes.
À partir du siècle suivant, Leh devient la capitale du Ladakh uni grâce à Tashi Namgyal. Au XVIIe siècle Sengge Namgyal construit le palais-forteresse de Leh.
Les architectures présentées sur l’arête du Tsemo, témoignent des différentes époques
historiques du Ladakh. 


Esthétiquement, le complexe royal de Leh domine littéralement la vieille ville de Leh et est visible de beaucoup de points de vue. Il n’y a pas de contraste de couleurs entre le palais et la crête. Par contre, il se découpe dans le ciel. Les façades rouges et blanches mettent le complexe de Tsemo bien en évidence.

Monastère de Spituk

Sept kilomètres en aval, le monastère de Spituk est situé dans le prolongement de la ville de Leh et de l’aéroport, placé sur une butte rocheuse qui domine la plaine de 80 mètres de haut. 
Toutes les constructions sont exposées au sud à l’exception du temple protecteur, datant du XIe siècle, qui est lui tourné vers l’Est.
La première construction date du XIe siècle et est l’oeuvre du prince du Guge. Les moines font alors partie de l’ordre bouddhiste Kadampa. Ils deviendront Gelugpa au XVe siècle sous l’impulsion du sage tibétain Tsongkhapa. C’est de cette époque que datent la plupart des édifices visibles aujourd’hui.
Un siècle plus tard, les moines deviendront Drugpa Kagyup pour redevenir Gelugpa au XIXe siècle suivant la volonté des différentes réincarnations du chef de la congrégation, Kushok Bakula.
Le complexe monastique est typique des monastères-forteresses de la période récente avec les temples au sommet du mont et les cellules étagées sur le versant sud.
Depuis la plaine de l’Indus, il a l’aspect harmonieux des monastères-forteresses comme celui de Thikse.

Monastère de Phyiang

Localisé à 17 kilomètres de Leh en aval, Phyiang se trouve dans la première vallée latérale à l’ouest de Leh sur la rive droite de l’Indus.
Le complexe monastique est posé sur une colline allongée perpendiculairement à la vallée.
Le monastère a été fondé au XVIe siècle par le roi Tashi Namgyal en hommage au lama qui l’avait guéri de la lèpre. C’est le premier monastère Drigungpa Kagyup de la vallée de l’Indus.



La position dominante du site et son emplacement au milieu de la vallée lui offrent une grande visibilité. Les couleurs sont contrastées avec le vert de la végétation, le rouge, le blanc et le jaune des bâtiments. Des peupliers ont été plantés sur la moraine. Ce site est très harmonieux et possède une cachet unique.



Complexe de Basgo : fort, palais et temples

Le site de Basgo se trouve dans une vallée latérale de la rive droite, à trois kilomètres de l’Indus. Les ruines du fort et les temples de Basgo sont situés sur des promontoires qui dominent au nord le village du même nom. Les façades principales des bâtiments sont orientées au sud sud-est. Les ruines du fort datent du XVe siècle lorsque Basgo était la capitale du Ladakh. Sous les règnes de Tsewang, Jamyang et Sengge Namgyal, trois temples et un palais ont été érigés dans l’enceinte du fort. Le fort a été abandonné au XVIIe siècle, assiégé pendant trois ans par l’armée tibétaine.
Le site n’est pas visible de loin car il est encaissé dans une vallée latérale étroite. Il occupe par contre une position dominante relativement au fond de la vallée. Les contrastes de couleurs et de formes sont importants. Le site possède une esthétique spectaculaire et unique.

Monastère de Likir

Le site de Likir est situé dans une vallée latérale sur la rive droite de l’Indus, à 52 kilomètres en aval de Leh, à 6 kilomètres du fleuve principal, mais séparé par un relief que la rivière de Likir contourne par l’Ouest pour rejoindre ensuite l’Indus. Le complexe monastique est posé sur une épaule à la convergence de deux vallées. Il surplombe le bas de la vallée, mais se trouve au même niveau que le village situé en amont. 
Ce monastère de l’ordre Kadampa a été fondé au XIe siècle par le roi Lhachen Gyalpo pour le lama Duwang Chosje. Au XVIe sièlce, sous l’influence du célèbre érudit Tsongkhapa, le monastère se rattache à l’ordre Gelugpa. Les bâtiments visibles actuellement datent de cette période.
L’architecture de l’ensemble monastique est celle du dzong tibétain. La configuration du site a permis l’étagement des bâtiments secondaires. Ceux-ci ont la particularité de posséder plusieurs étages et d’être imbriqués les uns dans les autres, alors que d’ordinaire les cellules des moines sont séparées et composées d’un seul étage, comme à Thikse et Matho par exemple.
Les couleurs sont contrastées avec le blanc des bâtiments, le brun beige de la terre et des roches et le vert de la végétation. C’est un site esthétiquement harmonieux. Les constructions épousent le relief.
Étant donné son éloignement de Leh, le site jouit d’une grande notoriété grâce à un cadre naturel intact. Il possède une petite collection de tangkas, mais surtout une statue monumentale de Bouddha qui trône à l’extérieur.

Temples d’Alchi

Alchi est distant de Leh de 69 kilomètres1. Le site se situe sur la rive gauche de l’Indus, sur la partie inférieure d’un cône de déjection, à 80 mètres de l’Indus. Alchi est le seul site du XIe siècle qui a conservé son architecture et ses peintures intérieures intactes. Il a été fondé par des disciples de Rinchen Zangpo, instigateur des temples et monastères d’influence indo-cachemirie au Ladakh. Ils se caractérisent par leur construction au plat avec des bâtiments séparés les uns des autres et présentant un ou deux étages. Les décorations en bois sont très travaillées et témoignent d’un savoir-faire artisanal raffiné.
Le site possède une notoriété touristique maximale grâce à son architecture indo-cachemirie unique. C’est une sorte de musée car il n’y a plus de communauté monastique vivant sur le site.

Monastère de Ridzong

À 73 kilomètres en aval de Leh, le monastère de Ridzong se trouve dans une vallée latérale très encaissée, à 5 km de l’Indus, sur la rive droite. L’ensemble architectural est blotti dans un cirque naturel, les constructions s’étalant sur 80 mètres de dénivellation. 

En 1833, le lama Tsultim Nima fonda le monastère Gelugpa de Ridzong. Il avait, quelques années auparavant, quitté sa famille pour répondre à sa vocation. Sa femme l’a en quelque sorte suivi puisqu’elle est à l’origine du couvent qui se trouve 500 mètres en aval. Les règles monastiques de Ridzong sont très strictes.
Ce monastère est très récent en comparaison des autres sites étudiés. Il ne possède pas l’aspect d’un monastère-forteresse. D’abord parce qu’il n’est pas situé au sommet d’un relief. Ensuite parce il n’y a pas de hiérarchie entre les grands bâtiments du haut, habituellement dévolus aux temples et les constructions inférieures servant de cellules aux moines.
Les bâtiments sont imbriqués les uns dans les autres et font au plus trois étages.

Monastère de Lamayuru

Situé à 126 kilomètres en aval de Leh, à 10 kilomètres de l’Indus, ce complexe monastique se dresse sur une épaule dominant de 100 mètres une large et verte vallée latérale.
Le premier temple établi sur le site au XIe siècle semble être lié au culte Bon, une religion animiste tibétaine. Celui-ci a par la suite été incorporé aux édifices bouddhistes de l’ordre Kadampa. Au XVIe siècle, comme beaucoup d’autres monastères au Ladakh les moines adoptèrent les préceptes de l’ordre Drigungpa Kagyup. Un mythe qui date d’environ 2600 ans. En effet, un lac aurait existé jusqu’à la venue d’un disciple de Bouddha. Il aurait vidé l’étendue d’eau en amadouant les esprits qui l’habitaient. Le nom de Lamayuru provient de cette légende. Les moines présentent un festival célébré pendant l’été. Le complexe architectural de Lamayuru est hétérogène. Ce site était historiquement un village fortifié où les moines et les villageois habitaient dans le même ensemble sur l’éperon. Aujourd’hui, des bâtiments de toutes tailles sont éparpillés en haut et en bas du complexe principal. 
Grâce à la beauté induite par le mélange réussi entre la nature et les édifices, c’est un des monastères phares du Ladakh. 
Le paysage de « moonland », terme touristique pour qualifier les dépôts lacustres à l’esthétique étonnante, ne cesse de fasciner.

samedi 2 juin 2012

L'Histoire du Ladakh


La vallée de l’Indus se situe au coeur des montagnes avec les chaînes du Ladakh et du Karakorum au nord et les chaînes du Zanskar et du Haut-Himalaya au Sud. Cette situation géographique atténue fortement les perturbations liées à la mousson et aux courants d’ouest de type méditerranéens. De plus l’altitude générale élevée, entre 3000 et 4500 mètres pour les régions habitées, maintient des températures relativement basses toute l’année. Les amplitudes thermiques annuelles et journalières sont grandes. C’est pourquoi le climat du Ladakh est qualifié de climat aride ou semi-aride,continental, subtropical de haute montagne. 

Le terme Ladakh, « la-dwags » en langue vernaculaire qui signifie « entre les cols », définit bien le caractère enclavé de cette contrée.
Six différentes régions sont à dénombrer. La première se situe au nord avec les grandes vallées confluentes de la Nubra et de la Shyog, tous deux affluents de l’Indus. La deuxième au nord-est, l’Aksaï-Chin est un haut plateau désertique occupé par la Chine depuis 1950.Le Chang Thang au Nord et le Rupshu au Sud de l’Indus forment la troisième région localisée à l’Est qui est un haut plateau désertique. La quatrième au sud-ouest, le Zanskar est une région isolée par un relief marqué qui rend son accès long et difficile. La cinquième, le Purig, située à l’Ouest, est une région à majorité musulmane. Pour terminer, le Ladakh central est situé dans la vallée de l’Indus, ce fleuve qui sépare les régions du nord-est (Nubra, Shyog, Aksaï-Chin, Chang Thang) et du sud-ouest (Rupshu, Zanskar, Purig). 

Jusqu'au début du XXe siècle, l’économie de la vallée de l’Indus dépendait d’une part de l’agriculture vivrière et d’autre part des relations commerciales induites par le passage des caravanes de la route de la Soie. À la fin des années trente, l’axe nord-sud est coupé à cause de trouble dans le Xinjiang chinois. Une vingtaine d’année plus tard la fermeture complète des frontières chinoises met fin aux relations commerciales et culturelles avec le Tibet. De plus la partie musulmane de la vallée de l’Indus, le Baltistan est rattaché au Pakistan à la fin des années quarante. La vallée de l’Indus devient quasiment autarcique et souffre plus que jamais de cet enclavement commercial et culturel.

Depuis 1947, le Ladakh appartient à l’état indien du Jammu et Cachemire.
Les troubles politiques subis par cette province découlent de disputes concernant les frontières tracées à l’est entre l’Inde et le Pakistan et à l’ouest entre l’Inde et la Chine. Le premier désaccord porte sur le rattachement du Cachemire à l’Inde malgré les revendications pakistanaises sur ce territoire à majorité musulmane. Tandis que le deuxième provient de l’occupation d’une région indienne par les Chinois dans le but d’y construire une route stratégiquement importante.

Les menaces de la Chine et du Pakistan imposent un déploiement des forces de l’armée indienne sur l’ensemble du territoire ladakhi. Cette présence a grandement contribué au développement et à l’entretien des infrastructures de transport, qui serviront par la suite la croissance touristique. L’aéroport militaire a été en partie converti en aéroport civil pour permettre des vols domestiques à partir de 1979. 
Différentes conférences internationales (Simla en 1923, 1924 et 1972, Tachkent en 1965) ont tenté de fixer les frontières.

Le début de la guerre sino-indienne en 1962 apporte véritablement les prémices du passage d’une économie basée sur le troc à une économie monétaire. L’arrivée de 40'000 militaires pour une population de moins de 70'000 personnes implique une énorme rentrée de devises dépensées et de nouveaux emplois dans l’administration, la construction des routes et dans les commerces. L’arrivée de biens manufacturés et industriels constitue une révolution dans cette contrée où tout était jusqu’alors fabriqué de manière artisanale ou troqué. Ce changement fut d’ailleurs mieux supporté par les habitants de la ville de Leh, plus habitués au commerce que par les habitants des villages reculés, attirés en ville par la possibilité d’un avenir meilleur.

C'est aussi le début de grands changements dans le mode de vie. Avec l'apparition d'une administration forte, les lois votées par les gouvernements du Cachemir et de Delhi sont appliquées progressivement. Par exemple, la tradition polyandrique et les règles qui s'y rapportent contredisent des lois votées et doivent donc être abandonnées. Ces règles sont, de plus, souvent contestées par les jeunes ladakhis qui rêvent d'un monde de vie à l'occidentale.

A l’arrivée du tourisme, l’espace socio-économique n’a donc pas été complètement modifié. Il a cependant accéléré la transition économique initiée par l’arrivée des troupes indiennes. 

Ces deux conflits ont aussi modifié les frontières du Ladakh de 1947. Lors de plusieurs guerres entre 1947 et 1971, le Pakistan prenait le Baltistan, région majoritairement musulmane située au nord ouest. Tandis que la Chine occupe les hauts plateaux de l’Aksaï-Chin, au nord-est, depuis 1962.
Contrairement au reste du Cachemire, régulièrement sujet à des attaques terroristes de séparatistes pro pakistanais, la plus grande partie du Ladakh jouit aujourd’hui d’une stabilité et d’une indépendance politique. En effet, depuis 1979, le Ladakh possède une grande souveraineté vis-à-vis du gouvernement Cachemiri. De plus, en cas d’annexion du Cachemire par le Pakistan, le Ladakh serait rattaché à l’Inde en tant que "Union Territory". 

Depuis que le Tibet a perdu, disons, son indépendance dans les années 1950, c'est bien le Ladakh qui est devenu aujourd'hui le dernier bastion du bouddhisme tantrique libre. N'a-t-on pas l'habitude d'appeler cette région "Le Petit Tibet" ou encore "Le Pays des lamas" ?
Ces deux appellations sont d'ailleurs amplement justifiées par la présence les dizaine de lamaseries et d'ermitages qui y sont édifiés.

Il est difficile de déterminer avec certitude l’installation des premières populations au Ladakh, mais il semble que les Mons, peuple du Nord de l’Inde, arrivés par le Zanskar, se soient installés progressivement au Ier siècle de notre ère. À partir du Ve siècle, les Dardes, peuplade d’origine indo-iranienne venue de l’Ouest et les Tibétains de religion animiste Bon rejoignent les autochtones. Ces trois ethnies sont encore présentes aujourd’hui au Ladakh.
Le Bouddhisme a été progressivement introduit par les Tibétains en incorporant les cultes animistes des Bons.

Aujourd'hui la population totale ladakh-pa atteint le nombre 147.104 habitants pour une superficie de 45.110 km².  Une partie de la population est musulmane avec surtout des chiïtes  et leurs ayatolahs, l'autre partie est bouddhiste. C'est cette culture bouddhiste qui m'attire depuis déjà quelques années dans la région himalayenne. Hélas, durant mes pérégrinations, j'ai eu souvent l'occasion de mesurer combien il était difficile pour cette poignée de bouddhistes de faire valoir leurs droits, puisqu'ils se retrouvent à la fois noyés dans la masse de millions d'indiens et coincés entre le Pakistan et la Chine avec des frontières mal définies. 

Si une partie des Ladakhis voit son mode de vie évoluer vers une société modernisée, la majorité d’entre eux vit proche d’un environnement naturel difficile. Le climat froid, l’altitude et le peu de ressources hydrologiques ont obligé ce peuple à trouver des solutions originales dans la construction de leur habitat et leur système agricole. 
Pour le voyageur, c’est l’occasion de redécouvrir un monde où l’homme doit disposer de chaque potentialité naturelle grâce à un savoir-faire adapté. De plus, la culture bouddhique est très répandue dans le paysage : monastères et palais dominant la vallée, stupas et mur de Mani présents dans chaque village, drapeaux de prière dressés sur les crêtes et les cols. Les composantes culturelles se servent des composantes naturelles pour donner une signification au territoire. Ces paysages culturels stimulent le désir d’approfondir les connaissances du bouddhisme. Cette culture vivante est par ailleurs confirmée par les festivals religieux des monastères, qui sont chaque année plus fréquentés par les touristes.
La forme du bouddhisme pratiqué au Ladakh provient des liens qu’il a toujours entretenus avec le Tibet. Du point de vue spirituel, les contacts avec le Tibet se perpétuèrent pour la formation des moines jusqu’à la destruction par les Chinois des monastères instructeurs en 1959. L'invasion chinoise a valorisé la culture tibétaine sur le territoire indien.
Au Ladakh, les institutions monastiques détiennent encore un pouvoir important, cela a conduit à la création d'un centre d'étude tibétain à Choklamsar assurant ainsi la culture bouddhiste tibétaine.



Pour conclure c’est dans les traditions religieuses que la ferveur des Ladakhis se mesure. La plupart des familles possèdent un autel domestique afin d’effectuer les prières journalières.
Il faut préciser que de tous temps les monastères et les villages ont entretenu des liens étroits. Les monastères possèdent une grande partie des terres agricoles. Les villageois les travaillent et retournent une partie de la récolte en guise de paiement. Les moines pratiquent les rituels et les cérémonies et pourvoient à l’éducation. 
Il existe de nombreuses cérémonies religieuses, pour assurer la fertilité des champs par exemple et des festivals monastiques durant lesquels des milliers de pèlerins affluent.

Afin de ne pas tout mélanger, je parlerai des monastères au Ladakh et plus particulièrement de ceux de la vallée de l'Indus sur une autre page.


jeudi 31 mai 2012

La formation de l’Himalaya est une histoire de plaques

La fascination des voyageurs pour les paysages au relief marqué crée une alchimie dans laquelle la montagne occupe une place scénique centrale. Au Ladakh, le paysage impressionne par la dimension des perspectives, les contrastes des couleurs et l’arrangement de bandes rocheuses.
Le visiteur attentif ne peut rester indifférent face à la diversité des roches de la vallée de l’Indus. En effet, cette vallée est un lieu stratégique pour l’étude et la compréhension de l’orogenèse himalayenne. La zone de suture issue de la collision de la plaque du sous-continent indien contre la plaque du continent asiatique se situe exactement au niveau de la vallée de l’Indus. En rive droite, les roches granitiques du continent asiatique contrastent avec les roches volcano-sédimentaires de la rive gauche. Celles-ci témoignent d’un océan qui séparait alors l’Asie et l’Inde. 


La disparition progressive de l’océan (subduction de croûte océanique) il y a 130 millions d’années va précéder la collision des continents, il y a 50 millions d’années. L'accident se produit a une vitesse de 5 km heure. La pression exercée par le télescopage de ces deux masses continentales engendra un gigantesque soulèvement de la croûte terrestre. 
En effet, à mesure que l'Inde avançait et s'enfonçait sous l'Asie, la bordure du continent asiatique et le plancher de l'océan Téthys se soulevaient, épaississant ainsi la croûte terrestre.
Le chevauchement des deux plaques a créé les hauts reliefs de la grande chaîne himalayenne: d'abord les chaînes du Grand Himalaya et du Transhimalaya, puis celle du Moyen Himalaya. Aujourd'hui 
l'Himalaya continue de s'élever à raison de 5mm par an.



La région himalayenne est donc géologiquement toujours très active. Les tremblements de terre y sont relativement fréquents. Celui de 1934 a causé d'importants dégâts au Népal. Des spécialistes prévoient que d'ici 150 ans environ, l'Himalaya connaîtra au moins un séisme de très grande intensité.

Pour conclure cette page, je voudrais vous parler maintenant de l'évolution de notre planète. Je rappellerais que L'océan Atlantique continue inexorablement son enfoncement sous la plaque continentale américaine, ce qui provoque un rapprochement des continents américain et euro-africain. Nous pouvons constater que l'évolution tectonique de la Terre tend à la reformation d'un futur super continent comme la Pangée il y a 300 millions d'années.

L'océan indien se referme, lui aussi, car la croûte océanique disparaît dans la fosse centrale indienne. L'Australie entre en collision avec l'Antarctique qui amorce aussi une remontée vers le nord. Cela a pour conséquence de modifier le climat des continents. L'Antarctique devient une île chaude recouverte de forêts. De la collision naîtra une chaîne de montagnes dans le Bush australien.

Quant à l'Europe, elle est encastrée entre l'Afrique et l'Asie. Elle est soumise à de fortes pressions, ce qui provoque la création de nouvelles montagnes. En effet, les Pyrénées et les Alpes, totalement érodées, seront remplacées par de nouvelles chaînes montagneuses.

Sur le continent américain, le nord et le sud tendent à se séparer. L'Amérique du Sud se rapproche de l'Antarctique. Voici ce que cela donnera en image.



PS: Il y a 250 millions d'années, les terres émergées formaient un continent unique baptisé la Pangée. Sous l'effet des mouvement des plaques formant la croûte terrestre, la Pangée s'est disloquée pour former nos continents actuels.
Dans 250 millions d’années, les plaques se seront positionnées pour former de nouveau un continent unique, qualifié par les scientifiques de Pangée Ultime. L’Océan Atlantique n’existera plus. Les formes de vie habitant la Terre, à cette époque, pourront passer sans s’en rendre compte d’ une Amérique à une Afrique fort transformées. 
                             
...... Et combien de temps pour le retour du Big Bang ?!
Nous voila prévenu.